Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mardi 23 juillet 2013

écouter: Cédric Durand, En finir avec l’Europe

écouter: Cédric Durand, En finir avec l’Europe
Université Populaire de Toulouse, 23 mai 2013

En finir avec l’Europe
Sous la direction de Cédric Durand
La Fabrique
2013

Présentation de l'éditeur
Jamais l’Europe n’aura été aussi présente dans le débat public. Depuis 2009, pas un mois ne passe sans que le spectacle mélodramatique des déchirements et réconciliations entre gouvernements et institutions de l’Union ne connaissent de nouveaux rebondissements. Tandis que la région s’enfonce dans la récession et la désespérance sociale, partisans et adversaires de l’austérité s’affrontent, faisant de cette querelle macroéconomique la question principale. Paradoxalement, au-delà des péripéties institutionnelles et du constat de l’enlisement économique, le problème de savoir ce qu’il advient de l’Europe et de ses peuples demeure terriblement obscur. L’objet Europe est certes difficile à saisir, protéiforme et instable, mais cela rend d’autant plus nécessaire d’ouvrir la boîte noire. Ce livre propose ainsi de faire un pas de côté par rapport au torrent des événements pour comprendre la crise et expliciter ses enjeux.
Les textes réunis engagent de front une discussion devenue inévitable sur le projet européen dans sa globalité. Sociologue, économiste, anthropologue ou politiste, chacun des auteurs intervient pour en éclairer un aspect jusqu’alors sous-jacent mais rendu saillant par l’onde de choc de la première grande crise capitaliste du XXIe siècle.
Le constat est abrupt. Il appelle des enseignements. C’est dans ce cadre qu’il s’agit d’en finir avec l’Europe. En finir avec l’Europe comme une évidence, comme une ligne d’horizon de la controverse politique. Cela questionne aussi l’a priori de l’« autre Europe », comme seule option stratégique immédiatement opérante pour les gauches sociales et politiques. Car si les nations ne sauraient être un refuge, l’Europe néolibérale se révèle être un piège dont il reste à se défaire.

Dimitris Dalakoglou enseigne l'anthropologie à la Sussex University.
Cédric Durand est maître de conférences en économie à l'université Paris-XIII.
Razmig Keucheyan est maître de conférences en sociologie à l’université de Paris-Sorbonne (Paris IV). Il est l’auteur de Hémisphère gauche. Une cartographie des nouvelles pensées critiques (2010).
Stathis Kouvelakis enseigne la philosophie politique au King's College de l'université de Londres.
Costas Lapavitsas est professeur d'économie à SOAS, université de Londres.
Wolfgang Streeck est sociologue. Il dirige l'institut Max-Planck de Cologne.


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