"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

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mercredi 30 mai 2018

audio: Joël Laillier, Entrer dans la danse. L’envers du Ballet de l’Opéra de Paris



deuxième partie de l'émission 'Léonore Baulac, danse avec les étoiles'
Vous m'en direz des nouvelles !  par Jean-François Cadet, 4 mai 2017 


Joël Laillier 
Entrer dans la danse
L’envers du Ballet de l’Opéra de Paris
Préface de Charles Suaud
CNRS Éditions
2017 


Présentation de l'éditeur

La représentation du monde de la danse classique oscille entre fascination et condamnation. Fascination pour les danseurs et danseuses qui se consacrent « corps et âme » à la recherche de l’excellence artistique. Condamnation de la souffrance et des sacrifices d’une vie d’ascète dans un univers compétitif à l’extrême. Le cinéma, la littérature et les médias véhiculent sans cesse une telle tension, comme en témoigne le fi lm à succès Black Swan.
Le Ballet de l’Opéra de Paris est au cœur de cette représentation fantasmatique, au point d’en être le modèle. Dévoilement des coulisses de cette institution prestigieuse, cet ouvrage montre comment les désirs des jeunes aspirants sont façonnés, entretenus ou remis en cause au fil d’une vie tout entière consacrée à la danse malgré des chances de réussite très incertaines.
L’enquête menée auprès des élèves et de leurs parents, des professeurs et des anciens danseurs permet de saisir sur le vif les mécanismes sociaux qui amènent les danseurs à donner du sens à leur engagement. En suivant les danseurs et les danseuses dès l’entrée dans la pratique, durant la scolarité et jusqu’à leur départ à la retraite, Joël Laillier donne à voir la fabrique d’une élite artistique.

Sociologue, Joël Laillier est maître de conférences à l’Université de Toulouse, membre du CreSco et chercheur associé à l’IDHES (Université Paris 1 – CNRS).