Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



samedi 12 novembre 2016

Norbert Elias, La dynamique sociale de la conscience.Sociologie de la connaissance et des sciences

Norbert Elias
La dynamique sociale de la conscience  
Sociologie de la connaissance et des sciences
La Découverte
Laboratoire des sciences sociales
2016

Présentation de l'éditeur
C’est à une part largement méconnue du travail de Norbert Elias, et jusque-là inédite en français, que nous convient les textes majeurs qui composent cet ouvrage. Elias y déploie en effet une véritable sociologie de la connaissance et des sciences. En mobilisant une impressionnante culture classique ainsi qu’une large palette de connaissances scientifiques (de la physique à la biologie), il se confronte à la fois à l’« absolutisme philosophique » et au « relativisme » de certains historiens et sociologues. Au premier, et à travers une discussion extrêmement serrée et sans concession avec Karl Popper et Imre Lakatos, il reproche de prétendre dire ce qu’est la Science, et même ce qu’elle doit être, sans considérer ce que les savants font réellement dans leurs domaines scientifiques respectifs.
Quant au second, il regrette qu’il ne pose pas explicitement la question des conditions historiques dans lesquelles certains savoirs peuvent réellement gagner non seulement en autonomie vis-à-vis des intérêts des groupes qui en sont porteurs, mais aussi en pertinence par rapport à la réalité observable. Ce faisant, Elias poursuit un double objectif : substituer à l’« homme » de la métaphysique transcendantale, les êtres humains au pluriel, interdépendants par nature et dans des cultures spécifiques ; remplacer les théories de la science au singulier (reposant sur le postulat d’une science universelle et d’une méthode unique) par une théorie des sciences au pluriel – soit les sciences employant différentes méthodes, reliées, en partie, à la diversité de leurs objets respectifs. Le caractère radical de cette authentique révolution copernicienne de la théorie des sciences et de la connaissance reste tout entier à découvrir. 
Norbert Elias (1897-1990), sociologue allemand et l’un des grands penseurs du XXe siècle, est notamment l’auteur de La Civilisation des mœurs (Pocket, coll. « Agora », 2003), de La Dynamique de l’Occident (Pocket/Calmann-Lévy, coll. « Agora », 2003) et de La Société de cour (Flammarion, coll. « Champs/Essais », 2008). Ses textes inédits sur la psychanalyse (Au-delà de Freud) ont été publiés à La Découverte.
Préface de Bernard LAHIRE Présentation de Marc JOLY Traduit par Hélène LECLERC, Delphine MORALDO, Marc JOLY, Marianne WOOLLVEN

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