« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 27 octobre 2014

en ligne: Agone 49, Crise financière globale ou triomphe du capitalisme ?


Agone 49
Crise financière globale ou triomphe du capitalisme ?
Agone
2012

En septembre 2008, l'irruption d'une crise financière épique touche le cœur même du système dominant. Dans les mois qui suivent, production mondiale, commerce, capitaux propres, crédits et investissements sont brutalement frappés, tandis que le chômage atteint des taux à deux chiffres dans tout l'hémisphère nord. On a senti, et pas seulement à gauche, que le paradigme néolibéral ne sortirait pas indemne de cette crise, qui pouvait même porter un coup fatal à l'hégémonie américaine. Malgré le déferlement d'analyses, la portée historique de cette crise reste obscure. À quoi a-t-elle mis fin ? A quoi n'a-t-elle pas mis fin ?

En coédition avec la New Left Review, ce volume rassemble les principales analyses proposées par cette revue sur la crise. Depuis cinquante ans, la NLR s'est imposée comme l'un des lieux majeurs de la pensée critique dans le monde anglo-saxon en suivant un mot d'ordre salutaire: refuser tout accommodement avec le système dominant ainsi que les manières d'en sous-estimer la puissance.

jeudi 25 octobre 2012

Agone 49, Crise financière globale ou triomphe du capitalisme ?

Agone 49
Crise financière globale ou triomphe du capitalisme ?
Coédition avec la New Left Review
Coordination Philippe Olivera
Agone
2012


Présentation de l'éditeur
Fondée en 1960, la New Left Review s’est rapidement imposée comme un lieu central de la pensée critique. Contemporaine de l’émergence des « nouvelles gauches » dont l’espace avait été ouvert par la crise du mouvement communiste après les événements de 1956, elle a joué un rôle majeur dans la réflexion théorique et politique avant comme après Mai 68, puis dans le contexte de la contre-révolution libérale qui a suivi. Quand tant d’autres publications ont disparu ou profondément révisé leur projet politique d’origine pour s’adapter aux retournements historiques, la New Left Review a maintenu le cap d’une critique radicale de l’ordre dominant sans déroger aux exigences de ses ambitions intellectuelles.
Avec ce numéro, la revue Agone inaugure une série de parutions annuelles composées d’une sélection d’articles entièrement tirée de la New Left Review, sur un thème choisi par les deux rédactions.
Les deux éditoriaux par lesquels s’ouvre cette première livraison rappellent l’origine et le parcours de la New Left Review puis donnent le cadre de son projet actuel. Reprenant pour quelque temps la direction qu’il avait assurée pendant plus de vingt ans, Perry Anderson propose en janvier 2000 un bilan sans concession sur la situation de la gauche ; et les grandes lignes des « Renouvellements » nécessaires à la poursuite d’un demi-siècle d’héritage. Dix ans plus tard, Susan Watkins, qui lui a succédé, décrit les « Paysages instables » produits par le grand ébranlement économique ouvert par la crise de 2008. L’ensemble des autres contributions qui sont réunies autour du thème de la crise actuelle du capitalisme manifeste l’ampleur de vue et la diversité des approches indispensable pour comprendre le monde où nous vivons – prérequis à toute volonté de changement.
SOMMAIRE
Renouvellements, éditorial de Perry Anderson
Toute réflexion sur l’avenir de la NLR doit partir de sa differentia specifica. Qu’est-ce qui a fait sa singularité en tant que revue de gauche ? La façon la plus simple et la plus succincte de répondre à cette question est la suivante : aucune autre revue ne s’est efforcée de couvrir un terrain aussi vaste – s’étendant de la politique à l’économie, en passant par l’esthétique, la philosophie et la sociologie – avec une telle liberté quant à la longueur et au degré de minutie des contributions. Cet espace n’a jamais été exploré de manière homogène ou équilibrée, au point de décourager même les lecteurs les plus patients. Mais c’est ainsi que le caractère de la New Left Review s’est forgé. Il s’agit d’une revue politique basée à Londres, qui a tenté de traiter les sciences humaines et sociales et les arts et les mœurs dans le même esprit historique que la politique elle-même.
Paysages instables, éditorial de Susan Watkins
Les milliers de milliards de dollars injectés pour renflouer les institutions financières pèseront sur les économies intérieures pour les années à venir. Mais les interventions massives des États ont-elles signé la fin du modèle néo-libéral ? Au plan idéologique, les créations de richesse mirifiques de la haute finance ont été son principal instrument de légitimation. On a senti, et pas seulement à gauche, que le paradigme néo-libéral ne sortirait pas indemne de la crise, qui pouvait même porter un coup fatal à l’hégémonie américaine. L’humiliation des géants de Wall Street semblait indiquer que le monde se trouvait au seuil d’une nouvelle ère. Entre-temps, le système financier a été stabilisé sans qu’aucun de ses problèmes de fond n’ait été résolu. Malgré le déferlement d’analyses consacrées à la crise, sa portée historique reste obscure. À quoi la crise de septembre 2008 a-t-elle mis fin ; à quoi n’a-t-elle pas mis fin ?
L’économie mondiale et la crise américaine, Robert Brenner
La crise qui affecte actuellement l’économie mondiale est la plus dévastatrice depuis la Grande Dépression, et elle pourrait bien s’avérer tout aussi grave. Elle est en effet le symptôme à la fois d’immenses problèmes non résolus dans l’économie réelle, dissimulés pendant des décennies par la dette, et d’une crise financière d’une profondeur inédite pour la période d’après-guerre. C’est l’effet de renforcement mutuel du déclin de l’accumulation du capital et de la désintégration du secteur financier qui fait que ce glissement échappe totalement aux responsables politiques et qui rend son potentiel de catastrophe si manifeste.
Les analystes de la crise ont naturellement pris comme point de départ l’effondrement du secteur bancaire et des marchés boursiers. Mais à de rares exceptions près, tous ont aussi nié les problèmes profonds et chroniques de l’économie réelle.
La crise 2.0, Robin Blackburn
Nous allons revenir en détail sur certaines des « mesures de sauvetage » déjà mises en œuvre et faire un tour d’horizon des déboires de ce monde de crise 2.0, dans lequel gouvernements, ménages et acteurs de la finance s’efforcent tous de réduire leur niveau d’endettement. Les résultats de cette situation sont sans appel : stagnation, chômage, démantèlement de l’État-providence et arrivée de coalitions de technocrates sans mandat électoral. Des stratégies de résistance doivent être mises en œuvre pour traiter efficacement les causes sous-jacentes de la crise. Nous appelons de nos vœux une expansion de la demande globale rendue possible par la hausse des rémunérations dans les pays à bas salaires, des annulations de dettes dans les pays pauvres comme dans les plus riches, de nouveaux mécanismes de protection sociale et des structures financières mises au service de l’intérêt public.
Le mythe du filet de sécurité mondial, Jan Breman
En rendant compte de la récession économique, les médias se sont surtout penchés sur les effets de la crise sur les pays riches, sans beaucoup se soucier des nombreuses populations qui vivent dans ce qu’on avait coutume d’appeler le tiers-monde. Selon les analyses actuellement en vogue, le fléchissement de ces « économies émergentes » pourrait s’avérer moins grave que prévu. Pourtant, cette perspective, qui se contente d’analyser les répercussions de la crise sur les pays dans leur ensemble, masque l’hétérogénéité de son impact en fonction des classes sociales. En tenant compte de la distribution des revenus, on s’aperçoit que le ralentissement mondial touche de façon disproportionnée les secteurs les plus vulnérables : les immenses cohortes de travailleurs sous-payés, sous-éduqués et privés de ressources qui constituent les strates inférieures surpeuplées de l’économie mondiale.
Irlande : le tournant ?, Daniel Finn
S’il manquait encore aux deux États irlandais le trait distinctif de la politique européenne moderne – une division gauche-droite nettement liée à la classe des électeurs – ne pouvait-on en déduire que, pour une fois, l’Irlande avait une longueur d’avance, annonçant l’américanisation prochaine de la vie politique européenne ?
Depuis septembre 2008, la crise mondiale a noyé ces visions sous un déluge d’eau glacée. L’État du sud, en chute libre, perd des emplois à une vitesse vertigineuse et a été contraint d’accepter un « plan de renflouement » humiliant de l’UE et du Fonds Monétaire International. La récession a cruellement révélé les failles du modèle du « Tigre celtique ». S’il est trop tôt pour évaluer les effets à long-terme de la crise, il est d’ores et déjà évident que le parcours historique excentrique de l’Irlande est encore bien loin d’arriver à son terme.
Spéculations sur l’état stationnaire, Gopal Balakrishnan
Quelle est la signification historique de l’implosion du néolibéralisme, moins de vingt ans après l’effondrement de l’Union soviétique ? Une hypothèse troublante vient à l’esprit. On sait que l’URSS est parvenue au sommet de sa puissance dans les années 1970, juste avant de s’enfoncer dans une spirale de retranchement, de dérive et d’effondrement. Se pourrait-il, par une de ces bonnes vieilles ironies de l’histoire, qu’un revers de fortune comparable guette la superpuissance occidentale ? Après tout, on peut voir une forme d’unité des contraires dans l’opposition entre un capitalisme débridé et les économies industrielles planifiées de l’ancien COMECON.
La dépression qui s’annonce révélera peut-être que les statistiques économiques nationales de la période de l’économie des bulles étaient des fictions assez comparables à celles qui avaient cours dans le vieux système soviétique.
Les tortueux sentiers du capital, Giovanni Arrighi (entretien avec David Harvey)
David Harvey : On peut difficilement imaginer vérification plus spectaculaire de ce que tu prédis depuis très longtemps dans tes théories que l’actuelle crise du système financier mondial. Y a-t-il des aspects de la crise qui t’ont surpris ?
Giovanni Arrighi : Ma prédiction était très simple. Dans The Long Twentieth Century, je qualifiais de crise annonciatrice d’un régime d’accumulation le début de la financiarisation et je faisais remarquer qu’après un certain temps – en général environ un demi-siècle – la crise terminale suivait. L’hypothèse fondamentale est que toutes ces expansions financières ne pouvaient pas tenir parce qu’elles amenaient à la spéculation plus de capital qu’il n’était possible d’en gérer – en d’autres termes, ces expansions financières avaient tendance à créer des bulles de différentes sortes. Je prévoyais que cette expansion financière mènerait à une crise terminale parce que, aujourd’hui comme dans le passé, les bulles ne peuvent pas tenir.

lundi 21 décembre 2009

en ligne: Revue de la régulation, numéro 5 - Crise du capitalisme financier

Notes de la rédaction

Edito. Crise du capitalisme financier.

Les théories hétérodoxes, et en particulier la théorie de la régulation, retrouveraient-elles une nouvelle jeunesse avec la reconnaissance officielle et très médiatique de la crise ? Cette dernière, n’est-elle pas née dans les années 1970, dans un contexte de crise ? La relation dialectique entre croissance et crise, entre le capitalisme en régime et ses crises, constitue une clé méthodologique. Chacun se souviendra également de la distinction établie en 1979 (1), et ayant fait florès depuis, entre petite et grande crises. À l’aune de cette typologie, la crise financière devenue manifeste pour tous en septembre 2008 s’inscrit assurément dans une grande crise, c'est-à-dire une période marquée par l’impossibilité pour le capitalisme, livré à une finance dérégulée, de permettre une croissance durable et une situation prolongée de plein emploi.

Pour autant, si la crise actuelle marque la fin d’une époque, celle d’un régime d’accumulation tiré par la finance, nombreuses sont les questions auxquelles est confrontée la pensée économique dans son ensemble et, tout particulièrement, l’économie standard. Manifestement, celle-ci n’a pas su comprendre les enchaînements propres à la crise, ni ceux propres au régime qui l’a précédé (l’usage actuel de la référence à la crise par ceux qui ont défendu l’efficience des marchés et institué le laisser-faire est à cet égard saisissant). Une approche en termes de régulation paraît fournir un cadre de pensée et une méthodologie plus pertinente, à la fois pour penser la crise (comme objet d’étude) et pour penser à partir de la crise. Attendue, voire anticipée, il n’empêche, la crise fait son travail en temps réel : elle se révèle comme un laboratoire social et politique où l’expérimentation et le tâtonnement sont la règle plutôt que l’exception. De sorte que la lisibilité du mode de régulation devient problématique : les hiérarchies et les complémentarités institutionnelles sont bousculées, tant sur le front du rapport salarial que sur la place et le rôle de l’État dans le jeu de la régulation ; et le régime de croissance est miné par des inégalités sociales profondes ; plus largement, le mode de développement bute sur des contraintes écologiques.

Le concept de crise n’est pas non plus sans poser question dans une analyse de la dynamique historique du capitalisme, particulièrement quand la crise devient un régime d’évolutions permanentes. Si pour caractériser le mode de régulation fordiste, la régularité de l’accumulation intensive avait permis de mettre en tension croissance et crise ; plein-emploi et sous-emploi, nous savons à quel point les relations entre le régime d’accumulation à dominante financière et son mode de régulation sont la source de blocages institutionnels, voire de contradictions et de conflits d’intérêts durables. Les années 1990, et plus encore les années 2000, prouvent, s’il est besoin, que la croissance peut se conjuguer à l’instabilité et l’exclusion.

(Ré)interroger la notion de crise pour mettre au jour la complexité des ajustements qui fondent la relation entre crise et régime d’accumulation apparaît donc comme un horizon analytique décisif pour penser le changement institutionnel permanent des institutions du capitalisme. Il s’agit là d’une visée qui, sans nul doute, renforce la nécessité d’une pensée économique historicisée et située, mais qui davantage encore doit intégrer l’analyse des pratiques et des représentations des acteurs.

C’est dans cette perspective que nous invitons le lecteur à lire ce dossier qui reflète le pluralisme de la Revue bien au-delà de la seule Théorie de la régulation, en espérant beaucoup des vertus heuristiques des analyses à chaud de la dynamique de transformation en cours.

(1) Robert Boyer, « La crise actuelle : une mise en perspective historique. Quelques réflexions à partir d'une analyse du capitalisme français en longue période », Critiques de l'Economie Politique , nouvelle série, n° 7-8, Avril-Septembre 1979, p. 3-113.

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Dossier : Crise du capitalisme financier
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Robert Boyer
Feu le régime d’accumulation tiré par la finance :
La crise des subprimes en perspective historique http://regulation.revues.org/index7367.html
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Frédéric Lordon
Après la crise financière : « réguler » ou refondre ?
Les insuffisances des stratégies prudentielles
After the financial crisis: regulation or radical overhaul ? The shortcomings of prudential policies http://regulation.revues.org/index7461.html
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Matthieu Charpe
Dette des ménages et instabilité financière
Households Debt and Financial Instability http://regulation.revues.org/index7464.html
o
Maryse Farhi et Marcos Antonio Macedo Cintra
The Financial Crisis and the Global Shadow Banking System
La crise financière et le Global Shadow Banking System http://regulation.revues.org/index7473.html
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Samba Diop
La crise du crédit à risque américain : une interprétation par l’Hypothèse d’Instabilité Financière de Minsky
the american subprime crisis: a minskyan analysis http://regulation.revues.org/index7510.html
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Varia
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Aurélie Trouvé
Les régions, porteuses de nouveaux compromis pour l’agriculture ?
Regions : a Basis for New Compromises in Agriculture http://regulation.revues.org/index7550.html
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Sabine Montagne
Analyse économique du Droit versus Institutionnalisme. Une comparaison « en situation »
Economic Analysis of Law versus Institutionnalism. A “in situation” comparison http://regulation.revues.org/index7574.html
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Opinions - débats
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Gerald Epstein
Obama’s Economic Policy: Achievements, Problems and Prospects http://regulation.revues.org/index7459.html
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Bertrand Blancheton et Yves Jégourel
Les fonds souverains : un nouveau mode de régulation du capitalisme financier ? http://regulation.revues.org/index7500.html
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Bernard Vallageas
Analyse de la crise financière actuelle
Où vont-ils chercher ces milliards qu’ils n’ont pas? Comment l’État assureur en dernier ressort permet d’accéder à la Banque centrale européenne, prêteur en dernier ressort http://regulation.revues.org/index7544.html
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Agnès Labrousse et Thomas Lamarche
Vers une association d’économie politique hétérodoxe ?
Entretien avec Nicolas Postel et Richard Sobel http://regulation.revues.org/index7540.html
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Notes de lecture
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Dominique Plihon
Gabriel Colletis et Bernard Paulré (Dir.), Les nouveaux horizons du capitalisme – Pouvoirs, valeurs, temps, Economica, 2008. http://regulation.revues.org/index7495.html
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Gabriel Colletis et Bernard Paulré
Réponse de Gabriel Colletis et Bernard Paulré à la note de lecture de Dominique Plihon http://regulation.revues.org/index7486.html
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Thomas Lamarche
Frédéric Lordon (Dir.), Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme, Paris, Presses de Sciences Po, 2008. http://regulation.revues.org/index7452.html
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Hadrien Saiag
Michele Cangiani & Jérôme Maucourant (Dir.), Essais de Karl Polanyi, introduction de M. Cangiani et J. Maucourant, postface d’Alain Caillé et Jean-Louis Laville, Paris, Seuil, 2008. http://regulation.revues.org/index7455.html
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Pascal Grouiez
Zvi Lerman (Dir.), Russia’s Agriculture in Transition, Factor Markets and Constraints on Growth, Lexigton Books, 2008. http://regulation.revues.org/index7491.html
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Julien Vercueil
Dani Rodrik, Nations et mondialisation. Les stratégies nationales de développement dans un monde globalisé, Paris : La Découverte, coll. « Textes à l’appui », 2008. http://regulation.revues.org/index7494.html
o
Lucien Karpik
Réponse de Lucien Karpik à la note de lecture de Nicole Azoulay http://regulation.revues.org/index7489.html

Consultez la Revue de la régulation http://regulation.revues.org/

lundi 7 septembre 2009

Éric Brian, Comment tremble la main invisible. Incertitude et marchés

Comment tremble la main invisible
Incertitude et marchés
Brian, Éric
ISBN: 978-2-287-99664-1
à paraître: septembre 30, 2009




À propos de ce livre

Il est largement admis aujourd’hui que la crise financière amorcée en 2007, et accentuée à l’automne 2008, a révélé une faille dans les systèmes de gestion des risques, une défaillance des techniques de fixation des prix et une démesure des interventions spéculatives. Répondant à ce constat, ce livre propose une nouvelle approche de la cohérence des marchés – de ce que Adam Smith a appelé la « main invisible ». Il analyse les conséquences de cette hypothèse sur la modélisation des phénomènes financiers et le comportement des investisseurs.

Issu d’une vingtaine d’années de recherches en épistémologie des sciences économiques et sociales, l’ouvrage s’adresse aux économistes, aux sociologues et aux mathématiciens. En six chapitres, il présente une esquisse de l’histoire des rapports entre économie et mathématiques du hasard ; une définition du cadre hypothétique retenu pour l’analyse ; un bilan de la perspective probabiliste sur la cohérence des marchés ; une critique des conceptions de la valeur fondée sur des cadres désormais dépassés ; une exploration de l’incertitude des marchés financiers ; enfin, un élargissement de la « théorie de l’action rationnelle ». Il s’agit finalement de rendre compte aussi bien des actions de donneurs d’ordres surinformés que de celles d’exclus du monde économique régulier.

Au fil de l’ouvrage, il apparaît clairement que la « main invisible » tremble aléatoirement, et pas toujours là où on l’imagine. Les institutions et les calculs économiques enregistrent et transforment cette incertitude. Les attentes de chacun lui répondent, les plus mesurées comme les plus extravagantes.



Éric Brian, historien des sciences et sociologue, est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et dirige la Revue de synthèse. Il est membre de la direction du CNRS.