
Savoir/agir n°11
Régions, térritoires locaux et proximitéMichel
Koebel - Patrick
Lehingue - Frédéric
Pierru Éditions du Croquant2010
Présentation de l'éditeur
Suppression de la taxe professionnelle, inversion des processus de décentralisation par durcissement de la contrainte budgétaire, remplacement des conseillers généraux et régionaux par des conseillers territoriaux moins nombreux mais mieux pensants, redécoupage des territoires et des compétences, fronde des notables sénatoriaux… À l’occasion des élections régionales de mars 2010, il nous a paru opportun de traiter de la question des territoires locaux.
Classiquement opposé au « national », le « local », de par les propriétés qui lui sont parfois très généreusement associées (diversité, dynamisme, inventivité, proximité, gestion sinon apolitique au moins non partisane, traitement sur le terrain des urgences sociales, laboratoire d’expérimentations et de démocratie participative…), est souvent paré de toutes les vertus et certains de ses représentants censés incarner au quotidien d’autres manières de faire de la politique. Si l’on admet avec Jacques Lagroye, « que les “notions” de local et de national sont des catégories forgées par les acteurs à d’autres fins que scientifiques, et que le chercheur ne peut donc s’approprier qu’avec une infinie prudence », le caractère proprement mythologique de cette opposition binaire durcie peut être vérifié à l’approche des élections régionales sur toute une série de questions.
En quoi les scrutins régionaux (derniers venus dans la liste des « nominations électives au suffrage universel ») sont-ils singuliers ? Les mécanismes de structuration de l’offre (délimitation des éligibles et constitution des listes) sont-ils spécifiques ? Les conseillers régionaux qui en sont issus sont-ils socialement plus représentatifs de leurs électeurs que les titulaires d’autres mandats ? Au terme de trois décennies, comment évaluer le degré réel d’autonomie et de particularisme dont bénéficieraient les collectivités locales ? Quels effets a eu la montée en puissance de l’intercommunalité sur le jeu politique local ? Pour des raisons budgétaires, n’assiste-t-on pas dans certains domaines (la santé, par exemple) à une dynamique de « verticalisation » qui restreint toujours plus les marges de manœuvre des collectivités territoriales aux prises avec des services déconcentrés de l’État fusionnés donc toujours plus puissants ?
Table des matières
Éditorial
Vers l’émergence d’une alternative globale ?
Frédéric
LebaronDossier
Régions, territoires locaux et proximité
Par Michel
Koebel, Patrick
Lehingue et Frédéric
PierruDécentralisation et autonomie de l’espace politique local
Michel
KoebelLa démocratisation de l’intercommunalité n’aura pas lieu
Fabien
Desage, David
GuérangerNapoléon au pays du New Public Management
Frédéric
PierruUne démocratie hybride ?
Laurent
GodmerLes singularités des élections régionales en France
Patrick
LehingueLa composition des listes socialistes aux élections régionales
Rémi
LefebvreGrand entretien avec Jean-Louis
BriquetClientélisme et pratiques politiques officieuses
Paroles
« Un morceau de ma chair qui me manquait »
Sabine
Lambert et Olivier
PaquereauChronique de la gauche de gauche
La gauche de gauche à l’épreuve des régionales
Louis
WeberAlterindicateurs
La longue marche vers de nouveaux indicateurs sur les territoires
Florence
Jany-CatriceActualité
Grand Paris, le pari est-il encore gagnable ?
Guy
BurgelEurope
Un nouveau Président pour l’Union européenne
Michel
MangenotPremière campagne électorale, premier mandat de député européen
avec Marie-Christine
VergiatPolitiques d’ailleurs
Belgique : la fin des compromis ?
Bernard
Conter, Jean
FanielRetour sur les célébrations de la fin du communisme
Jérôme
Heurtaux