Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 13 décembre 2013

Richard Sobel, Capitalisme, travail et émancipation chez Marx

Richard Sobel
Capitalisme, travail et émancipation chez Marx
Presses Universitaires du Septentrion
2012

Présentation de l'éditeur
L'œuvre de Marx est construite autour d'un triptyque « travailliste » – anthropologie générale, socio-économie historique et utopie sociale – dont il s’agit de montrer la puissance, la pertinence et l’actualité. Même si la centralité du travail ne s’institue et ne semble valoir que pour le seul monde moderne, il ne saurait y avoir de société qui n’ait fait, d’une manière ou d’une autre, l’expérience du travail comme forme essentielle de la condition humaine. Si la philosophie du travail définit fondamentalement l’être humain, il revient à la socio-économie des modes de production – en particulier le capitalisme où règne la « loi de la valeur» – de montrer que, dans l’histoire, le travail a toujours été l’objet de multiples aliénations qui obèrent la vérité anthropologique dont il est universellement porteur. Seule une société émancipée de toutes les formes de domination pesant sur le travail permettra à chacun de ses membres de s’épanouir pleinement. On peut bien sûr discuter tel ou tel point du « travaillisme » marxien, à commencer par l’utopie communiste. Mais tant que notre horizon social restera dominé par le capitalisme, cette approche constituera une ressource incontournable pour comprendre le présent, le subvertir et dégager une perspective d’émancipation.
Richard Sobel, philosophe et économiste de formation, est maître de conférences en économie à l'Université Lille 1 et chercheur au Clersé (UMR 8019 CNRS). Il est directeur-adjoint de la Revue Française de Socio-Économie (La Découverte) et membre du Conseil d’Administration de l’Association Française d’Économie Politique. Ses travaux d’histoire de la pensée, d’épistémologie et philosophie économique portent notamment sur les liens entre économie et politique dans les sociétés où domine le capitalisme.

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