« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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vendredi 4 octobre 2024

Nicolas Renahy, Jusqu'au bout. Vieillir et résister dans le monde ouvrier

 

 

Nicolas Renahy

Jusqu'au bout 

Vieillir et résister dans le monde ouvrier

La Découverte

L'envers des faits

2024

 

Présentation de l'éditeur

Bruno, Christian, Clairette, Christiane et Viviane sont des " anciens de Peugeot " à Sochaux-Montbéliard. Cabossés par le travail en usine, ces retraités placent le militantisme syndical et la solidarité amicale au cœur de leur vie. À travers quelles expériences apprennent-ils à vieillir ensemble ?
À partir d'une plongée sensible dans leur quotidien, ce livre donne à voir une réalité méconnue : celle du vieillissement physique et social dans le monde ouvrier. Il jette une lumière nouvelle sur des enjeux oubliés de la réforme des retraites et sur la distance au politique dans les classes populaires, montrant l'importance des résistances locales au capitalisme et à l'extrême droite. Retrouvant, trente ans après, certains enquêtés de La Misère du monde, Nicolas Renahy propose une sociologie incarnée des vieillesses et des appartenances sociales, qui invite à repenser la condition ouvrière à l'aune des rapports de classe, de genre et de génération.
Ni passifs ni " inactifs ", ces anciens ouvriers et ouvrières sont loin d'être mis en retrait par leur retraite. Alors que la fin du monde ouvrier ne cesse d'être annoncée, ces " vieilles branches " continuent de lutter, d'être solidaires et de transmettre aux plus jeunes le sens du combat contre les injustices. Jusqu'au bout. 

Nicolas Renahy est sociologue, directeur de recherche à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE). Il a publié Les Gars du coin. Enquête sur une jeunesse rurale (La Découverte/Poche 2010), et a notamment codirigé Le Laboratoire des sciences sociales. Histoires d'enquêtes et revisites (Raisons d'agir, 2018), Mondes ruraux et classes sociales (EHESS, 2018), et Mépris de classe. L'exercer, le ressentir, y faire face (Croquant, 2021).



vendredi 7 juin 2024

Gaspard Lion, Vivre au camping. Un mal-logement des classes populaires

 

 

Gaspard Lion

Vivre au camping

Un mal-logement des classes populaires

Seuil

Liber

2024

 

Présentation de l'éditeur

La flambée des prix du logement qui s’est amorcée à partir des années 2000 a conduit à des difficultés sociales de plus en plus massives sur l’ensemble du territoire français. Ni le logement social ni le principe d’un droit au logement opposable n’ont apporté de solutions satisfaisantes et le nombre des mal-logé·es et des sans-logis n’a cessé de croître. Le sociologue Gaspard Lion identifie un phénomène nouveau, reflet de cette crise sociale majeure : le « camping résidentiel » qui a gagné la France en écho aux trailer parksétasuniens. À partir d’une enquête ethnographique menée en immersion dans cinq campings de la région parisienne durant quatre ans, ce livre saisit, dans leur diversité et leur intimité, les vies quotidiennes de celles et ceux qui ont fait du camping leur domicile. Ainsi, ce livre dévoile la condition sociale d’une portion croissante des classes populaires qui vit inaperçue aux marges des grandes villes, et expose une forme, jusqu’ici inexplorée, de logement et de précarité, révélatrice de changements structurels à l’oeuvre dans la société française.

Gaspard Lion est sociologue et maître de conférences à l’Université Sorbonne Paris Nord. Ses travaux portent sur les classes populaires et les formes de logement dégradées et non ordinaires. ​​​​​​


mardi 7 février 2023

Le je, l’entre-soi, le nous dans les classes populaires. Sous la direction de Marie-Hélène Lechien, Olivier Masclet, Gérard Mauger

 

 

Le je, l’entre-soi, le nous dans les classes populaires

Sous la direction de

Marie-Hélène Lechien, Olivier Masclet, Gérard Mauger
 du Croquant
Champ social
2023



Présentation de l'éditeur
Le nous populaire a longtemps été confondu avec « la classe ouvrière ». Or, depuis la deuxième moitié des années 1970, de multiples mécanismes ont contribué à le dé-faire objectivement et subjectivement. Ce délitement est renforcé par de nouvelles incitations à être soi. Comment cerner les effets de ces processus sur les je dans les classes populaires d’aujourd’hui ? Quelle place ces ego accordent-ils à l’entre-soi familial ? Comment peuvent-ils se préserver au travail et en dehors du travail ? Alors que ces questions convoquent souvent des réponses abstraites en termes d’individualisation ou encore de subjectivation, les contributions réunies dans cet ouvrage livrent des analyses empiriquement étayées sur les rapports du je, de l’entre-soi et du nous dans les classes populaires au sein de la société française contemporaine, mais aussi dans des configurations antérieures aux années 1970. Ces analyses montrent que si le délitement du nous populaire favorise le repli sur la sphère privée et une plus forte exposition aux normes individualistes, les je populaires qui s’affirment aujourd’hui témoignent d’une revendication de reconnaissance indissociablement collective et personnelle.

Sommaire

Introduction

Marie-Hélène Lechien, Olivier Masclet, Gérard Mauger

Des « individus » dans l’ancienne culture ouvrière ?

Olivier Schwartz

Retour critique sur l’« attention oblique ». Une contribution à l’étude des individualités populaires

Olivier Masclet

Actualité du familialisme populaire. « Bien élever ses
enfants »

Gérard Mauger

Surveiller et servir. Rester soi-même dans une position
professionnelle subalterne

Séverine Misset

Moi, nous et les autres. Sur quelques enjeux de lutte dans
le monde des « hommes du fer »

Gérard Noiriel

Un nous contrarié ?

Henri Eckert

Travailler sur soi pour mieux vendre

Marie-Pierre Pouly

« Avoir le courage de faire des choses ». Usages du « psy » par des ménages de classes populaires stables

Anne-Marie Arborio & Marie-Hélène Lechien

Les interventions institutionnelles auprès des jeunes de milieu populaire : entre « travail de soi » et « travail des relations familiales »

Isabelle Coutant

Un « individu » à l’usage des sociologues

Gérard Mauger

 

 
 
 
 
 
 
 
 

samedi 21 janvier 2023

Camille François , De gré et de force. Comment l'État expulse les pauvres

 


Camille François

De gré et de force
Comment l'État expulse les pauvres

La Découverte

L'envers des faits

2023

 

 

Présentation de l'éditeur

Les expulsions locatives jettent chaque année en France des milliers de familles pauvres à la rue, dans une indifférence quasi générale. Pourtant, ces procédures sont au cœur de l’accroissement de la pauvreté et des inégalités sociales. Et leur nombre a augmenté au cours des vingt dernières années.
À partir d’une longue enquête de terrain, ce livre s’intéresse aux institutions et aux « petites mains » chargées de réaliser les expulsions. Il décrit la manière dont la violence légitime de l’État s’exerce sur les familles menacées de délogement, en retraçant les différentes étapes auxquelles elles sont confrontées : les services de recouvrement où les employés des bailleurs essaient de leur faire rembourser leur dette, les tribunaux où les juges prennent les décisions d’expulsion, les services de préfecture et de police chargés d’utiliser la force publique pour les déloger de leur domicile. En expliquant pourquoi certaines familles sont plus souvent expulsées que d’autres et comment les agents de l’État les contraignent, à la fois de gré et de force, à quitter leur logement, il met ainsi en lumière une violence légitime moins visible que la répression des manifestations ou que des interpellations policières, mais tout aussi efficace dans le maintien de l’ordre social.
Loin d’être une fatalité, ces expulsions locatives constituent une réalité éminemment politique, qui interroge la place du capital immobilier et de l’État dans la précarisation des classes populaires aujourd’hui. Une réalité contre laquelle il est possible d’agir.  

Camille François est sociologue, maître de conférences à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et membre du Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP). Ses recherches portent sur les classes populaires, les politiques urbaines et les inégalités sociales face à la justice.



dimanche 26 septembre 2021

Anaïs Albert , La vie à crédit. La consommation des classes populaires à Paris (années 1880-1920)

 

Anaïs Albert

La vie à crédit

La consommation des classes populaires à Paris 

(années 1880-1920)

Éditions de la Sorbonne

Histoire de la France aux XIXe et XXe siècles

2021

 

 

Présentation de l'éditeur

Préface de Christophe Charle

Dans le Paris de la Belle Époque, de plus en plus d'ouvriers, d’employés et de petits fonctionnaires accèdent à la consommation. Les garde-robes se diversifient, les intérieurs populaires se peuplent peu à peu de meubles, comme la très convoitée armoire à glace, et la décoration envahit le logement. Les plus aisés des ouvriers et des employés arrivent même à acheter une bicyclette ou une machine à coudre. Cette nouvelle culture matérielle émerge grâce au développement du crédit qui donne accès financièrement à la consommation et de la publicité qui donne envie d’acheter des biens nouveaux. Georges Dufayel, en pionnier de cette révolution commerciale, a bâti un empire économique à la fin du siècle. Ses magasins grandioses, installés boulevard Barbès, deviennent les temples de la consommation populaire parisienne.
Ces objets et leurs usages témoignent également d’une culture populaire spécifique, encore marquée par la vulnérabilité économique et le recours à la débrouille. De la fréquentation du Mont-de-Piété à l’achat d’objets d’occasion chez les brocanteurs, en allant parfois jusqu’au vol, ces pratiques ressemblent bien souvent à des « consommations transitoires », non sans le risque, aussi, de la saisie des biens et de l’expulsion du logement. Touchant à l’histoire de la vie privée, des échanges économiques ordinaires et de la culture matérielle, cet ouvrage met en lumière à la fois les dominations multiples qui pèsent sur les classes populaires et les petits arrangements, les micro-résistances, qui traversent le peuple des choses et les choses du peuple.

 

 

 

 

 

 

 

mercredi 21 octobre 2020

Ariel Wilkis, Le pouvoir moral de l’argent. Classes populaires et économie du quotidien

 


Ariel Wilkis
Le pouvoir moral de l’argent
Classes populaires et économie du quotidien 
préface de Viviana A. Zelizer
EHESS
En temps & lieux
2020

 
Présentation de l'éditeur

À travers des scènes de vie à Villa Olimpia, une villa miseria située dans la banlieue de Buenos Aires, Ariel Wilkis explique comment la dimension morale de l’argent offre une perspective unique sur les relations de pouvoir dans le monde des pauvres. À l’intérieur des foyers, à l’occasion des rassemblements politiques ou au cœur des rapports entre hommes et femmes comme entre différentes générations, l’argent s’est imposé comme un opérateur social doté de l’étonnante capacité de maintenir, d’altérer ou de renverser les hiérarchies morales placées au fondement des rapports de pouvoir.

En faisant dialoguer la sociologie du pouvoir de Pierre Bourdieu avec la sociologie de l’argent de Viviana Zelizer, cette approche permet au lecteur de mieux saisir les liens entre argent, morale et pouvoir. À la fois ethnographie de l’économie et de la politique dans un milieu défavorisé et essai sur les multiples significations de l’argent, cette traduction inédite développe le concept de « capital moral» pour montrer que les transactions monétaires sont façonnées par les croyances morales de ceux qui en profitent.  

Traduit de l’espagnol par Francesco Callegaro 


 
 

mercredi 17 juin 2020

Être comme tout le monde, Employées et ouvriers dans la France contemporaine, Olivier Masclet, Thomas Amossé, Lise Bernard, Marie Cartier, Marie-Hélène Lechien, Olivier Schwartz, Yasmine Siblot (dir.)


Être comme tout le monde
Employées et ouvriers dans la France contemporaine
Olivier Masclet, Thomas Amossé, Lise Bernard, Marie Cartier, Marie-Hélène Lechien, Olivier Schwartz, Yasmine Siblot (dir.) 
Raisons d'Agir
Cours & Travaux
2020


Présentation de l'éditeur
Il est question dans ce livre de ces femmes et de ces hommes, employées ou ouvriers, qui vivent des revenus de leur travail et s’efforcent de « s’en sortir » par eux-mêmes. Ces travailleurs représentent, aujourd’hui encore, un groupe social stable et important. Beaucoup plus qu’autrefois, ils entrent en interaction directe avec les membres des classes moyennes et supérieures, comme clients ou professionnels de services (garde d’enfants, santé, éducation, commerce, sécurité, transports publics, etc.). Par leurs aspirations, leur fréquentation plus longue du système scolaire, leur accès à la consommation, ils se rapprochent des catégories moyennes ; en même temps, ils demeurent éloignés du capital culturel, leurs ressources économiques restent incertaines et leur travail, peu payé et peu considéré, est toujours subalterne.
Par des portraits de couples et de familles, résidant dans des espaces aussi bien ruraux qu’urbains, de générations et d’âges différents, ce livre éclaire ce que signifie « s’en sortir » ou plus exactement « s’en sortir à peu près » dans la société française actuelle. À rebours des discours convenus sur la « France périphérique » ou sur le « déclassement des classes moyennes », il donne à voir les conditions d’existence de ces classes populaires, stables mais fragiles, leurs pratiques à la fois publiques (travail, sociabilités, engagements bénévoles, rapport à la politique et aux institutions) et privées (économie domestique, rapports de genre et entre générations, loisirs individuels et « temps pour soi »).
Cette série de 21 portraits montre comment ces femmes et ces hommes travaillent à « être comme tout le monde », c’est-à-dire à éviter la relégation parmi les « assistés » et à s’affirmer comme membres à part entière de ce que Robert Castel appelait la « société des semblables ». Elle fait comprendre leurs aspirations autant que leurs déceptions et leurs griefs, la manière dont ils s’efforcent de jouer le jeu d’un ordre social qui pourtant leur fait peu crédit.



 




lundi 4 mai 2020

Pierre Bourdieu, à propos de la poésie (orale et écrite)

" S'il y a un groupe vers lequel on pourrait se tourner pour chercher des modèles, ce serait par exemple les poètes! Cela fait maintenant 200 ans qu'ils vivent sans marché; ils se sont organisés de manière tout à fait réfléchie. C'est un groupe de personnes qui font des investissements totaux dans des productions intellectuelles qui n'intéressent pratiquement qu'eux. Ils ressemblent par conséquent beaucoup à nous [les éditeurs universitaires]. Ce sont des personnes sans marché et qui ont tellement d'investissement, tellement de croyance dans ce qu'elles font qu'elles sont parvenues à se défendre sur le terrain des choses économiques." Pierre Bourdieu, dans "Réponses improvisées de Pierre Bourdieu aux Presses Universitaires de Strasbourg", exposé-débat sur les presses d’université, à l’occasion du 80e anniversaire de la création des Presses universitaires de Strasbourg, Palais universitaire de Strasbourg, 1er juin 2001, (réponses retranscrites par Lucien Braun), dans Regards Sociologiques, n° 47-48, « Sur Pierre Bourdieu », Simon Borja, Christian de Montlibert (dir.), Strasbourg, Association Regards sociologiques, 2018 
 
 
 



Pierre Bourdieu, à propos de la poésie  (orale et écrite)
 
 


Cette liste de publications sera mise à jour au fur et à mesure, version augmentée le 30.01.2022, Gilbert Quélennec
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Dialogue sur la poésie orale en Kabylie, entretien avec Mouloud Mammeri, Actes de la recherche en sciences sociales, 1978, Numéro 23, pp. 51-66

Sociologie générale, Vol. 1. Cours au Collège de France, 1981-1983, Seuil/Raisons d'agir, Cours & Travaux, 2015, p. dans les sociétés archaïques 39-122; et classes populaires 643, au XIX°siècle 611, 643, 670

Sociologie générale, Vol. 2. Cours au Collège de France, 1983-1986, Seuil/Raisons d'agir, Cours & Travaux, 2016, p.  poète 567, 966;  critique des poètes par Platon 325-328, 369-370, 382-383;  poètes dans les sociétés précapitalistes 139, 144, 287, 604, 640; au XIX°siècle 528-529, 754

Choses dites, Minuit, Le sens commun, 1987, p.79, 99, 134-135

Les règles de l'art. Genèse et structure du champ littéraire, Seuil, 1992, Points Essais, 1998, p.89

Sur l'État. Cours au Collège de France (1989-1992), Raisons d'agir/Seuil, Cours et Travaux, 2012, p.56, 95, 100-103

Langage et pouvoir symbolique, Seuil, Points Essais, 2001, p.62
 
"Réponses improvisées de Pierre Bourdieu aux Presses Universitaires de Strasbourg", exposé-débat sur les presses d’université, à l’occasion du 80e anniversaire de la création des Presses universitaires de Strasbourg, Palais universitaire de Strasbourg, 1er juin 2001, (réponses retranscrites par Lucien Braun), dans Regards Sociologiques, n° 47-48, « Sur Pierre Bourdieu », Simon Borja, Christian de Montlibert (dir.), Strasbourg, Association Regards sociologiques, 2018




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  voir également:

Publications de Pierre Bourdieu: à propos de Balzac, Baudelaire, Flaubert, Zola, Mallarmé, Gide, Proust, Kraus, Apollinaire, Joyce, Woolf, Kafka, Faulkner, Ponge, Gombrowicz, Beckett, Simon, Bernhard

 

 




mardi 4 février 2020

Sylvia Faure et Daniel Thin, S’en sortir malgré tout. Parcours en classes populaires

Sylvia Faure et Daniel Thin
S’en sortir malgré tout

Parcours en classes populaires
La Dispute
Mouvements de société
2019
Présentation de l'éditeur
Face aux difficultés économiques, à la disqualification sociale, à la dégradation des conditions d’existence, comment les classes populaires font-elles pour « s’en sortir, malgré tout » ? Ce livre répond à cette question en examinant les conditions de la mobilisation de leurs ressources : soutiens relationnels, savoir-faire convertis en avantages dans une situation particulière, relations avec des acteurs institutionnels, ainsi que d’autres formes de « débrouille ». Tout en expliquant les limites et obstacles à l’amélioration durable des conditions d’existence des classes populaires, les auteurs montrent que ce qui fait ressource pour ces dernières est ancré dans des contextes locaux et dans des relations concrètes.

Cet ouvrage collectif s’appuie sur plusieurs enquêtes sociologiques centrées sur les sorties précoces de la scolarité, les jeunes des missions locales, l’accès au logement, les parcours scolaires au sein de familles nombreuses, le relogement dans les grands ensembles HLM, les associations de femmes de quartiers populaires et les jeunes en quête de mobilité par une professionnalisation dans le football. Il critique la notion aujourd’hui dominante de vulnérabilité qui passe sous silence les conditions objectives à l’origine des problèmes sociaux et tend à faire porter aux individus la responsabilité de leur situation. Il soutient que pour s’attaquer aux inégalités sociales et aux violences symboliques renforcées par les orientations politiques de ces dernières décennies, il faut commencer par comprendre les ressources et les initiatives des premiers concernés.
Table des matières
Les auteures et les auteurs
Introduction. Du discours sur la vulnérabilité aux ressources des classes populaires, Daniel Thin et Sylvia Faure
Chapitre premier. Les ressources d’une jeunesse en mal d’avenir, Mathias Millet et Daniel Thin
Chapitre II. Être aidé, aider autrui, s’aider soi-même : des ressources pour des jeunes en situation de précarité ? Laurence Faure et Éliane Le Dantec
Chapitre III. Familles nombreuses, scolarités malheureuses ? Les grandes fratries comme obstacle ou comme ressource, Julien Bertrand et Gaële Henri-Panabière, avec Géraldine Bois, Martine Court et Olivier Vanhée
Chapitre IV. Des parcours résidentiels sous contraintes. Les classes populaires des cités HLM face à la rénovation urbaine, Sylvia Faure et Pierre Gilbert
Chapitre V. Quand le « collectif » fait « ressource ». Mobilisations de groupes d’habitantes et rapport aux institutions, Daniel Thin
Chapitre VI ; Au6delà du « miracle » et de la « chute » : jeunesses populaires et formation au métier de footballeur, Julien Bertrand et Frédéric Rasera
Conclusion
 

mardi 29 octobre 2019

audio: Benoît Coquard, Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin


audio: Benoît Coquard, Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin
Le 7/9 par  Patricia Martin et Eric Delvaux, 28.10.2019


Benoît Coquard
Ceux qui restent
Faire sa vie dans les campagnes en déclin
La Découverte
L'envers des faits 
2019


Présentation de l'éditeur
Qui sont ces hommes et ces femmes qui continuent d’habiter dans les campagnes en déclin ? Certains y fantasment le « vrai » peuple de la « France oubliée », d’autres y projettent leur dégoût des prétendus « beaufs » racistes et ignorants. Mais « ceux qui restent » se préoccupent peu de ces clichés éculés. Comment vit-on réellement dans des zones dont on ne parle d’ordinaire que pour leur vote Rassemblement national ou, plus récemment, à l’occasion du mouvement des Gilets jaunes ?
Parmi les nouvelles générations, ils sont nombreux à rejoindre les villes pour les études, puis il y a ceux qui restent, souvent parce qu’ils n’ont pas les ressources nécessaires pour partir. Ceux-là tiennent néanmoins à ce mode de vie rural et populaire dans lequel « tout le monde se connaît » et où ils peuvent être socialement reconnus. Comment perçoivent-ils alors la société qui les entoure ? À qui se sentent-ils opposés ou alliés ?
À partir d’une enquête immersive de plusieurs années dans la région Grand-Est, Benoît Coquard plonge dans la vie quotidienne de jeunes femmes et hommes ouvriers, employés, chômeurs qui font la part belle à l’amitié et au travail, et qui accordent une importance particulière à l’entretien d’une « bonne réputation ».
À rebours des idées reçues, ce livre montre comment, malgré la lente disparition des services publics, des usines, des associations et des cafés, malgré le chômage qui sévit, des consciences collectives persistent, mais sous des formes fragilisées et conflictuelles. L’enquête de Benoît Coquard en restitue la complexité.  

Benoît Coquard est sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Il travaille depuis plusieurs années sur les milieux ruraux et sur les classes populaires.

Extrait






mercredi 9 octobre 2019

audio: Nicolas Delalande, La Lutte et l'entraide. L'Âge des solidarités ouvrières



audio: Nicolas Delalande , La Lutte et l'entraide. L'Âge des solidarités ouvrières
La Marche de l'histoire par Jean Lebrun, 29 avril 2019

Nicolas Delalande
La Lutte et l'entraide
L'Âge des solidarités ouvrières 
Seuil
L'Univers historique
2019 

Présentation de l'éditeur
Les ouvriers peuvent-ils s’organiser à une échelle internationale pour lutter contre la mondialisation du capital et la concurrence sociale généralisée ? Poser la question pourrait paraître incongru en ce début de XXIe siècle, où les mots d’ouvriers, de solidarité et d’internationalisme s’apparentent, dans le meilleur des cas, aux vestiges d’un passé lointain. L’oubli de cette histoire alimente un débat piégé, dont le schématisme sature et appauvrit l’espace public. Mais ni notre passé, ni notre présent politique ne se résument à une opposition stérile entre libéralisme inégalitaire et repli nationaliste. D’autres voies ont existé, qu’il importe de retrouver pour sortir d’un face-à-face aussi pauvre sur le plan intellectuel que dangereux pour notre avenir collectif. Pendant un siècle, des années 1860 aux années 1970, les mouvements ouvriers, socialistes, anarchistes, communistes, syndicalistes, avec leurs sensibilités propres, furent porteurs d’un projet internationaliste puissant, dont l’objectif n’était pas de fermer les frontières ou de restreindre les échanges, mais de bâtir une mondialisation des solidarités ouvrières, par-delà les différences nationales et linguistiques qui pouvaient les séparer. La défense des classes populaires ne passait pas par le repli, l’autarcie ou le rejet de l’autre, plutôt par la coordination internationale des combats et des revendications. Ce projet ambitieux, auquel bien peu croyaient à ses débuts, fut souvent chaotique, conflictuel et contradictoire. L’empreinte qu’il a laissée sur la fin du XIXe siècle et tout au long du XXe siècle est néanmoins considérable.
Nicolas Delalande est professeur au Centre d’Histoire de Sciences Po. Il a publié, au Seuil, Les Batailles de l’impôt (2011, nouvelle édition 2014). Il est l’un des coordinateurs de l’Histoire mondiale de la France (2017, nouvelle édition augmentée 2018).


jeudi 3 octobre 2019

La France d’en bas ? Idées reçues sur les classes populaires , Olivier Masclet, Séverine Misset, Tristan Poullaouec (dir.)


La France d’en bas ? 
Idées reçues sur les classes populaires
Olivier Masclet, Séverine Misset, Tristan Poullaouec (dir.)
Le Cavalier bleu
Idées reçues
2019

Présentation de l'éditeur
On entend souvent que la société française se serait « moyennisée », provoquant la disparition pure et simple des classes populaires qui, soit auraient accédé à la classe moyenne, soit auraient été rétrogradées parmi les « pauvres »…
Or, si les classes populaires ont effectivement changé depuis la désindustrialisation des années 1970, elles continuent bel et bien d’exister et les idées reçues à leur sujet ne manquent pas. Reléguées dans la France périphérique, les classes populaires se vautreraient dans la consommation de masse, s’abêtiraient devant la télé et le foot, seraient réac, sexistes, racistes, voteraient pour l’extrême droite et auraient pour rêve ultime l’achat de leur pavillon…
Ce ouvrage, écrit par les meilleurs chercheurs et chercheuses, dépasse ces clichés et dresse un portrait documenté de ces classes populaires qui subissent de plein fouet la montée des inégalités.
Olivier Masclet est maître de conférences en sociologie à l’Université de Paris Descartes et membre du Centre de recherche sur les liens sociaux (CERLIS).
Séverine Misset est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université de Nantes et membre du Centre nantais de sociologie (CENS).
Tristan Poullaouec est maître de conférences en sociologie et membre du CENS.
Ont contribué à cet ouvrage : Thomas Amossé, Anne-Marie Arborio, Christelle Avril, Stéphane Beaud, Marie Cartier, Violaine Girard, Anne Lambert, Marie-Hélène Lechien, Marie-Clémence Le Pape, Gérard Mauger, Gilles Moreau, Dominique Pasquier, Camille Peugny, Fanny Renard, Olivier Schwartz et Jean-Pierre Terrail.



 

mardi 15 janvier 2019

Nicolas Duvoux et Cédric Lomba, Où va la France populaire  ?



Nicolas Duvoux et Cédric Lomba
Où va la France populaire  ? 
Puf
2019

Présentation de l'éditeur
Qui sont les " classes populaires " ? C'est à cette question que répondent les auteurs de " La vie des idées " à travers des prismes variés : travail et emploi, trajectoires résidentielles, conditions de revenus, pratiques culturelles, ressorts moraux. Ils dressent une cartographie des classes populaires, scindées entre, d'une part, des strates qui se rapprochent des classes moyennes et, d'autre part, des groupes qui s'enfoncent dans la précarité voire la pauvreté.
Or, cette fragmentation du milieu ouvrier est le principal facteur du désarmement identitaire et politique du groupe. 

Sommaire
- L’exigence ouvrière d’égalité, par Florence Weber
- Rénovation urbaine et fragmentation des classes populaires, par Pierre Gibert
- Au hasard de la logistique. Quand les mobilités ouvrières passent par l’entrepôt, par Carlotta Benvegnù & David Gaborieau
- De si petites différences. Conduites économiques et segmentation sociale, par Ana Perrin-Heredia
- Face à la télévision, un miroir des inégalités, par Olivier Masclet.


Nicolas Duvoux est sociologue, professeur des universités à l'université Paris 8, chercheur au CRESPPA-LabTop. Il est rédacteur en chef de laviedesidées.fr et codirecteur de la collection du même nom. Cédric Lomba est sociologue, directeur de recherches au CNRS, chercheur au CRESPPA-CSU, spécialiste des classes populaires et du travail. Ses dernières recherches portent sur les transformations des mondes ouvriers.


mercredi 9 janvier 2019

Olivier Masclet, L'invité permanent. La réception de la télévision dans les familles populaires


Olivier Masclet
L'invité permanent
La réception de la télévision dans les familles populaires
Armand Colin
Individu et Société
2019

Présentation de l'éditeur
Fini la télévision ? Abandonnée pour d’autres écrans ? Dans les familles ouvrières et employées, elle occupe toujours une place très importante.
Alors qu’elle a pu être décrite comme la reine des foyers populaires, réunissant parents et enfants autour des programmes du soir, elle apparaît aujourd’hui comme un invité permanent. Bien plus longtemps allumée, elle rythme la vie quotidienne tout en offrant plus qu’un simple divertissement : celles et ceux qui la regardent cherchent à travers elle à répondre aux contradictions de leur position autant qu’aux exigences du monde contemporain. Elle s’impose dans les foyers populaires autant qu’elle y est attendue.
Cet ouvrage fait découvrir ces téléspectateurs en brossant plusieurs portraits. Trois questions l’organisent : Quelle place la télévision prend-elle dans les existences des familles populaires d’aujourd’hui ? Quelles relations entre les femmes et les hommes et entre les parents et les enfants ses usages mettent-ils au jour ? Que font les individus des images et des personnages reçus tous les jours à domicile ?
Olivier MASCLET est sociologue, maître de conférences HDR à Paris Descartes et membre du Centre d’étude et de recherche sur les liens sociaux (Cerlis). Il est co-auteur de Sociologie des classes populaires contemporaines (Armand Colin, 2015).






dimanche 30 décembre 2018

Pierre Bourdieu, Les usages du peuple, et Vous avez dit "populaire" ?

" Pour jeter une certaine clarté sur les discussions à propos du « peuple » et du « populaire », il suffit d'avoir à l'esprit que le « peuple » ou le « populaire » (« art populaire », « religion populaire », « médecine populaire », etc.) est d'abord un des enjeux de lutte entre les intellectuels. Le fait d'être ou de se sentir autorisé à parler du « peuple » ou à parler pour (au double sens) le « peuple » peut constituer, par soi, une force dans les luttes internes aux différents champs, politique, religieux, artistique, etc. – force d'autant plus grande que l'autonomie relative du champ considéré est plus faible." Pierre Bourdieu, dans Les usages du peuple, (février 1982), dans Choses dites, Minuit, Le sens commun, 1987, p.178


"Comme les concepts à géométrie variable de «classes populaires», de «peuple» ou de «travailleurs» qui doivent leurs vertus politiques au fait qu'on peut à volonté en étendre le réfèrent jusqu'à y inclure — en période électorale par exemple — les paysans, les cadres et les petits patrons ou, au contraire, le restreindre aux seuls ouvriers de l'industrie, voire aux métallos (et à leurs représentants attitrés), la notion à extension indéterminée de «milieux populaires» doit ses vertus mystificatrices, dans la production savante, au fait que chacun peut, comme dans un test projectif, en manipuler inconsciemment l'extension pour l'ajuster à ses intérêts, à ses préjugés ou à ses fantasmes sociaux."Pierre Bourdieu, dans Vous avez dit "populaire" ?, Actes de la recherche en sciences sociales, 1983, Numéro 46, pp. 98-10, aussi dans Langage et pouvoir symbolique, Seuil, Points Essais, 2001, p.133-134

Lire:

Les usages du peuple, (février 1982), dans Choses dites, Minuit, Le sens commun, 1987, p.178-184

Vous avez dit "populaire" ?, Actes de la recherche en sciences sociales, 1983, Numéro 46, pp. 98-10, aussi dans Langage et pouvoir symbolique, Seuil, Points Essais, 2001 









 

lundi 9 juillet 2018

audio: Ingrid Hayes, Radio Lorraine coeur d'acier, 1979-1980. Les voix de la crise




audio: Ingrid Hayes, Radio Lorraine coeur d'acier, 1979-1980. Les voix de la crise
Paroles d'histoire par André Loez, 20.06.2018


Ingrid Hayes
Radio Lorraine coeur d'acier, 1979-1980
Les voix de la crise
Presses de Sciences Po
Académique 
2018

Présentation de l'éditeur
Le 17 mars 1979, Radio Lorraine cœur d'acier, « radio de lutte » de la CGT, émet pour la première fois, au vu et au su de tous mais en totale illégalité, depuis l’ancien hôtel de ville de Longwy, à l’aide d’une antenne fixée sur le toit de l’église. Au plus fort des mobilisations contre le démantèlement de la sidérurgie, s’y retrouvent syndicalistes, ouvriers, femmes de sidérurgistes, commerçants, immigrés, enseignants, journalistes et artistes venus de Paris. Jusqu’à ce que la CGT mette un terme brutal à l’aventure, quinze mois plus tard.
En s’ouvrant à la société locale, à ses valeurs, ses doutes, ses tensions et ses contradictions, la radio déborde largement du cadre de références cégétistes que le syndicat souhaite diffuser. Elle saisit sur le vif l’ordinaire des rapports sociaux et des modes de domination, qu’ils soient culturels, de genre ou de nationalité.
Témoignage rarissime d’une parole chichement consignée par l’histoire, ce livre singulier puise au fonds volumineux, et inexploité à ce jour, des émissions de « LCA ». Il fait revivre un temps fort de ce territoire ouvrier, un temps où se jouent des formes d'émancipation individuelle et collective, alors que brûlent les derniers feux des années 68.

Ingrid Hayes est maîtresse de conférences en histoire à l'Université de paris Nanterre.


jeudi 5 avril 2018

audio: Isabelle Coutant, Les Migrants en bas de chez soi



audio: Isabelle Coutant, Les Migrants en bas de chez soi
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau , 17.03.2018



Isabelle Coutant
Les Migrants en bas de chez soi
Seuil
2018 

Présentation de l'éditeur
Au cœur de la crise migratoire de l’été 2015, un lycée désaffecté du quartier de la place des Fêtes, dans le XIXe arrondissement, a été occupé par des migrants, dont le nombre est passé en trois mois de 150 à 1 400. Un « mini-Calais en plein Paris » ont dit des journalistes témoins de l’insécurité et de l’insalubrité du lieu.
Concernée en tant qu’habitante et parent d’élève du collège voisin, Isabelle Coutant, sociologue des quartiers populaires, a vu cette fois le « terrain » venir à elle, tiraillée entre le désir d’aider et l’envie de comprendre. L’ouvrage retrace cet événement, la déstabilisation du quartier qui en a résulté, entre stupeur initiale, colère des riverains livrés à eux-mêmes, tensions mais aussi mobilisations solidaires et bouleversement provoqué par la rencontre.
Il y a là comme un laboratoire de ce qui traverse aujourd’hui les sociétés européennes : comment accueillir ? À quelles conditions les quartiers populaires, au premier chef concernés par l’arrivée des migrants, peuvent-ils continuer d’assurer la fonction d’intégration qui leur est de fait confiée ? À l’heure où Paris, Londres ou New York s’enorgueillissent d’être des villes-monde ayant vocation à devenir des « villes-refuge », peut-on penser la cause des réfugiés indépendamment de la cause des quartiers ?

Isabelle Coutant est sociologue au CNRS (Iris). Elle a notamment publié Politiques du squat (La Dispute, 2000), Délit de jeunesse (La Découverte, 2005) et Troubles en psychiatrie (La Dispute, 2012).

vendredi 16 mars 2018

Isabelle Coutant, Les Migrants en bas de chez soi




Isabelle Coutant
Les Migrants en bas de chez soi
Seuil
2018 

Présentation de l'éditeur
Au cœur de la crise migratoire de l’été 2015, un lycée désaffecté du quartier de la place des Fêtes, dans le XIXe arrondissement, a été occupé par des migrants, dont le nombre est passé en trois mois de 150 à 1 400. Un « mini-Calais en plein Paris » ont dit des journalistes témoins de l’insécurité et de l’insalubrité du lieu.
Concernée en tant qu’habitante et parent d’élève du collège voisin, Isabelle Coutant, sociologue des quartiers populaires, a vu cette fois le « terrain » venir à elle, tiraillée entre le désir d’aider et l’envie de comprendre. L’ouvrage retrace cet événement, la déstabilisation du quartier qui en a résulté, entre stupeur initiale, colère des riverains livrés à eux-mêmes, tensions mais aussi mobilisations solidaires et bouleversement provoqué par la rencontre.
Il y a là comme un laboratoire de ce qui traverse aujourd’hui les sociétés européennes : comment accueillir ? À quelles conditions les quartiers populaires, au premier chef concernés par l’arrivée des migrants, peuvent-ils continuer d’assurer la fonction d’intégration qui leur est de fait confiée ? À l’heure où Paris, Londres ou New York s’enorgueillissent d’être des villes-monde ayant vocation à devenir des « villes-refuge », peut-on penser la cause des réfugiés indépendamment de la cause des quartiers ?

Isabelle Coutant est sociologue au CNRS (Iris). Elle a notamment publié Politiques du squat (La Dispute, 2000), Délit de jeunesse (La Découverte, 2005) et Troubles en psychiatrie (La Dispute, 2012).
migra

mercredi 6 décembre 2017

Présentation et discussion en présence de l’auteur de: La sous-traitance en piste. Les ouvriers de l’assistance aéroportuaire de Fabien BRUGIERE.(LIRE LES SCIENCES SOCIALES, 13 décembre 2017)

LIRE LES SCIENCES SOCIALES 2017/2018
Mercredi 13 décembre 2017
14 h 00 - 16 h 30
CNRS/Site Pouchet, Salle 311
59 - 61, rue Pouchet, 75017 Paris
Présentation et discussion (en présence de l’auteur) de :
La sous-traitance en piste : les ouvriers de l’assistance aéroportuaire (Eres, 2017) de Fabien BRUGIERE.
Par Cédric LOMBA (Directeur de recherche, CRESPPA)



Fabien Brugière
La sous-traitance en piste
Les ouvriers de l’assistance aéroportuaire
Erès
Clinique du travail
2017

Présentation de l'éditeur
En se fondant sur une enquête de terrain accomplie en immersion au sein d’une société sous-traitante d’assistance aéroportuaire, l’auteur livre une analyse sociologique des évolutions de ce secteur libéralisé, à la fois spécifiques et représentatives du monde du travail contemporain. Il décrit les mutations de l’emploi et de l’organisation du travail dans le domaine des transports aériens, suite à sa déréglementation au cours des années 1990 et au développement concomitant de la sous-traitance.
En effet, pour répondre aux exigences des compagnies aériennes donneuses d’ordres, le management impulse des réformes organisationnelles au niveau du travail en piste (individualisation des carrières, intensification du travail). Se développent ainsi des logiques de précarisation et de fragmentation des collectifs de travail.
À la lumière de ces transformations productives, l’ouvrage aborde les politiques de sécurité et de sûreté mises en œuvre, la santé au travail, la délégation du « sale boulot », le déclin des solidarités professionnelles et les relations ethniques au sein de collectifs ouvriers principalement issus de l’immigration. En dépit de ses spécificités, le secteur aéroportuaire apparaît ainsi comme un laboratoire privilégié des évolutions actuelles du monde du travail.   

Fabien Brugière est chercheur associé au laboratoire CRESPPA-GTM, docteur en sociologie (université Paris Nanterre), ancien élève de l’École normale supérieure de Paris.

jeudi 1 juin 2017

écouter: Violaine Girard, Le Vote FN au village



écouter: Violaine Girard, Le Vote FN au village
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, le 27.05.2017
Violaine Girard
Le Vote FN au village
Du Croquant
Sociopo
2017

Présentation de l'éditeur
Les ménages modestes du périurbain sont devenus, au fil des succès électoraux du FN, une figure centrale des com­mentaires médiatiques.
Peu d’enquêtes sérieuses se sont pourtant intéressées à leurs conditions de travail, à leurs parcours résidentiels et aux devenirs de leurs enfants. Basé sur un travail de terrain de longue durée, ce livre restitue les trajectoires des salarié-e-s d’un parc d’activités comme il en existe beaucoup à la périphérie des grandes villes. À partir d’extraits d’entretiens et d’observations, il revient sur les transformations qui affectent depuis plusieurs décen­nies les fractions stables des milieux populaires : restructurations dans l’industrie et les services, durcissement des conditions d’accès à la propriété et évolution du système de formation. Même si leurs pratiques électorales s’avèrent plus diversifiées qu’on ne le pense, le FN attire une part de ces ménages du périurbain, qui sont pourtant loin de tous figurer parmi les plus démunis. Au-delà des explications convenues, notamment celles du déclassement, l’ouvrage offre ainsi des clés de compréhension des processus de radicalisation politique. Il montre enfin comment des élus municipaux, sans être encartés au FN, s’emploient très concrètement à empêcher la venue de familles issues de l’im­migration et de ménages en situation précaire, contribuant par là à banaliser le rejet de ces catégories sociales stigmatisées. Dans un contexte de hausse de l’abstention et de défiance envers les responsables politiques, ce livre éclaire les aspirations et les tensions vécues par nombre de ménages populaires.