Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 2 décembre 2011

Geoffrey Geuens, Les vieilles élites de la nouvelle économie

Geoffrey Geuens
Les vieilles élites de la nouvelle économie
Puf
2011


Présentation de l'éditeur
La révolution numérique n’a pas eu lieu. Censés dynamiter les structures économiques et politiques traditionnelles, les « nouveaux médias » et les TIC témoignent au contraire de la reconduction, sinon de la consolidation, des logiques sociales et nationales de pouvoir associées aux vieux capitalismes. À l’heure où seuls résonnent les termes de « flux informationnels », de « mouvements volatiles de capitaux » et de « marchés financiers désincarnés », c’est l’économie du virtuel, paradoxe s’il en est, qui démontre toute l’importance des réseaux d’affaires, de pouvoir et de sociabilité réels bien à l’œuvre dans un univers supposé fonctionner, pourtant, sur la base de la seule rationalité marchande.
Enquête de longue haleine au cœur des conseils d’administration des plus puissants groupes internationaux du multimédia et des TIC, Les vieilles élites de la nouvelle économie révèle à quel point pèse sur les « vieilles » élites des « nouveaux médias » l’héritage d’une économie qui, jamais, ne s’est affranchie des États-nations, du politique et des dynasties d’affaires.

Maître de conférences au département des Arts et sciences de la communication de l’Université de Liège, Geoffrey Geuens est l’auteur de La finance imaginaire (Éditions Aden, 2011), de Tous pouvoirs confondus. État, capital et médias à l’ère de la mondialisation (EPO, 2003)&shy et de L’information sous contrôle. Médias et pouvoir économique en Belgique (Labor/Espace de libertés, 2002).

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