Pierre Bourdieu, in Pour un savoir engagé, Athènes, mai 2001, Raisons d'agir-Grèce, Le Monde Diplomatique, février 2002 — Page 3, aussi in Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique, Agone, P.465-469
"D’autre part, les mouvements sociaux ont apporté des méthodes d’action que les syndicats ont peu à peu, encore une fois, oubliées, ignorées ou refoulées. Et en particulier des méthodes d’action personnelle : les actions des mouvements sociaux recourent à l’efficacité symbolique, une efficacité symbolique qui dépend, pour une part, de l’engagement personnel de ceux qui manifestent ; un engagement personnel qui est aussi un engagement corporel.
Il ne s’agit pas de défiler, bras dessus bras dessous, comme le font traditionnellement les syndicalistes le 1er mai. Il faut faire des actions, des occupations de locaux, etc. Ce qui demande à la fois de l’imagination et du courage."

mardi 18 septembre 2018

audio: Gisèle Sapiro, Les Ecrivains et la politique en France. De l'Affaire Dreyfus à la guerre d'Algérie




audio: Gisèle Sapiro, Les Ecrivains et la politique en France. De l'Affaire Dreyfus à la guerre d'Algérie

Écrivains et politique : du prophétisme à l'expertise
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 22/09/2018

Entre œuvre et histoire, les lieux d'écrivains (2/4)Entre littérature et politique, les écrivains d’extrême-droite, des années 1930 à l’épuration
avec Anne Simonin
La Fabrique de l'Histoire par Emmanuel Laurentin,  le 18/09/2018

Écrivains et politique, un compagnonnage ambigu
Politique ! par Hervé Gardette, le   08/09/2018
Gisèle Sapiro
Les Ecrivains et la politique en France  
De l'Affaire Dreyfus à la guerre d'Algérie 
Seuil
2018 
Présentation de l'éditeur
De l’affaire Deyfus à la fin des années 1960, on ne compte plus les écrivains qui ont incarné en France la figure de l’« intellectuel », celui qui s’engage dans la cité en mobilisant son pouvoir symbolique.
On pense tout de suite à Zola. Mais aussi à Aragon, à Malraux, à Sartre, à Simone de Beauvoir, et à tant d’autres. Autrement dit, d’abord aux écrivains de gauche ou, à tout le moins, réputés « progressistes ». Cependant, si Malraux fut le premier ministre de la Culture français, et si le modèle sartrien de l’engagement a connu une diffusion mondiale, il ne faudrait pas oublier pour autant ceux qui, au nom de leur engagement à droite, se sont illustrés dans les années sombres de notre histoire : Maurras, Brasillach, Rebatet, Drieu la Rochelle, Céline. Le regain d’intérêt pour leurs écrits les plus virulents dans un contexte de montée de l’extrême droite et de la xénophobie nous invite au contraire à un retour sur l’histoire de leurs engagements.
De fait, toutes les représentations étudiées dans ce livre demeurent profondément ancrées dans notre culture politique et ont même connu un regain d’actualité depuis les années 1990, qu’il s’agisse des catégories de droite et de gauche (malgré les tentatives de nier leur validité), du débat Orient/Occident (le « choc des civilisations »), ou encore des affrontements politiques autour de l’« identité nationale ». Elles constituent le vivier auquel puisent les intellectuels, les prophètes et les idéologues d’aujourd’hui, comme en témoigne l’épilogue de ce livre.
D’où la nécessité d’en revisiter l’histoire et d’en comprendre les ressorts culturels et professionnels, comme nous le propose cet essai documenté et profondément neuf, qui interroge aussi les formes de l’engagement.
Gisèle Sapiro est directrice de recherche au CNRS et directrice d’études à l’EHESS. Auteure de La Guerre des écrivains, 1940-1953 (Fayard, 1999), de La Responsabilité de l’écrivain (Seuil, 2011) et de La Sociologie de la littérature (La Découverte, 2014), elle a dirigé Translatio. Le marché de la traduction en France à l’heure de la mondialisation (2008), L’Espace intellectuel en Europe (2009) et Profession ? Écrivain (2017).

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