Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



samedi 18 mai 2013

Agone 51, Campagnes populaires, campagnes bourgeoises

Agone 51, Campagnes populaires, campagnes bourgeoises, coordination Julian Mischi 

Les représentations dominantes des espaces ruraux ignorent ses habitants au profit d’une esthétisation (une nature sans habitants) ou d’une stigmatisation (les ploucs). Vus des villes, ces espaces sont perçus comme des territoires essentiellement agricoles ou comme de simples lieux de détente pour vacanciers et résidents secondaires. Or les campagnes françaises se caractérisent d’abord par la présence massive de classes populaires, la proportion d’ouvriers augmentant à mesure que l’on s’éloigne des villes. Loin d’être des espaces pacifiés et unanimistes, les communes rurales et périurbaines connaissent des logiques de différenciation sociale et des conflits d’usage. A l’image des agriculteurs, groupe éclaté en différentes fractions, les campagnes sont traversées par des rapports de classe et des inégalités sociales. De la bourgeoisie agricole aux ouvriers ruraux, quels sont les groupes sociaux en présence et quelles relations entretiennent-ils ? 

 SOMMAIRE
« Ouvriers ruraux, pouvoir local & conflits de classes », Julian Mischi (sociologue, INRA Dijon)
« Luttes paysannes dans les années 68. Remise en cause d’un ordre social local », Élise Roullaud (politiste, Université de Lyon 2)
« De l’exploitation des forêts à l’esclavage des hommes. Un exemple de chantier forestier utilisant des travailleurs marocains en Bourgogne (1974–1975) », Julien Gros (sociologue, ENS Paris) & Omar Tourougui
« Des ploucs de droite aux pavillonnaires lepénistes. Sur la construction médiatique du vote des ruraux », Jean Rivière (géographe, Université de Nantes)
« “La soif du travail ?” Alcool, salariat & masculinité dans le bâtiment : le témoignage d’un adepte du “black” », Sébastien Mary & Nicolas Renahy (sociologue, INRA Dijon)
« Trajectoires de l’embourgeoisement agricole », Gilles Laferté (sociologue, INRA Dijon)
« Processus de distinction d’une petite bourgeoisie rurale. Le cas d’une “association pour le maintien de l’agriculture paysanne” (AMAP) », Jean-Baptiste Paranthoën (sociologue, INRA Dijon)
« L’isolement des jeunes femmes appartenant aux classes populaires rurales. L’exemple d’une animatrice de loisirs », Marie-Hélène Lechien
« Fouler les bois & rasseoir une emprise. La chasse à courre comme inscription spatiale du pouvoir social », Héloïse Fradkine (sociologue, Sciences Po Paris)
LA LEÇON DES CHOSES
Suite du dossier « Les théories du complot » de la revue Agone n° 47.
Présentation de Miguel Chueca
« Ali Agça et la “filière bulgare” », Edward S. Herman et Frank Brodhead

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