Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



dimanche 20 octobre 2013

en poche: Julie Sedel, Les médias et la banlieue (Nouvelle édition augmentée)

Julie Sedel
Les médias et la banlieue
Nouvelle édition augmentée
Préface de Gérard Mauger
Postface de Patrick Champagne
Le Bord de l'eau/Ina
2013

Présentation de l'éditeur
Quel rôle les journalistes jouent-ils dans la mise sur agenda des problèmes publics ? A travers l'exemple du " problème des banlieues ", ce livre se propose d'y répondre. Après avoir présenté, sur la base de recherches dans les archives audiovisuelles et écrites, l'évolution des visions journalistiques et politiques des grands ensembles d'habitat social de la périphérie des villes, des années 1960 à 2000, l'ouvrage laisse place à l'enquête sociologique.
Menée dans deux grands ensembles de banlieue parisienne et dans les rédactions, auprès des journalistes préposés aux sujets " banlieues ", elle montre que la construction de ces espaces urbains et de leurs habitants comme " problème social " tient tout à la fois aux caractéristiques de ces univers, aux logiques de fonctionnement journalistique, ainsi qu'à la façon dont les acteurs engagés autour du " problème " (ministères, responsables politiques, élus locaux, travailleurs sociaux, habitants...) tentent de peser sur l'événement.
Depuis les années 1980, les quartiers HLM comme le champ journalistique ont connu des transformations majeures : dégradation des conditions de vie, affirmation des logiques de défense du territoire et de l'honneur ; montée des logiques commerciales, promotion d'un journalisme " professionnel " sur un journalisme plus engagé et/ou spécialisé. Parallèlement, la multiplication de reportages jugés stigmatisant, a conduit des mairies, des associations à mettre en place des " spécialistes de la dramatisation " chargés de produire une certaine représentation, publique, de ces quartiers.
Pointant les limites (et les impensés) de ces luttes symboliques, le livre souligne la difficulté pour les groupes dominés d'infléchir le cours des représentations.  
Julie Sedel est maîtresse de conférences à l'Université de Strasbourg, en sociologie et en science politique. Ce livre est issu de sa thèse de sociologie soutenue à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (Paris). Elle a travaillé sur les transformations du journalisme, à partir d'une ethnographie dans un grand quotidien national, sur la féminisation du métier, sur la participation des citoyens " ordinaires " à la production de l'information au prisme d'un blog dédié " à la banlieue ".

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