« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ». Pierre Bourdieu (1992)
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dimanche 26 août 2018

Cédric Lomba, La restructuration permanente de la condition ouvrière. De Cockerill à ArcelorMittal

Cédric Lomba
La restructuration permanente de la condition ouvrière
De Cockerill à ArcelorMittal 
du Croquant
Champ social
2018
Présentation de l'éditeur
Quand on évoque les restructurations industrielles, on pense d'abord aux fermetures d'usines et aux drames sociaux qu'elles engendrent.
On oublie toutefois que ces fermetures sont l'aboutissement d'un long processus de restructurations partielles auxquelles ont dû faire face les travailleurs depuis de longues années. Pour comprendre comment les travailleurs vivent dans ce contexte d’incertitudes répétées, Cédric Lomba a multiplié les observations et les entretiens, pendant près de vingt ans, auprès des ouvriers d’usines métallurgiques d’une multinationale (ArcelorMittal) de la région de Liège en Belgique. Il présente ainsi l’évolution des mécanismes gestionnaires qui justifient les restructurations, les ajustements collectifs entre ouvriers dans les usines, les transformations du syndicalisme de base, les effets des réorganisations sur la santé au travail, sur les trajectoires professionnelles et sociales des ouvriers et, de façon plus générale, sur leurs modes de vie.
Cédric Lomba est directeur de recherche au CNRS et membre du Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris. Ses travaux portent sur les mondes ouvriers de l’industrie, sur les rapports entre classes sociales et sur le militantisme au travail.

mercredi 5 avril 2017

Savoir/Agir N°39, Les désindustrialisations (re)visitées

 
Savoir/Agir N°39, Les désindustrialisations (re)visitées
éditions du Croquant
2017 

Présentation de l'éditeur
La désindustrialisation s’inscrit de manière récurrente dans les débats publics comme une des transformations économiques et sociales majeures des pays du Nord depuis la fin des années 1970. Pour autant, elle mérite d’être mieux définie dans ses contours et ses effets.
Des historiens relativisent, dans ce numéro, la nouveauté et l’ampleur des désindustrialisations. D’autres articles soulignent les déplacements des industries en fonction des stratégies internationalisées des firmes, notamment dans le secteur de la logistique et dans les zones franches de pays du Sud. Des contributions interrogent également les multiples dimensions des reconfigurations d’anciens bassins industriels et les implications des politiques locales de reconversions de ces espaces. Ce sont enfin les effets des transformations « industrielles » sur les ouvrier.e.s en Europe qui sont présentés. Il s’agit de saisir à la fois la dégradation des conditions d’emploi, de travail et de vie des mondes ouvriers et les formes de résistances individuelles ou collectives qu’elles entraînent.

Table des matières
Éditorial
Une affaire d’ethos. Le cas Fillon et la crise du néolibéralisme, par Frédéric Lebaron
Dossier
Les désindustrialisations (re)visitées. Dossier coordonné par Jean-Luc Deshayes et Cédric Lomba
Les fermetures d’usines dans un espace social localisé de qualification : le Bassin sidérurgique de Longwy, par Jean-Luc Deshayes
Carmaux. La cité de Jaurès à l’épreuve de la désindustrialisation, par Romain Castellesi
Sociologie des modes de gestion de main-d’œuvre «  hors sol  », par Delphine Mercier
Mobilité, ancrage et rapport à l’espace des jeunes des classes populaires rurales, par Thomas Venet
Rester ou partir  ? Déclin minier et paris sur l’avenir en Roumanie postcommuniste, par Maria Voichita Grecu
Des univers ouvriers bousculés par les restructurations répétées, par Cédric Lomba
Produire le flux. L’entrepôt comme prolongement d’un monde industriel sous une forme logistique, par Carlotta Benvegnù et David Gaborieau

Grand entretien avec Michaël Löwy
Penser au sein d’une constellation marxiste. Propos recueillis par Vincent Gay

Paroles
Mobilisation/démobilisation politique au Val Fourré, par Gérard Mauger et Nasser Tafferant

Chronique de la gauche de gauche
Deux gauches  ? Ou trois  ?, par Louis Weber

La rhétorique réactionnaire
Un champ politique illisible, par Gérard Mauger

Chroniques du monde
Déforestation et palmier à huile. Diversité des productions et réception de la critique, par Stéphanie Barral



jeudi 19 novembre 2015

écouter: Stéphane Horel, Intoxication. Perturbateurs endocriniens, lobbyistes et eurocrates: une bataille d’influence contre la santé


écouter: Stéphane Horel, Intoxication. Perturbateurs endocriniens, lobbyistes et eurocrates: une bataille d’influence contre la santé
Terre à terre par Ruth Stégassy, 12.12.2015
Stéphane Horel 
Intoxication 
Perturbateurs endocriniens, lobbyistes et eurocrates : 
une bataille d’influence contre la santé 
La Découverte
2015

Présentation de l'éditeur
C’est l’histoire d’une lutte d’influence qui a un impact sur votre vie, votre petit déjeuner, les testicules de votre fils, le cerveau de votre nièce. En 2009, l’Europe a lancé un compte à rebours : elle a décidé de réglementer les perturbateurs endocriniens et même d’en interdire certains. Omniprésents, ces produits chimiques se nichent dans les pesticides ou les peintures, les tongs ou le shampoing, les lasagnes et votre organisme. Suspectés de participer à l’augmentation des maladies « modernes » comme l’infertilité, les cancers du sein et de la prostate, le diabète ou l’obésité, ils font partie des plus grands défis de santé publique aujourd’hui. Mais les enjeux économiques sont colossaux et les industriels toujours aux aguets. À Bruxelles, leurs puissants lobbies s’activent dans les coulisses des institutions européennes pour influencer cette décision qui menace leurs affaires.
Après trois ans d’enquête et le dépouillement de milliers de pages de documents confidentiels, Stéphane Horel lève le voile dans ce livre sur ces stratégies employées par les lobbies de la chimie, des pesticides et du plastique et leurs alliés pour court-circuiter la réglementation. Ces documents permettent une incroyable plongée dans l’intimité de la correspondance entre lobbyistes et fonctionnaires de la Commission européenne. En direct de la « bulle bruxelloise » où la complaisance à l’égard de l’industrie semble la norme, cette enquête en forme de thriller raconte aussi le combat de ceux qui résistent à l’influence pour défendre une certaine idée de l’intérêt général et de la démocratie.  
Stéphane Horel est journaliste indépendante et documentariste. Elle explore l’impact du lobbying et des conflits d’intérêts sur les décisions politiques. Auteure des Médicamenteurs (Éditions du Moment, 2010), elle a réalisé deux films sur les perturbateurs endocriniens : La Grande Invasion (2011) et Endoc(t)rinement (2014).



mercredi 10 décembre 2014

écouter: Annie Thébaud-Mony, La science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs


écouter: Annie Thébaud-Mony, La science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs
La tête au carré par Mathieu Vidard, 10.12.2004
Annie Thébaud-Mony
La science asservie 
Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs
La Découverte
2014

Présentation de l'éditeur
Dans les discours politiques, la science est aujourd'hui de plus en plus convoquée pour énoncer des vérités incontestables. Pourtant, suite à de nombreux scandales sanitaires, un climat de suspicion s'est installé, creusant un fossé entre les chercheurs et les citoyens. Chacun est alors confronté à ces questions essentielles s'agissant de la santé : qui croire ? Que nous cache-t-on ? À qui profite la science ?
Ces questions sont au coeur de ce livre, qui analyse comment de nombreux chercheurs ont participé à un processus de confiscation de la science au service des intérêts privés de grands groupes industriels, souvent avec la complicité active de l'État. Ils ont ainsi contribué à instaurer l'hégémonie d'une « stratégie du doute » quant aux risques industriels (amiante, plomb, nucléaire, pesticides, etc.) et à leurs conséquences.
S'appuyant sur sa propre expérience professionnelle et sur celle d'Henri Pézerat, toxicologue connu pour son engagement scientifique et citoyen contre l'amiante, Annie Thébaud-Mony dénonce ici avec force le cynisme et l'impunité de ceux qui, délibérément, ont choisi la mort des autres pour leur plus grand profit. Ses révélations dressent un réquisitoire implacable, qui invite à résister à l'imposture scientifique et à mettre en synergie, en matière de santé publique, savoirs scientifiques et savoirs citoyens. 
Annie Thébaud-Mony est sociologue, directrice de recherches honoraire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), chercheuse associée au Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers professionnels (GISCOP 93) à l’université Paris-13. Elle est aussi partie prenante ailleurs porte-parole de réseaux citoyens de lutte pour la santé contre les risques industriels. Elle est l'auteure de Travailler peut nuire gravement à votre santé (La Découverte/Poche 2008).

lundi 28 octobre 2013

Pierre Fournier, Travailler dans le nucléaire. Enquête au cœur d'un site à risques

Pierre Fournier
Travailler dans le nucléaire
Enquête au cœur d'un site à risques
Armand Colin
2012

Introduction

Présentation de l'éditeur
Faut-il poursuivre ou en finir avec le nucléaire ? La catastrophe de Fukushima, au-delà du choc émotionnel qu’elle a provoqué, a ravivé la question dans le monde entier. Et en particulier en France où le secteur nucléaire est à la fois un fleuron de l’industrie, un mastodonte économique, un enjeu diplomatique, environnemental, politique. Inscrit dans le débat mais mal connu, le travail quotidien dans ces lieux clos mérite d’être étudié à la fois comme facteur de risques menaçant le secteur et comme principal moyen de prendre en compte ces risques pour les maîtriser.
Le sociologue Pierre Fournier a pénétré dans un site nucléaire pour en donner une vision de l’intérieur en y étant tour à tour intérimaire, stagiaire et ouvrier de sous-traitance. Au sein des équipes, il observe les façons d’agir, les relations entre les hommes, les manières de composer avec une connaissance toujours incertaine, les conflits qui surviennent et la place des risques qui pèsent sur les salariés.
Ni pro ni antinucléaire, au-delà des affrontements idéologiques, cette plongée au cœur du nucléaire français est un compte rendu d’enquête de terrain qui contribuera au débat en apportant un matériau original et précis.

Pierre Fournier est professeur de sociologie à l’université d’Aix-Marseille.

jeudi 11 juillet 2013

Hervé Joly, Diriger une grande entreprise au XXe siècle: L'élite industrielle française

Hervé Joly
Diriger une grande entreprise au XXe siècle
L'élite industrielle française
Préface de Patrick Fridenson
Presses universitaires François-Rabelais
2013

Présentation de l'éditeur
Qui sont les dirigeants des grandes entreprises industrielles françaises au XXe siècle ? Les historiens les ont plus étudiés au XIXe siècle et les sociologues à partir des années 1960. Quinze ans après une étude semblable sur les patrons allemands, les spécificités nationales — profil généraliste, élitisme scolaire, poids des filières administratives — sont soulignées. Les origines et les trajectoires de 194 dirigeants des 21 principaux groupes industriels privés de 1914 à 1966 sont décortiquées pour mettre en relation ce qu’ils sont et ce qu’ils font.
Qui sont les dirigeants des grandes entreprises industrielles françaises au XXe siècle ? On croit bien les connaître… à tort. Les historiens se sont penchés sur le patronat du XIXe siècle, tandis que les sociologues ont surtout étudié les élites industrielles à partir des années 1960. Ce livre s’intéresse au patronat de la période intermédiaire, celle qui marque la transition entre les entreprises familiales de la Révolution industrielle et les grandes bureaucraties façonnées par le pompidolisme industriel et les nationalisations. Tous les dirigeants ne peuvent se réduire à des concepts fourre-tout comme celui de « managers », qui mettrait plutôt l’accent sur les mérites professionnels, ou celui d’« héritiers » qui insisterait à l’inverse sur la reproduction du capital social ou scolaire si ce n’est économique. Il existe bien des profils différents, entre descendants de familles propriétaires ou cadres salariés sortis du rang, grands notables polyvalents ou professionnels des affaires, ingénieurs civils ou ingénieurs d’État. En comparaison de l’Allemagne, la France offre des spécificités bien marquées : profil généraliste, élitisme scolaire, poids des filières administratives.
Les origines et les trajectoires des titulaires de 194 fonctions, dans les 21 principaux groupes industriels privés de 1914 à 1966, sont décortiquées. De nombreuses archives aussi bien publiques que privées sont mobilisées pour mettre en relation ce qu’ils sont et ce qu’ils font.
Hervé Joly est directeur de recherche au laboratoire Triangle, UMR 5206, CNRS-Université de Lyon. Ses travaux portent sur l'histoire et la sociologie des élites dans l'époque contemporaine, en particulier dans le monde économique. Il a publié en 2010 aux Presses universitaires François-Rabelais, avec Sabine Effosse et Marc de Ferrière Le Vayer, Les entreprises de biens de consommation sous l'Occupation.



dimanche 4 novembre 2012

Max Weber, Sur le travail industriel

Max Weber
Sur le travail industriel 
Introduction et postface de Pierre Desmarez et Pierre Tripier
Traducteur: Paul-Louis van Berg
Editions de l’Université de Bruxelles
2012


Présentation de l'éditeur 
Peu après avoir publié L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme et son célèbre article sur l’objectivité dans les sciences et la politique sociales, Max Weber contribue à la conception et à la réalisation d’une vaste enquête sur le travail industriel en Allemagne centrée sur la question du recrutement et de l’adaptation des travailleurs, organisée à l’initiative du Verein für Sozialpolitik. C’est à l’occasion de cette entreprise qu’ont été rédigés les deux textes dont des extraits sont rassemblés dans ce volume.
Le premier est le manuel que Weber rédige à l’intention des enquêteurs mobilisés à travers l’Allemagne. Il y explique les objectifs du travail de terrain, formule une série de mises en garde et de principes destinés tant à sensibiliser les chercheurs aux différents aspects du problème qu’à standardiser et donc à rendre comparables les données récoltées. Le lecteur verra que la méthode proposée dans cette Introduction reste à bien des égards digne d’inspirer les praticiens d’aujourd’hui.
Le deuxième texte, Psychophysique du travail industriel, révèle une facette souvent méconnue de l’œuvre de Weber, puisqu’on y trouve une partie des résultats d’une étude minutieuse consacrée au travail des ouvriers et des ouvrières d’une usine textile de Westphalie. S’appuyant principalement sur les documents de l’entreprise, Weber décrit et s’efforce d’expliquer les oscillations des rendements des travailleurs, en mettant ces dernières en relation avec les salaires, le temps de travail, les techniques, l’ancienneté, l’instruction, les origines et la situation personnelle et familiale des ouvriers. Ce faisant, il montre en quoi les conditions de la grande industrie transforment en profondeur le travail humain et apparaît ainsi comme un pionnier de l’analyse sociologique du travail qui, tout en se centrant sur l’activité de l’atelier, s’efforce d’en comprendre le fonctionnement en le replaçant dans le contexte du capitalisme.