« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 9 juin 2011

Le capitalisme au futur antérieur. Crédit et spéculation en France. Fin XVIIIe - Début XXe siècles, sous la direction de Nadine Levratto et Alessandro Stanziani



Le capitalisme au futur antérieur
Crédit et spéculation en France
Fin XVIIIe - Début XXe siècles

sous la direction de Nadine Levratto et Alessandro Stanziani
Collection droit et économie - N° 2
Edition Bruylant
2011

présentation de l'éditeur
Alors que les innovations financières, les subprimes et l’économie de casino sont brandies par la classe politique comme les seuls éléments caractéristiques à l’origine d’une crise du capitalisme en ce début du XXIe siècle, cet ouvrage s’interroge sur l’existence de changements d’une ampleur aussi importante au cours de périodes plus anciennes. La fin du XIXe siècle se prête particulièrement bien à cet exercice. Au-delà des innovations techniques qui s’y multiplient, ce siècle est caractérisé par des mutations institutionnelles propices à favoriser l’entrée du futur et des promesses de gain dans les rapports entre agents. De fin ultime de l’activité économique, le futur devient alors objet en soi des transactions dont une partie peut alors se détacher des valeurs réelles.
Cet ouvrage se propose de rendre compte de cette transformation majeure du système économique, des multiples facettes du capitalisme financier, de ses origines et des mécanismes de mise en gage du futur. Se détachant de l’idée de rupture souvent associée au XIXe siècle, et en puisant dans des sources souvent inédites, les contributeurs montrent que les racines de ce changement sont à rechercher dans des adaptations des marchés et des règles de l’échange perceptibles dès l’Ancien Régime. D’un point de vue méthodologique, mêlant le droit, l’histoire et l’économie, les contributions réunies montrent que les mutations du capitalisme de cette époque sont adossées à des changements institutionnels et juridiques qui ont soit créé les conditions du changement, soit accompagné les changements de pratiques des acteurs économiques.

lundi 7 septembre 2009

Éric Brian, Comment tremble la main invisible. Incertitude et marchés

Comment tremble la main invisible
Incertitude et marchés
Brian, Éric
ISBN: 978-2-287-99664-1
à paraître: septembre 30, 2009




À propos de ce livre

Il est largement admis aujourd’hui que la crise financière amorcée en 2007, et accentuée à l’automne 2008, a révélé une faille dans les systèmes de gestion des risques, une défaillance des techniques de fixation des prix et une démesure des interventions spéculatives. Répondant à ce constat, ce livre propose une nouvelle approche de la cohérence des marchés – de ce que Adam Smith a appelé la « main invisible ». Il analyse les conséquences de cette hypothèse sur la modélisation des phénomènes financiers et le comportement des investisseurs.

Issu d’une vingtaine d’années de recherches en épistémologie des sciences économiques et sociales, l’ouvrage s’adresse aux économistes, aux sociologues et aux mathématiciens. En six chapitres, il présente une esquisse de l’histoire des rapports entre économie et mathématiques du hasard ; une définition du cadre hypothétique retenu pour l’analyse ; un bilan de la perspective probabiliste sur la cohérence des marchés ; une critique des conceptions de la valeur fondée sur des cadres désormais dépassés ; une exploration de l’incertitude des marchés financiers ; enfin, un élargissement de la « théorie de l’action rationnelle ». Il s’agit finalement de rendre compte aussi bien des actions de donneurs d’ordres surinformés que de celles d’exclus du monde économique régulier.

Au fil de l’ouvrage, il apparaît clairement que la « main invisible » tremble aléatoirement, et pas toujours là où on l’imagine. Les institutions et les calculs économiques enregistrent et transforment cette incertitude. Les attentes de chacun lui répondent, les plus mesurées comme les plus extravagantes.



Éric Brian, historien des sciences et sociologue, est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et dirige la Revue de synthèse. Il est membre de la direction du CNRS.