Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



lundi 30 juin 2014

L'art social en France: De la Révolution à la Grande Guerre


L'art social en France 
De la Révolution à la Grande Guerre 
Sous la direction de
Neil McWilliam, Catherine Méneux & Julie Ramos
P.U.Rennes
2014

Présentation de l'éditeur
Les vingt-trois essais rassemblés dans cet ouvrage examinent les discours sur l'« art social », leurs origines idéologiques, leurs tensions, ainsi que l'histoire de la notion et le rôle qu'elle a pu jouer dans les pratiques artistiques. Le désir d'intégrer les arts à une transformation radicale des rapports sociaux et économiques inspire les théoriciens politiques, les philosophes et les artistes (en fait, ceux-là bien plus que ceux-ci) depuis l’époque des jacobins jusqu’à celle des anarchistes. Une telle conception devient plus complexe sous la Troisième République où de nouvelles voix, souvent attachées au maintien des hiérarchies existantes, plaident pour une nouvelle version de l’« art social » plus à même de prendre place dans la politique artistique de l’État.
Éminemment polysémique et mouvante, l’idée d’art social pose la question de la fonction de l’art dans une société post-révolutionnaire, industrielle et marchande, et interroge l’autonomie et l’originalité supposées de l’art. Elle a pesé d’un poids déterminant dans l’abolition des hiérarchies, l’extension du concept d’art et le développement de l’éducation populaire, dans des domaines aussi divers que la fête publique, le logement social et les arts du décor, dont le rôle parfois attribué aujourd’hui au designer porte l’héritage. Sans prétendre épuiser la question, ni céder à une vision téléologique de son évolution, les contributions au présent ouvrage permettent de replacer l’idée d’art social dans la longue durée et d’en découvrir les acteurs.











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