Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 12 avril 2013

écouter: Blaise Wilfert-Portal, Où est la traduction ? Histoire quantitative et cartographique de la traduction vers le français au XIXe siècle


Présentation
Les études de traduction, notamment dans leur version la plus réflexive et la plus critique, associent la traduction à une forme de spatialité, ou de localisation, cruciale pour la théorisation de sa position dans le système de la culture, ou dans l'espace politique : la traduction, foncièrement porteuse d'hétérogénéité culturelle, serait presque toujours phénomène de la "périphérie" (dans une perspective wallersteinienne, comme chez Lawrence Venuti ou Homi Bhabha), de la "frontière" (pour suivre plutôt Fredrik Barth) ou pris dans une "zone" particulière, la translation zone (Apter). Ces "localisations" de la traduction sont étroitement associées par les translation studies à l'idée que la traduction, par essence, met en question les formes a priori de la littérature et de la culture telles qu'elles sont admises et solidifiées dans l'hégémonie occidentale, et en particulier le système des identités nationales et linguistiques essentialisées qui structure sa modernité esthétique et politique depuis le XVIIIe siècle. Aussi fécondes et riches que soient ces perspectives, on peut tenter d'en discuter trois aspects cruciaux : leur caractère monographique, leur usage souvent très métaphorique de la spatialisation, et leur oubli que la traduction est au moins autant une opération de publication qu'une opération de transformation linguistique. A travers cette critique, et une question centrale (Où est la traduction ?) qui en articule les différentes facettes, il est possible de proposer une histoire sociale, quantitative et cartographique de la traduction, qui ne soit pas moins critique et moins centrale pour une géopolitique de la culture lettrée.

écouter: Blaise Wilfert-Portal, Où est la traduction ? Histoire quantitative et cartographique de la traduction vers le français au XIXe siècle
(Savoirs en multimédia)

Blaise Wilfert-Portal est maître de conférence en histoire contemporaine à l'Ecole Normale Supérieure et chercheur associé à l'Institut dHistoire Moderne et Contemporaine (IHMC). Son travail de recherche porte sur l’internationalité culturelle (circulations et nationalisations culturelles étroitement articulées) en Europe entre 1850 et 1930. Il collabore actuellement à différents programmes de recherche sur ces problématiques.
Conférence donnée dans le cadre du séminaire "Créer et diffuser en francophonie 2012-2013" organisé par l'association Francophonie-ENS.

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