« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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vendredi 4 octobre 2024

Nicolas Renahy, Jusqu'au bout. Vieillir et résister dans le monde ouvrier

 

 

Nicolas Renahy

Jusqu'au bout 

Vieillir et résister dans le monde ouvrier

La Découverte

L'envers des faits

2024

 

Présentation de l'éditeur

Bruno, Christian, Clairette, Christiane et Viviane sont des " anciens de Peugeot " à Sochaux-Montbéliard. Cabossés par le travail en usine, ces retraités placent le militantisme syndical et la solidarité amicale au cœur de leur vie. À travers quelles expériences apprennent-ils à vieillir ensemble ?
À partir d'une plongée sensible dans leur quotidien, ce livre donne à voir une réalité méconnue : celle du vieillissement physique et social dans le monde ouvrier. Il jette une lumière nouvelle sur des enjeux oubliés de la réforme des retraites et sur la distance au politique dans les classes populaires, montrant l'importance des résistances locales au capitalisme et à l'extrême droite. Retrouvant, trente ans après, certains enquêtés de La Misère du monde, Nicolas Renahy propose une sociologie incarnée des vieillesses et des appartenances sociales, qui invite à repenser la condition ouvrière à l'aune des rapports de classe, de genre et de génération.
Ni passifs ni " inactifs ", ces anciens ouvriers et ouvrières sont loin d'être mis en retrait par leur retraite. Alors que la fin du monde ouvrier ne cesse d'être annoncée, ces " vieilles branches " continuent de lutter, d'être solidaires et de transmettre aux plus jeunes le sens du combat contre les injustices. Jusqu'au bout. 

Nicolas Renahy est sociologue, directeur de recherche à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE). Il a publié Les Gars du coin. Enquête sur une jeunesse rurale (La Découverte/Poche 2010), et a notamment codirigé Le Laboratoire des sciences sociales. Histoires d'enquêtes et revisites (Raisons d'agir, 2018), Mondes ruraux et classes sociales (EHESS, 2018), et Mépris de classe. L'exercer, le ressentir, y faire face (Croquant, 2021).



mardi 17 octobre 2023

Élie Guéraut, Le Déclin de la petite bourgeoisie culturelle

 


Élie Guéraut

Le Déclin de la petite bourgeoisie culturelle

Raisons d'Agir

Microcosmes

2023

 

 

Présentation de l'éditeur

La petite bourgeoisie culturelle s’est fabriqué un destin collectif partagé entre des membres des classes populaires en ascension, grâce à l’école, et une fraction de la bourgeoisie en rupture avec le capital économique.
Le socialisme municipal des années 1970-1980 a libéré les initiatives locales, la vie associative, les pratiques artistiques ou sportives.

L’enquête présentée dans ce livre montre comment cette effervescence collective retombe aujourd’hui faute de moyens et de soutiens politiques, participant au déclin des petites villes françaises.

Élie Guéraut est sociologue, maître de conférences à l’université de Clermont Auvergne et chercheur associé à l’INED. Son travail ethnographique intègre données statistiques et perspectives historiques pour analyser les transformations contemporaines de la société française.

Nicolas Renahy (le postfacier) est sociologue, chercheur à l’INRA (Centre d’Économie et de sociologie appliquée aux espaces ruraux) et chercheur associé au Laboratoire de Sciences sociales (ENS/EHESS). Il a notamment écrit Les gars du coin (La Découverte, 2010) et a collaboré à Le laboratoire des sciences sociales (Raisons d'agir, 2018).

 

dimanche 11 avril 2021

audio: Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet présentent Mépris de classe. L’exercer, le ressentir, y faire face

 

audio: Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet présentent Mépris de classe. L’exercer, le ressentir, y faire face

La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, le 10.04.2021

 

 

 

 

Mépris de classe

L’exercer, le ressentir, y faire face

Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet (dir.)

du Croquant

Champ social

2021



Présentation de l'éditeur

L’expression « mépris de classe » circule de plus en plus dans l’espace public pour désigner la disqualification symbolique que subissent des dominés – « sans-dents », « salariées illettrées », « fainéants », « syndicalistes voyous » – parfois même réduits au néant : « rien »... Au-delà de la dénonciation éthique des dominants dans le cadre des luttes politiques, que peut en dire la sociologie ? À distance du moralisme et sur la base d’enquêtes minutieuses, cet ouvrage évalue le caractère heuristique d’une telle catégorie d’analyse.

Le mépris appartient aux rapports sociaux propres à une société hiérarchisée et se manifeste de manières très diverses. En ce sens, il apparaît comme un révélateur de l’état de la structure sociale et des relations qu’y entretiennent les différentes composantes. Le mépris des uns ne remplit pas les mêmes fonctions que le mépris des autres : il ne peut être abstrait des relations de domination, qui le provoquent et lui donnent sens. Il renvoie à la verticalité du monde social : c’est lorsqu’un dominant se sent en danger qu’il rompt, par le mépris de classe, avec l’euphémisation usuelle de l’ordre des choses. Et son expression suscite, en retour, honte, rejet, violence ou quant-à-soi.

Cet ouvrage met en évidence l’ampleur et la variété de ses formes d’expression contemporaines, en fonction des contextes et moments considérés. Il livre différentes clés de compréhension des façons multiples d’exercer le mépris de classe, de le ressentir et d’y faire face.

Avec des contributions d’Amélie Beaumont, Hugo Bret, Éric Darras, Claude Grignon, Philippe Longchamp, Gérard Mauger, Gérard Noiriel, Romain Pudal, Frédéric Rasera, Nicolas Renahy, Pierre-Emmanuel Sorignet et Nicolas Spire.

Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet sont sociologues, le premier à l’INRAE (CESAER, Dijon), le second à l’Institut des sciences sociales (LACCUS, Lausanne)


 

mercredi 17 février 2021

Mépris de classe. L’exercer, le ressentir, y faire face, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet (dir.)

 

 

Mépris de classe

L’exercer, le ressentir, y faire face

Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet (dir.)

du Croquant

Champ social

2021



Présentation de l'éditeur

L’expression « mépris de classe » circule de plus en plus dans l’espace public pour désigner la disqualification symbolique que subissent des dominés – « sans-dents », « salariées illettrées », « fainéants », « syndicalistes voyous » – parfois même réduits au néant : « rien »... Au-delà de la dénonciation éthique des dominants dans le cadre des luttes politiques, que peut en dire la sociologie ? À distance du moralisme et sur la base d’enquêtes minutieuses, cet ouvrage évalue le caractère heuristique d’une telle catégorie d’analyse.

Le mépris appartient aux rapports sociaux propres à une société hiérarchisée et se manifeste de manières très diverses. En ce sens, il apparaît comme un révélateur de l’état de la structure sociale et des relations qu’y entretiennent les différentes composantes. Le mépris des uns ne remplit pas les mêmes fonctions que le mépris des autres : il ne peut être abstrait des relations de domination, qui le provoquent et lui donnent sens. Il renvoie à la verticalité du monde social : c’est lorsqu’un dominant se sent en danger qu’il rompt, par le mépris de classe, avec l’euphémisation usuelle de l’ordre des choses. Et son expression suscite, en retour, honte, rejet, violence ou quant-à-soi.

Cet ouvrage met en évidence l’ampleur et la variété de ses formes d’expression contemporaines, en fonction des contextes et moments considérés. Il livre différentes clés de compréhension des façons multiples d’exercer le mépris de classe, de le ressentir et d’y faire face.

Avec des contributions d’Amélie Beaumont, Hugo Bret, Éric Darras, Claude Grignon, Philippe Longchamp, Gérard Mauger, Gérard Noiriel, Romain Pudal, Frédéric Rasera, Nicolas Renahy, Pierre-Emmanuel Sorignet et Nicolas Spire.

Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet sont sociologues, le premier à l’INRAE (CESAER, Dijon), le second à l’Institut des sciences sociales (LACCUS, Lausanne)


 Table des matières

 Introduction, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet........................... 5

De la cumulativité des sciences sociales......................................................... 7

Une catégorie heuristique......................................................................... 11

Exercer, ressentir et faire face au mépris de classe.............................. 14

Partie 1. Sociologiser une catégorie morale

Chapitre 1. Le mépris de classe : pratiques et représentations, Claude Grignon                  21

Mépris de classe et hiérarchie sociale........................................................... 21

Le mépris dans les relations............................................................................. 27

Le mépris dans les représentations............................................................... 32

Chapitre 2. « Mépris et dignité : un couple infernal ». Entretien avec Gérard Noiriel, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet              37

Partie 2. Des représentations en actes

Chapitre 3. Le mépris de classe dans le monde du travail. Retour du refoulé ou impossible dissimulation, Nicolas Spire                55

Une brutalité superflue ?.................................................................................. 60

Modes d’expression du mépris de classe dans le monde du travail....... 67

Des hauts fonctionnaires parisiens......................................................... 68

Un contresens opportun........................................................................... 69

Violence des interactions et connivence de classe............................. 70

Pourquoi ce mépris ? ........................................................................................ 71

Le mépris, entre erreur et fantasme : un fruit de l’imagination ?..... 72

Le mépris de classe comme affection du corps.................................... 76

Le mépris de classe, réaction à un risque de diminution de la puissance d’agir     78

Conclusion 79

Chapitre 4. Racialisation des rapports ­sociaux et mépris de classe, Pierre-Emmanuel Sorignet      81

Mise en concurrence et conflits entre ouvrières. Les « anciennes » contre les « jeunes » ?           86

Les Jeunes au travail................................................................................... 89

Racialisation du conflit et mépris de classe................................................. 93

La dévaluation de la figure ouvrière....................................................... 93

L’insulte raciste............................................................................................ 98

La racialisation des rapports sociaux par la direction..................... 100

Un mépris de classe qui s’ignore.................................................................. 102

Chapitre 5. Le « problème des Blacks ». Sur le « racisme » dans le football ­professionnel, Frédéric Rasera     105

Les « Blacks » : une catégorie indigène ...................................................... 108

La défense d’un ethos professionnel .......................................................... 114

Trouver un joueur pour « encadrer les Blacks »....................................... 120

Conclusion 125

Chapitre 6. Le candidat ouvrier, les journalistes et les savants. Sur le « racisme de classe », Éric Darras           127

Habilitations et auto-habilitation d’une candidature ouvrière............ 130

Trois degrés de stigmatisation ..................................................................... 136

L’expression minuscule mais décisive d’une solidarité de classe.. 140

Face à l’ouvriérisme et à l’ironie............................................................ 142

Le retournement du stigmate....................................................................... 144

Conclusion 147

Partie 3. Interactions et rapports de force

Chapitre 7. Un ouvrier qui s’expose, Nicolas Renahy..................................... 153

Une angoisse originelle.................................................................................. 155

Un charisme populaire................................................................................... 161

« Se libérer », s’exposer................................................................................... 163

Se préserver....................................................................................................... 169

Tarir une « soif du travail »..................................................................... 169

« Descendre de l’échelle » et « voyager gratos »................................. 171

Un quant-à-soi désarmé face au mépris de classe................................... 175

Conclusion 178

Tableau : Résumé de la trajectoire de Sébastien et séquences de notre relation           180

Chapitre 8. Résister au mépris de classe. Protections collectives et ­contestations discrètes des ­employés du luxe, Amélie Beaumont        183

Les expressions du mépris comme conséquence de l’organisation de l’hôtel                185

Les rapports sociaux de service dans l’hôtellerie de luxe................ 186

Signifier quotidiennement la hiérarchie ou les formes routinisées du mépris de classe        188

Au-delà du mépris routinisé : quand la prestation ne correspond pas aux attentes des clients             192

Les résistances discrètes des employés...................................................... 196

Rationaliser et minimiser les atteintes à sa dignité.......................... 197

Externaliser son mécontentement aux collègues et revaloriser son rôle                 200

Dénier aux clients un service illimité................................................... 203

Surjouer le service pour former les clients à la politesse et prévenir le mépris de classe        205

Conclusion........................................................................................................ 207

 Chapitre 9. Expressions du mépris de classe. Les infirmières scolaires et leurs publics, Philippe Longchamp 211

Une position spécifique au sein de la profession infirmière.................. 213

Le rapport à la santé des infirmières scolaires.......................................... 215

Face aux classes populaires........................................................................... 218

Face aux fractions économiques des classes supérieures...................... 225

Conclusion 230

Chapitre 10. Produire et éprouver le mépris de classe. Les ouvriers de la propreté urbaine, Hugo Bret            233

Travailler dans les quartiers populaires : se proteger du « haut », se démarquer du « bas »         237

L’effet protecteur de l’entre-soi............................................................. 237

« Ici, c’est des sauvages ! » : la stigmatisation ordinaire des habitants des « cités » 240

Travailler dans les quartiers bourgeois : s’y faire une place et s’y plaire, malgré tout   245

Se faire une place dans les beaux quartiers........................................ 245

« Le monsieur balaye parce qu’il n’est pas directeur comme papa » : l’épreuve de la distance sociale 249

Maintenir les distances........................................................................... 252

Conclusion 256

Chapitre 11. Le mépris de classe dans la vie quotidienne des pompiers, Romain Pudal    261

Le mépris de classe en contexte professionnel......................................... 265

Un uniforme qui uniformise.................................................................. 265

Le monde des « code-barres »............................................................... 267

Un entre-soi de dominés......................................................................... 269

Les « Cassoc’ », figure repoussoir.......................................................... 274

Lutte des classes, lutte de valeurs ................................................................ 276

Un ordre genré.......................................................................................... 277

Le racisme ordinaire et ses interprétations........................................ 280

Être « l’intello de service »....................................................................... 283

Conclusion 285

Postface. Sociogenèse, modalités et effets du « mépris de classe », Gérard Mauger            289

Le champ lexical du mépris de classe......................................................... 290

Mépris de classe et domination............................................................ 290

Mépris de classe et « violence symbolique »....................................... 291

Mépris de classe, racisme de classe et racisme.................................. 292

Sociogenèse du mépris de classe................................................................. 293

Hiérarchies, distance sociale et mépris de classe.............................. 293

Un mépris de classe « de bas en haut » ?............................................. 295

Modalités du mépris de classe...................................................................... 296

Effets du mépris de classe.............................................................................. 298

Conclusion               300

 

lundi 10 décembre 2018

écouter: Gilles Laferté et Lorenzo Barrault-Stella, à propos des Mondes ruraux et classes sociales




écouter: Gilles Laferté et Lorenzo Barrault-Stella, à propos des Mondes ruraux et classes sociales
La Marche de l'histoire , mercredi 5 décembre 2018 par Jean Lebrun
Mondes ruraux et classes sociales
Sous la direction de Ivan Bruneau, Gilles Laferté
Julian Mischi & Nicolas Renahy
Ehess
En temps & lieux
2018
Présentation de l'éditeur
Partis à la rencontre d’agriculteurs prospères, de bûcherons indépendants, de chasseurs, mais aussi d’ouvriers et de cadres de la SNCF, d’instituteurs militant – ou non – contre les fermetures d’écoles, ou encore d’élus locaux plus ou moins aguerris, les auteurs de cet ouvrage livrent ici les résultats de cette ethnographie collective qui complexifie la lecture de l’espace social, au plus près de la manière dont les individus se positionnent les uns par rapport aux autres.
S’appuyant sur une enquête de terrain menée dans le centre est de la France, ce livre propose une analyse renouvelée des campagnes françaises, attentive à la diversité des groupes sociaux et aux rapports de classe qui traversent ces territoires. Une telle prise en compte de la dimension locale permet de prendre toute la mesure de ce qui construit, aujourd’hui, l’appartenance sociale au sein des mondes ruraux.
  

jeudi 27 septembre 2018

Le laboratoire des sciences sociales. Histoires d’enquêtes et revisites, Sous la direction de Gilles Laferté, Paul Pasquali & Nicolas Renahy

Le laboratoire des sciences sociales 
Histoires d’enquêtes et revisites
Sous la direction de 
Gilles Laferté, Paul Pasquali 
& Nicolas Renahy
Raisons d'Agir
Cours & Travaux
2018

Présentation de l'éditeur
Entre les années 1950 et 1980, de grandes enquêtes en sciences sociales ont été réalisées en France. Elles ont marqué la sociologie, comme l’anthropologie et l’histoire et, au-delà, ont touché un large public en faisant découvrir une image nouvelle de la société française, des tensions et des bouleversements qui la traversent. Ce livre, pour une part écrit par les protagonistes de ces enquêtes eux-mêmes, revient à la fois sur la manière dont elles ont été fabriquées et sur les effets qu’elles ont produits dans les sciences sociales. Il raconte comment elles se sont déroulées, dans quels contextes et avec quels moyens, comment elles ont été accueillies, les obstacles qu’elles ont rencontrés, les manières de faire qu’il a fallu déployer. Il montre le travail de recherche comme une pratique collective qui consiste en une élaboration lente et patiente d’hypothèses, de méthodes et de résultats selon un style intellectuel et des définitions du métier qui s’inventent sur le terrain.
Ce livre propose une histoire des sciences sociales capable d’éclairer le présent et de cerner des invariants historiques ou culturels dans les modes d’organisation, d’argumentation ou de légitimation de la recherche. Sans céder au prophétisme, il apporte des réponses à la question si essentielle de l’objectivité et de la preuve en sciences sociales. En prenant pour objet central non pas des « grands hommes », des théories ou des « écoles », mais des enquêtes, connues ou moins connues, cette histoire sociale des sciences sociales se veut particulièrement attentive aux conditions, aux opérations et aux divisions concrètes du travail scientifique.
 

 

jeudi 19 janvier 2017

Campagnes contemporaines. Enjeux économiques et sociaux des espaces ruraux français, Stéphane Blancard, Cécile Détang-Dessendre, Nicolas Renahy, Coord.

Campagnes contemporaines 
Enjeux économiques et sociaux des espaces ruraux français 
Stéphane Blancard, Cécile Détang-Dessendre, Nicolas Renahy, Coord.
Quae
2016

Présentation de l'éditeur
La représentation des campagnes dans l’espace public est ambivalente. L’adjectif rural qualifie-t-il un espace de production agricole, un univers bucolique, des territoires « périphériques » ?  À distance de visions uniformisées ou de l’urgence médiatique, cet ouvrage met en lumière différentes facettes des dynamiques des espaces ruraux et périurbains. Ces dynamiques apparaissent complètement intégrées aux enjeux économiques et sociaux contemporains, que ce soit en termes de démographie et de modes de vie, d’activités économiques, ou bien de politiques publiques. Est abordée, plus particulièrement, l'importance de la fonction des bourgs, de la gestion du foncier et de son articulation aux questions environnementales, ou encore de l’architecture institutionnelle des territoires.
Cette contribution collective fournit des éléments de réflexion sur les dynamiques économiques et sociales des espaces ruraux et périurbains, et s'adresse aux responsables professionnels et politiques ainsi qu'aux chargés d'étude et d'enseignement. Elle s’inscrit dans la poursuite des questionnements et connaissances proposés dans Politiques agricoles et territoires (éditions Quæ, 2009) et Repenser l’économie rurale (éditions Quæ, 2014).
 

lundi 4 janvier 2016

Savoir/agir n° 34, De la classe ouvrière aux classes populaires

Savoir/agir n° 34
De la classe ouvrière aux classes populaires
éditions du Croquant
2016 
Présentation de l'éditeur
Il fut un temps qui n’est pas si lointain où « la classe ouvrière » était créditée d’un rôle messianique par les uns, d’épouvantail par les autres. Son éclipse consécutive à celle, intellectuelle et politique, du marxisme, à l’effondrement du socialisme « réellement existant », à la désindustrialisation massive, etc., a pu sembler emporter avec elle les rapports de domination et les inégalités sous toutes leurs formes dans une société désormais « moyennisée » et/ou « individualisée ». La montée du chômage et de la précarité, le retour de « l’insécurité sociale », le creusement des inégalités, etc., ont fait que, depuis la fin des années 1990, on s’est avisé chez les sociologues, les journalistes et les politiques que « les classes populaires » ne sont pas pour autant disparues avec « la classe ouvrière ». Certes, les classes populaires ne sont pas ce que la classe ouvrière n’a jamais été ailleurs que dans l’imagination des intellectuels. En mobilisant les très nombreuses enquêtes désormais disponibles, il s’agira dans ce dossier de cerner « ce que populaire veut dire », de s’interroger sur le rassemblement des ouvriers et des employés sous le même label, d’étudier les multiples clivages qui traversent les classes populaires, de se demander comment elles se reproduisent et comment on s’en échappe, de reposer la question de « la culture populaire ».

Sommaire

Éditorial
Géopolitisations, par Frédéric Lebaron
Dossier : De la classe ouvrière aux classes populaires, coordonné par Gérard Mauger
Portrait statistique des classes populaires contemporaines, par Thomas Amossé
Compter les classes populaires  : où sont les femmes  ?, par Monique Meron
École  : les trois chemins, par Tristan Poullaouec
L’accession à la propriété  : facteur de division des classes populaires  ?, par Violaine Girard
Le retour des classes est «  populaire  » à l’Association française de sociologie, par Jean-Luc Deshayes
De la sociologie de la classe ouvrière à la sociologie des classes populaires. Penser ensemble la condition des ouvriers et des employé-e-s, par Marie Cartier, Isabelle Coutant, Olivier Masclet, Nicolas Renahy, Yasmine Siblot
Pourquoi la gauche a-t-elle perdu les classes populaires  ?, par Stéphane Beaud, Michel Pialoux
Représenter les classes populaires  ?, par Lorenzo Barrault-Stella, Bernard Pudal
Grand entretien avec Thomas Piketty : Pour une approche qui mêle histoire, sociologie, culture… Propos recueillis par Frédéric Lebaron
Paroles
Tuer la contestation dans l’œuf. Histoire d’une implantation syndicale avortée dans la restauration rapide, par Charles Berthonneau
Chronique de la gauche de gauche
Front de gauche  : toujours la panne, par Louis Weber
L’expérience grecque (III)
«  Un pistolet sur la tempe   », par Gérard Mauger
Chroniques du monde
Le «  prix  » de la Révolution en Tunisie, par Amin Allal
Culture
Représentations du social et positionnement esthétique de deux transfuges. Le cinéma des frères Dardenne, par Cédric Lomba

mercredi 11 février 2015

Pré-programme du Festival Raisons d’agir 2015 : « Jeunesses. ‘No Future ?’» (Du mercredi 8 au vendredi 10 avril 2015)

Festival Raisons d’agir 2015 : Jeunesses. ‘No Future ?
Espace Mendès-France, Poitiers
Du mercredi 8 au vendredi 10 avril 2015

Pré-programme
Etre jeune aujourd’hui… Quoi de commun entre l’apprenti/e, déjà au travail, et l’étudiant/e des grandes écoles, promis/e au meilleur avenir ? Quelles rencontres imaginer entre les « galériens » des « quartiers » qui résistent comme ils le peuvent à la relégation et celles et ceux qui inventent de nouvelles manières de vivre dans le bout de campagne où ils ont trouvé refuge ? Quelle unité possible entre les convertis aux nouveaux fantasmes de la radicalité religieuse et celles et ceux qui s’efforcent de gagner pas à pas leur propre émancipation, sociale, sexuelle ou politique ?
Il y a pourtant quelques questions qui se posent à tous ceux qui, comme on dit, entrent aujourd’hui dans la vie. Ce que leur promettent les générations en place, c’est toujours plus d’attente, toujours plus de menaces, toujours plus de risques. Ce que leur ont déjà offert les institutions qui ont accompagné leur enfance et leur adolescence, ce sont des diplômes au rendement incertain, un monde économique livré au consumérisme, une politique habitée par la désespérance.
Et puis il y a le regard des presque déjà vieux, souvent condescendant ou un peu nostalgique, forcément nostalgique. De leur temps, on ne se complaisait pas « chez papa et maman » jusqu’à pas d’âge, on savait s’engager pour la vie ou on savait se révolter – selon, bien-sûr, la lucarne d’où les observent les presque déjà vieux. Conflit de génération ? Même pas. Mais distances, ruptures, malentendus.
Il y a pourtant beaucoup à apprendre des façons dont chacun fait ou a fait sa jeunesse. On gagne à comparer les expériences, à transmettre ce qui peut l’être, à réinventer ce qui doit l’être. Sous réserve que chacun prenne la parole et fasse le récit de sa propre existence et de ce qui compte pour lui. A la condition, aussi, que l’on soit attentif à tout le nuancier des mondes d’avant et à ce qui se vit aujourd’hui, dans les nouvelles façons de vivre le travail, les études, la famille, le sens de la justice, l’espoir de la transformation sociale.
La 10e édition du festival Raisons d’agir mettra donc en discussion le rapport des jeunes d’hier et d’aujourd’hui à l’engagement. Plus encore qu’à l’occasion des précédentes éditions, il s’agira de croiser les expériences individuelles et collectives et les savoirs issus des sciences sociales, le regard des cinéastes, la sensibilité des artistes.

Avec :
  • Marsu (ex-manager des ‘Bérurier noir’)
  • Des jeunes engagés dans la musique, l’éducation populaire, les ZAD ou le militantisme politique.
  • Rémi Douat, producteur délégué de l’émission «Les Pieds sur Terre» sur France Culture.
  • Des projections de films : «Pascaline et Klara», «On n’est pas des marques de vélo».
  • Les chercheurs Romuald Bodin, Aurélien Casta, Henri Eckert, Sophie Orange, Julie Pagis, Camille Peugny, Nicolas Rénahy,…
  • Une expo sur les fanzines.
  • Une promenade sociologique.
  • Des travaux d’enquête réalisés par des étudiants.
  • Et une soirée-concert !
Programme en cours de finalisation.


(source: Festival Raisons d'agir)

mardi 3 février 2015

vidéo: Sociologie des classes populaires contemporaines (Présentation de l'ouvrage par Yasmine Siblot et Isabelle Coutant )



Yasmine Siblot et Isabelle Coutant reviennent sur l'ouvrage Sociologie des classes populaires contemporaines (dont elles sont coauteures avec Marie Cartier, Olivier Masclet et Nicolas Renahy) Le grand entretien : une radiographie du peuple par Mediapart

  Sociologie des classes populaires contemporaines. Yasmine Siblot, Marie Cartier, Isabelle Coutant, Olivier Masclet, Nicolas Renahy (Présentation de l'ouvrage par Yasmine Siblot)
(source: Canal-U)
Journées d’étude organisées par les réseaux Classes sociales, inégalités, fragmentations, Méthodes, Sociologie des élites et Justice sociale de l’AFS.
Site CNRS Pouchet, Paris, 16 décembre 2014

 
Sociologie des classes populaires contemporaines 
Yasmine Siblot, Marie Cartier, Isabelle Coutant, Olivier Masclet, Nicolas Renahy
Armand Colin
2015

vendredi 16 janvier 2015

vidéos: Journées d'études sur "Les classes sociales en Europe", 15 et 16 décembre 2014

 

Vidéos: Les classes sociales en Europe

(source: Canal-U)
Programme
Journées d’étude organisées par les réseaux Classes sociales, inégalités, fragmentations, Méthodes, Sociologie des élites et Justice sociale de l’AFS.
Avec le soutien du Ceraps (UMR 8026), du Cresppa (UMR 7217), et de la Maison des Sciences de l’Homme de Lorraine. 15 et 16 décembre 2014
Site CNRS Pouchet, Paris

lundi 12 janvier 2015

Sociologie des classes populaires contemporaines. Yasmine Siblot, Marie Cartier, Isabelle Coutant, Olivier Masclet, Nicolas Renahy

 
Sociologie des classes populaires contemporaines 
Yasmine Siblot, Marie Cartier, Isabelle Coutant, Olivier Masclet, Nicolas Renahy
Armand Colin
2015

Présentation de l'éditeur
Classes populaires, milieux populaires, quartiers populaires, électorat populaire… Autant d’expressions récurrentes dans les discours médiatiques et les débats politiques. Pourtant, la notion demeure floue, le « populaire » étant perçu tantôt comme une figure sociale inquiétante, tantôt comme une figure à revaloriser.
Revenant sur plusieurs décennies de recherches et s’appuyant sur des travaux récents, cet ouvrage propose une analyse sociologique inédite. Après un retour sur la constitution d’une sociologie des classes populaires en France et ses enjeux, chaque chapitre comporte un cadrage empirique et une mise en perspective théorique : qui sont les ouvriers et les employés aujourd’hui ? Quels conditions et modes de vie caractérisent ces hommes et ces femmes ? Quelles sont les dynamiques qui animent ces groupes et en modifient sans cesse les contours ?
Fondé sur des données historiques, statistiques et des enquêtes de terrain, enrichi de nombreux encadrés, ce manuel propose une lecture d’ensemble de la société française contemporaine, vue à partir des groupes populaires, qui en composent la majeure partie.

Yasmine SIBLOT est professeure de sociologie à l’université Paris 8 et membre du CRESSPA (Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris) dans l’équipe CSU.
Marie CARTIER est maître de conférences à l’université de Nantes, chercheuse au CENS (Centre nantais de sociologie), membre junior de l’IUF (Institut universitaire de France).
Isabelle COUTANT est chercheuse au CNRS au laboratoire IRIS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux).
Olivier MASCLET est maître de conférences à l’université Paris Descartes-Sorbonne Paris Cité et chercheur au CERLIS (Centre de recherche sur les liens sociaux).
Nicolas RENAHY est chercheur à l’INRA, directeur du CESAER (Centre d’économie et de sociologie appliquées à l’agriculture et aux espaces ruraux).


samedi 18 mai 2013

Agone 51, Campagnes populaires, campagnes bourgeoises

Agone 51, Campagnes populaires, campagnes bourgeoises, coordination Julian Mischi 

Les représentations dominantes des espaces ruraux ignorent ses habitants au profit d’une esthétisation (une nature sans habitants) ou d’une stigmatisation (les ploucs). Vus des villes, ces espaces sont perçus comme des territoires essentiellement agricoles ou comme de simples lieux de détente pour vacanciers et résidents secondaires. Or les campagnes françaises se caractérisent d’abord par la présence massive de classes populaires, la proportion d’ouvriers augmentant à mesure que l’on s’éloigne des villes. Loin d’être des espaces pacifiés et unanimistes, les communes rurales et périurbaines connaissent des logiques de différenciation sociale et des conflits d’usage. A l’image des agriculteurs, groupe éclaté en différentes fractions, les campagnes sont traversées par des rapports de classe et des inégalités sociales. De la bourgeoisie agricole aux ouvriers ruraux, quels sont les groupes sociaux en présence et quelles relations entretiennent-ils ? 

 SOMMAIRE
« Ouvriers ruraux, pouvoir local & conflits de classes », Julian Mischi (sociologue, INRA Dijon)
« Luttes paysannes dans les années 68. Remise en cause d’un ordre social local », Élise Roullaud (politiste, Université de Lyon 2)
« De l’exploitation des forêts à l’esclavage des hommes. Un exemple de chantier forestier utilisant des travailleurs marocains en Bourgogne (1974–1975) », Julien Gros (sociologue, ENS Paris) & Omar Tourougui
« Des ploucs de droite aux pavillonnaires lepénistes. Sur la construction médiatique du vote des ruraux », Jean Rivière (géographe, Université de Nantes)
« “La soif du travail ?” Alcool, salariat & masculinité dans le bâtiment : le témoignage d’un adepte du “black” », Sébastien Mary & Nicolas Renahy (sociologue, INRA Dijon)
« Trajectoires de l’embourgeoisement agricole », Gilles Laferté (sociologue, INRA Dijon)
« Processus de distinction d’une petite bourgeoisie rurale. Le cas d’une “association pour le maintien de l’agriculture paysanne” (AMAP) », Jean-Baptiste Paranthoën (sociologue, INRA Dijon)
« L’isolement des jeunes femmes appartenant aux classes populaires rurales. L’exemple d’une animatrice de loisirs », Marie-Hélène Lechien
« Fouler les bois & rasseoir une emprise. La chasse à courre comme inscription spatiale du pouvoir social », Héloïse Fradkine (sociologue, Sciences Po Paris)
LA LEÇON DES CHOSES
Suite du dossier « Les théories du complot » de la revue Agone n° 47.
Présentation de Miguel Chueca
« Ali Agça et la “filière bulgare” », Edward S. Herman et Frank Brodhead

dimanche 18 mars 2012

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 191-192 – Mars 2012 //Légitimités culturelles. Classes sociales et modes de domination (2)

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 191-192 – Mars 2012 //Légitimités culturelles. Classes sociales et modes de domination (2), Seuil

Numéro coordonné par Delphine Serre
Briller sous l’épaulette
Capital culturel et capital combattant dans le corps des officiers de l’armée de terre
Christel Coton
Les stratégies éducatives des classes supérieures néerlandaises
Professions intellectuelles supérieures, managers et entrepreneurs face au choix entre capital culturel «classique» et capital culturel cosmopolite
Don Weenink
Un cas d’école
L’entrée dans le métier de professeur d’une « enfant de la démocratisation scolaire »
Ludivine Balland
Une petite bourgeoisie au pouvoir
Sur le renouvellement des élus en milieu rural
Ivan Bruneau et Nicolas Renahy
Le capital culturel non certifié comme mode d’accès aux classes moyennes
L’entregent des agents immobiliers
Lise Bernard
Ressources et lignes de clivage parmi les aides à domicile
Spécifier une position sociale : quelles opérations de recherche ?
Christelle Avril
LECTURES CRITIQUES Le caring, un capital culturel populaire ?
Marie Cartier
Parler des classes dans une société présumée égalitaire
Les représentations des inégalités dans une ancienne ville ouvrière danoise
Stine Thidemann Faber et Annick Prieur
Note de recherche sur la fabrique de la nomenclature socio-économique européenne ESeC
Étienne Penissat et Jay Rowell

jeudi 6 janvier 2011

Regards Sociologiques n°40, Mobilité/autochtonie : sur la dimension spatiale des ressources sociales, (2010)



Regards Sociologiques
Au sommaire du n°40, Mobilité/autochtonie : sur la dimension spatiale des ressources sociales, (2010)

Numéro bientôt en téléchargement.

Dossier

Fabrice Ripoll, Sylvie Tissot
“La dimension spatiale des ressources sociales” [Lire] [Version pdf]
Nicolas Renahy
“Classes populaires et capital d’autochtonie. Genèse et usages d’une notion” [résumé]
Sylvie Fol
“Mobilité et ancrage dans les quartiers pauvres : les ressources de la proximité” [résumé]
Caroline Mazaud
“Le rôle du capital d’autochtonie dans la transmission d’entreprises artisanales en zone rurale” [résumé]
Fabrice Ripoll
“L’économie ‘solidaire’ et ‘relocalisée’ comme construction d’un capital social de proximité. Le cas des associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP)” [résumé]
Sophie Orange
“L’invitation au voyage ? Les Sections de Techniciens Supérieurs face à l’impératif de mobilité” [résumé]
Anne-Catherine Wagner
“Le jeu de la mobilité et de l’autochtonie au sein des classes supérieures” [résumé]
Sylvie Tissot
[Note de recherche] De l’usage de la notion de capital d’autochtonie dans l’étude des catégories supérieures” [résumé]

Documents

Jean-Luc Vilmouth, “My dream houses”
Christian de Montlibert, “Habitus, habits, habitudes, habitats”
Armelle Caron, “Tout bien rangé”
Matthieu Duperrex, “La ville rangée est sans langage” [Version pdf]

mardi 6 juillet 2010

écouter: Nicolas RENAHY, Les gars du coin


écouter:

Nicolas Renahy, Livre sur la voie publique, Radio Campus Clermont, 09/10/2010

Nicolas RENAHY: Les gars du coin, ENS-LSH, 30 novembre 2006


Nicolas RENAHY
Les gars du coin
Enquête sur une jeunesse rurale

Préface de Stéphane BEAUD et Michel PIALOUX
La Découverte Poche / Sciences humaines et sociales n°320
2010

Présentation de l'éditeur
Quand on parle de la « jeunesse » aujourd’hui, on pense plus souvent aux jeunes « des quartiers » qu’à ceux de la campagne. Ces derniers, quand ils sont ouvriers, sont alors doublement invisibles, comme « ruraux » et comme « ouvriers » (car la classe ouvrière demeure associée, dans les esprits, aux régions industrielles). Les sociologues eux-mêmes se sont peu intéressés à cette catégorie de population, pourtant nombreuse. Ce sont ces jeunes « gars du coin » que nous propose de découvrir Nicolas Renahy dans cet ouvrage, fruit d’une enquête menée pendant dix ans dans un village de Bourgogne. Tandis que leurs pères et grands-pères avaient bénéficié de la période faste du paternalisme industriel (travail fixe à l’usine, facilités de logement, fierté d’appartenir à une génération ouvrière), ces jeunes gens peinent à trouver leur place dans un contexte de plus en plus incertain et précaire. Restés au village, voués au chômage ou à une succession de petits boulots, hantés par la crainte du célibat, ils doivent renoncer à l’accession au modèle familial dans lequel ils avaient été socialisés ? reconnaissance professionnelle, accès à la propriété, famille nombreuse… ? et tentent de survivre socialement en se repliant sur les ressources que leur offre le seul fait d’être « du coin » (leur « capital d’autochtonie »). En nous faisant pénétrer dans le monde des « gars du coin », en retraçant leurs parcours familiaux et scolaires, en s’intéressant à leurs espaces quotidiens (l’usine, le domicile, le foot, les cafés…) et à leurs expériences intimes, l’auteur éclaire les tentatives individuelles et collectives pour maintenir une honorabilité populaire menacée et offre un portrait inédit d’une jeunesse rurale méconnue.

Nicolas Renahy, docteur en sociologie, est chercheur à l’INRA (Centre d’Economie et de Sociologie Appliquée aux Espaces Ruraux) et chercheur associé au Laboratoire de Sciences sociales (ENS/EHESS).