Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



lundi 7 septembre 2009

Éric Brian, Comment tremble la main invisible. Incertitude et marchés

Comment tremble la main invisible
Incertitude et marchés
Brian, Éric
ISBN: 978-2-287-99664-1
à paraître: septembre 30, 2009




À propos de ce livre

Il est largement admis aujourd’hui que la crise financière amorcée en 2007, et accentuée à l’automne 2008, a révélé une faille dans les systèmes de gestion des risques, une défaillance des techniques de fixation des prix et une démesure des interventions spéculatives. Répondant à ce constat, ce livre propose une nouvelle approche de la cohérence des marchés – de ce que Adam Smith a appelé la « main invisible ». Il analyse les conséquences de cette hypothèse sur la modélisation des phénomènes financiers et le comportement des investisseurs.

Issu d’une vingtaine d’années de recherches en épistémologie des sciences économiques et sociales, l’ouvrage s’adresse aux économistes, aux sociologues et aux mathématiciens. En six chapitres, il présente une esquisse de l’histoire des rapports entre économie et mathématiques du hasard ; une définition du cadre hypothétique retenu pour l’analyse ; un bilan de la perspective probabiliste sur la cohérence des marchés ; une critique des conceptions de la valeur fondée sur des cadres désormais dépassés ; une exploration de l’incertitude des marchés financiers ; enfin, un élargissement de la « théorie de l’action rationnelle ». Il s’agit finalement de rendre compte aussi bien des actions de donneurs d’ordres surinformés que de celles d’exclus du monde économique régulier.

Au fil de l’ouvrage, il apparaît clairement que la « main invisible » tremble aléatoirement, et pas toujours là où on l’imagine. Les institutions et les calculs économiques enregistrent et transforment cette incertitude. Les attentes de chacun lui répondent, les plus mesurées comme les plus extravagantes.



Éric Brian, historien des sciences et sociologue, est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et dirige la Revue de synthèse. Il est membre de la direction du CNRS.

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