Pierre Bourdieu, in Pour un savoir engagé, Athènes, mai 2001, Raisons d'agir-Grèce, Le Monde Diplomatique, février 2002 — Page 3, aussi in Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique, Agone, P.465-469
"D’autre part, les mouvements sociaux ont apporté des méthodes d’action que les syndicats ont peu à peu, encore une fois, oubliées, ignorées ou refoulées. Et en particulier des méthodes d’action personnelle : les actions des mouvements sociaux recourent à l’efficacité symbolique, une efficacité symbolique qui dépend, pour une part, de l’engagement personnel de ceux qui manifestent ; un engagement personnel qui est aussi un engagement corporel.
Il ne s’agit pas de défiler, bras dessus bras dessous, comme le font traditionnellement les syndicalistes le 1er mai. Il faut faire des actions, des occupations de locaux, etc. Ce qui demande à la fois de l’imagination et du courage."

lundi 3 décembre 2018

Jürgen Kocka, Histoire du capitalisme

 
Jürgen Kocka  
Histoire du capitalisme
Traduit de l'allemand par Isabelle Kalinowski
Markus Haller
2017

Préface à l'édition française


Présentation de l'éditeur
Peu de mots sont si souvent utilisés et si rarement compris que le mot « capitalisme ». Dans ce livre, l’historien Jürgen Kocka explique les formes diverses que le capitalisme a pris au fil des siècles et comment ses exploits et ses échecs ont façonné le monde moderne.

Les mutations du capitalisme ont été nombreuses, de ses débuts médiévaux explorés par les marchands chinois et arabes, à son extension à la finance dans l’Europe de la Renaissance ; de sa variante coloniale au début des Temps modernes, à son remplacement de l’agriculture de subsistance et de la manufacture artisanale par des formes de production industrielle dans l’Europe du XIXe siècle ; de la prédominance des entreprises familiales au capitalisme managérial. La mondialisation, avec la croissance énorme des marchés financiers, caractérise seulement l’étape la plus récente de la longue histoire du capitalisme.
À travers tous ces changements, la reconnaissance des droits de propriété individuels, la prédominance des décisions économiques décentralisées, la priorité des marchés dans la coordination des activités économiques, et la possibilité d’accéder à du capital emprunté ont été indispensables. Mais aussi controversées.
Le capitalisme a créé à la fois des richesses et des problèmes sociaux auparavant inimaginables. Il a radicalement transformé le travail et la relation entre le marché et l’État. Aucune innovation du capitalisme n’a échappé à la critique et à la résistance, que ce soit par l’Église, par les penseurs politiques ou par les mouvements populaires. Cette opposition n’a pas conduit à la disparition du capitalisme, mais elle a contribué à sa domestication. Alors qu’aucune alternative sérieuse au capitalisme n’est en vue, cette fonction de la critique reste importante car, comme l’explique Kocka, beaucoup de variantes du capitalisme sont pensables.


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