Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 27 janvier 2016

Bourdieu / Foucault : un rendez-vous mancato? Convegno Internazionale – Napoli, 1-2 marzo 2016

Bourdieu / Foucault :

un rendez-vous mancato?

Convegno Internazionale – Napoli, 1-2 marzo 2016


Présentation des organisateurs
Pierre Bourdieu et Michel Foucault ont été tous les deux considérés comme des penseurs “hérétiques” et ont également enseigné au Collège de France. Cependant, leurs parcours se sont toujours déroulés sur des binaires parallèles, sans jamais se croiser véritablement, sauf à l’occasion de leur engagement pour Solidarnosc. Il s’agit pour autant d’un rapport qu’on pourrait, en un certain sens, qualifier du même titre de la pétition qu’ils signent ensemble à cette époque : “Les rendez-vous manqués“. Si Bourdieu, notamment après la mort de Foucault, n’a guère cessé de basculer entre une incompréhension de sa perspective théorique et politique et nombreuses attestations d’affinité soucieuses sans doute de relancer un dialogue trop soudain interrompu, Foucault, de son côté, quitte à lui reconnaître d’avoir été (avec Robert Castel et Jean-Claude Passeron) un des héritiers de Georges Canguilhem dans le domaine de la sociologie, lui a réservé un silence presque total, ce qui, même aujourd’hui, continue à poser problème à maints chercheurs.
Pourtant, malgré l’étrangeté de leur rapport personnel et la diversité des leurs perspectives, ces deux penseurs ont déployé leurs réflexions à l’intérieur de champs de problématisation théorique et historico-politique le plus souvent très proches, sinon parfois communs: de l’importance accordée aux pratiques à la imbrication du pouvoir et du discours ; du quadrillage et de la classification à la question de la subjectivation ; de la conception de l’intellectuel et de la critique à l’engagement dans des luttes sociales. Il s’agit de questions et d’attitudes éthico-politiques et scientifiques qui les rapprochent davantage que les critiques de l’un ou le silence de l’autre ne les séparent. Même si, quelques rares exceptions mises à part, le rapport de Foucault à la sociologie ainsi que celui de Bourdieu à la philosophie ont fait souvent tous les deux l’objet d’un même réductionnisme, dans ces dernières années, lorsque l’édition des cours de Foucault au Collège de France se termine alors que celle des cours de Bourdieu se poursuit assez régulièrement, ces matériaux nous restituent une conscience plus aigue de l’héritage complexe légué par ces deux figures majeures de la pensée critique du XXe siècle. Cette situation invoque une responsabilité à la fois scientifique et politique qui n’était encore possible mettre en avant auparavant.
L’ambition de ce colloque est en ce sens double, s’agissant, d’un côté, de pointer sur l’ouverture d’un espace inédit de rapprochement entre Bourdieu et Foucault, et de l’autre, de contribuer à son exploration à travers une mise en parallèle articulée et critique de leurs pensées à partir d’une multiplicité d’angles d’attaque qui traversent et débordent des champs de savoir encadrés par des identités disciplinaires rigides ou des cadres méthodologiques figés : de la question du rapport à l’État, le néolibéralisme et le “capital humain” à l’éventuelle complémentarité entre l’analyse généalogique et une sociologie de la classification ; de la reproduction à travers l’enseignement à l’usage critique de la parole de Bourdieu et de Foucault à l’intérieur de leurs discours dans le champ académique ; d’une mise en parallèle des formes d’assujettissement de l’habitus et de la discipline au rapprochement possible entre la généalogie foucaldienne de la sexualité et les recherches sur la domination masculine de Bourdieu ; de la problématisation du sujet de la critique à la forme sociographique de l’engagement intellectuel et politique. Pour réaliser cette tâche, la liste des intervenants à ce colloque se compose de chercheurs qui se sont occupés aussi bien de Bourdieu que de Foucault et qui sont donc en mesure de saisir autant les éléments d’une complémentarité possible que les traces d’une différence peut-être irréductible.

Programme

(Source:  https://bourdieufoucault.wordpress.com/)

 

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