"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

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vendredi 23 février 2018

Le Parlement européen au travail. Enquêtes sociologiques Sous la direction de Sébastien Michon

Le Parlement européen au travail
Enquêtes sociologiques
Sous la direction de Sébastien Michon
P.U.Rennes
Res Publica
2018


Présentation de l'éditeur
LEeParlement européen serait une institution sans intérêt, dominée et délaissée par des députés peu impliqués et peu présents. Pourtant, lors des sessions parlementaires, un tout autre sentiment domine : le bâtiment ressemble à une ruche. 
Dans cet ouvrage, il s’agit de restituer un ensemble de logiques de production du travail parlementaire européen à partir d’enquêtes sur ceux qui le produisent : les élus mais aussi un ensemble d’agents du Parlement européen (administrateurs, assistants parlementaires...) ou extérieurs à l’institution (agents des groupes d’intérêt...). 
Contribution originale aux études parlementaires, l’ouvrage pose les jalons d’une sociologie du Parlement européen au travail à partir de deux grilles d’analyse : d’une part l’analyse d’un espace de pratiques des parlementaires ; d’autre part une analyse de la co-production du travail parlementaire par un ensemble de « permanents » du champ de l’Eurocratie en concurrence pour faire advenir la législation européenne.

Les auteurs 




mercredi 16 juillet 2014

Sébastien Michon, Les équipes parlementaires des eurodéputés: Entreprises politiques et rites d’institution


Sébastien Michon
Les équipes parlementaires des eurodéputés
Entreprises politiques et rites d’institution
Préface de Philippe Poirier
Études Parlementaires
Promoculture-Larcier
2014

Présentation de l'éditeur
Cet ouvrage aborde le processus de rationalisation et d’institutionnalisation du travail politique au niveau européen à partir d’une enquête sociologique dans les coulisses du Parlement européen sur les équipes parlementaires des eurodéputés.
Que nous apprennent les équipes parlementaires sur ce que font les eurodéputés dans l’exercice de leur mandat ? Quelles sont les missions des équipes parlementaires des eurodéputés ? Quel rôle jouent-elles dans l’activité des élus ? Selon quelles logiques sont-elles constituées et organisées ? Avec l’accroissement des pouvoirs du PE et des eurodéputés, se transforment-elles ? Qui sont et que deviennent ceux qui assistent les élus européens au Parlement européen et en circonscription ? Le passage par un entourage d’un parlementaire européen est-il un tremplin vers d’autres fonctions ?
L’auteur apporte des éléments de réponse inédits à ces questions à partir d’une vaste enquête sur les équipes parlementaires des eurodéputés. Cet ouvrage propose un éclairage nouveau sur les logiques d’organisation des équipes parlementaires par les élus européens, sur ceux qui les entourent au quotidien, et sur ce que sont et permettent les fonctions de collaborateurs politiques.
Sébastien Michon est Chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en France, membre du laboratoire SAGE (Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe, Université de Strasbourg), et enseignant à l’Institut d’études politiques de Strasbourg. Ses recherches portent sur les élites politiques, les collaborateurs politiques, et les métiers de l’Europe politique. 

samedi 12 avril 2014

Le Parlement européen, pour faire quoi ? Bernard Cassen, Hélène Michel, Louis Weber

Le Parlement européen, pour faire quoi ? 
Bernard Cassen
Hélène Michel
Louis Weber
éditions du croquant
2014

Ptésentation de l'éditeur
Le Parlement européen est élu au suffrage universel direct dans les États membres de l’Union européenne (UE) depuis 1979. Trente-cinq ans après, les enquêtes d’opinion montrent toujours une méconnaissance générale de la signification de ce scrutin, comme d’ailleurs de l’ensemble des institutions européennes. L’abstention, considérable, traduit-elle cette ignorance, comme le croient nombre d’observateurs de l’UE ? Ou le rejet des politiques européennes mises en œuvre dans chaque État membre ? Ou les deux ?
Dans ce livre, écrit dans une perspective d’éducation populaire, les auteurs présentent cette assemblée dont les pouvoirs sont loin d’être négligeables. Ils décrivent un fonctionnement où la recherche permanente du consensus et le partage des postes entre les deux groupes politiques dominants – conservateur et social-démocrate – conduisent le plus souvent à dépolitiser la prise de décision.
Ils plaident pour une refondation démocratique de la construction européenne dans laquelle les pouvoirs du Parlement européen s’articuleraient avec ceux des parlements nationaux et avec les forces politiques ancrées dans les sociétés des États membres. Une telle démarche implique une rupture radicale avec le carcan néolibéral des traités actuels et avec les partis politiques qui s’en accommodent.
Bernard Cassen est professeur émérite de l’Institut d’études européennes de l’université Paris 8 et secrétaire général de l’association Mémoire des luttes.
Hélène Michel est professeure de science politique à l’université de Strasbourg, membre du comité éditorial de la collection et de la revue Savoir/agir.
Louis Weber coordonne la rédaction de la revue Savoir/agir et participe aux activités d’Espaces Marx et de la Fondation Copernic.