« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 6 décembre 2016

Agone 60, Nouvelles masses, nouveaux mouvements ?

Agone, 60, Nouvelles masses, nouveaux mouvements ?
Agone
2016 

Présentation de l'éditeur
Coédition avec la New Left Review
Coordination : Philippe Olivera
Quelles sont les mobilisations politiques et sociales suscitées par la crise financière mondiale de 2008 ? Auraient-elles un air de famille ? En quoi prolongent-elles – ou au contraire tranchent-t-elles avec – la vague précédente de mouvements inspirés par l’alter-mondialisme autour de l’an 2000 ?
Dans un monde où, pour la première fois depuis cent cinquante ans, le capitalisme ne semble plus contesté par aucune force sociale de premier plan, de très nombreux mouvements de masses ne cessent d’émerger. Par-delà tout ce qui les distingue, notamment entre ceux des pays dits « riches » et ceux des pays qu’on appelle « émergents », ils partagent presque tous la caractéristique de mêler des membres des classes populaires et des classes moyennes. Tout l’enjeu est alors de savoir s’il y a convergence ou simple coexistence des luttes. Si cette réelle diversité sociale est une force ou au contraire une faiblesse où la résistance des uns est confisquée par les intérêts des autres.
Ce numéro est la cinquième livraison thématique d’Agone exclusivement tirée de la New Left Review. Conformément à la lucidité dont elle se réclame – qui la conduisait par exemple à relativiser la portée du mouvement alter-mondialiste en 2000 –, la NLR refuse de se raconter des histoires à propos des mobilisations actuelles. Tout en donnant plusieurs éléments d’analyse transversaux, ce numéro reprend pour l’essentiel la série en cours qu’elle consacre depuis 2014 aux new masses et qui brosse un large panorama mondial des principaux mouvements de résistance à l’ordre dominant. Fidèle à ce qui fait sa marque depuis sa création, la New Left Review les passe au crible d’une lecture résolument sociologique rarement faite ailleurs : c’est l’approche des forces sociales mobilisées qui est ici privilégiée.
Sommaire : Goran Therborn, « Nouvelles masses ? Les fondements sociaux d’une résistance » ; Zhanna Andreasyan et Georgi Derluguian, « Protestations électriques en Arménie » ; Suhas Palshikar, « Qui est “l’homme ordinaire” de Dehli ? » ; André Singer, « Révolte brésilienne. La nature sociale et politique des événements de juin 2013 » ; Erdem Yörük et Murat Yüksel, « Classes et politique dans les manifestations de Gezi en Turquie » ; Daniel Finn, « Guerres de l’eau en Irlande » ; Nancy Fraser, « Un triple mouvement ? Penser un projet politique face à la crise après Polanyi » ; Susan Watkins, « Oppositions » ; Boris Mellow, « “On ne peut pas payer et on ne payera pas !” Comment la lutte contre la poll tax bouleversa la Grande-Bretagne et fit chuter Margaret Thatcher » ; Haringey Solidarity Group, « La révolte de Haringey contre la poll tax ».


jeudi 13 novembre 2014

vidéo: Le capitalisme a-t-il un avenir ? Immanuel Wallerstein, Randall Collins, Michael Mann, Georgi Derluguian, Craig Calhoun

débat avec Immanuel Wallerstein, Randall Collins, Michael Mann, Georgi Derluguian et Craig Calhoun à l’occasion de la parution du livre Le capitalisme a-t-il un avenir? aux Éditions La Découverte, en présence des directeurs de collection Laurent Jeanpierre et Christian Laval.  6 novembre 2014,  Maison de l’Amérique Latine

Immanuel Wallerstein, Randall Collins
Michael Mann, Georgi Derluguian, Craig Calhoun
Le capitalisme a-t-il un avenir ? 
La Découverte
L'horizon des possibles
2014
Présentation de l'éditeur
On a souvent dit qu'il était plus facile de penser la fin du monde que celle du capitalisme. Pourtant, ce système présente aujourd'hui des signes de rupture qui permettent d'en anticiper le déclin imminent, et ce en recourant non pas au prophétisme, mais beaucoup plus simplement aux sciences sociales. C'est ce que démontrent ici cinq des plus éminents chercheurs internationaux.
Dans une langue qu'ils ont voulue accessible à tous, s'appuyant sur des idées fortes de Marx, Braudel ou Weber, ils explorent une série de tendances « lourdes » des sociétés contemporaines, telles que l'approfondissement des crises économiques et écologiques, le déclin probable des classes moyennes, les contradictions et désarticulations du système politique international ou encore les problèmes d'externalisation des coûts sociaux et environnementaux liés au fonctionnement du capitalisme mondial. Ils tirent également les enseignements historiques et sociologiques de la chute du bloc soviétique et des mutations actuelles de la Chine.
Pour cette pléiade d'universitaires prestigieux, les limites internes et externes de l'expansion du « système-monde » capitaliste sont sur le point d'être atteintes. Face à son déclin accéléré et multidimensionnel, il est urgent de penser sérieusement à ce qui peut et devrait lui succéder. Cela exige de réfléchir d'un même tenant aux conséquences traumatiques du mode de production et d'échanges actuel et aux alternatives susceptibles d'émerger dans les décennies qui viennent. L'ouvrage rappelle ainsi que les sciences sociales, lorsqu'elles explorent rigoureusement la réalité, peuvent également aider à imaginer un autre avenir.
Immanuel Wallerstein, historien, sociologue et économiste américain reconnu, senior research scholar à l'université de Yale, directeur du Centre Fernand-Braudel pour l'étude des économies, des systèmes historiques et des civilisations à l'université de Binghamton (New York). Il est également chercheur rattaché à la Maison des sciences de l'homme à Paris, et il a présidé l'Association internationale de sociologie. Il est l'auteur de nombreux livres dont Le Système du monde du XVe siècle à nos jours (Flammarion), Le capitalisme historique (La Découverte, 2e édition, 2002), traduit dans de nombreuses langues, Après le libéralisme (L'Aube, 1999), L'Utopisme, (L'Aube, 2000), Sortir du monde états-unien (Liana Lévi, 2004).
Randall Collins est professeur à l’université de Pennsylvanie et auteur de nombreux ouvrages qui ont renouvelé tant la microsociologie interactionniste inspirée par Erving Goffman que la sociologie historique de la « longue durée ». 
Michael Mann est professeur de sociologie à UCLA et auteur de la plus puissante et plus influente fresque socio-historique néo-wébérienne (The Sources of Social Power, Cambridge University Press, en quatre volumes qui couvrent de la préhistoire au monde contemporain). 
Georgi Derluguian enseigne les sciences sociales à la New York University d’Abou Dabi.
Craig Calhoun est un spécialiste reconnu des mouvements sociaux, du nationalisme et de la mondialisation. Il dirige la London School of Economics depuis septembre 2012.