Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


jeudi 28 février 2013

Critique des sondages (actes du colloque), Sous la direction de Alain Garrigou

Critique des sondages (actes du colloque)

Sous la direction de Alain Garrigou 

2013

Avec :
Howard S. Becker
Patrick Champagne
Jeremy Mercier
Nicolas Kaciaf
Nicolas Hubé
Patrick Lehingue
Daniel Gaxie
Rémy Caveng

Ce livre reprend les communications du colloque « Critique des sondages » du 5 novembre 2011 à l’Assemblée nationale. Celui-ci a été organisé par Le Monde Diplomatique et l’Observatoire des sondages. Il a reçu l’aide des Amis du Monde diplomatique, de Virginie D’Eau et de Richard Brousse.
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- Introduction – A quoi sert la critique ? (Alain Garrigou) - page 5 à 11. (article intégral en accès libre)

- Chapitre 1 – Les sciences sociales et la critique des sondages aux États-Unis (Howard S. Becker) - page 13 à 22.
Extrait  :....Une première attaque en règle, mordante et profonde des études et enquête d’opinion aux Etats-Unis est venue de l’un des grands critiques de la sociologie : Herbert Blumer. En décembre 1947, American Sociological Association tint son congrès annuel dans la ville de New York. Blumber y donna une communication intitulée : « Public Opinion and Public Opinion Polling ». Imaginons la scène. Blumer, une grande et imposante silhouette, ancien joueur professionnel de football américain, ancien étudiant brillant de Robert E. Park et George Herbert Mead, souvent considéré comme l’un des fondateurs de l’école de sociologie de Chicago, et s’exprimant dans un style oratoire impressionnant. Il était alors, et a été pendant de nombreuses années professeur de sociologie à l’Université de Chicago....(Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 2 – « Faire l’Opinion » 20 ans après (Patrick Champagne) - page 23 à 29.
Extrait : ...Mais cette méfiance affichée à l’égard des sondeurs – « leurs enquêtes sont biaisées », « ils polluent le débat démocratique », « ils manipulent les électeurs », etc. – masquait des usages alors plus cachés des sondages qui commençaient à se diffuser dans les états-majors de nombre de partis, les sondeurs devenant progressivement des conseillers discrets des responsables politiques, contribuant, sondages à l’appui, à élaborer ou à faire infléchir des programmes électoraux et à introduire la logique du marketing commercial dans l’élaboration des campagnes électorales.... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 3 – Sondages à l’italienne (Jérémy Mercier) - page 30 à 35.
Extrait : ...L’Italie n’est pas la « mère patrie » des sondages mais elle peut, tout comme la France, être particulièrement considérée, en miroir inversé, comme une forme de République des sondages ou une République « sondomane ». Le rythme effréné avec lequel les entreprises de sondages transalpines produisent leurs chiffres entraîne une redéfinition de la vie publique et une modification des règles du jeu démocratique.(...) En Italie, il faut croire que les manipulations sont plus grossières encore, mais plus divertissantes aussi, surtout quand Silvio Berlusconi lui-même intervient par surprise lors d’émissions de télévision auxquelles il n’a pas été convié pour « corriger » les errances dans les sondages ou opinions le concernant. (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 4 – Les usages gouvernementaux des sondages d’opinion (Nicolas Kaciaf) - page 36 - 46.
Extrait  : ...L’accès aux ressources sondagières constitue un véritable enjeu de pouvoir au sein des instances gouvernementales. Mais, contrairement aux apparences, cet enjeu ne tient ni à l’avantage stratégique, ni aux opportunités d’action qu’offrirait la détention des données d’enquête dans la compétition politique. Malgré les coûts engagés, les études demeurent souvent superficielles, ambigües et, surtout, réduites à quelques informations synthétiques et peu significatives. L’équivocité des résultats confèrent aux sondages des vertus « magiques ». Comme n’importe quel secret, les données sondagières érigent leurs possesseurs en initiés. Elles ne sont jugées importantes et elles n’octroient de l’importance à ceux qui y accèdent qu’en raison des efforts accomplis pour en conserver l’exclusivité...(Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 5 – Quand « les sondages » nous parlent…La médiatisation d’un instrument du jeu politique (Nicolas Hubé) - page 47 à 56.
Extrait  : ...Cet article repose, d’une part, sur une analyse de quatre quotidiens nationaux (Le Figaro, L’Humanité, Libération, Le Parisien) et du journal de 19h sur France Inter au second semestre 2010 ; d’autre part, il repose sur une analyse du Monde du 1er juillet 2011 au 30 octobre 2011.(...) Il existe bien une tendance générale à un recours massif « aux sondages » dans les pages politiques. Plus d’un sondage tous les deux jours est ainsi évoqué, en 2010, sur France Inter (104), à L’Humanité (102 pour 186 éditions), à Libération (68) ; un tous les trois jours au Figaro (40) et au Parisien (55). Au Monde au second semestre 2011, si l’on fait abstraction des 24 sondages ne traitant pas de politique nationale, on dénombre plus de trois sondages traités tous les quatre jours (82 pour 105 éditions)..... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 6 – Sur un battement d’ailes de papillon. Modes de conception et de circulation de deux enquêtes hors contexte (Patrick Lehingue) - page 57 à 70.
Extrait  : ...De manière purement métaphorique, le battement d’aile d’un papillon au Brésil désignera ici le petit coup de force symbolique réalisé dans le micro univers des entreprises de sondages par les responsables d’une P.M.E. émergente, Harris Interactive, au printemps 2011. Comme on s’en souvient peut être, l’initiative - techniquement audacieuse mais médiatiquement très payante - fut prise de réaliser et surtout de faire publier coup sur coup dans le Parisien Aujourd’hui (éditions des dimanche 6 et mardi 8 mars 2011) deux sondages préélectoraux plaçant, pour la première fois dans l’histoire française des sondages, la candidate du FN, Marine Le Pen, en première position des intentions de vote, ce quelque soit la configuration – alors très ouverte - des candidatures socialistes : Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, pour le premier sondage (sur-titré en une du Parisien, « Marine Le Pen, en tête »), D. Strauss Kahn et F. Hollande, pour la seconde enquête (toujours en première page du Parisien, « Sarkozy, Strauss Kahn, Hollande, tous battus »)..... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 7 – Renforcements circulaires et routines méthodologiques. Les présupposés d’interprétations et les résultats des enquêtes d’opinion (Daniel Gaxie) - page 71 à 83.
Extrait : ...Nous avons mené pendant plusieurs années une enquête par entretiens approfondis, avec des questions ouvertes, auprès de citoyens de divers milieux sociaux en Allemagne, France, Italie et Pologne afin de connaître leurs opinions et attitudes à l’égard de l’intégration européenne. En France, nous avons également mené des analyses de conversations (focus groups) auprès de personnes appartenant à des milieux diversifiés. Les opinions et attitudes des citoyens sur les questions européennes sont également l’objet d’enquêtes d’opinion standard à partir de questions fermées administrées à des échantillons des populations des États membres de l’Union Européenne. Certaines de ces enquêtes, les Eurobaromètres, sont conduites deux fois par an depuis 1973. Elles sont commandées, contrôlées et publiées par la Commission Européenne. (...) Il suffit en effet de faire et de laisser parler, avec leurs propres mots, des citoyens de diverses catégories pour apercevoir l’abîme qui sépare, pour la plupart d’entre eux, le rapport réel à la construction européenne de l’image enchantée qu’en donnent les enquêtes d’opinion standard.... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 8 - Peut-on croire à la qualité des enquêtes par téléphone ? (Rémy Caveng) - page 84 à 90.
Extrait  : ....L’organisation du travail dans les centres d’appel, que d’aucuns désignent comme des « usines modernes » où s’élabore une sorte de taylorisation du travail relationnel et une rationalisation de l’activité langagière, ainsi que la course à la productivité ne créent pas les conditions d’un recueil d’information de qualité. Outre un environnement extrêmement bruyant qui ne favorise guère la concentration, les enquêteurs sont soumis à des exigences élevées en termes de cadence. S’ils veulent se maintenir dans le secteur et vivre de cette activité, le respect de ces dernières est impératif tant il conditionne leurs chances de se voir confier de nouvelles missions lorsqu’ils sont employés sous le statut de vacataire (cas le plus courant) ou d’obtenir des heures complémentaires lorsqu’ils sont employés en CDI à temps partiel (très rare). Et ce, qu’ils soient payés à l’heure ou au questionnaire, ce dernier mode de rémunération impliquant en lui-même une course individuelle à la productivité puisqu’aucune rémunération n’est garantie..... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 9 - Une hostilité ordinaire aux sondages (Alain Garrigou) - page 91 à 99.
Premières lignes : On pourrait croire que, à part quelques sociologues jaloux, les sondages entraînent une adhésion générale : celle des producteurs qui croient à ce qu’ils font, des commentateurs qui citent des chiffres comme des données évidentes et significatives et celle du public dont les médias se prévalent pour justifier leur publication. Comment le public serait-il donc hostile alors que, depuis les origines, les sondeurs soutiennent que les sondages sont démocratiques et ne se privent pas toujours de juger que leurs critiques sont antidémocrates ? Or, insondable paradoxe, il semble bien que les sondages ne soient pas populaires ou encore que les citoyens leurs soient assez largement hostiles, au moins sceptiques..... (Télécharger l’article - 2 €)

(Source: Observatoire des sondages)

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