Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 6 février 2015

Loïc Wacquant, Les prisons de la misère (Nouvelle édition actualisée et augmentée)

Loïc Wacquant
Les prisons de la misère 
Nouvelle édition actualisée et augmentée
Raisons d'agir
2015

Présentation de l'éditeur
Best-seller traduit en vingt langues, Les Prisons de la misère a renouvelé le débat scientifique et civique sur les rapports entre châtiment et inégalité dans les sociétés avancées. L'ouvrage révèle les voies par lesquelles un "sens commun" punitif (police dite de tolérance zéro, peines planchers, plaider-coupable, couvre-feux, incarcération à tout-va), élaboré en Amérique par un réseau de think tanks néoconservateurs, s'est internationalisé, dans le sillage de l'idéologie économique néolibérale dont il est la traduction et le complément en matière de "justice".
Il participe de l'avènement d'un nouveau gouvernement de la misère mariant la main invisible du marché du travail déqualifié et dérégulé au poing de fer d'un appareil pénal intrusif et omniprésent en bas de l'échelle des classes et des quartiers. Cette nouvelle édition revient sur les évolutions pénales de la décennie passée et montre comment la tornade sécuritaire s'est étendue aux pays du Second monde.
Il retrace un processus de pénalisation de la pauvreté et éclaire d'une lumière crue la transformation de l'Etat à l'ère du néolibéralisme triomphant. Car le retour imprévu de la prison sur l'avant-scène institutionnelle ne s'explique pas par l'évolution de la criminalité, pas plus que par l'efficacité supposément accrue des bureaucraties policière et judiciaire. Il résulte de choix politiques étayés par des asymétries de pouvoir.
L'inflation carcérale qui sévit pratiquement partout en ce début de siècle n'est pas une fatalité mais une politique publique. Il s'ensuit qu'on peut la remettre en question et, à terme, l'inverser par d'autres politiques.
Loïc Wacquant est un sociologue français qui exerce aux Etats-Unis à l'Université de Berkeley en Californie. Il vient notamment de publier un livre d'entretiens avec Pierre Bourdieu, Invitation à la sociologie réflexive, paru au Seuil en 2014.


Aucun commentaire: