« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 6 avril 2023

Michel Launey , La République et les langues

 

 

Michel Launey
La République et les langues

Raisons d'agir

Cours et Travaux

2023

 

 

Présentation de l'éditeur

Dans nos représentations et nos débats, les langues sont pensées sous un angle social, sociétal, culturel, identitaire, ou simplement utilitaire, mais très rarement linguistique, à savoir : comme des constructions intellectuelles qui produisent du sens. Ce silence va de pair avec leur instrumentalisation dans des relations de pouvoir, de conflictualité, de hiérarchie, jusqu’au suprémacisme. De telles dérives sont bien présentes dans l’histoire de la France, où l’État a contribué à l’institution d’une langue nationale, mais aussi rencontré d’autres langues, parlées par ses ressortissants dans l’égalité citoyenne ou l’inégalité coloniale, et mené, selon les langues et les époques, des politiques variables mais le plus souvent défavorables, en particulier à l’école. La position dominante de la langue française se double d’un idéal d’homogénéité, qui en délégitime toute variation, et met ses locuteurs dans l’insécurité. Mais si l’on applique à la grammaire du français – et de toute langue – une analyse rationnelle et dépassionnée, on met à jour des solutions également plausibles à des problèmes de signification, ouvrant un espace au plaisir intellectuel, à l’admiration de l’ingéniosité individuelle et collective des êtres humains, et à l’apaisement – car, contrairement aux religions, les langues admettent plusieurs appartenances.

Michel Launey est linguiste.
Ses recherches ont d’abord porté sur la langue nahuatl au Mexique, puis il a travaillé en Guyane dans le cadre du Centre d’études des langues indigènes d’Amérique.



lundi 22 mai 2017

Norbert Elias, Les Allemands. Lutte de pouvoir et développement de l'habitus aux XIXe et XXe siècles

 
Norbert Elias
Les Allemands
Lutte de pouvoir et développement de l'habitus aux XIXe et XXe siècles
Précédé de 
Barbarie et "dé-civilisation"
par Roger Chartier
Seuil
  La Librairie du XXIe siècle
2017 

Présentation de l'éditeur
Traduit de l’allemand par Marc de Launay et Marc Joly
Ce livre est le dernier dont Norbert Elias a autorisé et contrôlé la publication avant sa mort, le 1er août 1990 à Amsterdam. Il tentait d'y comprendre l'incompréhensible : pourquoi tant d'Allemands, dans les années 1930 et 1940, ont-ils accepté l'extermination des Juifs et perpétré les plus effroyables cruautés ?
(...)
Elias refuse, à la fois, de l'assigner à un invariant psychologique – la propension sadique de certains individus – ou à un antisémitisme atemporel qui serait le propre de la tradition allemande. L'essentiel réside dans les conditions historiques qui ont rendu possible, dans l'Allemagne des années 1930 et 1940, le processus de "dé-civilisation", la levée des autocontrôles qui bridaient les affects de violence, ainsi que l'obéissance, jusqu'au dernier jour, aux maîtres nazis. Exercer une autorité arbitraire, absolue sur des victime haïes et stigmatisées, niées en leur humanité, était pour nombre d'Allemands une manière d'affirmer leur propre identité et de rendre tolérable leur soumission à l'autorité.
C'est là le constat essentiel de ce livre sombre, lucide et poignant.
Roger Chartier


Norbert Elias (1897-1990) a notamment publié aux Éditions du Seuil, dans "La Librairie du XXIe siècle", Mozart. Sociologie d'un génie (1991 ; "Points Essais", 2015) et Théorie des symboles (2015).