« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 19 janvier 2017

Campagnes contemporaines. Enjeux économiques et sociaux des espaces ruraux français, Stéphane Blancard, Cécile Détang-Dessendre, Nicolas Renahy, Coord.

Campagnes contemporaines 
Enjeux économiques et sociaux des espaces ruraux français 
Stéphane Blancard, Cécile Détang-Dessendre, Nicolas Renahy, Coord.
Quae
2016

Présentation de l'éditeur
La représentation des campagnes dans l’espace public est ambivalente. L’adjectif rural qualifie-t-il un espace de production agricole, un univers bucolique, des territoires « périphériques » ?  À distance de visions uniformisées ou de l’urgence médiatique, cet ouvrage met en lumière différentes facettes des dynamiques des espaces ruraux et périurbains. Ces dynamiques apparaissent complètement intégrées aux enjeux économiques et sociaux contemporains, que ce soit en termes de démographie et de modes de vie, d’activités économiques, ou bien de politiques publiques. Est abordée, plus particulièrement, l'importance de la fonction des bourgs, de la gestion du foncier et de son articulation aux questions environnementales, ou encore de l’architecture institutionnelle des territoires.
Cette contribution collective fournit des éléments de réflexion sur les dynamiques économiques et sociales des espaces ruraux et périurbains, et s'adresse aux responsables professionnels et politiques ainsi qu'aux chargés d'étude et d'enseignement. Elle s’inscrit dans la poursuite des questionnements et connaissances proposés dans Politiques agricoles et territoires (éditions Quæ, 2009) et Repenser l’économie rurale (éditions Quæ, 2014).
 

vendredi 17 juin 2016

écouter: Vincent Robert, La petite-fille de la sorcière. Enquête sur la culture magique des campagnes au temps de George Sand



écouter: Vincent Robert, La petite-fille de la sorcière. Enquête sur la culture magique des campagnes au temps de George Sand
La Compagnie des auteurs par Matthieu Garrigou-Lagrange , 15.06.2016
Vincent Robert
La petite-fille de la sorcière
Enquête sur la culture magique des campagnes au temps de George Sand
Les Belles Lettres
2015

Présentation de l'éditeur
Au XIXe siècle, cela faisait longtemps qu'on ne brûlait plus de sorcières. Les pièces de procès n’existent donc pas. La justice est muette, à part quelques affaires d’escroquerie et de rares faits divers tragiques. Ne comptons pas trop non plus sur les tout premiers folkloristes : ces notables cherchaient surtout dans les mœurs campagnardes des vestiges de cultes ou d’usages antiques et en somme ne s’intéressaient guère aux paysans de leur temps. On a dû procéder autrement et partir de la littérature.
Relire La Petite Fadette, les Dus frays bessous du gascon Jasmin, d’autres œuvres d’écrivains ayant eu une enfance rurale afin d’y repérer ce que Carlo Ginzburg appellerait des traces : traces à demi effacées d’une culture essentiellement orale et très méprisée, indices ténus qu’il faut interpréter à la lumière de ce que les anthropologues et les folkloristes nous ont appris des contes et des croyances.
Il s’agit ainsi de reconstituer les logiques multiples d’un univers culturel très étrange à nos yeux, entre le rêve et le réel, peuplé de sorcières et de loups-garous, de devins et de feux follets. Et, en bon historien, d’inscrire ces croyances dans le temps : comprendre pourquoi, en dépit du mépris des Lumières qui faisait suite à la persécution sanglante des siècles précédents, elles étaient encore si vivantes au début du XIXe siècle ; puis tenter d’évaluer leur recul, ou plutôt les transformations qu’elles connaissaient à cette époque ; enfin apprécier l’enjeu politique qu’elles en vinrent à représenter lorsqu’en 1848 l’instauration du suffrage universel donna à des campagnards encore illettrés et « superstitieux » un poids décisif dans la destinée d’un pays.
Vincent Robert enseigne l’histoire politique et culturelle du XIXe siècle à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a notamment publié Le Temps des banquets. Politique et symbolique d’une génération, 1818-1848 (2010) qui a obtenu le prix des Rendez-vous de l’histoire de Blois.