Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



jeudi 31 janvier 2013

écouter: Guillaume Duval, Made in germany. Le modèle allemand au delà des mythes

écouter:
Guillaume Duval, Made in germany, le modèle allemand au delà des mythes, 14.01.2013
Guillaume Duval, Made in germany, le modèle allemand au delà des mythes, 15.01.2013
Guillaume Duval, Made in germany, le modèle allemand au delà des mythes, 16.01.2013
Guillaume Duval, Made in germany, le modèle allemand au delà des mythes, 17.01.2013
Les Carnets de l'économie par Vincent Lemerre
Guillaume Duval
Made in germany
Le modèle allemand au delà des mythe
Seuil
2013

Présentation de l'éditeur
Que ne lit-on et n’entend-on pas en France sur le « modèle allemand » ? On fait en particulier très régulièrement l’éloge de la rigueur budgétaire allemande, et de la capacité de nos voisins à accepter de lourds sacrifices pour restaurer la compétitivité de leur industrie. Or, explique Guillaume Duval, ce ne sont pas là les véritables raisons des succès actuels de l’économie allemande. Cette réussite est due surtout aux points forts traditionnels du pays : un système de relations sociales très structuré, un monde du travail où le diplôme ne fait pas tout, un pays où l’entreprise n’appartient pas aux actionnaires, un solide réseau de firmes de taille intermédiaire, une longue tradition de décentralisation qui permet de disposer partout d’un capital financier, culturel, social, humain suffisant pour innover et entreprendre, etc.
Au cours de la dernière décennie, le boom des pays émergents a permis à l’industrie allemande de profiter pleinement de ces atouts. Au contraire, la profonde remise en cause de l’Etat social menée au début des années 2000 par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder a fragilisé le modèle allemand : le développement spectaculaire de la pauvreté et des inégalités menace son avenir. On l’aura compris, ce qu’il faudrait copier ce sont plutôt les caractéristiques traditionnelles du modèle allemand que les réformes récentes qui y ont été apportées.
Il n’est cependant jamais aisé de transposer les éléments d’un modèle national lié à une histoire particulière. Une meilleure compréhension du « modèle allemand » par les Français est par contre indispensable pour réussir à imaginer ensemble un avenir pour l’Europe. 
Guillaume Duval est rédacteur en chef d’Alternatives Economiques. Il est l’auteur de Sommes-nous des paresseux ? Et 30 autres questions sur la France et les Français (Le Seuil, 2008) et de La France d’après, rebondir après la crise (Les Petits Matins, 2011). 

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