« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 18 janvier 2022

en poche: Marc Joly, La sociologie réflexive de Pierre Bourdieu ( Édition remaniée et mise à jour de Pour Bourdieu )

 


Marc Joly
La sociologie réflexive de Pierre Bourdieu
Édition remaniée et mise à jour de Pour Bourdieu (2018)
Cnrs
Biblis
2022
 
 
 
Présentation de l'éditeur
Pierre Bourdieu (1930-2002) est le sociologue le plus important de la seconde moitié du xxe siècle. Son œuvre demeure pourtant mal comprise, surtout en France, où elle fait l’objet de controverses toujours vives.
Pour lui redonner toute sa portée et éclairer les débats, Marc Joly procède en trois temps. Il montre comment Bourdieu, dès le début des années 1960, s’est donné les moyens de refonder théoriquement la tradition sociologique européenne. Il interprète ensuite la puissance du cadre conceptuel « bourdieusien » – la triade habitus-champ-capital – à l’aune des caractéristiques historiques et épistémologiques de la sociologie entendue comme science sociale par excellence. Il examine, enfin, les résistances théoriques, idéologiques et politiques que la démarche scientifique de Bourdieu n’a cessé de susciter.
De là une introduction originale au travail de Pierre Bourdieu autant qu’un plaidoyer vigoureux pour une épistémologie sociologique.
Chargé de recherche au CNRS (laboratoire Printemps, UVSQ), Marc Joly est l’auteur de Devenir Norbert Elias (Fayard, 2012), La Révolution sociologique (La Découverte, 2017) et Après la philosophie (CNRS Éditions, 2020).
 

mercredi 5 mai 2021

Savoir/Agir, N°55, Mars 2021, Ordre policier, ordre politique

 

 

Savoir/Agir, N°55, Mars 2021, Ordre policier, ordre politique

du Croquant

 

Le dossier a été coordonné par Laurent Bonelli et Annie Collovald

Table des matières

Dossier

Ordre policier, ordre politique : quelle démocratie espérer ?

Annie Collovald

La loi ou l’ordre ? Considérations sur la question policière

Laurent Bonelli

Réflexions sur le problème raciste

Abdellali Hajjat

Violence policière, violence d’État

Catherine Colliot-Thélène

Répression administrative et répression pénale : l’émergence d’un continuum répressif

Julie Alix

Empêcher, dépolitiser, punir : le triptyque de la répression politique

Vanessa Codaccioni

L’art du désordre toléré. La police des manifestations en Allemagne fédérale

Fabien Jobard

Ordre institutionnel, désordres des trajectoires

Laurence Proteau

Des jeunes qui « ont la vocation ». Propriétés sociales, dispositions et recrutement des candidats au concours de gardien de la paix de la Police nationale.

Frédéric Gautier

Réformes de la police et décroissance policière : promesses et limites de l’expérience espagnole

Sergio Garcia García

Débora Ávila Cantos

Paroles

« Bah, c’est normal, je vais devenir maman, donc il faut que je change quoi »

Clémentine Petitjean

Idées

Domination et résistance. À propos de James C. Scott, La Domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, Gérard Mauger

Varia

Perversion narcissique et violence morale en temps de confinement. Note de recherche.

Marc Joly

Chroniques du monde

Racisme et antisémitisme en Allemagne. La RDA au banc des accusés

Sonia Combe

 

 

dimanche 11 octobre 2020

Religación. Revista de Ciencias Sociales y Humanidades ,Vol. 5 No. 25 (2020): Pierre Bourdieu: Sociological work and research in the social sciences and humanities


 

Religación. Revista de Ciencias Sociales y Humanidades ,Vol. 5 No. 25 (2020): Pierre Bourdieu: Sociological work and research in the social sciences and humanities 

 

Dossier

 Merci à Sergio Rojas pour l'information)


lundi 24 février 2020

Marc Joly, Après la philosophie. Histoire et épistémologie de la sociologie européenne

Marc Joly
Après la philosophie
Histoire et épistémologie de la sociologie européenne
Cnrs
2020


Présentation de l'éditeur
Après la philosophie entend clore une vaste enquête destinée à éclairer aussi bien la naissance que le statut épistémologique de la sociologie. Cette enquête vise ainsi à dégager l’existence d’un paradigme sociologique unifié, par-delà la pluralité des manières de faire de la sociologie (statistique, ethnographie, analyse des processus de longue durée, etc.).
Émile Durkheim, en prêtant à la sociologie une triple vocation (viser une science sociale intégrée, contribuer à l’élaboration d’une théorie générale de la connaissance et nourrir une image scientifique de l’humanité et du monde), est le véritable fondateur de ce paradigme. Norbert Elias, ensuite, a beaucoup œuvré pour clarifier le domaine d’étude de la sociologie : à savoir des sociétés en développement constituées d’êtres humains interdépendants par nature et selon des dispositifs de contrainte spécifiques. Avant que Pierre Bourdieu ne parachève le paradigme en plaçant la « réflexivité » au cœur de l’habitus du sociologue.
Partant, la sociologie a très largement assumé et redéfini, en lien avec la psychologie et la biologie, les fonctions naguère attribuées à la philosophie par Kant, consacrant ainsi l’ambition théorique et épistémologique d’un au-delà de la philosophie.

Marc Joly, sociologue, est chargé de recherche au CNRS (laboratoire Printemps, UVSQ). Ses travaux ont largement contribué à renouveler la compréhension de la sociologie et de son histoire. Il a notamment publié Devenir Norbert Elias (2012), La Révolution sociologique (2017) et Pour Bourdieu (2018).

 








vendredi 18 janvier 2019

vidéos: Rencontres autour du livre de Raphaël Desanti, Lire Bourdieu de l’usine à la fac, histoire d’une révélation


Ce que la sociologie fait à ses lecteurs
Sur les lectures de Bourdieu en situation de déclassement
Rencontres autour du livre de Raphaël Desanti
Lire Bourdieu de l’usine à la fac, histoire d’une révélation, Éditions du Croquant, 2017
7 novembre 2018
Site Pouchet
Paris


Gérard Mauger : Mot d'accueil et d'introduction
Raphaël Desanti , « Présenter, se présenter, s’objectiver »

Nicolas Roux (Sociologue, post-doctorant au CEET et associé au Lise, Paris), «Déconstruire son déclassement. Sur quelques effets biographiques et politiques de la lecture de Bourdieu»
Julie Pagis (chargée de recherche en sociologie politique au CNRS, IRIS -EHESS), « Retour sur les affinités entre mobilité sociale, réflexivité, lecture de Bourdieu, enfant de "68ard", militantisme et conversion à la sociologie »
Ce que la sociologie fait à ses lecteurs Vidéo 2

Michel Koebel (sociologue, professeur à l’université de Strasbourg), « Champs libres ? »
Ce que la sociologie fait à ses lecteurs Vidéo 3 

Pascal Martin (sociologue, membre associé du CSE, Paris), « Un air de famille »
Gérard Mauger (DR émérite CNRS, sociologie, CESSP, Paris), « Une thérapie sociologique ? »
Mustapha Belhocine (auteur de “Précaire ! ”, Éditions Agone, 2016),  « Pourquoi je suis "bourdieusien" »
Ce que la sociologie fait à ses lecteurs vidéo 4 

Maxime Quijoux (sociologue, chercheur au CNRS et membre du laboratoire Printemps-Professions-Institutions-Temporalités , UVSQ), « Ce que Bourdieu nous apprend sur la condition ouvrière "
Ce que la sociologie fait à ses lecteurs Vidéo 5 

 Marc Joly (sociologue, chargé de recherche au CNRS, Laboratoire Printemps, UVSQ), « Pour un usage non scolastique de Bourdieu »
 Louis Pinto (DR émérite CNRS, sociologie, CESSP, Paris), « La lecture d’un texte sociologique peut-elle susciter de l’émotion ? »
Ce que la sociologie fait à ses lecteurs Vidéo 6 


















mercredi 19 décembre 2018

en ligne: Biens symboliques / Symbolic Goods no 3, octobre 2018 Questions d’in-disciplines


Biens symboliques / Symbolic Goods no 3, octobre 2018
Questions d’in-disciplines
Questions of In-Disciplines
Presses Universitaires de Vincennes 
 

vendredi 26 janvier 2018

Marc Joly, Pour Bourdieu


Marc Joly
Pour Bourdieu
CNRS
01.02.2018

Présentation de l'éditeur
Pierre Bourdieu (1930-2002) est généralement considéré comme le sociologue le plus important de la deuxième moitié du xxesiècle. Pourtant, son œuvre demeure mal comprise, surtout en France, où elle est régulièrement le sujet de querelles idéologiques.
Pour lui redonner toute sa portée, et éclairer les débats, Marc Joly procède en trois temps. Il montre d’abord comment Bourdieu, dès le début des années 1960, se donna les moyens de refonder théoriquement la tradition sociologique européenne tout en veillant à faire acquérir aux sociologues un ethos scientifique approprié. Il interprète ensuite la puissance du cadre conceptuel « bourdieusien » – la triade habitus-champ-capital – à l’aune des caractéristiques historiques et épistémologiques de la sociologie entendue comme science sociale par excellence, « science des sciences » et matrice d’un nouvel humanisme. Il examine, enfin, les résistances théoriques et politiques que la démarche scientifique de Bourdieu n’a cessé de susciter.
De là, un ouvrage manifeste, fondé sur des sources inédites et proposant tout à la fois une introduction originale à la théorie sociologique de Pierre Bourdieu et une analyse sans concession du développement des sciences sociales françaises depuis les années 1980.

Marc Joly est chargé de recherche au CNRS (laboratoire Printemps, UVSQ). Il est également l’auteur de Devenir Norbert Elias (Fayard, 2012) et de La Révolution sociologique (La Découverte, 2017).

mercredi 30 août 2017

Revue Zilsel n° 2

 
Revue Zilsel n° 2
du Croquant
2017

Présentation de l'éditeur
La revue Zilsel poursuit ses incursions sur les territoires scientifiques et techniques dans cette nouvelle livraison.
Elle est composé d’articles de fond sur des sujets aussi variés que la contribution à l’histoire des sciences de Norbert Elias, l’ethnographie des data-centers, l’invention de l’« hypothèse Gaïa », la formation des ingénieurs ou les tourism studies. Un dossier est consacré à l’injonction méthodologique, fonda-trice des science studies, à étudier les sciences en train de se faire et de se défaire par le jeu des controverses. Après des décennies de tests et de tournants théoriques, il était temps de faire le point et de réfléchir collectivement sur les marges de progrès en la matière. Ce numéro de Zilsel comprend éga-lement un texte important et inédit de Pierre Bourdieu, consa-cré à la sociologie du champ scientifique, en plus d’un long entretien avec Diane Vaughan, sociologue étasunienne dont l’enquête sur le crash de la navette Challenger est désormais un classique de la sociologie des échecs organisationnels. Une série de notes critiques complète l’ensemble. Volontiers éclectique et résolument enthousiaste, ce numéro s’efforce donc de maintenir le cap.

Sommaire
Éditorial
Essai transformé
Confrontations
James Lovelock, Gaïa et la pollution : un scientifique entrepreneur à l’origine d’une nouvelle science et d’une philosophie politique de la nature, par Sébastien Dutreuil
L’ANR en ph(r)ase critique. Figures et déterminants de la critique d’un dispositif de financement, par Johan Giry et Émilien Schultz
Une sociologie « post-philosophique » ? Norbert Elias en dialogue avec Pierre Bourdieu, par Marc Joly
Frictions
Controverses et STS : stop ou encore ?, par Jérôme Lamy
Les études de controverse et le récit du renouveau méthodologique en STS, par William Thomas
Entre science et société, les controverses comme enquêtes collectives, par Josquin Debaz
Une étude de controverses à nouveaux frais ? Des normes pour comprendre le champ scientifique, par Marine Dhermy-Mairal et Volny Fages
Libres échanges
En théorie, tout est une question de timing. Entretien avec Diane Vaughan. Réalisé et traduit par Arnaud Saint-Martin
Friches
Esquisses pour une analyse critique des Tourism studies, par Bertrand Réau
Un si petit monde. Des élèves ingénieurs s’essaient à l’enquête sociologique, par Cynthia Colmellere

Classiques
Michel Foucault défenseur de l’ethnologie : « La magie – le fait social total », une leçon inédite des années 1950, par Jean-François Bert
La magie – le fait social total, par Michel Foucault
Critiques
Action rationnelle et raison de l’Histoire, par Yann Giraud
Le capitalisme par le cœur, par Denis Colombi
En quête des Environmental Humanities, par Céline Granjou
À mort la mort ? Le transhumanisme sans limite, par Jacques Testart
Les compulsions de Noé. Que peut (encore) Bruno Latour pour les sciences sociales ?, par Jérôme Lamy


lundi 22 mai 2017

Norbert Elias, Les Allemands. Lutte de pouvoir et développement de l'habitus aux XIXe et XXe siècles

 
Norbert Elias
Les Allemands
Lutte de pouvoir et développement de l'habitus aux XIXe et XXe siècles
Précédé de 
Barbarie et "dé-civilisation"
par Roger Chartier
Seuil
  La Librairie du XXIe siècle
2017 

Présentation de l'éditeur
Traduit de l’allemand par Marc de Launay et Marc Joly
Ce livre est le dernier dont Norbert Elias a autorisé et contrôlé la publication avant sa mort, le 1er août 1990 à Amsterdam. Il tentait d'y comprendre l'incompréhensible : pourquoi tant d'Allemands, dans les années 1930 et 1940, ont-ils accepté l'extermination des Juifs et perpétré les plus effroyables cruautés ?
(...)
Elias refuse, à la fois, de l'assigner à un invariant psychologique – la propension sadique de certains individus – ou à un antisémitisme atemporel qui serait le propre de la tradition allemande. L'essentiel réside dans les conditions historiques qui ont rendu possible, dans l'Allemagne des années 1930 et 1940, le processus de "dé-civilisation", la levée des autocontrôles qui bridaient les affects de violence, ainsi que l'obéissance, jusqu'au dernier jour, aux maîtres nazis. Exercer une autorité arbitraire, absolue sur des victime haïes et stigmatisées, niées en leur humanité, était pour nombre d'Allemands une manière d'affirmer leur propre identité et de rendre tolérable leur soumission à l'autorité.
C'est là le constat essentiel de ce livre sombre, lucide et poignant.
Roger Chartier


Norbert Elias (1897-1990) a notamment publié aux Éditions du Seuil, dans "La Librairie du XXIe siècle", Mozart. Sociologie d'un génie (1991 ; "Points Essais", 2015) et Théorie des symboles (2015).

samedi 13 mai 2017

en ligne: Revue Française de Socio-Économie, 13, 2014, Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu

Revue Française de Socio-Économie, 13, 2014
Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu
La Découverte

en ligne sur Cairn.info :

Sommaire 

Page 5 à 8
Stéphanie Laguérodie
Éditorial. Défétichiser la finance
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Dossier : Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu

Page 9 à 22
Bernard Convert, Hélène Ducourant, Fabien Eloire
Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu
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Page 23 à 48
François-Xavier Dudouet, Éric Grémont, Hervé Joly, Antoine Vion
Retour sur le champ du pouvoir économique en France
L'espace social des dirigeants du CAC 40
 
Page 49 à 65
Boris Deschanel
Champ et habitus économiques dans le Dauphiné préindustriel au xviiie siècle
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Page 67 à 84
Christophe Pébarthe 
Oikonomia, entre champ économique, champ politique et champ philosophique en Grèce ancienne
Méditations bourdieusiennes sur l'Économique de Xénophon
 
Page 85 à 106
Manuel Schotté
La structuration du football professionnel européen
Les fondements sociaux de la prévalence de la « spécificité sportive »

Note et synthèse de recherche

Page 107 à 127
Marie-France Garcia-Parpet
Marché, rationalité et faits sociaux totaux : Pierre Bourdieu et l'économie
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Entretiens autour de la sociologie économique de Pierre Bourdieu

Entretiens réalisés par  Hélène Ducourant et Fabien Eloire
 
Page 171 à 179
Entretien avec Frédéric Lebaron
Version HTML Version PDF
 
Page 181 à 190
Entretien avec Marie-France Garcia-Parpet, autour de la sociologie économique, avec Pierre Bourdieu
Version HTML Version PDF
Page 191 à 201

Entretien avec Monique de Saint-Martin
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Retrouvez l'autre partie de ce numéro: Hors-dossier, Débats et controverses, Notes critiques, Comptes rendus d'ouvrages, sur Cairn.info 


mardi 7 février 2017

mercredi 25 janvier 2017

Marc Joly, La révolution sociologique. De la naissance d’un régime de pensée scientifique à la crise de la philosophie (XIXe-XXe siècles)

Marc Joly
La révolution sociologique
De la naissance d’un régime de pensée scientifique à la crise de la philosophie 
(XIXe-XXe siècles)
La Découverte
Laboratoire des sciences sociales
2017

Présentation de l'éditeur
Au tournant du XIXe et du XXe siècle, l’ordre de la pensée, du savoir et des représentations a été ébranlé par la sociologie naissante. L’image de l’« homme », de l’existence humaine, s’en est trouvée profondément bouleversée. Cette révolution sans morts ni barricades a en revanche fait de nombreuses victimes, à commencer par la philosophie. Face à l’idée d’une autonomie et d’une singularité irréductible des faits sociaux, parachevant le développement d’approches objectivistes de l’esprit humain, la philosophie s’est retrouvée acculée, sommée de se redéfinir et d’abandonner à la sociologie, au moins provisoirement, les terrains de la morale et des conditions de possibilité de la connaissance.
Avec Max Weber, Georg Simmel et Ferdinand Tönnies en Allemagne, Émile Durkheim et surtout Gabriel Tarde en France, la sociologie consacra, tout d’abord, le principe d’une pluralité de déterminations historiques et objectives pesant sur l’existence humaine. Elle ratifia, ensuite, l’avènement d’une conception nouvelle de la construction théorique, respectueuse de la complexité et de la force contraignante des faits ainsi que de la nature « sociale » des catégories de pensée et des pratiques de production et de transmission des connaissances.
Une grande partie de la philosophie du XXe siècle peut être lue comme une réponse à cette révolution cognitive. C’est ainsi que Henri Bergson, Georges Canguilhem, Martin Heidegger, William James, Karl Jaspers, Maurice Merleau-Ponty ou encore Bertrand Russell sont soumis, ici, à une grille d’analyse inédite.
Un ouvrage aussi documenté qu’audacieux, qui offre la première histoire croisée de la sociologie et de la philosophie.  
Marc Joly est chargé de recherches au CNRS (laboratoire Printemps, UVSQ). Il est également l’auteur de Devenir Norbert Elias (Fayard, 2012).

mercredi 11 janvier 2017

Zilsel, n° 1

Zilsel , n° 1
éditions du Croquant
2017
Présentation de l'éditeur
Cette première livraison donne le ton. Elle est composée d’analyses originales basées sur des enquêtes et des réflexions amples, d’essais critiques sur la philosophie d’Alain Badiou, de rééditions de textes classiques, d’un entretien avec l’historien Roger Chartier sur les transformations contemporaines du livre et de l’écrit et, enfin, d’une série de notes critiques d’ouvrages récents. Ces contributions sont documentées, critiques, engageantes et, pour certaines, clivantes. Chacune à sa manière, elles partagent une même ambition, qui est de faire bouger les lignes et les fronts de recherche, d’instiller le doute contre toutes les formes de dogmatisme et d’ouvrir des brèches, pas seulement dans les limites aujourd’hui rognées des mondes universitaires et de la recherche.
Avec des contributions de Boris Attencourt, Anouk Barberousse, Vincent-Arnaud Chappe, Roger Chartier, Baptiste Coulmont, Renaud Debailly, Christopher Donohue, Pascal Engel, Jean Frances, Yann Giraud, Nathalie Heinich, Philippe Huneman, Marc Joly, Jérôme Lamy, Stéphane Le Lay, Mathieu Quet, Claude Rosental, Arnaud Saint-Martin, Pierre Schapira.




samedi 12 novembre 2016

Norbert Elias, La dynamique sociale de la conscience.Sociologie de la connaissance et des sciences

Norbert Elias
La dynamique sociale de la conscience  
Sociologie de la connaissance et des sciences
La Découverte
Laboratoire des sciences sociales
2016

Présentation de l'éditeur
C’est à une part largement méconnue du travail de Norbert Elias, et jusque-là inédite en français, que nous convient les textes majeurs qui composent cet ouvrage. Elias y déploie en effet une véritable sociologie de la connaissance et des sciences. En mobilisant une impressionnante culture classique ainsi qu’une large palette de connaissances scientifiques (de la physique à la biologie), il se confronte à la fois à l’« absolutisme philosophique » et au « relativisme » de certains historiens et sociologues. Au premier, et à travers une discussion extrêmement serrée et sans concession avec Karl Popper et Imre Lakatos, il reproche de prétendre dire ce qu’est la Science, et même ce qu’elle doit être, sans considérer ce que les savants font réellement dans leurs domaines scientifiques respectifs.
Quant au second, il regrette qu’il ne pose pas explicitement la question des conditions historiques dans lesquelles certains savoirs peuvent réellement gagner non seulement en autonomie vis-à-vis des intérêts des groupes qui en sont porteurs, mais aussi en pertinence par rapport à la réalité observable. Ce faisant, Elias poursuit un double objectif : substituer à l’« homme » de la métaphysique transcendantale, les êtres humains au pluriel, interdépendants par nature et dans des cultures spécifiques ; remplacer les théories de la science au singulier (reposant sur le postulat d’une science universelle et d’une méthode unique) par une théorie des sciences au pluriel – soit les sciences employant différentes méthodes, reliées, en partie, à la diversité de leurs objets respectifs. Le caractère radical de cette authentique révolution copernicienne de la théorie des sciences et de la connaissance reste tout entier à découvrir. 
Norbert Elias (1897-1990), sociologue allemand et l’un des grands penseurs du XXe siècle, est notamment l’auteur de La Civilisation des mœurs (Pocket, coll. « Agora », 2003), de La Dynamique de l’Occident (Pocket/Calmann-Lévy, coll. « Agora », 2003) et de La Société de cour (Flammarion, coll. « Champs/Essais », 2008). Ses textes inédits sur la psychanalyse (Au-delà de Freud) ont été publiés à La Découverte.
Préface de Bernard LAHIRE Présentation de Marc JOLY Traduit par Hélène LECLERC, Delphine MORALDO, Marc JOLY, Marianne WOOLLVEN

jeudi 22 octobre 2015

Nouveau manuel de science politique, Sous la direction de Bernard Lacroix, Antonin Cohen, Philippe Riutort (Nouvelle édition revue et augmentée)


Nouveau manuel de science politique
Sous la direction de Bernard Lacroix, Antonin Cohen, Philippe Riutort
Nouvelle édition revue et augmentée
La Découverte
Grands Repères Manuels
2015 



Présentation de l'éditeur
Cette nouvelle édition propose une présentation, entièrement revue et augmentée, des connaissances disponibles en science politique. Unique manuel collectif en langue française, mobilisant l’expertise de plus de 80 auteurs, il réunit les meilleurs spécialistes des nombreux thèmes abordés.
La diversité de ces thèmes, des objets les plus classiques de la discipline aux thèmes les plus contemporains, le traitement novateur de certaines questions, l’attention particulière accordée aux relations transnationales et à la politique comparée, la discussion des auteurs de sociologie, l’historicisation des processus sociaux qui ont donné corps à la politique moderne font de cet ouvrage un outil de travail indispensable et incomparable.
Il s’adresse aux étudiants en science politique et aux étudiants de droit, histoire, sociologie, économie ayant des options de science politique au programme dans le cadre de leur cursus LMD, au sein des universités comme des instituts d’études politiques, en France et dans les pays francophones. Par sa clarté pédagogique et son exhaustivité thématique et bibliographique, il est destiné aux étudiants de tous niveaux, de la L1 au M2 (incluant la préparation aux concours). 
Avant-propos
Chapitre introductif : L'analyse des phénomènes politiques
Introduction
1. Qu’est-ce que la politique ?, par Antonin Cohen, Bernard Lacroix, Philippe Ruitort

1. Une question de définition
2. Un point de vue wébérien
L’anthropologie politique, par Alban Bensa
2. Qu’est-ce que la science politique ?, par Antonin Cohen, Bernard Lacroix, Philippe Ruitort
1. La quête illusoire des origines
2. Une lente et partielle autonomisation académique
3. Une « vraie » science
I / Genèses des groupements politiques
Introduction
1. Vie et mort des groupements et des formes politiques, par Xavier Landrin

1. La construction de l’ordre féodal
2. L’invention du passé national
2. Genèses et constructions de l’État moderne, par Bernard Lacroix
1. La monopolisation : conquête des monopoles et conquête territoriale
2. La puissance publique : serviteurs de l’État et raison d’État
3. Constructions pratiques et symboliques des frontières politiques, par Arnault Skornicki
1. Borner, mesurer, compter l’État
2. Représenter l’État
II / Figures historiques de l'État parlementaire
Introduction
1. La division du travail en politique, par Éric Phélippeau

1. Mandants et mandataires : la différenciation de rôles politiques
2. L’autonomisation et laspécialisation de la politique moderne
3. La professionnalisation des auxiliaires du travail politique
2. L’apprivoisement du suffrage universel, par Alain Garrigou
1. Politisation et démocratisation
2. Émancipation et domestication des dominés
3. Vote et science de la politique
3. La genèse de la concurrence pour la ratification : les partis politiques, par Hervé Fayat
1. Une question de définition et de méthode
2. Sociogenèse des partis et configuration des rapports de représentation
3. L’établissement d’une concurrence partisane
III / Différenciations des formes de pouvoir
Introduction
1. Concurrence entre élites et champ du pouvoir, par Christophe Charle

1. Bilan historiographique
2. Modèle napoléonien et modèle prussien
3. L’impossible modèle anglais
4. Le compromis républicain
5. Une spécificité française : la bourgeoisie de robe
6. Les nouveaux conflits de légitimité
2. Les formes de concurrence non démocratique
2.1 Le fascisme et le nazisme, par Enzo Traverso

1. Aux origines du fascisme
2. L’idéologie fasciste
3. Fascisme italien et nazisme allemand : quelles différences ?
2.2 Le soviétisme, par Bernard Pudal

1. Une fausse piste : le concept de totalitarisme
2. La matrice soviétique
3. La question de la bureaucratie
4. Dictatures, violences politiques et reproduction du régime politique
3. Les concurrences « ailleurs »
3.1 La Chine, par Stéphanie Balme

1. Que faire de la géographie et de l’Histoire ?
2. Le triptyque institutionnel : État, Parti, Armée
3. Conflits de légitimité : le droit au cœur du politique
3.2 L’Inde, par Roland Lardinois
1. Religions, castes et langues
2. Société et politique
3.3 La Russie, par Marie Mendras
1. Le conflit inégal, nerf du régime
2. L'affaiblissement des institutions publiques et le « contrat social »
3. La radicalisation dans un contexte de récession
3.4 Le monde arabe, par Bernard Rougier
1. Concurrences régionales et pluralisme politique
2. La gestion volontaire de la conflictualité sociale
3. Les contradictions internes du bloc autoritaire
4. Les concurrences au sein de l’État corporatiste
5. Les concurrences au sein de l’espace religieux
3.5 L’Afrique, par Luc Sindjoun
1. La concurrence politique comme concurrence guerrière
2. La concurrence politique comme concurrence pacifique
4. Les transitions démocratiques
4.1 La transitologie, par Frédéric Zalewski
4.2 L'Amérique latine, par David Garibay

Des transitions paradigmtiques
Des changements politiques en quête de légitimation
4.3 En Europe centrale et orientale, par Frédéric Zalewski
1. Une variété de voies de sorties du communisme
2. Les enjeux du postcommunisme
4.2 En Afrique, par Mamoudou Gazibo
1. La dynamique de la transition en Afrique
2. La problématique de la consolidation des transitions africaines
IV / Le champ du pouvoir
Introduction
1. Le pouvoir de la force
1.1 Les forces armées, par Jean Joana

1. Genèses de l’administration militaire
2. Pouvoir militaire et pouvoir politique : quelles relations ?
1.2 Les forces de police, par Laurent Bonelli
1. Police des villes, police de l’État
2. Les métiers policiers
2. Le pouvoir judiciaire, par Antoine Vauchez
1. Justice et Politique
2. Sociologie politique de la judiciarisation
3. Le pouvoir économique
3.1 Les groupes d’intérêt, par Hélène Michel

1. Genèse et pérennisation des groupes d’intérêt
2. Les groupes d’intérêt dans des configurations étatiques
3. Pratiques de défense et enjeux de l’action collective
3.2 Les grands patrons et la politique, par François-Xavier Dudouet, Hervé Joly et Antoine Vion
1. L'engagement des patrons en politique
2. Le soutien patronale aux entreprises poliques
3. La circulation des dirigeants entre l'État et l'entreprise
4. Le pouvoir religieux et l’État en France, par Yann Raison du Cleuziou
1. Deux universalismes concurrents
2. Entre émancipation et dépendance
3. Un espace de socialisation politique paradoxal
4. Recompositions du « croire » et recompositions politiques
5. La politique religieuse et l’impensé de la laïcité
6. Les enjeux du symbolique
V. La domination bureaucratique
Introduction
1. Les hauts fonctionnaires et la politique, par Françoise Dreyfus

1. Élite administrative, élite sociale ?
2. Des nominations politisées ?
3. L’élite administrative en politique
4. Les hauts fonctionnaires, acteurs des politiques publiques ?
2. Administration et pouvoir local, par Christian Le Bart

1. Le temps des notables et de l’administration locale
2. Le temps des entrepreneurs politiques
3. L’action publique, par Vincent Dubois
1. Les héritages d’une discipline appliquée
2. Les configurations sociales de l’action publique
3. De la construction des problèmes publics aux modes de gouvernement
VI / Le champ politique
Introduction
1. Le recrutement social des professionnels de la politique, par Nicolas Hubé

1. Classe, élite(s), oligarchie ? Les professionnels de la politique
2. La politique comme profession
3. La sélection sociale du personnel politique
2. Les institutions politiques, par Delphine Dulong
1. La fondation des institutions
2. La socialisation institutionnelle
3. La légitimation des institutions politiques
3. Les rapports ordinaires à la politique, par Pierre Lefébure
1. L’enjeu d’une définition extensive du rapport au politique
2. Les propriétés sociales comme sources des rapports ordinaires au politique
3. Les situations et les contextes dans l’activation des rapports ordinaires au politique
4. Apports interdisciplinaires pour saisir les rapports ordinaires au politique
VII / Le phénomène électoral
Introduction
1. L’opération électorale, par Christophe Voilliot

1. Genèse de l’opération électorale
2. Le vote en actions et en représentations
3. Les aléas d’un modèle
2. Le travail de mobilisation électorale, par Rémi Lefebvre
1. L’invention des campagnes électorales
2. Professionnalisation des campagnes et bricolages électoraux
3. Transformations et continuité de la mobilisation électorale
3. Les explications du vote, par Patrick Lehingue
1. André Siegfried : le précurseur en France
2. Lazersfeld et l’École de Columbia : la naissance des grandes enquêtes
3. Un héritage controversé
4. Variables sociales objectives et subjectives
VIII / L’entreprise partisane
Introduction
1. Partis et configurations partisanes, par Michel Offerlé

1. Typologies et travaux de terrain
2. Définir les partis politiques
3. Configurations partisanes
4. Les partis comme relation sociale
5. Caractéristiques partisanes
2. Le leadership partisan, par Julien Fretel
1. L’institutionnalisation du leadership partisan
2. Devenir dirigeant de parti
3. Ce que gouverner un parti veut dire
3. Investissements et désinvestissements partisans, par Philippe Juhem
1. L’investissement au sein des partis de gestion gouvernementale
2. Flux et reflux des investissements partisans amateurs
IX / Les mobilisations
Introduction
1. Répertoires d’action des mobilisations, par Erik Neveu

1. Le modèle de Tilly
2. Le répertoire comme mobilisation de ressources
3. Varier les répertoires
4. Un répertoire de troisième génération ?
2. Émergence et développement des mobilisations, par Olivier Fillieule
1. Structures et infrastructures du mécontentement
2. Dynamiques de la mobilisation
3. Dynamiques et effets des mobilisations, par Erik Neveu
1. Les dispositifs de filtrage et d’accueil
2. Identifier des impacts
3. Des mobilisations aux révolutions
4. Les effets des mouvements sur les groupes mobilisés
X / Le travail de mise en forme symbolique de la politique
Introduction
1. Mises en scène du pouvoir politique, par Philippe Riutort

1. Récits du pouvoir et pouvoir du récit : les mises en forme de l’autorité politique
2. Le pouvoir politique et ses contestations symboliques
2. Intellectuels et politique, par Frédérique Matonti
1. Les intellectuels avant les « intellectuels »
2. Les intellectuels et leurs engagements politiques
3. Médias et politique, par Philippe Riutort
1. La lancinante question des effets : médias et comportements politiques du public
2. L’activité politique sous contrainte médiatique
XI / La construction européenne
Introduction
1. Construction des espaces de pouvoir transnationaux en Europe, par Antonin Cohen

1. La dynamique des concurrences entre États européens
2. La genèse de l’espace de pouvoir transnational européen
3. Institutionnalisation des espaces de pouvoir transnationaux européens
2. La dynamique endogène des institutions européennes, par Antonin Cohen
1. Les transformations politiques et sociales des institutions
2. La formation d’un « milieu communautaire »
3. La fabrique de la décision supranationale
3. L’Europe au quotidien, par Romain Pasquier et Julien Weisbein
1. L’Europe au quotidien : quels acteurs ?
2. L’Europe au quotidien : les mécanismes de changements
3. L’Europe au quotidien : quels effets ?
XII / Les relations internationales
Introduction
1. La théorie des relations interétatiques, par Dario Battistella

1. Les relations interétatiques comme rapports de puissance : la théorie (néo)réaliste
2. Les relations interétatiques comme rapports de coopération : l’antithèse (néo)libérale
3. Les relations interétatiques comme rapports d’identité : la tentative de synthèse constructiviste
2. Espaces de pouvoirs nationaux, espaces de pouvoir internationaux, par Yves Dezalay et Mikael Rask Madsen
1. Des réseaux transnationaux sans ancrage national
2. World Society et dynamique de découplage
3. Les flux internationaux : ordre politique et changement social, par Didier Bigo
1. Flux, État, ordre et changement
2. La gestion des flux par les États : le récit réaliste de l’ordre gouvernemental
3. Penser les flux et le changement : liquidité et/ou lignes de fuite ? Sociologie politique de l'international
Conclusion. Le rapport savant à la politique
Bibliographie
Lexique
Index des noms
Index des notions
Les directeurs
Les auteurs.

Bernard Lacroix est professeur émérite de sciences politiques à l'université de Paris-X-Nanterr et membre senior honoraire de l'Institut universitaire de France. Il a publié notamment L'utopie communautaire (PUF, 2eédition 2006), et Durkheim et le politique (PFSP, 1981), ainsi qu'en collaboration Le président de la République. Usages et genèses d'une institution avec Jacques Lagroye (PFNSP, 1992) et Norbert Elias, la politique et l'histoire avec Alain Garrigou (1997).
Antonin Cohen est professeur agrégé des universités en science politique. Il enseigne àl'université de Rennes-I et est membre de recherches de l'action politique en Europe (Crape/CNRS). Il a codirigé le Nouveau manuel de science politique aux Éditions La Découverte (2009 ; 2015).
Philippe Riutort est professeur de chaire supérieure en sciences sociales au lycée Henri-IV à Paris et membre du Laboratoire communication et politique (LCP/IRISSO/CNRS). Il a codirigéLes Formes de l’activité politique (PUF, 2006), Nouveau manuel de science politique (avec A. Cohen et B. Lacroix, La Découverte, "Grands Repères/manuels", 2009), et est l’auteur du Précis de sociologie (PUF, 2004).