« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 15 octobre 2026

Clément Le Ludec, Les damnés de la donnée. Ce que l'intelligence artificielle doit aux travailleurs des Suds.



Clément Le Ludec

Les damnés de la donnée

Ce que l'intelligence artificielle doit aux travailleurs des Suds

Raisons d'Agir

Raisons d'agir

2026

 

Présentation de l'éditeur

Derrière les promesses de l’automatisation, l’intelligence artificielle (IA) repose sur un travail humain massif, invisible et dévalorisé.

De Station F, vitrine parisienne de la « start-up nation », à Antananarivo, capitale de Madagascar, où travaillent des milliers de travailleurs des données, cette enquête suit les chaînes de travail reliant étroitement entreprises technologiques du Nord et sous-traitants du Sud. Les entreprises d’IA mobilisent une main-d’œuvre jeune, diplômée et surqualifiée, dans des conditions précaires et sans horizons professionnels.

L’IA ne remplace pas simplement le travail : elle le réorganise, en déplace les hiérarchies au niveau international et enferme une partie de cette main-d’œuvre dans des positions subalternes. Le capitalisme numérique prolonge ainsi une longue histoire de l’exploitation fondée sur la dévalorisation du travail des travailleuses et travailleurs des Suds. À travers ces transformations, une question centrale se dessine : dans un monde façonné par l’IA, notre travail humain continuera-t-il à compter ?

Clément Le Ludec est docteur en sociologie de l'Institut polytechnique de Paris. Il est spécialiste des transformations numériques du travail 

 

mardi 6 mai 2025

Sébastien Broca, Pris dans la toile. De l'utopie d'Internet au capitalisme numérique

 

 

Sébastien Broca

Pris dans la toile

De l'utopie d'Internet au capitalisme numérique

Seuil

Liber

2025

 

 

Présentation de l'éditeur

Pourquoi l’utopie d’Internet a-t-elle conduit à la domination d’une poignée d’entreprises technologiques ? Comment expliquer que les mouvements sociaux défendant un autre numérique n’aient pas réussi à freiner leur essor? Pour répondre à ces questions, ce livre entremêle une histoire des Big Tech (Google, Amazon, Meta, Apple, Microsoft) et une histoire des contestations qui ont accompagné leur ascension. Il montre que les principales « alternatives » numériques se sont développées en symbiose avec ces entreprises et les ont aidées à croître, quand bien même elles semblaient les combattre. De nombreux mouvements sociaux ont ainsi été pris dans la toile des Big Tech, qui sont parvenues à s’approprier nombre de discours et de pratiques qui les menaçaient. D’autres mouvements ont pourtant ouvert des perspectives décisives, en intégrant les questions sociales et écologiques. Ce sont là quelques enseignements d’un récit qui retrace la confrontation entre, d’un côté, les grandes entreprises technologiques et leur logique capitaliste implacable et, de l'autre, les militants des libertés numériques, les défenseurs des communs, les héros de l’antitrust et les mouvements technocritiques. Alors que le pouvoir des Big Tech inquiète aujourd’hui plus que jamais, cette histoire est celle de notre impuissance actuelle comme de nos espoirs futurs.

Sébastien Broca est enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 8, où il co-dirige le CEMTI (Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation). Ses travaux sur le numérique se situent au carrefour de la sociologie, de l’économie politique et du droit. Il a déjà publié Utopie du logiciel libre (Le passager clandestin, 2013).