Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 3 avril 2015

Initiales n° 05 – Initiales A.F. (Andrea Fraser)

Initiales n° 05 Initiales A.F. (Andrea Fraser)
Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Lyon
2015

Présentation de l'éditeur
Le cinquième numéro de la revue d'art et de recherche « rétro-prospective » est consacré à l'artiste et performeuse Andrea Fraser, figure clé de l'art des années 1990 et 2000 et du courant de la « critique institutionnelle » (une monographie complétée par une grande enquête sur l'espace critique réalisée auprès d'une cinquantaine d'artistes, critiques et philosophes internationaux).
Très influencée par la pensée de Pierre Bourdieu (qui signa la préface de son anthologie de textes) et porte-parole d’une critique institutionnelle « deuxième génération », qui après les travaux menés par Daniel Buren, Hans Haacke ou Michael Asher, a élargi la réflexion à d’autres espaces et acteurs institutionnels, ainsi qu’à des méthodologies empruntées à d’autres champs, Andrea Fraser fait partie de ceux qui, au tournant des années 2000, s’est interrogée sur la réconciliation entre la question des affects, du sujet, et celle de l’institution.
Cette question centrale dans le travail de Fraser s’incarne chez elle, dans les changements d’identité et les attributs dont elle se pare : costume strict et «genré» de médiatrice de musée (Museum Highlights - 1989) ; tenue d’Eve quand elle se vend, littéralement, à son collectionneur (Untitled -2003) ; visage nu et en pleurs quand ce sont ses affects d’artiste qu’elle met en pâture chez son psychanalyste (Projection – 2008). A travers ses textes et performances, Andrea Fraser décortique les mécanismes à l’œuvre dans le champ de l’art, son contexte économique, social et politique pour mieux en révéler les ressorts cachés.
Au sommaire de cet Initiales AF, qui a bénéficié du concours actif et précieux de Marie de Brugerolle, la traduction de trois textes inédits en français d’Andrea Fraser, ainsi qu’un grand entretien inédit avec elle ; des essais de Kader Attia, François Cusset, Inès Champey, Ida Soulard, Vincent Normand ; des contributions visuelles signées Philippe Durand, Jean-Luc Moulène, Gerald Petit ou Jean-Baptiste Sauvage. Un cahier spécial dédié à l’actualité et aux formes de l’espace critique vient compléter le numéro. Il comprend des contributions inédites de Dora Garcia, Thomas Hirschhorn, Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós (le peuple qui manque), Council, Yann Moulier Boutang, Michel Surya etc.


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