Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



jeudi 24 août 2017

Le politique, l'artiste et le gestionnaire. (Re)configurations locales et (dé)politisation de la culture, Sous la direction de Vincent Dubois (2e édition revue et augmentée)

Le politique, l'artiste et le gestionnaire
(Re)configurations locales et (dé)politisation de la culture  
Sous la direction de Vincent Dubois 
du Croquant
Champ social
2017
2e édition revue et augmentée

Présentation de l'éditeur
Cet ouvrage éclaire l'évolution des rapports entre culture et politique depuis le début des années 1960. Il retrace pour ce faire les changements intervenus dans les systèmes de relation constitutifs des politiques locales de la culture. Les collaborations entre agents des champs politique, bureaucratique et culturel pour la promotion de l'intervention culturelle publique ont doté cette politique de structures et de logiques spécifiques qui l'ont progressivement rendue autonome par rapport aux investissements politiques qui en étaient à l'origine.
Au fur et à mesure de cette institutionnalisation, un partage des rôles s'est tant bien que mal instauré, confiant la définition des grandes orientations aux élus et réservant celle des programmes aux acteurs culturels. Dans le même mouvement, la mise en avant de finalités proprement culturelles (et notamment la sempiternelle "démocratisation de la culture") a permis de formuler sinon des objectifs clairs, au moins des compromis relativement stables.
Ce double modus vivendi a été remis en cause depuis le milieu des années 1990. Les contraintes budgétaires ont notamment réduit l'initiative des acteurs culturels et, parfois, déplacé le centre de gravité des arbitrages culturels du côté des élus. Il est peu à peu devenu pensable que les politiques de la culture poursuivent d'autres fins que principalement culturelles, et soient mises au service du développement économique.
L'histoire retracée dans cet ouvrage à l'échelon local révèle ainsi une évolution beaucoup plus générale : la remise en cause concomitante des spécificités des politiques culturelles et de l'autonomie du champ culturel.  
Vincent Dubois, professeur à l'université de Strasbourg et membre de SAGE (UMR 7363). Lionel Arnaud, professeur à l'université Toulouse 3, PRISSMH et LaSSP. Clément Bastien est éducateur. Audrey Freyermuth est maîtresse de conférences à l'IEP d'Aix-en-Provence, CHERPA. Thomas Hélie, maître de conférences à l'université de Reims, CRDT et LaSSP. Kévin Matz, doctorant, analyse l'essor du développement économique comme credo des politiques de la culture. SAGE (UMR 7363). 

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