Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



dimanche 4 novembre 2012

Max Weber, Sur le travail industriel

Max Weber
Sur le travail industriel 
Introduction et postface de Pierre Desmarez et Pierre Tripier
Traducteur: Paul-Louis van Berg
Editions de l’Université de Bruxelles
2012


Présentation de l'éditeur 
Peu après avoir publié L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme et son célèbre article sur l’objectivité dans les sciences et la politique sociales, Max Weber contribue à la conception et à la réalisation d’une vaste enquête sur le travail industriel en Allemagne centrée sur la question du recrutement et de l’adaptation des travailleurs, organisée à l’initiative du Verein für Sozialpolitik. C’est à l’occasion de cette entreprise qu’ont été rédigés les deux textes dont des extraits sont rassemblés dans ce volume.
Le premier est le manuel que Weber rédige à l’intention des enquêteurs mobilisés à travers l’Allemagne. Il y explique les objectifs du travail de terrain, formule une série de mises en garde et de principes destinés tant à sensibiliser les chercheurs aux différents aspects du problème qu’à standardiser et donc à rendre comparables les données récoltées. Le lecteur verra que la méthode proposée dans cette Introduction reste à bien des égards digne d’inspirer les praticiens d’aujourd’hui.
Le deuxième texte, Psychophysique du travail industriel, révèle une facette souvent méconnue de l’œuvre de Weber, puisqu’on y trouve une partie des résultats d’une étude minutieuse consacrée au travail des ouvriers et des ouvrières d’une usine textile de Westphalie. S’appuyant principalement sur les documents de l’entreprise, Weber décrit et s’efforce d’expliquer les oscillations des rendements des travailleurs, en mettant ces dernières en relation avec les salaires, le temps de travail, les techniques, l’ancienneté, l’instruction, les origines et la situation personnelle et familiale des ouvriers. Ce faisant, il montre en quoi les conditions de la grande industrie transforment en profondeur le travail humain et apparaît ainsi comme un pionnier de l’analyse sociologique du travail qui, tout en se centrant sur l’activité de l’atelier, s’efforce d’en comprendre le fonctionnement en le replaçant dans le contexte du capitalisme.

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