« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mercredi 24 décembre 2025

Actes de la recherche en sciences sociales, n°260. Du côté obscur de la famille (1)




Actes de la recherche en sciences sociales, n°260

Du côté obscur de la famille (1)  

Seuil

2025

 

Présentation de l'éditeur

La vie familiale n’est pas un long fleuve tranquille, ni un sanctuaire protégé des logiques capitalistes, un espace du « bonheur » et du « désir » fait de liens électifs, comme l’ont pensé les théoriciens de la modernité et post-modernité. Certes la famille peut être le support de rôles sociaux valorisés comme ceux de père ou de mère. Mais elle est parfois le lieu d’exercice de violences extrêmes – féminicide, inceste –, comme l’a rappelé récemment le procès des viols de Mazan. La famille est plus généralement un espace de transactions symboliques et économiques quotidiennes, marquées par des rapports asymétriques, entre parents et enfants, conjoint et conjointe ou encore aîné·es et cadet·tes.

Ce numéro, qui sera suivi d’un second volet, propose justement de (re)penser les rapports de domination à l’œuvre dans la famille pour comprendre l’ensemble des modes d’exercice du pouvoir qui s’y jouent. Comment expliquer leur relative stabilité au-delà des formes singulières qu’ils revêtent selon les contextes ? Les contributions réunies dans ce volume – depuis un entretien avec Dorothée Dussy autour de ses travaux sur l’inceste jusqu’à un examen des données statistiques sur les inégalités de patrimoine dans les couples – montrent que la famille constitue un lieu central d’apprentissage et de reproduction des rapports de pouvoir, en particulier ceux liés au genre, à la classe et à l’âge. Il explore ainsi la reconfiguration des relations entre enfants et parents quand ces derniers recourent à une aide à domicile, celle des rapports conjugaux en migration ou encore les formes de résistance de parents « progressistes » des classes supérieures à la transition de genre de leur enfant. Ces travaux soulignent que les familles ne sont pas isolées : elles sont aussi traversées par d’autres institutions, comme l’État social ou le droit, qui les encadrent, les contrôlent, et participent parfois à renforcer les inégalités plutôt qu’à les réduire. L’espace domestique, de ce point de vue, n’est qu’en apparence un monde clos.


lundi 24 février 2025

Jérôme Pacouret, Qu’est-ce qu’un auteur de cinéma ? Art, pouvoirs et division du travail

 

 

Jérôme Pacouret

Qu’est-ce qu’un auteur de cinéma ?

Art, pouvoirs et division du travail

CNRS

Cuture et Société

2025

 

Présnetation de l'éditeur

Comment et à quel prix le cinéma est-il devenu l’art du réalisateur, alors même que la fabrication d’un film mobilise des dizaines ou centaines de travailleurs et travailleuses ?
Une légende veut que l’auteur de film soit une invention de la Nouvelle Vague, voire une spécificité du « cinéma d’auteur » par opposition au cinéma hollywoodien. En adoptant une approche sociohistorique et transnationale, cet ouvrage montre au contraire comment, dès l’émergence de l’art cinématographique aux États-Unis et en France, le statut d’auteur a été construit et disputé par des écrivains, scénaristes, producteurs et metteurs en scène. Leurs luttes et la valorisation des auteurs sont à l’origine de manières de créer et de voir les films, qu’il s’agisse de cinéma d’auteur, indépendant, grand public ou expérimental.
Mais l’existence des auteurs de cinéma fonde également d’immenses inégalités sociales. En examinant l’appropriation de la valeur des œuvres par les réalisateurs, ce livre éclaire les conditions d’invisibilisation et de subordination de leurs collaborateurs et collaboratrices. La genèse et les pouvoirs des auteurs sont indissociables de rapports de classe et de genre, qui furent dénoncés dès 1968 puis dans le cadre de #MeToo, mais aussi de formes de racisme, de nationalisme et d’impérialisme.
Une plongée dans l’histoire de la fabrique des auteurs et dans les luttes du monde du cinéma.

Jérôme Pacouret est sociologue, docteur de l’EHESS, chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique ...

 

samedi 9 septembre 2023

Clara Deville, L'État social à distance. Dématérialisation et accès aux droits des classes populaires rurales

 

 

Clara Deville

L'État social à distance

Dématérialisation et accès aux droits des classes populaires rurales

du Croquant

Action publique

2023

 

 

Présentation de l'éditeur

Depuis une dizaine d’années, l’accès au RSA (revenu de solidarité active) est présenté comme plus simple, plus efficace et plus rapide, les outils numériques devant permettre de faciliter la réalisation des démarches administratives. Or, pour nombre de personnes, la réalité est tout autre. Entre la fermeture des guichets, les difficultés d’obtenir un rendez-vous, et l’usage de l’administration en ligne, l’obtention du RSA devient plus complexe pour celles et ceux qui sont placé·es en bas de la hiérarchie sociale.

Nourrie par une ethnographie au long cours menée en milieu rural, l’enquête présentée dans cet ouvrage explore les parcours des demandeurs et demandeuses de RSA, révélant les barrières qu’ils et elles doivent franchir afin d’espérer obtenir leurs droits. En questionnant à la fois les réformes de numérisation et ce que vivent les classes populaires résidant à distance des centres urbains, apparaissent alors les ressorts d’un État social qui, à distance, façonne les inégalités d’accès aux droits.

 


jeudi 13 octobre 2022

A l'occasion du 20e anniversaire de la disparition de Pierre Bourdieu: colloque international "Bourdieu: Work and Inequalities" ( les 16, 17 et 18 novembre 2022 au Conservatoire national des arts et métiers à Paris )

"The event will gather researchers from all around the world who draw into the work of Pierre Bourdieu to understand how inequalities are made, maintained, or resisted in the workplace and the labour market."

Colloque international

Bourdieu, Work and Inequalities

A l'occasion du 20e anniversaire de la disparition de Pierre Bourdieu,
les 16, 17 et 18 novembre 2022 
Conservatoire national des arts et métiers à Paris 
(Le colloque se déroulera exclusivement en anglais) 
 




mercredi 5 février 2020

Céline Bessière et Sibylle Gollac, Le genre du capital. Comment la famille reproduit les inégalités


Céline Bessière
Sibylle Gollac
Le genre du capital 
Comment la famille reproduit les inégalités 
La Découverte
L'envers des faits
2020


Présentation de l'éditeur
On sait que le capitalisme au XXIe siècle est synonyme d’inégalités grandissantes entre les classes sociales. Ce que l’on sait moins, c’est que l’inégalité de richesse entre les hommes et les femmes augmente aussi, malgré des droits formellement égaux et la croyance selon laquelle, en accédant au marché du travail, les femmes auraient gagné leur autonomie. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder ce qui se passe dans les familles, qui accumulent et transmettent le capital économique afin de consolider leur position sociale d’une génération à la suivante. Conjointes et conjoints, frères et sœurs, pères et mères n’occupent pas les mêmes positions dans les stratégies familiales de reproduction, et n’en tirent pas les mêmes bénéfices. Fruit de vingt ans de recherches, ce livre montre que le capital a un genre.
Céline Bessière et Sibylle Gollac enquêtent sur les calculs, les partages et les conflits qui ont lieu au moment des séparations conjugales et des héritages, avec le concours des professions du droit. Des mères isolées du mouvement des Gilets jaunes au divorce de Jeff et MacKenzie Bezos, des transmissions de petites entreprises à l’héritage de Johnny Hallyday, les mécanismes de contrôle et de distribution du capital varient selon les classes sociales, mais aboutissent toujours à la dépossession des femmes. Ce livre analyse ainsi comment la société de classes se reproduit grâce à l’appropriation masculine du capital.  
Céline Bessière est professeure de sociologie à l'Université Paris-Dauphine. Elle a publié notamment, De génération en génération. Arrangements de famille dans les entreprises viticoles de Cognac (Raisons d'Agir, 2010). Sibylle Gollac est chercheuse au CNRS. Elle a dirigé, avec S. Billaud, A. Oeser et J. Pagis, Histoires de familles. Les récits du passé dans la parenté contemporaine (Editions de la Rue d'Ulm, 2015).
 









 

lundi 26 février 2018

vidéo: Cédric Hugrée et Alexis Spire présentent Les classes sociales en Europe. Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent (avec Étienne Pénissat )



vidéo: Cédric Hugrée et Alexis Spire présentent Les classes sociales en Europe. Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent (avec Étienne Pénissat )
Aux Sources par Manuel Cervera-Marzal,  le 24/02/2018
 
Cédric Hugrée, Étienne Pénissat et Alexis Spire
Les classes sociales en Europe
Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent
Agone
L'Ordre des choses
2017 

Présentation de l'éditeur
Cartographie des inégalités sociales (niveaux d’éducation, logement, pratiques culturelles…) au-delà du revenu : une synthèse inédite des classes sociales à l’échelle européenne
Les classes populaires européennes ont été touchées de plein fouet par la crise : l’expérience du chômage et de la précarité fait partie de leur quotidien et constitue un marqueur qui les distingue des autres classes. Un autre trait récurrent est la pénibilité physique au travail, qui touche davantage les actifs peu ou pas qualifiés dans la quasi-totalité des pays européens. Pourtant, ces inégalités dans le monde du travail n’ont guère été prises en charge politiquement : la délégitimation du monde ouvrier s’est accompagnée d’une occultation de la déstabilisation des classes populaires.
Ces trente dernières années, les contours de l’Europe n’ont cessé de s’élargir, contribuant à y rendre plus visibles les inégalités. Experts et journalistes analysent ces évolutions à l’aide d’indicateurs de performance économique – productivité, taux de chômage – sans jamais s’interroger sur les conditions de travail ou les disparités selon les couches sociales. Dans un contexte où la crise économique et les réponses néolibérales incitent les peuples à se replier sur chaque espace national, il est temps de se demander ce qui rapproche et ce qui distingue les travailleurs européens. À partir de grandes enquêtes statistiques, cet ouvrage prend le parti d’une lecture en termes de classes sociales : contre la vision d’individus éclatés touchés par la crise, l’objectif est de rendre visibles les rapports de domination entre groupes sociaux. Une étape préalable nécessaire pour explorer les conditions de possibilité d’un mouvement social européen.
Cédric Hugrée est chargé de recherche au CNRS et travaille sur la sociologie des inégalités dans l’enseignement supérieur français et celles entre classes sociales en France et en Europe.
Étienne Penissat est chargé de recherche au CNRS, travaille actuellement sur les inégalités entre classes sociales en Europe et en France et sur les représentations ordinaires de l’espace social, et est co-directeur de la collection Ordre des choses.
Directeur de recherche au CNRS, Alexis Spire travaille sur la sociologie des inégalités et a publié plusieurs ouvrages sur les politiques d’immigration et l’impunité fiscale chez Grasset, Raisons d’agir et La Découverte. 

Annexes en ligne du livre

mercredi 8 novembre 2017

Enquêter sur l’internationalisation des biens médiatiques et culturels, Sous la direction de Jean-Baptiste Comby

Enquêter sur l’internationalisation des biens médiatiques et culturels 
Sous la direction de Jean-Baptiste Comby
P.U.Rennes
Res Publica 
2017

Présentation de l'éditeur
Tandis que depuis un demi-siècle la « mondialisation culturelle » ne cesse d’être louée pour ses supposées vertus démocratiques ou contes- tée pour ses présumées logiques impérialistes, ses rouages sociaux restent étonnamment méconnus. Si son économie politique est régulièrement discutée, les professionnels de l’internationalisation des biens culturels et médiatiques ont, eux, fait l’objet de peu d’attention. Qui sont ces femmes et ces hommes au cœur de l’import-export des biens symboliques ? Comment en viennent-ils à (s’)investir à l’international, avec quelles ressources, en poursuivant quels enjeux et en tenant compte de quelles contraintes ? Quels intérêts inséparablement sociaux et nationaux engagent-ils dans leurs métiers ? La partie visible des échanges symboliques à l’international, souvent teintée d’économisme et de technologisme, dissimule en fait une compétition sociale entre différentes fractions des champs du pouvoir. 
À rebours des approches culturalistes, cet ouvrage éclaire les hiérarchies sociales au principe de l’inégale circulation internationale des biens culturels. Tout le monde n’a pas les moyens de jouer le jeu de la « mondialisation », de se mobiliser par-delà les frontières ou de faire un usage distinctif des livres et films étrangers. Si concurrence il y a, elle met sans doute moins à partie des pays que des catégories sociales. Le montrer empiriquement c’est aussi lutter contre les clichés différencialistes qui, en essentialisant et en figeant les cultures, font le lit des visions xénophobes. 
Les différentes contributions étayent donc cette perspective. Elles expliquent comment il est possible et pourquoi il est important, de saisir les dynamiques structurelles et les rapports de domination qui orientent les processus d’internationalisation médiatique. Ainsi, ce livre collectif espère être utile aux étudiants et chercheurs analysant la construction sociale et historique des échanges internationaux de biens symboliques. Mais au-delà, l’ouvrage s’adresse à l’ensemble des agents concernés par ces questions et entend leur suggérer des clefs pour interpréter autrement ce qui est en jeu lorsqu’ils sont confrontés « à l’international ». 
Jean-Baptiste Comby est sociologue, maître de conférences à l’Institut français de presse de l’université Paris 2 et chercheur au CARISM ainsi qu’au CENS.
Les auteurs





mardi 10 octobre 2017

Cédric Hugrée, Étienne Pénissat et Alexis Spire, Les classes sociales en Europe. Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent

Cédric Hugrée, Étienne Pénissat et Alexis Spire
Les classes sociales en Europe
Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent
Agone
L'Ordre des choses
2017 

Présentation de l'éditeur
Cartographie des inégalités sociales (niveaux d’éducation, logement, pratiques culturelles…) au-delà du revenu : une synthèse inédite des classes sociales à l’échelle européenne
Les classes populaires européennes ont été touchées de plein fouet par la crise : l’expérience du chômage et de la précarité fait partie de leur quotidien et constitue un marqueur qui les distingue des autres classes. Un autre trait récurrent est la pénibilité physique au travail, qui touche davantage les actifs peu ou pas qualifiés dans la quasi-totalité des pays européens. Pourtant, ces inégalités dans le monde du travail n’ont guère été prises en charge politiquement : la délégitimation du monde ouvrier s’est accompagnée d’une occultation de la déstabilisation des classes populaires.
Ces trente dernières années, les contours de l’Europe n’ont cessé de s’élargir, contribuant à y rendre plus visibles les inégalités. Experts et journalistes analysent ces évolutions à l’aide d’indicateurs de performance économique – productivité, taux de chômage – sans jamais s’interroger sur les conditions de travail ou les disparités selon les couches sociales. Dans un contexte où la crise économique et les réponses néolibérales incitent les peuples à se replier sur chaque espace national, il est temps de se demander ce qui rapproche et ce qui distingue les travailleurs européens. À partir de grandes enquêtes statistiques, cet ouvrage prend le parti d’une lecture en termes de classes sociales : contre la vision d’individus éclatés touchés par la crise, l’objectif est de rendre visibles les rapports de domination entre groupes sociaux. Une étape préalable nécessaire pour explorer les conditions de possibilité d’un mouvement social européen.
 
Cédric Hugrée est chargé de recherche au CNRS et travaille sur la sociologie des inégalités dans l’enseignement supérieur français et celles entre classes sociales en France et en Europe.
Étienne Penissat est chargé de recherche au CNRS, travaille actuellement sur les inégalités entre classes sociales en Europe et en France et sur les représentations ordinaires de l’espace social, et est co-directeur de la collection Ordre des choses.
Directeur de recherche au CNRS, Alexis Spire travaille sur la sociologie des inégalités et a publié plusieurs ouvrages sur les politiques d’immigration et l’impunité fiscale chez Grasset, Raisons d’agir et La Découverte. 

Annexes en ligne du livre
 
 

samedi 22 juillet 2017

Publications de Pierre Bourdieu: avec des statisticiens (Alain Darbel, Jean-Paul Rivet, Claude Seibel) et Seibel, Desrosières, à propos de Bourdieu

" J'avais travaillé en Algérie avec des gens de l'Institut de Statistiques, avec tous mes amis de l'INSEE, Alain Darbel, Claude Seibel, Jean-Paul Rivet, avec qui j'ai appris la statistique «sur le tas».  Ça a été une des chances de ma vie. Ils étaient dans une tradition de statistique très rigoureuse, qui n'avait rien à envier à la version anglosaxonne, mais qui était ignorée des sociologues. Cela dit, tout en étant très stricts en matière d'échantillonnage ou de modèles mathématiques, ils étaient enfermés dans une tradition bureaucratico-positiviste qui leur interdisait de s'interroger sur les opérations élémentaires de la recherche. Un peu avant de travailler à ce livre , j'enseignais la sociologie à l’École Nationale de la Statistique et des Etudes Economiques (École Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique). En faisant ce cours aux futurs statisticiens, j'avais découvert qu'il fallait enseigner non seulement à traiter les données, mais à conduire l'objet à partir duquel elles étaient recueillies, non seulement à coder, mais à dégager les implications d'un codage, non seulement à faire un questionnaire, mais à construire un système de questions à partir d'une problématique, etc. ça c'était mon expérience." in Entretien avec Pierre Bourdieu — recueilli par Beate Krais en décembre 1988, in Le métier de sociologue. Préalables épistémologiques, Pierre Bourdieu, Jean-Claude Chamboredon, Jean-Claude Passeron, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, Co-éditeur Mouton de Gruyter, 2005 (1968), p.vi




Publications de Pierre Bourdieu: avec des statisticiens 
Alain Darbel, Jean-Paul Rivet, Claude Seibel
et Seibel, Desrosières, à propos de Bourdieu






(Cette liste de publications sera mise à jour au fur et à  mesure, version augmentée le 23.07.2017,  Gilbert Quélennec)
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avec Claude Seibel, Appendice VIII : Un essai de généralisation : le célibat dans seize cantons ruraux de Bretagne in Célibat et condition paysanne, Études rurales, nº 5-6, 1962, p. 32-135,  aussi Appendice VII : Un essai de généralisation : le célibat dans seize cantons ruraux de Bretagne in Le bal des célibataires. Crise de la société paysanne en Béarn, Seuil, Points Essais, 2002

avec Alain Darbel, Jean-Paul Rivet et Claude Seibel, Travail et travailleurs en Algérie, Mouton, 1963

avec Alain Darbel et ?, L'économie domestique des familles algériennes, CSE, 1962 "fondé sur une grosse enquête statistique (complètement analysée, elle dort dans un placard au Collège)" Pierre Bourdieu, in Esquisse pour une auto-analyse, Raisons d'Agir, Cours & Travaux, 2004, p.49-50

Alain Darbel, Note méthodologique, in Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les Héritiers. Les étudiants et la culture,  Minuit, Le sens commun, 1964, p.139-142

avec Alain Darbel, Dominique Schnapper, L’Amour de l’art. Les musées d’art européens et leur public, Minuit, Le sens commun, 1966

avec Alain Darbel, La fin d'un malthusianisme?  in Darras, Le partage des bénéfices, expansion et inégalités en France, Minuit, 1966, Le sens commun, p.135-154

Enseignement de Bourdieu à l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE)

Pierre Bourdieu, Morceaux choisis pour une introduction à la sociologie, ENSAE, 1964-1965













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voir également: 
 
 
 

mardi 13 juin 2017

Grégory Salle, L’utopie carcérale. Petite histoire des "prisons modèles"

 
Grégory Salle
L’utopie carcérale
Petite histoire des "prisons modèles"
Amsterdam
2017

Présentation de l'éditeur
À quoi tient aujourd’hui la légitimité de la prison ? Au tournant sécuritaire commandé par la réaction néolibérale, assurément. Mais aussi à la croyance que la prison est perfectible, envers et contre tout. Régulièrement, des « prisons modèles » s’évertuent à raviver une utopie pénitentiaire moribonde. Les discours qui les accompagnent font miroiter la possibilité d’un enfermement enfin avantageux sinon salutaire, comme si jusqu’ici, par manque d’imagination, de volonté et de moyens, l’on n’avait pas vraiment essayé.
C’est oublier une histoire jalonnée de diverses tentatives, parfois grandioses, qui donne toutes les raisons d’en douter. Pour nous la remémorer, ce livre effectue une vaste mise en perspective dans le temps et l’espace. De Genève à Pékin en passant par Londres ou Saint-Pétersbourg, du début du XIXe siècle à nos jours, il rappelle des cas célèbres ou méconnus de « prisons modèles » qui, d’abord encensées, ont tourné au fiasco.
Au terme de ce détour, pourtant, il ne s’agit pas seulement de constater l’ampleur du fossé entre prétentions et réalités, ni même de dissiper une illusion. Mais de faire opérer aux « prisons modèles » le même renversement de perspective qu’aux prisons tout court : et si l’évidence aveuglante de leur échec masquait un genre de succès, le passage sous silence de la gestion différentielle des illégalismes dont la prison est le pivot ?



mardi 16 août 2016

Pierre Bourdieu, Retour sur l'expérience algérienne, et Bourdieu au Val-Fourré



Pierre Bourdieu 
Retour sur l'expérience algérienne 
et  
Bourdieu au Val-Fourré





(Cette liste de publications sera mise à jour au fur et à mesure,  Gilbert Quélennec)
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Voir également:

Interventions de Pierre Bourdieu: Combattre la xénophobie d'Etat

Publications de Pierre Bourdieu: autour du Comité international de soutien aux intellectuels algériens (CISIA)

Pierre Bourdieu avec Abdelmalek Sayad et Bourdieu à propos de Sayad

Pierre Bourdieu avec Mouloud Mammeri et Bourdieu à propos de Mammeri  

Publications de Pierre Bourdieu: sur l'Algérie

Publications de Pierre Bourdieu: autour de la sociologie du travail

Publications de Pierre Bourdieu, Sociologie historique et analyse du changement

Publications de Pierre Bourdieu: Sociologie de la domination et dispositions à résister  

 
Pierre Bourdieu: un Intellectuel global

Pierre Bourdieu, la mise en oeuvre de l'intellectuel collectif international

Pierre Bourdieu, à propos de l'intellectuel collectif



lundi 20 juin 2016

Agone N° 58, Quand la santé décuple les inégalités


Agone N° 58
Quand la santé décuple les inégalités
Agone
2016
Présentation de l'éditeur
Coordination : Maud Gelly, Baptiste Giraud et Laure Pitti
À nombre de consultations égal, on est plus ou moins bien soigné selon sa classe sociale et son origine nationale. Les malades d’un cancer sont moins bien informés sur leur maladie par leur médecin quand ils sont pauvres. Au moment de l’apparition d’une douleur thoracique, premier signe d’un infarctus, les catégories sociales les plus favorisées font l’objet d’une prise en charge médicale plus approfondie et plus spécialisée. Les inégalités sociales qui marquent le suivi de grossesse sont aggravées par les pratiques des soignants qui informent moins, et moins bien, les femmes des classes populaires, a fortiori étrangères. Plus largement, les recommandations médicales nationales sont moins bien appliquées par les médecins pour les membres des classes populaires.

Sommaire :
– Une médecine de classe ? Inégalités sociales, système de santé et pratiques de soins, Maud Gelly et Laure Pitti
– “Corps et âme”. Le parti des Black Panthers et la lutte contre les discriminations médicales, Alondra Nelson
– “Médecin de première ligne dans un quartier populaire”. Un généraliste en banlieue rouge des années 1960 aux années 2010, Audrey Mariette et Laure Pitti
– La fabrique médicale des inégalités dans l’accès aux soins d’urgence. Ethnographie comparée de deux services d’urgence public et privé, Sylvie Morel
– Logiques de tri et discriminations à l’hôpital public : vers une nouvelle morale hospitalière ?, Caroline Izambert
– “C’est gênant de se mettre à dos son médecin, parce qu’on en a besoin.” Ouvriers malades de leur travail face à la médecine, Pascal Marichalar
– Inégalités contraceptives au pays de la pilule, Hélène Bretin et Laurence Kotobi
– Des inégalités en tous genres face au décès par sida et de leur ignorance par le système de santé, Maud Gelly
– De la santé pour tous à la sécurité de tous ? Logiques scientifiques et politiques de la surveillance épidémiologique, François Buton 

Histoire radicale :
« Le travail des enfants dans les verreries en 1912 », Charles Delzant.

mardi 31 mai 2016

Sandy Brian Hager, Public Debt, Inequality, and Power. The Making of a Modern Debt State

Sandy Brian Hager
Public Debt, Inequality, and Power
The Making of a Modern Debt State
University of California Press
2016

Présentation de l'éditeur
Who are the dominant owners of US public debt? Is it widely held, or concentrated in the hands of a few? Does ownership of public debt give these bondholders power over our government? What do we make of the fact that foreign-owned debt has ballooned to nearly 50 percent today? Until now, we have not had any satisfactory answers to these questions. Public Debt, Inequality, and Power is the first comprehensive historical analysis of public debt ownership in the United States. It reveals that ownership of federal bonds has been increasingly concentrated in the hands of the 1 percent over the last three decades. Based on extensive and original research, Public Debt, Inequality, and Power will shock and enlighten.
Sandy Brian Hager is a Postdoctoral Fellow at the Weatherhead Center for International Affairs at Harvard University. He worked previously at the London School of Economics and has published in various journals, including New Political Economy and Socioeconomic Review.

dimanche 17 avril 2016

Vidéos: Pierre Bourdieu au Val-Fourré (émission de radio et Rencontre-débat)


Vidéos: Pierre Bourdieu au Val-Fourré (émission de radio et Rencontre-débat)





(Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure,  Gilbert Quélennec)
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Entretien, radio locale RDC (Radio Droit de cité) de Mantes-la-Jolie, 01.12.1999. Extrait du documentaire La sociologie est un sport de combat de Pierre Carles sur Pierre Bourdieu. C-P Productions et VF Films. 2001.

Rencontre-débat au Centre culturel Le Chaplin du Val-Fourré de Mantes-la-Jolie,  sur le thème Les inégalités face à l'éducation et à la culture, 1er décembre 1999, Extraits du documentaire La sociologie est un sport de combat de Pierre Carles, C-P Productions et VF Films. 2001.
à partir de 37:50
 




 


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voir également:
Pierre Bourdieu avec Abdelmalek Sayad et Bourdieu à propos de Sayad

lire et écouter: Pierre Bourdieu, Retour sur l'expérience algérienne

Publications de Pierre Bourdieu: autour de la sociologie du travail

Publications de Pierre Bourdieu, Sociologie historique et analyse du changement

Publications de Pierre Bourdieu: Sociologie de la domination et dispositions à résister  

 
Pierre Bourdieu: un Intellectuel global

Pierre Bourdieu, la mise en oeuvre de l'intellectuel collectif international

Pierre Bourdieu, à propos de l'intellectuel collectif



vendredi 1 avril 2016

Mike Savage (dir.), Social Class in the 21st Century


Mike Savage (dir.)
Social Class in the 21st Century 
Penguin Books
A Pelican Introduction
2015

Présentation de l'éditeur
A fresh take on social class from the experts behind the BBC's 'Great British Class Survey'.
Why does social class matter more than ever in Britain today?
How has the meaning of class changed?
What does this mean for social mobility and inequality?
In this book Mike Savage and the team of sociologists responsible for the Great British Class Survey look beyond the labels to explore how and why our society is changing and what this means for the people who find themselves in the margins as well as in the centre.
Their new conceptualization of class is based on the distribution of three kinds of capital - economic (inequalities in income and wealth), social (the different kinds of people we know) and cultural (the ways in which our leisure and cultural preferences are exclusive) - and provides incontrovertible evidence that class is as powerful and relevant today as it's ever been.

Mike Savage is Professor of Sociology at the London School of Economics. He has written this book in collaboration with the team of sociology experts behind the Gret British Class Survey: Niall Cunningham, Fiona Devine, Sam Friedman, Daniel Laurison, Lisa Mckenzie, Andrew Miles, Helene Snee and Paul Wakeling.





mercredi 18 mars 2015

Jean-Pierre Orfeuil et Fabrice Ripoll, Accès et mobilités : les nouvelles inégalités

Jean-Pierre Orfeuil et Fabrice Ripoll
Accès et mobilités : les nouvelles inégalités
Infolio
Archigraphy Poche - Futurs Urbains
2015

Présentation de l'éditeur
Ce livre inaugure la série proposée par le LABEX Futurs Urbains qui invite deux chercheurs issus de disciplines différentes à mettre en regard leurs points de vue. Jean-Pierre Orfeuil et Fabrice Ripoll livrent ici leurs analyses croisées sur les liens qu’ils font entre inégalités sociales et inégalités de mobilité ou d’accès. Jean-Pierre Orfeuil aborde la question par les capacités d’accès aux ressources et aux territoires, pour traiter ensuite des conséquences des difficultés de mobilité sur les inégalités sociales, à l’échelle des individus et des territoires. Fabrice Ripoll de son côté plaide pour une approche de la mobilité comme construction sociale, dresse un tableau des formes de contraintes inhérentes aux déplacements, et conclut sur les stratégies de résistance aux déplacements.
Jean-Pierre Orfeuil est professeur émérite à l’Institut d’urbanisme de Paris de l’Université Paris-Est. Fabrice Ripoll est maître de conférences à l’Université Paris-Est Créteil.


lundi 2 février 2015

Jean-Claude Chamboredon, Jeunesse et classes sociales

Jean-Claude Chamboredon
Jeunesse et classes sociales
Edition de Paul Pasquali
Préface de Florence Weber
Rue d'Ulm
2015

Présentation de l'éditeur
Jean-Claude Chamboredon a marqué le renouveau de la sociologie française dans les années 1960 aux côtés de Pierre Bourdieu et de Jean-Claude Passeron, coauteurs avec lui du Métier de sociologue. Le présent ouvrage rassemble des articles, parus entre 1966 et 1991, qui ont fait date. Il montre la profondeur et l’actualité de son œuvre sur des thèmes toujours brûlants : la culture adolescente, la vie en HLM, la délinquance, l’école maternelle. Penser avec Chamboredon aujourd’hui, c’est montrer le poids social de l’âge, la relégation des banlieues, les inégalités des citoyens devant la justice, les effets pervers du pédagogisme, ou encore le rôle de l’école maternelle et de la prime éducation dans la reproduction des disparités culturelles entre les classes sociales.

Jean-Claude CHAMBOREDON est né en 1938. Normalien littéraire, il s’est formé à la sociologie aux côtés de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, avec lesquels il a coécrit Le Métier de sociologue (1968). Pivot de la première équipe de chercheurs réunis autour de Bourdieu, il a enseigné à l’ENS jusqu’en 1988 avant de rejoindre l’EHESS Marseille. Il a publié un grand nombre d’articles qui ont fait date sur divers sujets : culture adolescente, cités HLM, délinquance juvénile, petite enfance, mondes ruraux, chasse, création artistique, système scolaire, histoire du durkheimisme, etc. Il a aussi contribué, en tant que traducteur, préfacier ou critique d’ouvrages, à introduire en France des auteurs étrangers de premier plan tels que Basil Bernstein, Howard Becker, Edward Thompson et Raymond Williams. Fondateur du Laboratoire de sciences sociales de l’ENS, il a formé plusieurs générations de sociologues parmi lesquels François Héran, Jean-Louis Fabiani, Michel Bozon, Pierre-Michel Menger, Anne-Marie Thiesse, Florence Weber, Stéphane Beaud et Pierre-Paul Zalio.
Paul PASQUALI est sociologue, chargé de recherche au CNRS. Il a récemment publié un ouvrage sur l’expérience des étudiants bénéficiaires de l’ouverture sociale des grandes écoles (Passer les frontières sociales, Fayard, 2014). Il mène actuellement une recherche sur l’histoire des enquêtes de terrain en France. Une partie de ce travail porte sur Jean-Claude Chamboredon et a été publiée dans la revue Genèses, en 2012.
L’auteur de la préface, Florence WEBER, enseigne la sociologie et l’anthropologie sociale à l’ENS. Elle a notamment contribué au renouveau de l’enquête ethnographique en France à partir des années 1990. 

mardi 17 juin 2014

Dictionnaire des inégalités, Sous la direction de Alain Bihr et Roland Pfefferkorn

Dictionnaire des inégalités
Sous la direction de
Alain Bihr et Roland Pfefferkorn
Armand Colin
2014

Présentation de l'éditeur
Les inégalités n’ont cessé de s’accroître ces dernières années dans nos sociétés contemporaines. Perçue par une large part du public, cette tendance est confirmée par de nombreuses études scientifiques, si bien que la question des inégalités est devenue un objet de préoccupation majeure. Loin de se limiter à dresser un état des lieux, l’ambition de cet ouvrage est de fournir les clefs indispensables à la compréhension de cette dynamique.
Riche de plus de cinq cents entrées, ce dictionnaire couvre l’ensemble des dimensions des inégalités sociales : inégalités entre classes, entre sexes, entre âges et générations, entre nationalités et groupes ethniques, ou encore entre différents espaces (centres et périphéries, villes et campagnes…). Afin de dépasser le seul cadre hexagonal, plusieurs entrées sont consacrées à des pays ou à des comparaisons internationales. Pour autant, ne sont négligés ni les débats et controverses ni les aspects méthodologiques relatifs à l’étude des inégalités et à leur mesure. Enfin, l’aspect systémique des inégalités est mis en évidence, en analysant comment celles-ci s’engendrent bien souvent conjointement.
Fruit de la collaboration de sociologues, ethnologues, historiens, géographes, économistes, statisticiens, philosophes, médecins et juristes, ce dictionnaire pluridisciplinaire, premier du genre, apporte un éclairage inédit sur le fonctionnement de nos sociétés.

215 spécialistes en sciences humaines et sociales
500 entrées – index des noms propres

8 champs d’exploration : - les inégalités entre classes sociales, - les inégalités de genre ou entre sexes sociaux, - les inégalités entre classes d’âge et entre générations, - les inégalités entre nationalités, ethnies, groupes racisés ou racialisés à l’intérieur d’un même État, - les inégalités sociospatiales (entre quartiers urbains, centres et périphéries, entre villes et campagnes, entre régions), - les inégalités au niveau mondial (entre États et groupes d’États, entre continents ou régions continentales, etc.), - les débats autour des inégalités sociales et du concept d’inégalité sociale mettant aux prises les principaux courants philosophiques, politiques et idéologiques contemporains, - enfin les questions de méthode que posent l’étude et la mesure empiriques des inégalités.
Fruit de la collaboration de sociologues, ethnologues, historiens, géographes, économistes,
statisticiens, philosophes, un éclairage inédit sur le fonctionnement de nos sociétés.
ALAIN BIHR Professeur émérite de sociologie à l’Université de Franche-Comté, membre du Laboratoire C3S
(Culture, Sport, Santé, Société).
Roland PFEFFERKORN est Professeur des universités à l’Université de Strasbourg, où il est directeur de
l’institut de Sociologie, membre du laboratoire Dynamiques européennes (UMR CNRS 7367).
Tous deux ont signé ensemble Déchiffrer les inégalités (1999) ; Hommes-femmes : quelle égalité ? (2002) ;
Le système des inégalités (2008).
Le comité scientifique : Claudine ATTIAS-DONFUT, Alain BIHR, Denis COLLIN, Pierre CONCIALDI, Jacqueline HEINEN, Bruno LAUTIER, Marylène LIEBER, Roland PFEFFERKORN, Fabrice RIPOLL, Patrick SIMON et Sylvie TISSOT.

vendredi 1 mars 2013

Préprogramme: ÉDUCATION ET ÉMANCIPATION, 8e édition du festival Raisons d’agir, 30 mars, et 3, 4 et 5 avril 2013

30 mars, et 3, 4 et 5 avril 2013
ÉDUCATION ET ÉMANCIPATION
8e édition du festival Raisons d’agir.
Espace Mendès France, Poitiers
Fidèle à sa formule, le festival associe le regard objectivant des chercheurs à celui, plus subjectif, des artistes, des militants et des étudiants, afin de mener une réflexion collective sur les débats politiques contemporains et ainsi d’y prendre part.

PRÉPROGRAMME

Samedi 30 mars
Place Notre-Dame
10h30 -Intervention poétique

Mercredi 3 avril
UFR de Sciences humaines et arts
Préambule
14h -Table-ronde Pédagogie et inégalités
À l’Espace Mendès-France
17h -Perf’au Planétarium
18h30 -Projection de courts-métrages
21h -Conférence-débat L’é d u c a t i o n à l’épreuve du libéralisme

Jeudi 4 avril
À l’Espace Mendès-France
14h -Quels savoirs pour quels citoyens ?
15h30 -Savoirs et inégalités
À la librairie La Belle Aventure
18h30 -Rencontre avec des auteurs
Au TAP Castille
21h -Projection de Tempête sous un crâne, film de Clara Bouffartigue, suivie d’un débat



Vendredi 5 avril
À l’Espace Mendès-France, journée d’études avec de nombreux intervenants
9h30 -Les pratiques scolaires et universitaires
14h -Table-ronde Changer l’école ?
17h -Débat Espérer ou désespérerde l’école ?
21h -Projection de L’école Buissonnière, Flm de Jean-Paul Le Chanois, suivie d’un débat

samedi 10 novembre 2012

Manuel Schotté, La construction du « talent ». Sociologie de la domination des coureurs marocains

Manuel Schotté
La construction du « talent »
Sociologie de la domination des coureurs marocains
Cours & travaux
Raisons d'agir
2012

Présentation de l'éditeur
 Depuis le milieu des années 1980, les coureurs kenyans, éthiopiens et marocains opèrent une mainmise dans le domaine de la course de demi-fond et de fond. Les succès de ces athlètes sont rapportés de façon quasi-invariable à leur supposé talent inné : les sportifs les plus talentueux sortiraient automatiquement du lot des pratiquants, en vertu de leurs exceptionnelles qualités. La suprématie des coureurs d’Afrique de l’Est et du Nord au niveau mondial est alors décrite comme le produit d’une sélection naturelle qui tournerait à l’avantage de ces populations prétendument plus douées pour les efforts prolongés.
  Plutôt que de naturaliser la performance sportive, il s’agit dans cet ouvrage de rendre compte des logiques sociales qui sous-tendent la réussite athlétique. La surreprésentation des coureurs marocains parmi les champions du demi-fond repose sur une double construction sociale : construction de l’offre de travail d’un côté, avec le façonnement d’ambitions et de compétences dans le domaine de la course à pied chez des jeunes Marocains ; construction de la demande ensuite, avec l’émergence du professionnalisme en Europe au début des années 1980. Aucune de ces conditions, ni leur juxtaposition d’ailleurs, ne suffit à expliquer le succès international des coureurs marocains à compter de ce moment. C’est effectivement à la seule condition de mettre en relation les deux versants que l’on peut rendre compte de la répartition socialement construite des populations telle qu'elle se donne à voir en athlétisme depuis environ 25 ans.
  Mettre en doute l’idée d’un « talent » préexistant et intangible, ne revient pas à voir dans la réussite le pur produit d’un jeu social qui aurait propulsé le « champion » au sommet, indépendamment de ses qualités athlétiques. Or si jeu social il y a bien, il repose sur une compétence spécifique qui en est à la fois le support et l’issue. L’une des caractéristiques de cette compétence est d’être objectivement mesurable : le sport constitue un formidable laboratoire pour comprendre comment celui-ci se façonne. Du fait de « l’objectivité » des hiérarchies sportives — en particulier en athlétisme, sport qui classe les concurrents sur un étalon chronométrique universel —, on peut définir, précisément et à tout moment, le niveau de performance d’un sportif.
Même s’il est centré sur la fabrique du « talent », l’ouvrage peut également être lu comme une ethnographie de la jeunesse urbaine marocaine de milieux populaires et des conditions d’émigration/immigration d’une partie d’entre elle. Organisé autour de cas finement dépeints et replacés dans toute l’épaisseur de leur quotidien, il donne à voir ce que sont les univers de vie et de sens de jeunes marocains devenus coureurs. En les suivant dans leurs espoirs, leurs efforts et leurs échecs, c’est le portrait de la jeunesse sans avenir d’un pays dominé qui se dessine en creux : comprendre pourquoi et comment la course à pied peut devenir pour quelques-uns une voie de salut donne des indications plus générales sur le groupe dont ils sont issus. Et décrire l’intensité des attentes et des investissements associés à la pratique sportive donne une idée du dénuement des classes populaires maghrébines dont certains membres en viennent à tenter de courir leur chance.
  Au total, parce qu’il se fonde sur une enquête méthodique et approfondie, réalisée par un universitaire qui est aussi coureur de fond lui-même, cet ouvrage intéressera tous les spécialistes tant de sociologie du sport que des inégalités et des formes de relégations vécues par une partie de la jeunesse d’Afrique du Nord. Mais, il renvoie aussi à la question de la capacité des sciences sociales à comprendre le singulier et même le plus singulier des singuliers quand il s’agit de l’athlète d’exception et de l’homme hors norme.
Manuel Schotté est enseignant chercheur à l’Université de Lille 2. Ses travaux portent sur la sociologie du sport. Il est l’auteur de Sportifs en danger. La condition des travailleurs sportifs (avec Sébastien Fleuriel), Edition du Croquant, "Savoir/Agir", 2008.