« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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samedi 5 septembre 2026

Cyrine Gardes, LE LOW COST CONTRE LE TRAVAIL. Enquête sur les enseignes à bas coût

 

 

 

Cyrine Gardes

LE LOW COST CONTRE LE TRAVAIL

Enquête sur les enseignes à bas coût 

Raisons d'Agir

Raisons d'agir

2026

 

 

Présentation de l'éditeur

Le low cost, qui propose biens et services à moindre coût, s’impose dans l’économie comme un allié du pouvoir d’achat en temps de crise. Mais que cache ce modèle sous ses airs de progrès ?
Fondé sur une enquête au sein de plusieurs enseignes à bas prix (alimentaire, bricolage, bazars, transports), ce livre dévoile un modèle productif dont la logique se généralise : moins d’effectifs, plus de polyvalence, un travail intense, des pressions à la rentabilité et de la précarité.
Ce modèle dégrade les conditions d’emploi et de vie de salarié·es des classes populaires, en proie à de multiples inégalités. Nourri par la précarité qu’il produit, le low cost apparaît alors comme un anti-fordisme révélateur des mutations du capitalisme contemporain.

Cyrine Gardes est sociologue, diplômée de l’EHESS 

 

 

 

lundi 8 janvier 2024

Maud Gelly, Les politiques du tri. D’une épidémie à l’autre (sida, covid)

 

 

Maud Gelly

Les politiques du tri

D’une épidémie à l’autre (sida, covid) 

du Croquant

Action publique

2023



Présentation de l'éditeur

Les politiques publiques jouent un rôle majeur dans la distribution des biens de santé, et dans leur attribution sélective à certains groupes sociaux. Saisir la production des inégalités sociales face à la maladie et la mort, chercher à comprendre comment certains agents sociaux s’approprient des biens qui ont des effets favorables sur la santé, comment d’autres en sont privés, et identifier les propriétés sociales de ces agents, implique ainsi d’analyser les politiques qui conditionnent cette appropriation. En articulant deux enquêtes sur le dépistage du VIH et dans un hôpital public du Grand-Est pendant l’épidémie de covid, ce livre montre comment les politiques publiques objectivent, occultent, reproduisent et amplifient les inégalités sociales en matière de santé. Ces enquêtes explorent différents niveaux de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques dans le champ de la santé, et mettent en évidence les formes de ciblage et de tri qui les orientent. 

Maud Gelly est sociologue (CRESPPA-CSU) et médecin (AP-HP). Ses recherches sociologiques portent sur les inégalités sociales de santé, le champ médical, les politiques publiques dans le champ de la santé. Elle pratique l’IVG dans un hôpital de Seine-Saint-Denis.

 


samedi 21 janvier 2023

Camille François , De gré et de force. Comment l'État expulse les pauvres

 


Camille François

De gré et de force
Comment l'État expulse les pauvres

La Découverte

L'envers des faits

2023

 

 

Présentation de l'éditeur

Les expulsions locatives jettent chaque année en France des milliers de familles pauvres à la rue, dans une indifférence quasi générale. Pourtant, ces procédures sont au cœur de l’accroissement de la pauvreté et des inégalités sociales. Et leur nombre a augmenté au cours des vingt dernières années.
À partir d’une longue enquête de terrain, ce livre s’intéresse aux institutions et aux « petites mains » chargées de réaliser les expulsions. Il décrit la manière dont la violence légitime de l’État s’exerce sur les familles menacées de délogement, en retraçant les différentes étapes auxquelles elles sont confrontées : les services de recouvrement où les employés des bailleurs essaient de leur faire rembourser leur dette, les tribunaux où les juges prennent les décisions d’expulsion, les services de préfecture et de police chargés d’utiliser la force publique pour les déloger de leur domicile. En expliquant pourquoi certaines familles sont plus souvent expulsées que d’autres et comment les agents de l’État les contraignent, à la fois de gré et de force, à quitter leur logement, il met ainsi en lumière une violence légitime moins visible que la répression des manifestations ou que des interpellations policières, mais tout aussi efficace dans le maintien de l’ordre social.
Loin d’être une fatalité, ces expulsions locatives constituent une réalité éminemment politique, qui interroge la place du capital immobilier et de l’État dans la précarisation des classes populaires aujourd’hui. Une réalité contre laquelle il est possible d’agir.  

Camille François est sociologue, maître de conférences à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et membre du Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP). Ses recherches portent sur les classes populaires, les politiques urbaines et les inégalités sociales face à la justice.



jeudi 10 janvier 2019

Rémy Caveng et Claude Thiaudière, Les économies de la question sociale. Quantifier la pauvreté et les inégalités

Rémy Caveng et Claude Thiaudière
Les économies de la question sociale
Quantifier la pauvreté et les inégalités
du Croquant
Dynamiques socio-economiques
2019

Présentation de l'éditeur
Issu pour une large part d’une recherche collective portant sur la construction et les usages des indicateurs sociaux, ce livre se fixe un triple objectif.
Il entend d’abord rendre compte des logiques contemporaines de production des chiffres donnant à voir une certaine représentation de la question sociale. Il explore ensuite les dimensions que ces chiffres occultent. Enfin, il se veut force de proposition pour rendre ces dimensions visibles et que les plus démunis, matériellement et symboliquement, puissent avoir voix au chapitre de la quantification. Il interroge ainsi les conditions de l’émergence d’une critique de l’ordre des choses.
À l’arrière-plan des débats portant sur la « bonne » ou la « juste » mesure de la pauvreté, des inégalités sociales, des problèmes publics et des publics « à problème » se pose la question fondamentale de la définition de ces notions. Celle-ci est inséparable des luttes qui opposent différents groupes sociaux pour imposer  leur point de vue comme vision partagée et largement admise. Les chiffres qui circulent autour de la question sociale traduisent ainsi des rapports de force entre groupes professionnels, responsables politiques, militants associatifs, groupes de pression, etc. Paradoxe apparent, les populations concernées se retrouvent souvent exclues des opérations menant à leur représentation parce que ne possédant pas les ressources nécessaires pour faire valoir ce qui leur pose problème et ce qui importe pour elles. Dépossédées du diagnostic, elles le sont tout autant de la définition du traitement de leurs « maux ».
Rémy Caveng est sociologue à l’université de Picardie Jules Verne, chercheur au Curapp-ESS (Centre universitaire de recherche sur l’action publique et le politique), à la SFR Condorcet et chercheur associé au Cessp-CSE (université Panthéon-Sorbonne).
Claude Thiaudière est sociologue à l’université de Picardie Jules Verne, chercheur au Curapp-ESS.




vendredi 11 novembre 2016

Mathias Millet et Jean-Claude Croizet, L’école des incapables ? La maternelle, un apprentissage de la domination

Mathias Millet et Jean-Claude Croizet
L’école des incapables ? 
La maternelle, un apprentissage de la domination
La Dispute
L'enjeu scolaire
2016
Présentation de l'éditeur
Comment l’école interprète- t-elle les facilités et les difficultés d’apprentissage des élèves ? Comment cette interprétation influence-t-elle leur scolarité, et l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes ? Les résultats de l’enquête – menée pendant plusieurs années dans des écoles maternelles, pour l’essentiel – présentée dans ce livre permettent de répondre à ces questions. En croisant les regards sociologique et psychosocial, Mathias Millet et Jean-Claude Croizet décortiquent le quotidien des classes et révèlent comment les difficultés cognitives, pourtant nécessaires aux apprentissages, sont transformées en un problème. Ils montrent que ces premiers apprentissages scolaires sont aussi, pour les élèves, une première confrontation aux inégalités.
L’étude met en évidence les logiques quotidiennes d’une violence symbolique par laquelle élèves comme enseignants se persuadent que les verdicts scolaires disent la valeur des individus. Elle montre comment ces élèves et ces enseignants développent, dès l’école maternelle, des interprétations qui personnalisent les « échecs » ou les « réussites » et, ce faisant, les détournent des apprentissages. Cet ouvrage contribue ainsi de manière décisive à l’analyse de la manière dont l’école réduit ou augmente les inégalités sociales.

mercredi 18 mars 2015

Jean-Pierre Orfeuil et Fabrice Ripoll, Accès et mobilités : les nouvelles inégalités

Jean-Pierre Orfeuil et Fabrice Ripoll
Accès et mobilités : les nouvelles inégalités
Infolio
Archigraphy Poche - Futurs Urbains
2015

Présentation de l'éditeur
Ce livre inaugure la série proposée par le LABEX Futurs Urbains qui invite deux chercheurs issus de disciplines différentes à mettre en regard leurs points de vue. Jean-Pierre Orfeuil et Fabrice Ripoll livrent ici leurs analyses croisées sur les liens qu’ils font entre inégalités sociales et inégalités de mobilité ou d’accès. Jean-Pierre Orfeuil aborde la question par les capacités d’accès aux ressources et aux territoires, pour traiter ensuite des conséquences des difficultés de mobilité sur les inégalités sociales, à l’échelle des individus et des territoires. Fabrice Ripoll de son côté plaide pour une approche de la mobilité comme construction sociale, dresse un tableau des formes de contraintes inhérentes aux déplacements, et conclut sur les stratégies de résistance aux déplacements.
Jean-Pierre Orfeuil est professeur émérite à l’Institut d’urbanisme de Paris de l’Université Paris-Est. Fabrice Ripoll est maître de conférences à l’Université Paris-Est Créteil.


vendredi 13 septembre 2013

écouter: Arlette Farge, La déchirure. Souffrance et déliaison sociale au XVIIIe siècle

écouter: Arlette Farge, La déchirure. Souffrance et déliaison sociale au XVIIIe siècle
Les Lundis de l'histoire, Par Roger Chartier, 02.09.2013
Arlette Farge
La déchirure
Souffrance et déliaison sociale au XVIIIe siècle
Bayard
2013

Présentation de l'éditeur
Depuis son travail avec Michel Foucault et Le goût de l'archive, Arlette Farge sonde les archives de police afin d'appréhender la vie du petit peuple autrement qu'en termes généraux et de donner ainsi une autre image du siècle des Lumières.
Dans cet essai, un de ses plus personnels, l'auteur poursuit et tente de dire ce que furent les douleurs de ces êtres de peu, à partir des traces laissées dans les procès-verbaux les interrogatoires ou récits des témoins, qui recensent, de manière implacable, les noyades, accidents, agressions quotidiennes ; à partir aussi des écrits des plus aisés qui la plupart du temps ne voient pas cette misère mais échangent sans cesse sur les maux, bien réels bien que différents, qui affectent leurs propres corps. Les correspondances des plus nobles viennent ainsi s'ajouter aux rares paroles des malheureux pour peindre une société où l'attention au corps, l'expérience de la douleur des plus aisés ne les rend pas moins sourds aux souffrances des autres. Sans cesse recommencé, le travail de l'historienne vient surtout contredire un des discours les plus tenaces sur la douleur, qui voudrait que la dureté de la vie entraîne accoutumance chez ceux qui la subissent et qu'au XVIIIème, une relative indifférence des couches populaires ait précédé une montée de la sensibilité. C'est bien plutôt la société, celle du XVIIIème tout comme la nôtre, qui fabrique toutes sortes d'accommodements avec la violence, la misère et la mort des plus humbles.

Historienne du XVIIIe siècle, directrice de recherches à l'École des hautes études, Arlette Farge étudie les comportements populaires à partir des archives de police. Historienne des relations entre hommes et femmes, elle s'intéresse aussi à l'image, la photographie et l'écriture de l'histoire. Elle participe à l'émission La Fabrique de l'histoire sur France Culture et est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages dont Le bracelet de parchemin et Essai pour une histoire des voix aux éditions Bayard.

vendredi 5 octobre 2012

Matthieu Grossetête, Accidents de la route et inégalités sociales. Les morts, les médias et l’État

Matthieu Grossetête
Accidents de la route et inégalités sociales
Les morts, les médias et l’État
éditions du Croquant
2012

Présentation de l'éditeur
Aucun chiffre en France n’établit de corrélation entre le fait de mourir sur la route et le milieu social.
Cet angle mort statistique laisse à penser que l’accident de la route serait un phénomène lié au hasard ou au mauvais comportement des conducteurs.
Si la mortalité routière se donne à interpréter comme un phénomène individuel et aléatoire, cet ouvrage dresse, à partir de sources statistiques inexploitées, un constat bien différent : les groupes sociaux sont inégaux face aux accidents de la circulation.
La mortalité routière ne frappe pas au hasard, mais de façon prévisible. Elle résulte de déterminations collectives et constitue en ce sens un fait social.
L’enquête démonte, par contraste avec la réalité objective du phénomène, l’image non sociologique que construisent les responsables publics, les journalistes, les communicants et les associations.
Le regard que l’on peut porter sur le sujet change à la lumière de cet éclairage qui mérite d’être porté à la connaissance de tous, notamment à celle des conducteurs.
C’est l’objectif de ce livre qui espère modestement bousculer certaines évidences et secouer quelques consciences.
Matthieu Grossetête est docteur en science politique, sociologue chercheur associé au Centre de sociologie européenne (Université Paris 1-EHESS) et au Laboratoire des sciences sociales du politique (IEP de Toulouse). Ses publications portent sur la stratification sociale ainsi que sur les transformations du journalisme et de la communication.

mardi 8 juin 2010

Colloque: Sélection scolaire et inégalités sociales: Bourdieu et l'école du 21ème siècle



Sélection scolaire et inégalités sociales: Bourdieu et l'école du 21ème siècle

Colloque organisé par la Haute Ecole pédagogique de Fribourg (en collaboration avec l'Institut de plurilinguisme de l'Université de Fribourg et de la HEP Fribourg)

Haute Ecole pédagogique de Fribourg
9 septembre 2010

Résumé:
Notre système scolaire est-il (in)égalitaire ? Comment la sélection scolaire se déroule-t-elle et à qui profite-t-elle? Comment les inégalités sociales se manifestent-elles en salle de classe ? En quoi une approche sociologique de l’espace scolaire est-elle pertinente ?

Ces questions ont été à maintes reprises soulevées par Pierre Bourdieu, invitant les acteurs pédagogiques à s’interroger sur le système scolaire comme espace de reproduction sociale. A l’occasion du 80ème anniversaire de la naissance du sociologue, nous avons souhaité revenir sur deux thématiques qui nous semblent toujours d’une grande actualité, à savoir la (re)production des inégalités sociales à l’école et la sélection scolaire. Il s’agira avant tout de se questionner sur la pertinence contemporaine de la sociologie bourdieusienne pour la compréhension des institutions scolaires et des actes pédagogiques à l’école du 21ème siècle.
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