Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 20 août 2014

Les Grands Centres musicaux dans le monde germanique (XVIIe - XIXe siècle) , Jean‐François Candoni & Laure Gauthier (dir.)


Les Grands Centres musicaux dans le monde germanique 
(XVIIe - XIXe siècle) 
Jean‐François Candoni & Laure Gauthier (dir.)
Préface de Christophe Charle
PUPS
2014

Présentation de l'éditeur
À partir d’une série d’études et de regards pluridisciplinaires consacrés aux grands centres musicaux du monde germanique, ce livre entreprend d’esquisser une histoire de la musique allemande centrée non pas sur les oeuvres et leurs compositeurs, mais plutôt sur la manière dont la création, la production et, plus généralement, la vie artistiques s’inscrivent dans un espace géographique complexe. Il s’agit de comprendre comment une activité musicale extrêmement riche et diversifiée s’est développée dans cet espace hétérogène et polycentré situé au coeur de l’Europe, au carrefour des influences les plus diverses, et qui ne commencera à réaliser son unité politique et administrative qu’au cours de la seconde moitié du 19e siècle. L’atomisation même de la vie musicale, qui rayonne souvent à partir de cités d’importance moyenne, ne permet pas une approche systématique. Aussi avons‐nous choisi de mettre en regard une série d’études de cas, consacrées à des lieux ayant une valeur exemplaire : Vienne, Berlin, Hambourg, Salzbourg ou Dresde, mais aussi Strasbourg, Zurich, Weimar, Kassel ou Meiningen.
Cette histoire de la musique allemande envisagée à travers les villes et les rapports que les centres urbains entretiennent les uns avec les autres montre combien le développement de la vie artistique a été façonné par le jeu des acteurs politiques, institutionnels, culturels et économiques. Il ne s’agit plus ici d’aborder la musique à travers la notion traditionnelle d’« école nationale », ni de réduire la géographie de l’activité musicale à quelques oppositions schématiques entre centres protestants et catholiques, entre villes administrées par la bourgeoisie et cités aristocratiques. Le livre tente au contraire de rendre compte de ces espaces et de ces villes de façon dynamique, de mettre en lumière les transformations et métamorphoses des lieux, d’expliquer en particulier l’émergence de nouveaux centres musicaux et le déclin de certains autres, depuis l’ère baroque jusqu’à la fin du siècle du romantisme.

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