« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 2 mars 2020

Johan Heilbron, La sociologie française. Sociogenèse d’une tradition nationale



Johan Heilbron
La sociologie française
Sociogenèse d’une tradition nationale
Cnrs
Culture & société
2020



Si la sociologie, comme la photographie ou encore l’art de l’essai, est bien une invention française, il faut encore reconnaître que les chercheurs français n’ont pas seulement été les pionniers de la discipline, tels Auguste Comte et Émile Durkheim : ils ont également contribué, par leurs efforts collectifs, à produire une véritable tradition intellectuelle particulièrement féconde. Mais qu’est-ce que partagent des sociologues aussi divers que Raymond Aron, Pierre Bourdieu, Bruno Latour ou encore Luc Boltanski, par exemple, qui appartiennent à des générations différentes, et représentent des courants intellectuels et des styles de travail tout à fait distincts ?
Johan Heilbron présente ici une vue d’ensemble unique sur la plus ancienne et l’une des traditions nationales les plus vivantes de la sociologie. Il s’attache à retracer son évolution depuis ses débuts, à l’orée du XIXe siècle,jusqu’à son expansion à la fin du XXe siècle. Présentant de nouvelles interprétations de la manière dont des penseurs comme Émile Durkheim et son groupe de collaborateurs ont redéfini la discipline et ont contribué au renouvellement d’autres sciences humaines, le livre de Heilbron constitue une étude sociologique novatrice et un ouvrage de référence pour l’histoire des sciences sociales.
« Aucune histoire de la discipline n’a jamais articulé aussi finement l’évolution de ses institutions, une interprétation des trajectoires de ses acteurs centraux et la présentation de ses principaux résultats théoriques, méthodologiques et empiriques. »
Frédéric Lebaron

Johan Heilbron est directeur de recherche au CNRS (CESSP), et professeur associé à l'Université d'Uppsala et l'Université Erasme à Rotterdam. Spécialiste de l'histoire des sciences sociales, de la sociologie de la culture et de la sociologie économique, il est l'auteur de Naissance de la sociologie (Agone, 2006), et a notamment co-dirigé Pour une histoire des sciences sociales. Hommage à Pierre Bourdieu (Fayard, 2004).

vendredi 5 juillet 2019

Patrice Pinell, La Bonne Société et la cause de la petite enfance. Sociogenèse de la première loi française de protection de l'enfance (1874)



Patrice Pinell
La Bonne Société et la cause de la petite enfance
Sociogenèse de la première loi française de protection de l'enfance (1874)
du Croquant
Champ social
2019


Présentation de l'éditeur
Les années 1860 marquent une rupture avec l’approche fataliste de la mort des enfants en bas âge qui prévalait dans la société jusque-là. La création d’une Société Protectrice de l’Enfance, la parution d’écrits médicaux et l’engagement d’un débat à l’Académie de médecine sont les trois événements à partir desquels va se construire une représentation faisant de la mortalité infantile un problème majeur menaçant une France sur la voie de la dépopulation, minée par la crise des valeurs familiales et les velléités d’émancipation de certaines femmes.
Au centre de cette représentation, les dysfonctionnements d’une « industrie des nourrices », dont les activités pourtant ne cessent de croître, parce qu’elle tire profit de l’irresponsabilité des nombreuses mères refusant l’allaiter leur enfant. Parisienne au départ, la cause des nourrissons gagne rapidement les Bonnes Sociétés provinciales. Le mouvement philanthropique invente un dispositif de contrôle des nourrices à domicile, intrusif, combinant surveillance médicale des nourrices et patronage des enfants placés. Un dispositif que la loi Roussel reprendra à son compte. Ainsi naît le prototype de ce que seront, en France, les politiques menées dans le secteur social, avec un État qui fixe le cadre légal, qui définit les orientations et dont l’administration supervise et contrôle (du moins en théorie) des interventions de terrain réalisées par des agents du secteur privé, payés ou bénévoles.
Pour rendre compte de cette histoire, l’analyse proposée dans ce livre s’intéresse aux rapports que la naissance de la protection de l’enfance entretient avec des questions sociales majeures qui traversent tout le dix-neuvième siècle. Car ce qui est en jeu dans les débats qui ont cours dans le champ du pouvoir autour du sort des nourrissons, ce sont les modalités d’exercice (souhaitables) de la domination masculine dans une société de démocratie patriarcale, l’expression (acceptable) que peuvent prendre les rapports de domination de classe, la légitimité de l’État à intervenir dans la sphère privée, que ce soit au niveau de la famille ou d’un marché économique, et cela au nom de la protection de la santé physique et morale de l’enfant. Toutes questions qui, même si les termes où elles se posent ont changé, gardent, aujourd’hui encore, leur pleine actualité.

mercredi 3 mars 2010

Séminaire: Lionel Paolella (HEC), Sociogenèse, pratiques, et légitimité des conseils économiques institutionnels, 12 mars

Séminaire sociologie des faits économiques

Vendredi 12 mars 2010, 10h-12h
MSH, 54 bd Raspail, Paris 6ème (S. 412, 4ème étage)

Lionel Paolella (HEC)

Sociogenèse, pratiques, et légitimité des conseils économiques institutionnels
Le cas du Conseil d'Analyse Economique


Contacts :
Marie-France Garcia (INRA-RITME)
mfcgarcia@aol.com

Rémy Caveng (UPJV-CURAPP)
rcaveng@wanadoo.fr



Prochaines séances :


9 avril 2010
Claire Lemercier (IHMC-ENS)
Le règlement de conflits économiques à Paris au 19ème siècle

21 mai 2010
Marie-France Garcia (INRA-RITME)
Le marché de la certification et la production biologique

18 juin 2010
Marie-Victoire Bouquet (CSE)
L’intérêt au désintéressement.
Les candidats au bénévolat dans une association caritative