« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


Affichage des articles dont le libellé est Foucault. Afficher tous les articles
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samedi 1 octobre 2022

vidéo (inédite): Pierre Bourdieu, Qu’est-ce que faire parler un auteur ? (et débat) le 12 octobre 1995, Intervention faite au colloque Michel Foucault « Surveiller et punir 20 ans après » . Organisé à Vaucresson , les 12 et 13 octobre 1995

 

 

vidéo originale:  Pierre Bourdieu, Qu’est-ce que faire parler un auteur ? (et débat)

le 12 octobre 1995, Intervention faite au colloque Michel Foucault « Surveiller et punir 20 ans après » . Organisé à Vaucresson , les 12 et 13 octobre 1995

https://www.adolie.enpjj.justice.fr

 

lire:

Sociétés & Représentations, 1996/2 (N° 3), Michel Foucault, Surveiller et punir : la prison vingt ans après, p. 13-18 

en ligne sur Cairn.info

 

 

 

 

jeudi 31 janvier 2019

Dinah Ribard, 1969 : Michel Foucault et la question de l'auteur "Qu'est-ce qu'un auteur ? " Texte, présentation, et commentaire


Dinah Ribard 
1969 : Michel Foucault et la question de l'auteur
"Qu'est-ce qu'un auteur ? "
Texte, présentation, et commentaire 
Honoré Champion
Textes critiques français
2019

Présentation de l'éditeur
Michel Foucault donne en 1969 à Paris, puis en 1970 aux États-Unis, une conférence sur la question de l’auteur dont la formule-clé, « Qu’importe qui parle », est empruntée à Samuel Beckett. Il existe plusieurs manières de donner un contexte aux propositions avancées dans ce texte qui fit événement, de raconter l’histoire de son impact sur la théorie, la critique, l’histoire du fait littéraire, d’y réagir enfin. On s’efforce ici d’éclairer ces interprétations, ces récits, leurs évolutions et leurs enjeux, en s’intéressant notamment à leur caractère contradictoire, ainsi qu’à l’importance qu’ont eue, pour l’évolution des études littéraires, des choses que Foucault ne dit pas dans « Qu’est-ce qu’un auteur ? ».
Dinah Ribard est directrice d’études à l’EHESS et membre, au Centre de recherches historiques, du Groupe de recherches interdisciplinaires sur l’histoire du littéraire. Elle a notamment publié Histoire littérature témoignage. Écrire les malheurs du temps avec Christian Jouhaud et Nicolas Schapira (2009) et participé au livre du Grihl, Écriture et action XVIIe-XIXe siècle. Une enquête collective (2016).

samedi 10 novembre 2018

Pierre Bourdieu: à propos de Canguilhem, de Foucault, de Deleuze



Pierre Bourdieu: 
à propos de Canguilhem, de Foucault, de Deleuze





(Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure,  Gilbert Quélennec)
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voir également:

Publications de Pierre Bourdieu: Sur la Philosophie et la théorie (projet de Thèse, contributions théoriques dans des incises ou des notes, contribution à la philosophie analytique, sociologie, champ, à propos des philosophes, livres)

 



jeudi 25 octobre 2018

Michel Foucault, La Sexualité, suivi de Le Discours de la sexualité


Michel Foucault
La Sexualité
Cours donné à l'université de Clermont-Ferrand (1964) 
suivi de 
Le Discours de la sexualité
Cours donné à l'université de Vincennes (1969) 
Ehess-Gallimard-Seuil
2018

Présentation de l'éditeur
Michel Foucault avait engagé le projet d’une histoire de la sexualité dès les années 1960, et lui avait notamment consacré deux cours, jusqu’ici inédits.
Le premier, donné à Clermont-Ferrand en 1964, s’interroge sur les conditions d’apparition, en Occident, d’une conscience problématique et d’une expérience tragique de la sexualité, ainsi que de savoirs qui la prennent pour objet. Partant d’une réflexion sur l’évolution du statut des femmes et du droit du mariage, ce cours aborde l’ensemble des savoirs sur la sexualité, de la biologie ou l’éthologie à la psychanalyse.
Le second, donné à Vincennes en 1969, prolonge en même temps qu’il déplace ces interrogations. Foucault s’y intéresse en détail à l’émergence d’un savoir biologique sur la sexualité et à la manière dont celle-ci a été investie dans un ensemble d’utopies au long des XIXe et XXe siècles : utopies transgressives de Sade à Histoire d’O., utopies intégratives, visant à réconcilier la société et la nature sexuelle de l’Homme, de Fourier à Marcuse. C’est l’occasion pour Foucault d’approfondir sa généalogie critique du double thème de la sexualité naturelle et de la libération sexuelle, engagée dès 1964 mais qui prend d’autant plus de sens après Mai 1968.
Ces cours sont deux jalons essentiels pour une archéologie de la sexualité comme expérience moderne. On y découvre un Foucault qui n’hésite pas à faire jouer les données biologiques sur la sexualité contre une certaine conception étriquée du sujet humain ; un Foucault attentif à maintenir le potentiel transgressif contenu dans l’expérience sexuelle et à analyser les conditions économiques, sociales et épistémologiques de sa constitution récente en objet de savoir et en enjeu politique.Michel Foucault avait engagé le projet d’une histoire de la sexualité dès les années 1960, et lui avait notamment consacré deux cours, jusqu’ici inédits.
Le premier, donné à Clermont-Ferrand en 1964, s’interroge sur les conditions d’apparition, en Occident, d’une conscience problématique et d’une expérience tragique de la sexualité, ainsi que de savoirs qui la prennent pour objet. Partant d’une réflexion sur l’évolution du statut des femmes et du droit du mariage, ce cours aborde l’ensemble des savoirs sur la sexualité, de la biologie ou l’éthologie à la psychanalyse.
Le second, donné à Vincennes en 1969, prolonge en même temps qu’il déplace ces interrogations. Foucault s’y intéresse en détail à l’émergence d’un savoir biologique sur la sexualité et à la manière dont celle-ci a été investie dans un ensemble d’utopies au long des XIXe et XXe siècles : utopies transgressives de Sade à Histoire d’O., utopies intégratives, visant à réconcilier la société et la nature sexuelle de l’Homme, de Fourier à Marcuse. C’est l’occasion pour Foucault d’approfondir sa généalogie critique du double thème de la sexualité naturelle et de la libération sexuelle, engagée dès 1964 mais qui prend d’autant plus de sens après Mai 1968.
Ces cours sont deux jalons essentiels pour une archéologie de la sexualité comme expérience moderne. On y découvre un Foucault qui n’hésite pas à faire jouer les données biologiques sur la sexualité contre une certaine conception étriquée du sujet humain ; un Foucault attentif à maintenir le potentiel transgressif contenu dans l’expérience sexuelle et à analyser les conditions économiques, sociales et épistémologiques de sa constitution récente en objet de savoir et en enjeu politique.Michel Foucault avait engagé le projet d’une histoire de la sexualité dès les années 1960, et lui avait notamment consacré deux cours, jusqu’ici inédits.
Le premier, donné à Clermont-Ferrand en 1964, s’interroge sur les conditions d’apparition, en Occident, d’une conscience problématique et d’une expérience tragique de la sexualité, ainsi que de savoirs qui la prennent pour objet. Partant d’une réflexion sur l’évolution du statut des femmes et du droit du mariage, ce cours aborde l’ensemble des savoirs sur la sexualité, de la biologie ou l’éthologie à la psychanalyse.
Le second, donné à Vincennes en 1969, prolonge en même temps qu’il déplace ces interrogations. Foucault s’y intéresse en détail à l’émergence d’un savoir biologique sur la sexualité et à la manière dont celle-ci a été investie dans un ensemble d’utopies au long des XIXe et XXe siècles : utopies transgressives de Sade à Histoire d’O., utopies intégratives, visant à réconcilier la société et la nature sexuelle de l’Homme, de Fourier à Marcuse. C’est l’occasion pour Foucault d’approfondir sa généalogie critique du double thème de la sexualité naturelle et de la libération sexuelle, engagée dès 1964 mais qui prend d’autant plus de sens après Mai 1968.
Ces cours sont deux jalons essentiels pour une archéologie de la sexualité comme expérience moderne. On y découvre un Foucault qui n’hésite pas à faire jouer les données biologiques sur la sexualité contre une certaine conception étriquée du sujet humain ; un Foucault attentif à maintenir le potentiel transgressif contenu dans l’expérience sexuelle et à analyser les conditions économiques, sociales et épistémologiques de sa constitution récente en objet de savoir et en enjeu politique.Michel Foucault avait engagé le projet d’une histoire de la sexualité dès les années 1960, et lui avait notamment consacré deux cours, jusqu’ici inédits.
Le premier, donné à Clermont-Ferrand en 1964, s’interroge sur les conditions d’apparition, en Occident, d’une conscience problématique et d’une expérience tragique de la sexualité, ainsi que de savoirs qui la prennent pour objet. Partant d’une réflexion sur l’évolution du statut des femmes et du droit du mariage, ce cours aborde l’ensemble des savoirs sur la sexualité, de la biologie ou l’éthologie à la psychanalyse.
Le second, donné à Vincennes en 1969, prolonge en même temps qu’il déplace ces interrogations. Foucault s’y intéresse en détail à l’émergence d’un savoir biologique sur la sexualité et à la manière dont celle-ci a été investie dans un ensemble d’utopies au long des XIXe et XXe siècles : utopies transgressives de Sade à Histoire d’O., utopies intégratives, visant à réconcilier la société et la nature sexuelle de l’Homme, de Fourier à Marcuse. C’est l’occasion pour Foucault d’approfondir sa généalogie critique du double thème de la sexualité naturelle et de la libération sexuelle, engagée dès 1964 mais qui prend d’autant plus de sens après Mai 1968.
Ces cours sont deux jalons essentiels pour une archéologie de la sexualité comme expérience moderne. On y découvre un Foucault qui n’hésite pas à faire jouer les données biologiques sur la sexualité contre une certaine conception étriquée du sujet humain ; un Foucault attentif à maintenir le potentiel transgressif contenu dans l’expérience sexuelle et à analyser les conditions économiques, sociales et épistémologiques de sa constitution récente en objet de savoir et en enjeu politique.


 

jeudi 1 mars 2018

audio: Christian Laval, Bourdieu, Foucault et la question néolibérale



audio: Christian Laval, Bourdieu, Foucault et la question néolibérale 
La Grande table (2ème partie) par Raphaël Bourgois, le 28.02.2018

 
Christian Laval
Bourdieu, Foucault et la question néolibérale
La Découverte
2018


Présentation de l'éditeur
Deux des intellectuels français parmi les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle, Michel Foucault et Pierre Bourdieu, ont choisi de caractériser – le premier à la fin des années 1970, le second dans les années 1990 – le moment historique qu’ils traversaient par le même concept : « néolibéralisme ». Pour autant, leurs parcours théoriques et leurs styles de recherche se sont révélés très différents et, surtout, ils ont l’un et l’autre laissé inachevés leurs travaux sur cette question, rendant cet ouvrage, véritable enquête sur leurs enquêtes, indispensable.
La grande force de ce livre est de faire comprendre, dans une démarche à la fois politique et pédagogique, l’originalité et la cohérence de chacune d’elles, sans oublier leurs points aveugles et leurs limites. L’ouvrage montre en quoi Foucault et Bourdieu éclairent de façon à la fois différente et complémentaire ce qu’est le néolibéralisme.
Et comme celui-ci se prolonge d’une manière à la fois plus manifeste, plus radicale et plus violente, leurs analyses s’avèrent incontournables pour comprendre le mode de pouvoir actuel et pour rouvrir la question : quelle nouvelle politique faut-il inventer pour mener ce combat central du XXIe siècle ?  
Christian Laval est professeur de sociologie à l'université Paris-Ouest Nanterre-La Défense et a publiéL’Homme économique. Essai sur les racines du néolibéralisme (Gallimard, « NRF essais », 2007). Il est l'auteur, avec Pierre Dardot et El Mouhoub Mouhoud, de Sauver Marx ? Empire, multitude, travail immatériel (La Découverte, 2007). Depuis 2004, il anime avec Pierre Dardot, le groupe d’études et de recherche « Question Marx » qui entend contribuer au renouvellement de la pensée critique.
 
 

lundi 19 février 2018

audio: Frédéric Gros présente l'ouvrage de Michel Foucault, Les aveux de la chair


audio: Frédéric Gros présente l'ouvrage de Michel Foucault, Les aveux de la chair
La Grande table (2ème partie) par Olivia Gesbert, 16.02.2018


Michel Foucault
Histoire de la sexualité 
IV
Les aveux de la chair
Édition de Frédéric Gros
Gallimard 
Bibliothèque des Histoires
2018
Présentation de l'éditeur

mercredi 30 août 2017

Revue Zilsel n° 2

 
Revue Zilsel n° 2
du Croquant
2017

Présentation de l'éditeur
La revue Zilsel poursuit ses incursions sur les territoires scientifiques et techniques dans cette nouvelle livraison.
Elle est composé d’articles de fond sur des sujets aussi variés que la contribution à l’histoire des sciences de Norbert Elias, l’ethnographie des data-centers, l’invention de l’« hypothèse Gaïa », la formation des ingénieurs ou les tourism studies. Un dossier est consacré à l’injonction méthodologique, fonda-trice des science studies, à étudier les sciences en train de se faire et de se défaire par le jeu des controverses. Après des décennies de tests et de tournants théoriques, il était temps de faire le point et de réfléchir collectivement sur les marges de progrès en la matière. Ce numéro de Zilsel comprend éga-lement un texte important et inédit de Pierre Bourdieu, consa-cré à la sociologie du champ scientifique, en plus d’un long entretien avec Diane Vaughan, sociologue étasunienne dont l’enquête sur le crash de la navette Challenger est désormais un classique de la sociologie des échecs organisationnels. Une série de notes critiques complète l’ensemble. Volontiers éclectique et résolument enthousiaste, ce numéro s’efforce donc de maintenir le cap.

Sommaire
Éditorial
Essai transformé
Confrontations
James Lovelock, Gaïa et la pollution : un scientifique entrepreneur à l’origine d’une nouvelle science et d’une philosophie politique de la nature, par Sébastien Dutreuil
L’ANR en ph(r)ase critique. Figures et déterminants de la critique d’un dispositif de financement, par Johan Giry et Émilien Schultz
Une sociologie « post-philosophique » ? Norbert Elias en dialogue avec Pierre Bourdieu, par Marc Joly
Frictions
Controverses et STS : stop ou encore ?, par Jérôme Lamy
Les études de controverse et le récit du renouveau méthodologique en STS, par William Thomas
Entre science et société, les controverses comme enquêtes collectives, par Josquin Debaz
Une étude de controverses à nouveaux frais ? Des normes pour comprendre le champ scientifique, par Marine Dhermy-Mairal et Volny Fages
Libres échanges
En théorie, tout est une question de timing. Entretien avec Diane Vaughan. Réalisé et traduit par Arnaud Saint-Martin
Friches
Esquisses pour une analyse critique des Tourism studies, par Bertrand Réau
Un si petit monde. Des élèves ingénieurs s’essaient à l’enquête sociologique, par Cynthia Colmellere

Classiques
Michel Foucault défenseur de l’ethnologie : « La magie – le fait social total », une leçon inédite des années 1950, par Jean-François Bert
La magie – le fait social total, par Michel Foucault
Critiques
Action rationnelle et raison de l’Histoire, par Yann Giraud
Le capitalisme par le cœur, par Denis Colombi
En quête des Environmental Humanities, par Céline Granjou
À mort la mort ? Le transhumanisme sans limite, par Jacques Testart
Les compulsions de Noé. Que peut (encore) Bruno Latour pour les sciences sociales ?, par Jérôme Lamy


lundi 10 juillet 2017

Mariana Canavese, Los usos de Foucault en la Argentina. Recepción y circulación desde los años cincuenta hasta nuestros días

Mariana Canavese
Los usos de Foucault en la Argentina
Recepción y circulación desde los años cincuenta hasta nuestros días
Siglo Veintiuno Editores
Metamorfosis 
2015


Présentation de l'éditeur
Michel Foucault es quizás el filósofo más citado en la Argentina y en el mundo; en sus obras hay palabras clave que atraviesan el discurso académico así como el periodístico y el político. Sin embargo, hasta ahora no se han contado las peripecias de sus usos en el país: quiénes lo leyeron, cuándo y cómo se apropiaron de sus conceptos. Este libro relata ese recorrido, desde los tempranos años cincuenta hasta el presente, atendiendo al modo en que Foucault circuló por diversas disciplinas, en ámbitos institucionales y en espacios de reunión clandestinos, en dictadura y en democracia, entre grupos de izquierda y de derecha.
A partir de un formidable trabajo de archivo y riquísimas entrevistas, Mariana Canavese reconstruye las primeras lecturas, cuando Foucault no era todavía Foucault y su primer libro, Enfermedad mental y personalidad, encontró un lugar en la confluencia de psicoanálisis y marxismo. También muestra cómo, en el clima de radicalización política de los años sesenta, Las palabras y las cosas generó reservas por su impronta estructuralista pero se volvió referencia obligada para quienes buscaban la modernización de las ciencias sociales. Poco después, el contexto de lectura de Vigilar y castigar estaría marcado por el terrorismo de Estado y los dispositivos de represión y control social: Foucault se convirtió entonces en el historiador del castigo y el encierro, de la subjetividad y el poder. En los primeros años ochenta, ya como intelectual consagrado y ampliamente difundido, permitió pensar la crisis de la izquierda argentina y la transición a la democracia.
Pero aún hay otro Foucault: uno del destape –a veces libertario, otras posmoderno– a partir de la primavera democrática, cuando el eje se desplazó hacia la ética, los movimientos sociales y el pluralismo.
Mariana Canavese recupera así la vitalidad del pensamiento foucaultiano, pero sobre todo la vitalidad del campo intelectual argentino que supo hibridar, democratizar y difundir ese pensamiento para intervenir en las disputas locales. 




mardi 14 mars 2017

Michel Foucault, Dire vrai sur soi-même

 
Michel Foucault
Dire vrai sur soi-même
Conférences prononcées à l’Université Victoria de Toronto 
Vrin
Philosophie du présent
2017 

Présentation de l'éditeur
À la fin du premier semestre 1982, Michel Foucault prononce à l’Université Victoria de Toronto un cycle de conférences intitulé Dire vrai sur soi-même. Le thème de ces conférences, s’inscrivant dans le cadre du projet d’une généalogie du sujet occidental moderne, est la formation historique de l’herméneutique de soi. Après avoir analysé le type très particulier de connaissance de soi et de rapport à soi qui caractérise l’askêsis gréco-romaine, où il s’agit pour le sujet d’établir avec lui-même une relation de possession et de souveraineté, Foucault étudie le renversement qui conduit, aux premiers siècles du christianisme, et tout particulièrement dans les communautés monastiques, à la naissance d’une herméneutique de soi conçue comme l’exploration et le déchiffrement par le sujet de sa propre intériorité. Pour définir ce renversement, Foucault introduit ici une distinction inédite entre deux formes d’ascèse, l’une tournée vers la vérité, l’autre tournée vers la réalité. Parallèlement aux conférences, Foucault conduit à Toronto un séminaire consacré à l’étude détaillée de textes des auteurs anciens sur lesquels s’appuient ses analyses de la culture de soi antique. Il y présente également une esquisse des différentes significations de la notion de parrêsia dans l’Antiquité, qui allait devenir le thème principal de ses derniers travaux.
Ces conférences et ce séminaire sont publiés ici pour la première fois, dans une édition critique.

mercredi 29 juin 2016

Michel Foucault, Discours et vérité, précédé de La parrêsia

Michel Foucault
Discours et vérité 
Précédé de La parrêsia 
Vrin
Philosophie du présent  
2016

Présentation de l'éditeur
À l’automne 1983, Michel Foucault prononce, à l’Université de Californie à Berkeley, un cycle de six conférences intitulé Discours et vérité, dont on trouvera ici, pour la première fois, l’édition complète et critique.
Dans ces conférences, la richesse de la notion de parrêsia et son rôle stratégique pour la réflexion éthique et politique de Foucault émergent de manière évidente. Foucault retrace notamment les transformations de cette notion dans le monde antique : d’abord droit politique du citoyen athénien, la parrêsia devient, avec Socrate, l’un des traits essentiels du discours philosophique puis, avec les cyniques, de la vie philosophique elle-même dans ce qu’elle peut avoir de provoquant et même de scandaleux; enfin, aux premiers siècles de l’Empire, la parrêsia apparaît au fondement des relations entre le maître et le disciple dans la culture de soi. En faisant l’analyse de la notion de parrêsia, Foucault poursuit en même temps son projet d’une histoire du présent et pose des jalons pour une généalogie de l’attitude critique dans nos sociétés modernes et contemporaines.
Ce volume contient également la transcription d’une conférence prononcée par Foucault en mai 1982 à l’université de Grenoble, devant un public de spécialistes de la philosophie antique, qui présente un état antérieur et différent de sa réflexion sur la parrêsia.

Édition et apparat critique établis par H.-P. Fruchaud et D. Lorenzini.
Introduction par F. Gros.

lundi 28 mars 2016

écouter: Arnault Skornicki, La grande soif de l'État. Michel Foucault avec les sciences sociales


écouter: Arnault Skornicki, La grande soif de l'État. Michel Foucault avec les sciences sociales 
Jeudi Noir par Michel et Jean-Matthias, 10.03.2016


Arnault Skornicki
La grande soif de l'État
Michel Foucault avec les sciences sociales 
Les Prairies Ordinaires
2015

Présentation de l'éditeur
Michel Foucault n’est pas réputé être un théoricien de l’État, mais un penseur du pouvoir partout où il se trouve (dans l’école, la prison, la caserne, l’usine, l’hôpital). Et pourtant, il apparaît qu’il s’était lancé dans une grande généalogie de l’État moderne. Cet ouvrage se propose de dissiper ce paradoxe en démontrant deux choses.
Oui, il existe bel et bien une théorie foucaldienne de l’État : elle n’est ni systématique ni achevée, mais on peut la reconstituer tant à partir de la fabuleuse richesse des textes de Foucault qu’en le faisant dialoguer avec de grandes entreprises voisines, venues de la philosophie et des sciences sociales : le marxisme, Weber, Elias et Bourdieu, entre autres.
Oui, la généalogie est compatible avec la sociologie. Les concepts de biopolitique, discipline, pastorale, gouvernementalité ne sont pas autre chose que des outils pour saisir l’étatisation des rapports de pouvoir, c’est-à-dire les processus de monopolisation politique qui, du Moyen Âge à nos jours, sont au principe de nos prétendus Léviathans en Europe. L’État ? Non pas le plus froid de tous les monstres froids, ni seulement un grand appareil répressif, mais l’effet et l’opérateur de gouvernementalités multiples, de rationalités hétérogènes, de dispositifs variés.
Ceci n’est pas un nouveau livre sur Foucault. C’est un livre sur l’État et la possibilité toujours vivante d’en faire une théorie, retrempée dans l’eau acide de la généalogie.
Arnault Skornicki est maître de conférences en science politique à à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense. Il est l’auteur de deux livres : L’Économiste, la cour et la patrie. L’économie politique dans la France des Lumières (2011) et, avec Jérôme Tournadre, La nouvelle histoire des idées politiques (2015).




mercredi 27 janvier 2016

Bourdieu / Foucault : un rendez-vous mancato? Convegno Internazionale – Napoli, 1-2 marzo 2016

Bourdieu / Foucault :

un rendez-vous mancato?

Convegno Internazionale – Napoli, 1-2 marzo 2016


Présentation des organisateurs
Pierre Bourdieu et Michel Foucault ont été tous les deux considérés comme des penseurs “hérétiques” et ont également enseigné au Collège de France. Cependant, leurs parcours se sont toujours déroulés sur des binaires parallèles, sans jamais se croiser véritablement, sauf à l’occasion de leur engagement pour Solidarnosc. Il s’agit pour autant d’un rapport qu’on pourrait, en un certain sens, qualifier du même titre de la pétition qu’ils signent ensemble à cette époque : “Les rendez-vous manqués“. Si Bourdieu, notamment après la mort de Foucault, n’a guère cessé de basculer entre une incompréhension de sa perspective théorique et politique et nombreuses attestations d’affinité soucieuses sans doute de relancer un dialogue trop soudain interrompu, Foucault, de son côté, quitte à lui reconnaître d’avoir été (avec Robert Castel et Jean-Claude Passeron) un des héritiers de Georges Canguilhem dans le domaine de la sociologie, lui a réservé un silence presque total, ce qui, même aujourd’hui, continue à poser problème à maints chercheurs.
Pourtant, malgré l’étrangeté de leur rapport personnel et la diversité des leurs perspectives, ces deux penseurs ont déployé leurs réflexions à l’intérieur de champs de problématisation théorique et historico-politique le plus souvent très proches, sinon parfois communs: de l’importance accordée aux pratiques à la imbrication du pouvoir et du discours ; du quadrillage et de la classification à la question de la subjectivation ; de la conception de l’intellectuel et de la critique à l’engagement dans des luttes sociales. Il s’agit de questions et d’attitudes éthico-politiques et scientifiques qui les rapprochent davantage que les critiques de l’un ou le silence de l’autre ne les séparent. Même si, quelques rares exceptions mises à part, le rapport de Foucault à la sociologie ainsi que celui de Bourdieu à la philosophie ont fait souvent tous les deux l’objet d’un même réductionnisme, dans ces dernières années, lorsque l’édition des cours de Foucault au Collège de France se termine alors que celle des cours de Bourdieu se poursuit assez régulièrement, ces matériaux nous restituent une conscience plus aigue de l’héritage complexe légué par ces deux figures majeures de la pensée critique du XXe siècle. Cette situation invoque une responsabilité à la fois scientifique et politique qui n’était encore possible mettre en avant auparavant.
L’ambition de ce colloque est en ce sens double, s’agissant, d’un côté, de pointer sur l’ouverture d’un espace inédit de rapprochement entre Bourdieu et Foucault, et de l’autre, de contribuer à son exploration à travers une mise en parallèle articulée et critique de leurs pensées à partir d’une multiplicité d’angles d’attaque qui traversent et débordent des champs de savoir encadrés par des identités disciplinaires rigides ou des cadres méthodologiques figés : de la question du rapport à l’État, le néolibéralisme et le “capital humain” à l’éventuelle complémentarité entre l’analyse généalogique et une sociologie de la classification ; de la reproduction à travers l’enseignement à l’usage critique de la parole de Bourdieu et de Foucault à l’intérieur de leurs discours dans le champ académique ; d’une mise en parallèle des formes d’assujettissement de l’habitus et de la discipline au rapprochement possible entre la généalogie foucaldienne de la sexualité et les recherches sur la domination masculine de Bourdieu ; de la problématisation du sujet de la critique à la forme sociographique de l’engagement intellectuel et politique. Pour réaliser cette tâche, la liste des intervenants à ce colloque se compose de chercheurs qui se sont occupés aussi bien de Bourdieu que de Foucault et qui sont donc en mesure de saisir autant les éléments d’une complémentarité possible que les traces d’une différence peut-être irréductible.

Programme

(Source:  https://bourdieufoucault.wordpress.com/)

 

jeudi 26 novembre 2015

Arnault Skornicki, La grande soif de l'État. Michel Foucault avec les sciences sociales


Arnault Skornicki
La grande soif de l'État
Michel Foucault avec les sciences sociales 
Les Prairies Ordinaires
2015

Présentation de l'éditeur
Michel Foucault n’est pas réputé être un théoricien de l’État, mais un penseur du pouvoir partout où il se trouve (dans l’école, la prison, la caserne, l’usine, l’hôpital). Et pourtant, il apparaît qu’il s’était lancé dans une grande généalogie de l’État moderne. Cet ouvrage se propose de dissiper ce paradoxe en démontrant deux choses.
Oui, il existe bel et bien une théorie foucaldienne de l’État : elle n’est ni systématique ni achevée, mais on peut la reconstituer tant à partir de la fabuleuse richesse des textes de Foucault qu’en le faisant dialoguer avec de grandes entreprises voisines, venues de la philosophie et des sciences sociales : le marxisme, Weber, Elias et Bourdieu, entre autres.
Oui, la généalogie est compatible avec la sociologie. Les concepts de biopolitique, discipline, pastorale, gouvernementalité ne sont pas autre chose que des outils pour saisir l’étatisation des rapports de pouvoir, c’est-à-dire les processus de monopolisation politique qui, du Moyen Âge à nos jours, sont au principe de nos prétendus Léviathans en Europe. L’État ? Non pas le plus froid de tous les monstres froids, ni seulement un grand appareil répressif, mais l’effet et l’opérateur de gouvernementalités multiples, de rationalités hétérogènes, de dispositifs variés.
Ceci n’est pas un nouveau livre sur Foucault. C’est un livre sur l’État et la possibilité toujours vivante d’en faire une théorie, retrempée dans l’eau acide de la généalogie.
Arnault Skornicki est maître de conférences en science politique à à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense. Il est l’auteur de deux livres : L’Économiste, la cour et la patrie. L’économie politique dans la France des Lumières (2011) et, avec Jérôme Tournadre, La nouvelle histoire des idées politiques (2015).




samedi 21 novembre 2015

Publications de Pierre Bourdieu: à propos de Michel Foucault


 Couverture de Michel Foucault. Une histoire de la vérité, Syros, 1985




Publications de Pierre Bourdieu 
à propos de Michel Foucault





(Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure, version augmentée le 09.09.2024, Gilbert Quélennec)

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avec Foucault, en soutien à Solidarnosc

Publications de Pierre Bourdieu: autour de ses interventions avec Michel Foucault en soutien à Solidarnosc


à propos de Michel Foucault

Leçon sur la leçon, Minuit, 1982, p.10

Sociologie générale,  Vol. 1, Cours au Collège de France, 1981-1983, Raisons d'agir/Seuil, Cours & Travaux 2015, p. 217, 325, 438, 440, 498, 551

Sociologie générale, Vol. 2. Cours au Collège de France, 1983-1986, Seuil/Raisons d'agir, Cours & Travaux, 2016, p.43-44, 61, 66, 71, 96, 106, 437, 501, 513, 591, 598, 710, 715, 775, 789, 797, 825, 934-935, 945, 967, 1108, 1115

Homo academicus, Minuit, Le sens commun, 1984, p. 89, 145, 282

Der Kampf um die symbolische Ordnung (Gespräch mit Axel Honneth, Hermann Kocyba und Bernd Schwibs), in: Ästhetik und Kommunikation, 16, 61-62, 1986, p.142-163, aussi Fieldwork in philosophy, Choses dites, Minuit, Le sens commun, P.13-46, Fieldwork in Philosophy en Cosas Dichas, Barcelona, Gedisa, 1993, pp. 17-34

Choses dites, Minuit,  Le sens commun, 1987, p.14, 16

Preface to the English Edition, Homo Academicus (Cambridge, Polity Press), 1988,  xi-xxvi.

La Noblesse d'Etat. Grandes écoles et esprit de corps, Minuit, Le sens commun, 1989, p.304, 421

Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, Cours & Travaux,  p.149, 185, 288

avec Loïc Wacquant, Invitation à la sociologie réflexive, deuxième édition, traduction intégrale, corrigée et augmentée, (première édition en 1992 au Seuil dans une version abrégée) ,  Liber, Seuil, 2014, P.106-107, 209, 235

Les règles de l'art. Genèse et structure du champ littéraire, Seuil, 1992, Points Essais, 1998, p.326, 332, 340

Anthropologie économique, Cours au Collège de France, 1992-1993, Seuil/Raisons d'agir, Cours & Travaux, 2017, p.28, 205

Raisons pratiques, Seuil, 1994,Points Essais, 1996, p.63-65, 69, 102, 127

Méditations pascaliennes, Seuil,  Liber, 1997, Points Essais, 2003, p.57, 60, 120, 148, 154, 158, 204, 254

La domination masculine, Seuil,  Liber, 1998, Points Essais, 2002, p.19, 111n, 142n, 143n

Manet. Une révolution symbolique. Cours au Collège de France (1998-2000), Raisons d'agir/Seuil, Cours & Travaux, 2013, p.48, 70, 79, 81,105, 106, 146, 342, 352, 484, 506, 510, 522, 531, 533, 699

Entretien avec Franz Schultheis sur Sartre, (15 avril 2000), in L'Année sartrienne. Bulletin du Groupe d'études sartriennes, 15, juin 2001, p. 194-207.


extrait du film de Pierre Carles, La sociologie est un sport de combat, C.P. Productions, 2001

Philosophie, science, engagement, In L’Infréquentable Michel Foucault : renouveaux de la pensée critique, actes du colloque tenu au Centre Georges Pompidou les 21 et 22 juin 2000, EPEL, 2001, aussi in Interventions. Science sociale et action politique, Agone, 2002

Science de la science et réflexivité, éd Raisons d'agir,  Cours & Travaux, 2001, p.10, 48, 162, 167, 200

extraits: « Secouez un peu vos structures ! »,  19 juillet 2001, in Le symbolique et le social. La réception internationale de la pensée de Pierre Bourdieu, Actes du colloque de Cerisy-La-Salle, sous la direction de Jacques Dubois, Pascal Durand et Yves Winkin, Liège, Editions de l’Université de Liège, 2005, p.334, 337

Interventions. Science sociale et action politique, Agone, 2002, p.164, 169, 171-172, 178-181, 195, 287, 470-475

Le Bal des célibataires. Crise de la société paysanne en Béarn, Seuil, Points Essais, 2002, p. 245 n.

Esquisse pour une auto-analyse, éd. Raisons d'agir, Cours & Travaux, 2004, p. 13, 28, 102-106, 139

Esquisses algériennes, Seuil, Liber, 2008,  p.349


Critique

___"une de mes critiques les plus élaborées de Foucault est avancée dans la note finale de l’article intitulé « Reproduction interdite », que jamais aucun philosophe digne de ce nom n’envisagerait de lire" Bourdieu, in Esquisse pour une auto-analyse, Raisons d'agir, 2004, Cours & Travaux, p.132 :Reproduction interdite: La dimension symbolique de la domination économique, Études rurales, No. 113/114 (Jan. - Jun., 1989), pp. 15-36, aussi in Le bal des célibataires. Crise de la société paysanne en Béarn, Seuil,  Points Essais, 2002
 

Hommages à Foucault

Le plaisir de savoir,  Le Monde , 27/06/1984, aussi in Interventions. Science sociale et action politique, Agone, 2002

Non chiedetemi chi sono. Un profilo di Michel Foucault, L'indice, 1 octobre 1984, aussi in Didier Eribon, Michel Foucault (Champs-Flammarion, 2011)

Les intellectuels et les pouvoirs. Retour sur notre soutien à Solidarnosc, In Michel Foucault. Une histoire de la vérité, Syros, 1985, aussi in Interventions. Science sociale et action politique, Agone, 2002 
 

Philosophie, science, engagement, In L’Infréquentable Michel Foucault : renouveaux de la pensée critique, actes du colloque tenu au Centre Georges Pompidou les 21 et 22 juin 2000, EPEL, 2001, aussi in Interventions. Science sociale et action politique, Agone, 2002


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voir également:


Publications de Pierre Bourdieu: Sur la Philosophie et la théorie (projet de Thèse, contributions théoriques dans des incises ou des notes, contribution à la philosophie analytique, sociologie, champ, à propos des philosophes, livres)


Publications de Pierre Bourdieu: Sur les Intellectuels (champ, intellectuel collectif, les "intellectuels médiatiques" sont une parodie)

vendredi 6 novembre 2015

Michel Foucault, Œuvres I, II

Michel Foucault
Œuvres I, II
Gallimard 
Bibliothèque de la Pléiade
2015 


Présentation de l'éditeur
Édition publiée sous la direction de Frédéric Gros avec la collaboration de Jean-François Bert, Daniel Defert, Francois Delaporte et Philippe Sabot, Philippe Chevallier, Bernard Harcourt, Martin Rueff et Michel Senellart
Son œuvre, entre philosophie, histoire et littérature, est difficile à situer. Les disciplines traditionnelles peinent à la contenir. Sa chaire au Collège de France s’intitulait «Histoire des systèmes de pensée». Lui-même ne cessa jamais de relire Kant, Nietzsche, Heidegger, mais il cite moins les classiques de la philosophie que d’obscurs traités, règlements ou manuels conservés dans des fonds d'archives, royaumes des historiens. Des historiens «professionnels» de son temps Foucault partage d’ailleurs l’ambition : ouvrir l’histoire à de nouveaux objets. Il reste que ce sont bien des problématiques philosophiques que renouvellent ses «histoires» (de la folie, de la sexualité), ses «archéologies» (des sciences humaines, du savoir), ses récits de «naissance» (de la clinique, de la prison). «Et j'ai beau dire que je ne suis pas un philosophe, si c'est tout de même de la vérité que je m'occupe, je suis malgré tout philosophe.» Philosophe «malgré tout», Foucault a inventé une nouvelle manière de faire de la philosophie. Il n’a pas apporté une pierre de plus à l’édifice compartimenté de la pensée : en en abattant les cloisons, il en a bouleversé l’architecture. Il a rendu les disciplines communicantes. Certains spécialistes n’ont pas manqué de le lui reprocher.
Et la littérature? Ses livres sont savants. Ils témoignent d’une érudition stupéfiante. Encore faut-il donner forme à l’informe de l’archive. Les citations, le maillage de références, la mise en scène d’épisodes historiques, tout, chez Foucault, est déplié, exposé dans une écriture tour à tour baroque et rigoureuse, austère et splendide, démesurée et classique. En bibliothèque, il se sent porté par les mots des autres. Leur intensité nourrit son écriture. «La lecture se prolonge, se renforce, se réactive par l’écriture, écriture qui est elle aussi un exercice, elle aussi un élément de méditation.» Le matériau des historiens et l’horizon tracé par les philosophes s’augmentent chez lui d’une exigence littéraire apprise auprès de Flaubert, Blanchot, Beckett. Le traiter de «styliste» serait réducteur. Foucault, qui se disait artisan, est un écrivain.
Outre un choix de textes brefs, articles, préfaces ou conférences, cette édition rassemble tous ses livres personnels. Leur influence est immense. Mais leur réunion ne vise pas à former une autobiographie intellectuelle. «Je ne veux pas de ce qui pourrait donner l’impression de rassembler ce que j’ai fait en une espèce d'unité qui me caractériserait et me justifierait.» Voyons plutôt en elle ce que Foucault disait d’Histoire de la folie en 1975 : «J’envisageais ce livre comme une espèce de souffle vraiment matériel, et je continue à le rêver comme ça, une espèce de souffle faisant éclater des portes et des fenêtres…» 

lundi 18 mai 2015

Michel Foucault, Théories et institutions pénales. Cours au Collège de France. 1971-1972

Michel Foucault
Théories et institutions pénales 
Cours au Collège de France. 1971-1972
EHESS-Gallimard-Seuil
Hautes études
2015

Présentation de l'éditeur
« Ce qui caractérise l’acte de justice, ce n’est pas le recours à un tribunal et à des juges ; ce n’est pas l’intervention des magistrats (même s’ils devaient être de simples médiateurs ou arbitres). Ce qui caractérise l’acte juridique, le processus ou la procédure au sens large, c’est le développement réglé d’un litige. Et dans ce développement, l’intervention des juges, leur avis ou leur décision n’est jamais qu’un épisode. C’est la manière dont on s’affronte, la manière dont on lutte qui définit l’ordre juridique. La règle et la lutte, la règle dans la lutte, c’est cela le juridique. »
Michel Foucault

Théories et Institutions pénales est le titre donné par Michel Foucault au cours qu’il prononce au Collège de France de novembre 1971 à mars 1972. Dans ces leçons, Michel Foucault théorise, pour la première fois, la question du pouvoir qui va l’occuper jusqu’à la rédaction de Surveiller et punir (1975) et au-delà, d’abord à travers la relation minutieuse de la répression par Richelieu de la révolte des Nu-pieds (1639-1640), puis en montrant comment le dispositif de pouvoir élaboré à cette occasion par la monarchie rompt avec l’économie des institutions juridiques et judiciaires du Moyen Âge et ouvre sur un « appareil judiciaire d’État », un « système répressif » dont la fonction va se centrer sur l’enfermement de ceux qui défient son ordre. Michel Foucault systématise l’approche d’une histoire de la vérité à partir de l’étude des « matrices juridico-politiques », étude qu’il avait commencée dans le cours de l’année précédente (Leçons sur la volonté de savoir), et qui est au coeur de la notion de « relation de savoir-pouvoir ». Ce cours développe sa théorie de la justice et du droit pénal. La parution de ce volume marque la fin de la publication de la série des Cours de Michel Foucault au Collège de France (dont le premier volume a été publié en 1997).

dimanche 12 avril 2015

Judith Revel, Foucault avec Merleau-Ponty. Ontologie politique, présentisme et histoire


Judith Revel
Foucault avec Merleau-Ponty
Ontologie politique, présentisme et histoire
Vrin
2015

Présentation de l'éditeur
Le tournant éthique des derniers travaux de Michel Foucault implique-t-il un renoncement à l’analytique des pouvoirs, pourtant centrale chez le philosophe dans les années 1970? Cette question conduit Judith Revel à examiner la manière dont la réflexion foucaldienne aborde la question politique du présent, l’inscrit dans ce qui était jusqu’alors un travail sur l’historicité des systèmes de pensée, et tente d’élaborer une perspective qui tisse ensemble la généalogie des déterminations qui nous traversent et l’expérimentation d’une « différence possible ». L’ontologie politique, historique et immanente de Foucault pourrait alors être comprise dans le sillage inattendu des travaux de Maurice Merleau-Ponty sur la réouverture permanente de l’histoire à ce qui la déborde : une « ressemblance de famille » qui autorise dès lors une lecture absolument inédite du paysage de la philosophie française après 1945.

samedi 11 avril 2015

Jean-Louis Fabiani, La sociologie comme elle s’écrit. De Bourdieu à Latour

Jean-Louis Fabiani
La sociologie comme elle s’écrit 
De Bourdieu à Latour 
EHESS
Cas de figure
2015

Extrait

Présentation de l'éditeur
Pierre Bourdieu, Jean-Claude Passeron, Andrew Abbott, Bruno Latour, Luc Boltanski sont quelques-uns des auteurs faisant l’objet de cette stimulante lecture critique proposée par Jean-Louis Fabiani.
Quelles sont les transformations les plus significatives intervenues dans les sciences sociales depuis vingt-cinq ans ? À partir de comptes rendus d’ouvrages qui ont fait date, Jean-Louis Fabiani propose un récit cohérent de la trajectoire de la discipline en France et aux États-Unis. Bourdieu, Foucault, Abbott, Passeron, Boltanski et Latour sont parmi les grands noms qui font l’objet de ces textes incisifs. Pour l’auteur, la lecture est une pratique sociologique à part entière.
L’analyse des notions majeures à l’œuvre en sociologie témoigne de l’entrelacs permanent de la structure – le macrologique – et de l’événement – le micrologique – aussi bien que des conditionnements durables et des coalitions éphémères. Qu’en est-il alors des promesses d’une théorie générale dans cette discipline redevenue centrale en sciences sociales ? Ce livre dresse un bilan provisoire et dessine l’espace de discussion dans lequel évolue la sociologie contemporaine.
Jean-Louis Fabiani, philosophe et sociologue, est directeur d'études à l'EHESS et professeur à Central European University (Budapest). Il développe une sociologie de la culture qui met le public et les pratiques au centre de l'analyse. Après la culture légitime (2007) et L'éducation populaire et le théâtre (2008) illustrent cette approche. Il travaille également dans le domaine de la sociologie historique des savoirs, comme en témoignent plusieurs livres et articles, dont Qu'est-ce qu'un philosophe français ? (2010). Il travaille également sur les mouvements sociaux contemporains, en s'intéressant particulièrement à l'utilisation des nouveaux réseaux et médias sociaux. Il est actuellement affilié au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron.

samedi 28 mars 2015

Michel Foucault, Qu’est-ce que la critique? Suivie de La culture de soi

Michel Foucault 
Qu’est-ce que la critique? 
Suivie de
La culture de soi
Vrin
2015

Présentation de l'éditeur
Édition établie par H.-P. Fruchaud et D. Lorenzini
Introduction et apparat critique par D. Lorenzini et A.I. Davidson
Le 27 mai 1978, Michel Foucault prononce devant la Société française de Philosophie une conférence où il inscrit sa démarche dans la perspective ouverte par l’article de Kant Qu’est-ce que les Lumières? (1784), et définit la critique, de manière frappante, comme une attitude éthico-politique consistant dans l’art de n’être pas tellement gouverné. Ce volume en présente pour la première fois l’édition critique.
Il présente également la traduction d’une conférence inédite intitulée La culture de soi, prononcée à l’Université de Californie à Berkeley le 12 avril 1983. C’est le seul moment où, en définissant son travail comme une ontologie historique de nous-mêmes, Foucault établit un lien significatif entre ses réflexions sur l’Aufklärung et ses analyses de l’Antiquité gréco-romaine. Au cours du même séjour en Californie, Foucault participe aussi à trois débats publics où il est amené à revenir sur plusieurs aspects de son parcours philosophique, et dont on trouvera les textes à la suite de la conférence.