« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 26 janvier 2012

revue Agone 47, Les théories du complot

Agone 47

Agone 47
Les théories du complot
Coordination Miguel Chueca
Agone
2012


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SOMMAIRE
Éditorial : De quelques idées reçues sur les « théories du complot » et de quelques arguments pour y objecter, Miguel Chueca
Une superstition moderne : la fausseté en soi des théories de la conspiration, Charles Pigden
L’Histoire, comme nous la connaissons d’après des documents originaux et telle qu’elle fut établie par les meilleurs historiens, est tissée de conspirations. Si, comme le veut la superstition moderne, les théories de la conspiration sont par nature folles, suspectes ou invraisemblables, alors l’histoire telle que nous la connaissons est un ramassis de non-sens – ce qui est fou, suspect et invraisemblable. La majeure partie de ce que nous croyons savoir de l’histoire de l’Angleterre, comme d’autres pays, serait systématiquement trop entachée de conspirations pour inspirer la confiance. Mais l’histoire n’est pas un amas de non-sens – de manière générale, elle n’est pas non plus folle, suspecte ou invraisemblable. Par conséquent, cette superstition moderne n’est qu’une superstition et il n’y a rien de fou, suspect ou invraisemblable dans la nature même des théories de la conspiration – bien qu’évidemment, certaines d’entre elles soient folles, suspectes ou invraisemblables.
Conspirations ou institutions ? Le 11-Septembre et au-delà, Michael Albert et Stephen Shalom
Une fois qu’on pénètre sur le terrain des adeptes des théories du complot, on est sur une sorte de pente savonneuse puisque qu’aucune des contre-preuves avancées ne sera jamais suffisante et que chaque information pourra être réinterprétée au moyen de nouvelles affirmations. On raconte une histoire (apocryphe) à propos d’une conférence donnée par Bertrand Russell. Une fois celle-ci terminée, une vieille dame se lève et dit : « Vous avez dit un tas de choses justes, mais sur l’univers, vous êtes à côté de la plaque. En fait, tout ce que nous voyons se trouve sur le dos d’une tortue géante. » Russell demande à son tour : « D’accord, mais sur quoi repose la tortue ? » Et la vieille dame de rétorquer : « Mais sur une autre tortue, plus grande que la première. » Russell demande alors sur quoi repose cette autre tortue et la dame de répondre : « Il n’y a que des tortues, du haut en bas. »
Les théories du complot fonctionnent souvent sur ce même modèle. Si une première affirmation ne marche pas, ça n’a pas d’importance : il suffit d’en fabriquer une autre.
À l’époque de l’irrationalité. Les conspirationnistes du 11-Septembre et le déclin de la gauche américaine, Alexander Cockburn
Ce que Barrett et Collins démontrent brillamment, ce sont les réelles conspirations de la corruption à porter au compte de Giuliani : le favoritisme à l’égard de Motorola qui équipa les pompiers de radios qui ne marchaient pas ; l’habileté de la Port Authority à lésiner sur les mesures de protection contre le feu, cet échec majeur qu’a été l’incapacité à mettre sur pied un commandement d’urgence unifié qui aurait permis aux policiers et aux pompiers de communiquer entre eux ; que de nombreux pompiers n’entrent pas inutilement à l’intérieur des Tours ; et enfin que les opérateurs des urgences ne disent pas aux gens qui se trouvaient dans ces mêmes Tours de rester sur place.
Voilà quel est le monde politique réel, dans lequel Giuliani et compagnie n’ont jamais été tenus pour responsables. Les conspirationnistes méprisent le monde réel parce qu’ils accordent à Bush, Cheney et autres néo-conservateurs un statut si élevé qu’ils en font des sortes d’archidémons de l’histoire des États-Unis, au lieu d’y voir une équipe de plus de gestionnaires de l’Empire, un groupe d’une stupidité et d’une incompétence plutôt supérieures à la moyenne.
L’assassinat de JFK : la phobie de la conspiration à gauche, Michael Parenti
Les gens atteints de la phobie des conspirations aiment à demander : « Pensez-vous vraiment qu’il y ait un groupe de gens assis dans une salle en train de comploter ? » Cette image est tellement absurde qu’elle ne résiste pas à une seconde d’examen. Mais où diable les puissants pourraient-ils se réunir ? Sur les bancs des squares ? Sur les chevaux de bois des manèges ? Non, ils se rencontrent bel et bien dans des salles : dans les salles de réunion des entreprises, du Pentagone, dans les meilleurs restaurants, les plus beaux lieux de villégiature et les plus belles propriétés, dans les grandes salles de conférence de la Maison-Blanche, de la NASA, de la CIA et d’ailleurs. Et en effet, ils y complotent volontairement – même s’ils appellent cela « planifier » et « développer des stratégies » – et ils le font dans un grand secret, résistant de toutes leurs forces aux révélations publiques. Afin de rendre le monde plus sûr pour ceux qui le dominent, les personnalités politiques de la classe des possédants ont créé un système de sûreté nationale qui dépense des milliards de dollars et nécessite le travail d’un grand nombre de personnes.
Les attentats du 11 mars 2004 à Madrid et les « théories de la conspiration », Miguel Chueca
La remise en cause de la « version officielle » des événements du 11-Mars a suscité l’apparition de trois théories de la conspiration : 1) celle qui, derrière le groupe islamiste de Madrid, voit la main des services secrets marocains ; 2) celle qui postule l’intervention de l’ETA, non plus seule mais de concert avec les islamistes ; 3) celle qui suggère l’intervention de certains secteurs « dévoyés » des services de sécurité espagnols, c’est-à-dire l’équivalent pour l’Espagne de la thèse américaine de l’inside job. Cependant, bien avant de se situer dans les arguments et les procédés dont ont usé leurs porte-parole, la spécificité des « théories alternatives » du 11-Mars doit être cherchée dans la répercussion dont elles ont bénéficié auprès de l’opinion publique, grâce à l’appui de très grands médias comme le quotidien El Mundo et une des principales chaînes de radio du pays, la COPE, propriété de l’épiscopat espagnol.
Le Tea Party : un mouvement protestataire financé par des milliardaires, Pierre Guerlain
Le Tea Party, contrairement à ce que les médias dominants en ont fait, s’inscrit donc dans une longue tradition réactionnaire appelée par commodité, mais de façon problématique, « populiste », qui cherche à annuler toutes les conquêtes sociales du XXe siècle. Sur le plan des théories du complot, il s’inscrit dans la lignée de l’anticommunisme des années 1950, de l’anti-catholicisme du milieu du XIXe siècle, et de l’antimaçonnisme du début du XIXe siècle. Aujourd’hui ce que l’on appelle de façon également problématique l’islamophobie fonctionne comme une théorie du complot, qui est bien souvent une forme de racisme anti-Arabes voire antimusulmans mais n’est pas nécessairement de nature religieuse. L’ennemi mobilisateur officiel est le socialisme imaginaire d’Obama ou sa foi musulmane également fantaisiste. La contestation s’organise, sur le plan rhétorique, autour de l’impôt et du déficit budgétaire des États-Unis qui serait responsable des difficultés de la classe moyenne.
Usages médiatiques d’une critique « savante » de « la théorie du complot », Henri Maler et Patrick Champagne
Une critique sérieuse, c’est-à-dire argumentée et reposant sur des faits précis, se doit d’enquêter, de citer les déclarations et les commentaires de journalistes à l’appui des analyses, de compter les invitations dans les émissions, de mettre en évidence les échanges de services et les connivences, bref de faire apparaître des relations objectives à partir de la désignation de personnes qui ne cultivent guère leur anonymat et qui ne peuvent pas être dégagées de toute responsabilité individuelle. Dans cet univers social (comme dans tout autre), les relations objectives que l’on cherche à mettre en évidence passent en grande partie par des relations interpersonnelles qu’il n’y aurait aucun sens à passer sous silence. On comprend dès lors pourquoi la dénonciation de la « théorie du complot » trouve un écho favorable, notamment chez ceux qui occupent une position éminente dans les médias : elle permet de disqualifier toute analyse qui les désigne nommément et de se débarrasser à peu de frais de toute critique effective des médias.
HISTOIRE RADICALE
Le chemin de la vérité. André Prudhommeaux, l’incendie du Reichstag et la défense de Marinus Van der Lubbe, Charles Jacquier

samedi 18 décembre 2010

à paraître: Agone 45, George Orwell, entre littérature et politique


Agone 45
George Orwell, entre littérature et politique
Agone
À paraître le 15/04/2011 
Numéro issu du premier colloque consacré à George Orwell en France, à l’université de Lille III, en mars 2010 : « videos du colloque  Orwell, une conscience politique du XXe siècle ».

Tout ce que j’ai écrit d’important depuis 1936 a été écrit contre le totalitarisme et pour le socialisme démocratique. Dans une époque comme la nôtre, il me paraît inimaginable que l’on puisse s’abstenir d’aborder ces problèmes. Toute la question est de savoir quel camp on choisit et quelle méthode on adopte. Et plus on a conscience de ses propres partis pris politiques, plus on a de chances d’agir politiquement sans rien renier de sa personnalité esthétique ou intellectuelle. Ce à quoi je me suis le plus attaché au cours de ces dix dernières années, c’est à faire de l’écriture politique un art à part entière. Ce qui me pousse au travail, c’est toujours le sentiment d’une injustice et l’idée qu’il faut prendre parti. C’est toujours là où je n’avais pas de visée politique que j’ai écrit des livres sans vie.
De 1936 à sa mort en 1950, Orwell a inscrit sa réflexion dans une culture politique aujourd’hui largement refoulée, émanant de petits groupes qui ont pris acte, dès les années 1930, du double échec historique du mouvement ouvrier et révolutionnaire sans cesser pour autant de chercher les voies d’une transformation socialiste de la société.
Au sommaire
La gauche hétérodoxe et la réception d’Orwell en France, François Bordes
Russell, Orwell et l’impérialisme britannique, Olivier Estèves
Orwell et la question de la Palestine, Giora Goodman
George Orwell, icône de l’Europe unie, Christophe Le Dréau
Le peuple d’Orwell, John Crowley et S. Romi Mukherjee
Orwell moderniste, Patricia Rae
Orwell et la révolte intellectuelle, Jean-Jacques Rosat
Histoire radicale
Dossier « Ville & écologie. Retour sur Lewis Mumford »
Pour une technologie démocratique, Lewis Mumford
Lewis Mumford : un écologiste nord-américain oublié, Ramachandra Guha

mardi 26 octobre 2010

Agone 44, Rationalité, vérité & démocratie

Agone 44
Rationalité, vérité & démocratie
Agone
2010




Présentation de l'éditeur
Ce numéro est issu du colloque « Rationalité, vérité et démocratie – Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky », organisé au Collège de France le vendredi 28 mai 2010.


"L’habitude de fonder les opinions sur la raison, quand elle a été acquise dans la sphère scientifique, est apte à être étendue à la sphère de la politique pratique. Pourquoi un homme devrait-il jouir d’un pouvoir ou d’une richesse exceptionnels uniquement parce qu’il est le fils de son père ? Pourquoi les hommes blancs devraient-ils avoir des privilèges refusés à des hommes de complexions différentes ? Pourquoi les femmes devraient-elles être soumises aux hommes ? Dès que ces questions sont autorisées à apparaître à la lumière du jour et à être examinées dans un esprit rationnel, il devient très difficile de résister aux exigences de la justice, qui réclame une distribution égale du pouvoir politique entre tous les adultes."
Bertrand Russell (1961)


SOMMAIRE

Éditorial, Jacques Bouveresse

Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d’action, Jean-Jacques Rosat
Pourquoi associer les noms de Russell, Orwell et Chomsky ? Quelles parentés y a-t-il entre leurs pensées mais aussi entre leurs engagements militants respectifs ? Quel genre de lumières pouvons-nous espérer d’eux sur le thème « Rationalité, vérité et démocratie » ? Il est largement admis que les tyrannies s’appuient sur le mensonge et les préjugés, et que la démocratie suppose l’existence d’un espace public des raisons où s’affrontent pacifiquement des citoyens éclairés. Mais il est largement admis aussi que le savoir confère habituellement à celui qui le possède une supériorité et une autorité sur celui qui ne le possède pas. Le relativisme, nous dit-on, garantit le droit des dominés et des minorités à défendre leur propre vision du monde. Certes, il peut arriver qu’il leur offre temporairement une protection efficace. Mais, fondamentalement, il est contradictoire avec tout projet d’émancipation car il dépossède les dominés des armes de la critique.

La vérité peut-elle survivre à la démocratie ?, Pascal Engel
L’une des raisons pour lesquelles la vérité et la démocratie ne semblent pas faire bon ménage est qu’on a tendance à confondre, d’une part, la liberté d’opinion et de parole avec l’égale vérité des opinions, ce qui revient à adopter une forme de relativisme, et, d’autre part, la règle de majorité avec une règle de vérité, ce qui revient à adopter une forme de théorie de la vérité comme consensus. Parce que la démocratie libérale repose sur le principe de la pluralité des valeurs et sur la neutralité axiologique, on a tendance à penser qu’elle exige de traiter toutes les opinions comme également respectables et, moyennant une confusion de plus, comme également vraies. Parce que la démocratie suppose la règle selon laquelle, en matière de décisions, la majorité doit l’emporter, on suppose que les opinions majoritaires ont le plus de chances d’être vraies, et qu’elles sont vraies parce qu’elles sont celles de la majorité.

Tout ça n’est pas seulement théorique. Notes sur la pratique d’une politique éditoriale, Thierry Discepolo
Comme producteur de « propagande », le métier d’éditeur tient une position paradoxale par bien des aspects. D’un côté, sa marque est bien visible sur le produit « livre » ; de l’autre, on est en droit de se demander ce qu’il fait. L’éditeur n’est ni l’auteur, qui a écrit le livre, ni l’imprimeur, qui l’a fabriqué. Pour une part, il est responsable de la mise en circulation de milliers de phrases ; pour une autre, il ne peut en réclamer la paternité – il ne les a pas écrites. Quelle légitimité cet intermédiaire a-t-il de revendiquer les idées que portent les livres inscrits à son catalogue ? Parce que, sans son travail, de telles idées ne pourraient être ­sorties de l’anonymat ? On donnera quelques éléments de réponse à ces questions à partir de la position spécifique de l’éditeur, un métier qui mêle ­indissociablement l’argent et les idées.

Bertrand Russell, la science, la démocratie et la « poursuite de la vérité », Jacques Bouveresse
Bertrand Russell est convaincu qu’une application stricte, par tout le monde, du principe selon lequel on doit s’efforcer de ne croire, autant que possible, que des choses vraies ou qui du moins ont des chances raisonnables d’être vraies, si elle introduirait assurément des changements importants dans la vie sociale et politique, n’aurait pas le genre de conséquences catastrophiques que l’on prédit généralement. L’illusion et le mensonge ne sont peut-être pas indispensables à la vie en société à un degré aussi élevé qu’on le croit la plupart du temps. Ils ne devraient en tout cas pas l’être dans des sociétés qui ont la prétention d’être réellement démocratiques.

La soif de pouvoir tempérée par l’auto-aveuglement, Noam Chomsky
Traduit de l’anglais par Clément Petitjean
Les doctrines du rationalisme économique qui, depuis une génération, constituent le discours dominant dans les sociétés avancées ont façonné les politiques menées, mais elles l’ont fait de manière sélective : une recette pour les plus faibles, une autre radicalement différente pour les puissants – en somme comme par le passé. Il ne semble pas injuste de dire que cette domination ne reflète ni une quelconque rationalité ni un attachement à la vérité, mais plutôt un engagement en faveur des privilèges et du pouvoir. Les conséquences sont immanquables. Alors qu’ils paraissent très riches en comparaison des autres pays, les États-Unis sont en train de revêtir certaines des caractéristiques structurelles des anciennes colonies, qui ont typiquement des secteurs incroyablement prospères et privilégiés au milieu d’un océan de souffrance et de misère.

Dialogue sur la science et la politique, Jacques Bouveresse et Noam Chomsky (entretien avec Daniel Mermet)
Que peut le bon sens comparé à ce que peut peut-être la connaissance scientifique ? Noam Chomsky a rappelé que le progrès des sciences a amené à se rendre compte que le bon sens, ou sens commun, pouvait se tromper de façon spectaculaire. La même chose n’est-elle pas susceptible de se passer en matière morale et politique ? Après tout, le sens commun un peu éduqué ne peut-il suffire pour nous procurer les lumières dont nous avons besoin pour l’action ? Pierre Bourdieu était évidemment convaincu que la connaissance procurée par les sciences sociales est finalement la seule qui soit susceptible de nous permettre de comprendre réellement les mécanismes qui engendrent l’inégalité, l’injustice, l’oppression, etc. [Jacques Bouveresse se souvient] d’avoir pris la défense de Noam Chomsky, au moins une fois, devant Bourdieu, parce que Chomsky avait écrit que comprendre comment opèrent ces mécanismes d’assujettissement et d’oppression qui engendrent l’inégalité et l’injustice n’est pas très difficile ; il suffit d’un peu de bon sens, de psychologie – et de cynisme, ajoutait-il.

LA LEÇON DES CHOSES

À propos de la « pensée (anti-)68 » selon Serge Audier, Alexander Zevin
Traduit de l’anglais par Clément Petitjean
Présenté par Philippe Olivera

Racisme, sexisme et mépris de classe, Walter Benn Michaels
Traduit de l’anglais par Natacha Cauvin

Notes prises en décembre 1981 et janvier 1982 lors des réunions à la CFDT et des conférences de presse en soutien à Solidarnosc, Pierre Bourdieu
Présenté par Franck Poupeau et Thierry Discepolo

HISTOIRE RADICALE

Au-delà du marxisme, de l’anarchisme et du libéralisme : le parcours scientifique et révolutionnaire de Bruno Rizzi, Paolo Sensini
Traduit de l’italien par Miguel Chueca
Présenté par Charles Jacquier

samedi 7 août 2010

à paraître: Agone 44, Rationnalité, vérité & démocratie

Revue Agone 44
Rationnalité, vérité & démocratie
À paraître le 26/10/2010


Numéro de revue tiré du colloque du 28 mai au Collège de France, voir les videos

SOMMAIRE (provisoire)

Éditorial, Jacques Bouveresse
Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d’action, Jean-Jacques Rosat
La vérité peut-elle survivre à la démocratie ?, Pascal Engel
Tout ça n’est pas seulement théorique. Notes sur la pratique d’une politique éditoriale, Thierry Discepolo
Bertrand Russell, la science, la démocratie et la poursuite de la vérité, Jacques Bouveresse
La soif de pouvoir tempéré par l’auto-aveuglement, Noam Chomsky, traduit de l’anglais par Clément Petitjean
Dialogue sur la science et la politique, Jacques Bouveresse et Noam Chomsky, Entretien avec Daniel Mermet

Histoire radicale

Au-delà du marxisme, de l’anarchisme et du libéralisme : le parcours scientifique et révolutionnaire de Bruno Rizzi, Paolo Sensini, traduit de l’italien par Miguel Chueca, présentation de Charles Jacquier

La Leçon des choses

Ce qui compte. La classe ouvrière blanche ? À propos de Who Cares about the White Working Class ?, de Kjartan Páll Sveinsson, Walter Benn Michaels
Reclasser Mai 68. À propos de La Pensée anti-68. Essai sur les origines d’une restauration intellectuelle de Serge Audier, Alexander Zevin
La nouvelle élite réactionnaire intronisée par Le Débat, Camille Trabendi
Notes sur la mobilisation des intellectuels français en faveur du syndicat polonais Solidarnos (décembre 1981), Pierre Bourdieu, présentation par Franck Poupeau & Thierry Discepolo

jeudi 15 avril 2010

à paraître: Agone 43, « Comment le genre trouble la classe »


Agone 43
« Comment le genre trouble la classe »
Agone
À paraître le 18/06/2010










SOMMAIRE

Éditorial: Ce que le tournant postmoderne fait au féminisme la rédaction

Le marxisme et l’origine de l’oppression des femmes, une nécessaire réactualisation, Christophe Darmangeat

« Une force féminine consciente et responsable qui agisse en tant qu’avant-garde de progrès ». Le mouvement des Mujeres Libres (1936–1939), Miguel Chueca

Une femme de mineur à la tribune de l’Année internationale de la femme (1976), Domitila Barrios de Chungara ; traduit de l’espagnol par Louis Constant et présenté par Elsa Laval

Féminisme et postmodernisme, Sabina Lovibond ; traduit de l’anglais par Bruno Ambroise et Valérie Aucouturier

Pourquoi le post-structuralisme est une impasse pour le féminisme, Barbara Epstein ; traduit de l’anglais par Philippe Olivera

Peut-on penser une construction performative du genre ?, Bruno Ambroise

La leçon de choses
Au service de Robert Walser. Notes éditoriales, Anne-Lise Thomasson et Thierry Discepolo
Un point c’est tout, Robert Walser ; traduit de l’allemand par Lucie Roignant
Note du traducteur, suivi de Curriculum. À propos de L’Homme à tout faire, Walter Weideli

Histoire radicale
Victor Serge (1890–1947). De la jeunesse anarchiste à l’exil mexicain. Présentation par Charles Jacquier
De Paris à Barcelone, Rirette Maîtrejean
Un homme de pensée et d’action au service de la vérité et de la liberté, Julian Gorkin
Le groupe Socialisme y Libertad. L’exil antiautoritaire d’Europe au Mexique et la lutte contre le stalinisme (1940–1950), Claudio Albertani ; traduit de l’espagnol par Miguel Chueca

dimanche 4 avril 2010

Re-découvrir et écouter: Pierre Bourdieu, Interventions, 1961-2001 Science sociale et action politique

écouter la présentation du livre "Interventions" de Pierre Bourdieu, 07 Juin 2002, Là-bas si j'y suis par Daniel Mermet, avec Franck Poupeau, Annick Coupé, Annie Ernaux, Christian De Montlibert, Thierry Discepolo.
Daniel Mermet - Présentation du livre sur Bourdieu
Found at abmp3 search engine




Pierre Bourdieu
Interventions, 1961-2001
Science sociale et action politique
Textes choisis et présentés par Franck Poupeau & Thierry Discepolo
Agone
2002








Présentation de l'éditeur
Les interventions de Pierre Bourdieu depuis les grèves de décembre 1995 ont été l’objet de condamnations souvent virulentes, notamment de la part des journalistes et des intellectuels médiatiques dont il avait analysé le pouvoir. Il fut alors accusé de découvrir l’action politique « sur le tard », d’abuser de sa notoriété scientifique ou encore de revenir à des figures intellectuelles surannées. Ce qui semblait choquer avant tout, c’était qu’un savant intervienne de la sorte, portant le fer de la critique dans le domaine politique.
Les interventions du sociologue dans l’espace public datent pourtant de son entrée dans la vie intellectuelle, au début des années 1960 à propos de la guerre d’Algérie. Dès lors, une réflexion constante sur les « conditions sociales de possibilité » de son engagement politique l’incite à se démarquer aussi bien d’un scientisme donneur de leçons que du spontanéisme alors si courant chez les « intellectuels libres ».
Ce recueil n’a pas seulement pour but de regrouper les nombreux textes « politiques » ou « critiques » souvent peu accessibles ou inédits en français. Il tient avant tout de la mise en situation : invitation à la lecture d’une œuvre souvent neutralisée par ses conditions académiques de réception. Il s’agit de montrer, à travers les étapes de l’itinéraire du sociologue, replacé dans son contexte historique, une articulation certaine entre recherche scientifique et intervention politique ; le travail de conversion des pulsions sociales en impulsions critiques.
À travers ce parcours, c’est finalement la genèse d’un mode d’intervention politique spécifique qui est retracée : science sociale et militantisme, loin de s’opposer, peuvent être conçus comme les deux faces d’un même travail d’analyse, de décryptage et de critique de la réalité sociale pour aider à sa transformation. La trajectoire illustrée par les textes de ce recueil montre comment la sociologie elle-même se trouve enrichie par l’engagement politique et la réflexion sur les conditions de cet engagement.

Pierre Bourdieu (1930–2002) était sociologue et professeur au Collège de France. À partir des années 1960, ses livres (Les Héritiers, La Distinction, La Misère du monde, etc.) et ses interventions ont joué un rôle majeur dans la vie intellectuelle et politique en France. Aux éditions Agone : Bourdieu, savant et politique de Jacques Bouveresse, Agone 2004, Introduction à une sociologie critique. Lire Pierre Bourdieu de Alain Accardo, Agone 2006 et Le sociologue et l’historien, (avec Roger Chartier) Agone 2010.


samedi 27 février 2010

Pierre Bourdieu, interview avec Luciano Trigo, Incorrigiblement optimiste, 2001
















Pierre Bourdieu
interview avec Luciano Trigo
Incorrigiblement optimiste
O’Globo (Brésil), novembre 2001
Agone 26 et 27
« Revenir aux luttes »
P.233-245
Lire l'entretien http://atheles.org/lyber_pdf/lyber_401.pdf


voir également dans ce numéro deux articles de Bourdieu
P.203 – « Les sous-prolétaires algériens » ;
p.225 –« Sartre, l’invention de l’intellectuel total » ;

mercredi 3 février 2010

écouter: Pierre Bourdieu & Roger Chartier, Le sociologue et l’historien


Écoutez:
Pierre Bourdieu
A voix nue : grands entretiens d'hier et d'aujourd'hui, par Roger Chartier 
(enregistrés les 7 et 8 décembre 1987)


Pierre Bourdieu  
& Roger Chartier 
Le sociologue et l’historien
Préface de Roger Chartier
Agone/Co-édition avec Raisons d’agir et l’Ina éditions
2010

Présentation de l'éditeur
En 1988, l’historien Roger Chartier reçoit le sociologue Pierre Bourdieu à France-Culture pour une série de cinq entretiens. Ce livre les reprend intégralement, avec une préface de Roger Chartier qui en restitue le contexte intellectuel et politique.
Dans un dialogue où se manifestent à la fois leur complicité et une claire conscience de leurs différences, le sociologue et l’historien confrontent les avancées et les problèmes de leurs deux disciplines, et leurs rôles respectifs dans la société. Ils analysent ensemble les illusions et les confusions répandues par les intellectuels-prophètes, qui font obstacle au rôle émancipateur de la sociologie et de l’histoire. Trente ans après, leurs propos n’ont pas pris une ride.
On trouvera notamment dans ces entretiens, sous une forme concise particulièrement claire et pédagogique :
— la présentation de certains concepts fondamentaux de la pensée de Bourdieu, notamment ceux d’« habitus » et de « champ » ;
— des réponses percutantes à des objections (aujourd’hui encore) récurrentes sur son (prétendu) déterminisme, sur les (fausses) oppositions entre subjectivisme et objectivisme ou entre individu et société, etc., et contre le procès qui lui est fait de vouloir substituer son discours savant à la parole des dominés.

Pierre Bourdieu (1930–2002) était sociologue et professeur au Collège de France. À partir des années 1960, ses livres (Les Héritiers, La Distinction, La Misère du monde, etc.) et ses interventions ont joué un rôle majeur dans la vie intellectuelle et politique en France. Aux éditions Agone : Interventions 1961–2001, Agone 2002, Bourdieu, savant et politique de Jacques Bouveresse, Agone 2004 et Introduction à une sociologie critique. Lire Pierre Bourdieu de Alain Accardo, Agone 2006.

Roger Chartier (né en 1945), historien et professeur au Collège de France, est un des fondateurs de l’histoire du livre et de la lecture (Les Origines culturelles de la Révolution française, Histoire de l’édition française, Inscrire et effacer, etc.). Il a longtemps animé Les Lundis de l’histoire sur France-Culture.


dimanche 31 janvier 2010

Re-découvrir: Pierre Bourdieu intervention au colloque Actualité de Karl Kraus


Présentation par Agone
Texte extrait d’une intervention aux journées sur l’« Actualité de Karl Kraus », organisée en 1999 par Gerald Stieg et Jacques Bouveresse à l’Institut culturel autrichien (Paris), paru sous le titre « Un manuel de combattant contre la domination symbolique », in Pierre Bourdieu, Interventions 1961-2001. Science sociale et action politique, Agone, 2002.


Une version revue de cette intervention a été publiée sous le titre À propos de Karl Kraus et du journalisme in Actes de la recherche en sciences sociales, Année 2000, Volume 131, Numéro 131-132, pp. 123-126. Ce texte est précédé d'un article de Jacques Bouveresse Karl Kraus et la presse

dimanche 25 octobre 2009

à paraître: Pierre Bourdieu - Roger Chartier, L’historien et le sociologue


L'historien et le sociologue
Parution : 17/02/2010
ISBN : 978-2-7489-0118-4
À paraître le 17/02/2010

Pierre Bourdieu - Roger Chartier
L’historien et le sociologue
Co-édition avec Raisons d’agir

En 1988, l’historien Roger Chartier reçoit le sociologue Pierre Bourdieu à France-Culture pour une série de cinq entretiens. Ce livre les reprend intégralement, avec une préface de Roger Chartier qui en restitue le contexte intellectuel et politique.
Dans un dialogue où se manifestent à la fois leur complicité et une claire conscience de leurs différences, le sociologue et l’historien confrontent les avancées et les problèmes de leurs deux disciplines, et leurs rôles respectifs dans la société. Ils analysent ensemble les illusions et les confusions répandues par les intellectuels-prophètes, qui font obstacle au rôle émancipateur de la sociologie et de l’histoire. Trente ans après, leurs propos n’ont pas pris une ride.
On trouvera notamment dans ces entretiens, sous une forme concise particulièrement claire et pédagogique :
— la présentation de certains concepts fondamentaux de la pensée de Bourdieu, notamment ceux d’« habitus » et de « champ » ;
— des réponses percutantes à des objections (aujourd’hui encore) récurrentes sur son (prétendu) déterminisme, sur les (fausses) oppositions entre subjectivisme et objectivisme ou entre individu et société, etc., et contre le procès qui lui est fait de vouloir substituer son discours savant à la parole des dominés.

Pierre Bourdieu (1930–2002) était sociologue et professeur au Collège de France. À partir des années 1960, ses livres (Les Héritiers, La Distinction, La Misère du monde, etc.) et ses interventions ont joué un rôle majeur dans la vie intellectuelle et politique en France. Aux éditions Agone : Interventions 1961–2001, Agone 2002, Bourdieu, savant et politique de Jacques Bouveresse, Agone 2004 et Introduction à une sociologie critique. Lire Pierre Bourdieu de Alain Accardo, Agone 2006.

Roger Chartier (né en 1945), historien et professeur au Collège de France, est un des fondateurs de l’histoire du livre et de la lecture (Les Origines culturelles de la Révolution française, Histoire de l’édition française, Inscrire et effacer, etc.). Il a longtemps animé Les Lundis de l’histoire sur France-Culture.
Roger Chartier : Il me semble que dans la perspective qui est la tienne et qui a cette capacité heuristique de faire penser dans d’autres domaines que le domaine de la sociologie, finalement le projet est tout autre : c’est de donner des outils permettant de démonter les mécanismes de domination qui fonctionnent sous les espèces de la division naturelle, normale, ancestrale. Il y a presque un projet là de reprise de possession de l’individu par lui-même ; ce qui, je crois, est assez contraire avec une image très stéréotypée de ce travail qui est pensé comme montrant des contraintes contre lesquelles on ne pourrait rien, broyant les individus et ne leur donnant aucune place.

Pierre Bourdieu : Si je voulais répondre en une phrase à ce que tu viens de dire, je dirais que nous naissons déterminés et nous avons une petite chance de finir libres. Nous naissons dans l’impensé et nous avons une toute petite chance de devenir des sujets. Et ce que je reproche à ceux qui invoquent à tout va la liberté, le sujet, la personne, etc., c’est d’enfermer les agents sociaux dans l’illusion de la liberté qui est une des voies à travers lesquelles s’exerce le déterminisme.

[…]

Pierre Bourdieu : Je vais employer une image plus noble, aux antipodes dans l’espace hiérarchisé de la culture, c’est Karl Kraus. Personne ne l’a lu en France, mais tout le monde sait qu’il faut dire que Karl Kraus c’est très bien. Donc je vais me servir de cet effet de légitimité (rire). Karl Kraus, c’est un intellectuel professionnel qui a passé sa vie à faire, au fond, l’inverse de ce que faisait Sartre. Il a passé sa vie à faire des happenings. Il faisait des choses magnifiques et si j’avais le temps je ferais ça. Il faisait des fausses pétitions sur la base des sentiments de bienséance sociale qui anime les intellectuels ; les bonnes causes. Par exemple aujourd’hui, ce serait la défense des homosexuels, contre le sida, etc. Il faisait une fausse pétition signée des noms les plus célèbres de l’époque et les gens n’osaient pas démentir. Après il révélait qu’il avait tout inventé, que les gens n’avaient pas signé. Cet homme a passé sa vie à faire, sur le mode coluchien, par des happenings théâtraux, des soirées bordéliques où il mettait en question tout cet univers de sophistes. Donc, il y a tout un travail possible pour faire diffuser cette sorte de défense pratique.

Roger Chartier : Oui, mais enfin, on va encore dire que tu cherches le bâton pour te faire battre...

Pierre Bourdieu : Il est évident que ça doit beaucoup à mon tempérament ; ce qu’on appelle le tempérament et que j’appellerai habitus. Bon, là j’ai présenté la forme exagérée pour prolonger la question, mais ce que je pense, c’est qu’il y a place pour un utopisme rationnel, c’est-à-dire qu’on a le droit à une part d’utopie dans les limites du possible. Et je crois qu’un bon usage de la sociologie comme instrument de transformation du monde social, ce serait de définir les limites de ce qu’on peut faire et d’aller aussi loin que possible au-delà de ces limites avec une toute petite chance de réussir.
http://atheles.org/agone/

Écoutez: en attendant la parution du livre, on peut écouter les entretiens avec ce lien http://lbsjs.free.fr/Bourdieu/bourdieu-docs.htm (voir en bas de la page)

mardi 4 août 2009

en ligne: Johan Heilbron, Naissance de la sociologie



En ligne: Naissance de la sociologie 
Johan Heilbron 
Traduction par Paul Dirkx 
Agone 
Banc d'essais 
2006 
Publication sur OpenEdition Books : 13 octobre 2008

Présentation de l'éditeur
Les sciences sociales sont communément considérées comme des phénomènes récents. Elles seraient apparues au cours du XIXe siècle, mais leur essor véritable ne daterait que du siècle suivant. On retrouve cette image chez les professionnels comme chez les profanes; elle est aussi très appréciée des historiens des disciplines concernées. Ce qui demeure dans l’ombre, est la manière dont ces disciplines sont nées. Ce livre a pour but de lever le voile, en historien et en sociologue, sur la genèse des sciences sociales et ses conditions de possibilité. Une telle analyse ne permet pas seulement de mieux comprendre la naissance des sciences sociales, elle offre également un instrument puissant pour repenser ses clivages et ses cloisonnements, ses problèmes et ses promesses. 
L’ouvrage n’est pas consacré à la naissance de la discipline en tant que telle, aux auteurs canoniques comme Durkheim, Weber, Simmel ou Marx, mais à la « protohistoire » et la « préhistoire » des sciences sociales, qui précèdent la naissance proprement dite. 
Johan Heilbron est chercheur au CNRS, rattaché au Centre de sociologie européenne de Paris, et professeur associé à l’Université Érasme à Rotterdam. Spécialiste de l’histoire des sciences sociales, de la sociologie de la culture et de la sociologie économique, il a notamment publié Pour une histoire des sciences sociales (avec Remi Lenoir et Gisèle Sapiro, Fayard, 2004), et co-dirigé Pour une histoire des sciences sociales, Hommage à Pierre Bourdieu (Fayard, 2004) et plusieurs numéros d’Actes de la recherche en sciences sociales : « Traduction : les échanges littéraires internationaux » (144, 2002), « La Circulation internationales des idées » (145, 2002) et « Espaces de la finance » (146, 2003). 

en ligne: textes de Bourdieu publiés dans la revue Agone

Pierre Bourdieu

jeudi 16 juillet 2009

Agone 41 et 42 "Les intellectuels, la critique & le pouvoir"

Agone 41 et 42
"Les intellectuels, la critique & le pouvoir" Coordination Thierry Discepolo, Charles Jacquier & Philippe Olivera, Agone, À paraître en octobre 2009




L’« intellectuel » serait forcément « de gauche » ; il œuvrerait « naturellement » au seul service des dominés ; surtout, son action serait désintéressée. Quelques rappels historiques écornent vite cette belle image ; surtout ils montrent comment ont changé les valeurs au nom desquelles on s’« engage » pour quelles « nobles causes ». Un peu d’actualité montre combien les fonctions remplies sont toujours plus publiquement rentables.
Ce recueil revient sur les rôles qui ont porté certains intellectuels au coeur de mouvements de libération, qui n’ont parfois libéré qu’eux-mêmes, au sein d’une lutte des classes dans laquelle ils n’ont souvent jamais que changé de camp.




L’« intellectuel » serait forcément « de gauche » ; il œuvrerait « naturellement » au seul service des dominés ; surtout, son action serait désintéressée. Quelques rappels historiques écornent vite cette belle image ; surtout ils montrent comment ont changé les valeurs au nom desquelles on s’« engage » pour quelles « nobles causes ». Un peu d’actualité montre combien les fonctions remplies sont toujours plus publiquement rentables.
Ce recueil revient sur les rôles qui ont porté certains intellectuels au coeur de mouvements de libération, qui n’ont parfois libéré qu’eux-mêmes, au sein d’une lutte des classes dans laquelle ils n’ont souvent jamais que changé de camp.


SOMMAIRE

James Conant, « Orwell et la dictature des intellectuels », présenté et traduit par Jean-Jacques Rosat
Philippe Olivera, « Aragon en modèle d’intellectuel médiatique »
Jan Waclav Makhaïski, « Le rôle de l’intelligentsia au sein des partis politiques marxistes », introduction par Jean-Pierre Garnier
Ante Ciliga, « Est-ce que, toi aussi, Lénine, pour conserver le pouvoir, tu as trahi les intérêts sociaux des masses ? », introduction par Charles Jacquier
Bruno Rizzi & Mario Mariani, « Une critique prolétarienne de la bureaucratie révolutionnaire », introduction par Paolo Sensini, traduit de l’italien par Miguel Chueca et présenté par Charles Jacquier
Alexandre Grothendieck, « Comment je suis devenu militant ? », introduction par Charles Jacquier et Philippe Olivera
Michael Christofferson, « François Furet entre l’histoire et le journalisme, 1958–1965 », traduit de l’anglais par Françoise Jaouen
Thomas Didot (et Guy Hocquenghem), « Régis Debray, maître es renégats »
Pierre Bourdieu, « Sollers tel quel », introduction Thierry Discepolo
Christophe Gaubert, « Genèse sociale de Pierre Rosanvallon en “intellectuel de proposition” »
Entretiens avec Gérard Noiriel, « Dire la vérité au pouvoir au nom des opprimés », par Thierry Discepolo & Philippe Olivera
Entretien avec Jacques Bouveresse, « Le philosophe, les intellectuels, la presse et le citoyen », par Thierry Discepolo
Adam Garuet, « Radical, chic et médiatique »
Jean-Jacques Rosat, « Le constructivisme comme outil de pouvoir aux mains des intellectuels »
Camille Trabendi, « De la fonction de second et de troisième couteau (de poche) -Fabre/Vidal/Wacquant/Blanchard »
Alain Accardo, « (Auto-)dérision. Sur l’action politique du Penseur critique », introduction Thierry Discepolo