« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 20 octobre 2022

Les mondes ouvriers : figures de (dé)mobilisations. Pascal Depoorter, Nathalie Frigul, Thomas Venet, Sébastien Vignon (dir.)

 

 

Les mondes ouvriers : 

figures de (dé)mobilisations

Pascal Depoorter

Nathalie Frigul

Thomas Venet

Sébastien Vignon 

(dir.)

Septentrion

Paradoxa

2022



Présentation de l'éditeur

De la fragilisation de la classe ouvrière et de l'affaiblissement des organisations syndicales et politiques qui entendaient parler en son nom, n'en conclut-on pas trop rapidement à la « fin des ouvriers » ? Les conflits sociaux qui surgissent dans les médias à l’aube des années 2000 braquent les projecteurs sur un monde que l’on disait disparu. Quels acteurs se mobilisent ? Quelles alliances sont opérées ? Quels sont leurs modes d’action ? Quelles ressources sont nécessaires ?

Reposant sur des enquêtes réalisées au plus près des réalités vécues des mondes ouvriers et celles et ceux qui en sont issus (agents de la RATP, pompiers), cet ouvrage appréhende des figures de (dé)mobilisations – individuelles et collectives – et restitue des phénomènes visibles et invisibles d’engagement autant dans le rapport au politique que dans d’autres univers sociaux.

 

Sommaire

Préface — L'histoire ouvrière du second Vingtième siècle : trois temps et quelques mouvements ?
Nicolas Hatzfeld

Introduction
Pascal Depoorter, Nathalie Frigul, Thomas Venet et Sébastien Vignon

Première partie — Mobilisations et fermetures

Des actions collectives atypiques. Quand l’activité productive devient la cause à défendre
Matéo Sorin

Crise, mobilisations salariales et judiciarisation des conflits de travail
Pascal Depoorter et Nathalie Frigul

Les verriers de Givors entre l’emploi et la santé : de l’intérêt d’étudier les contradictions de la condition ouvrière
Pascal Marichalar

Les sentinelles : mobilisations sociales et scientifiques pour la santé des travailleurs exposés à la radioactivité
Annie Thébaud-Mony

La documentation des expositions cancérogènes dans les métiers portuaires : histoire d’une mobilisation ouvrière et scientifique
Christophe Coutanceau

Deuxième partie — Transformations économiques et styles de vie

Le refus du travail comme seul accès à l’identité sociale : ouvrier et… ou ouvrier mais
Martin Thibault

Désindustrialisation, employabilité et passage à l’âge adulte de la jeunesse rurale Picarde
Thomas Venet

Rapports à la contrainte budgétaire et rapports au politique. Ce que l’ethnographie économique peut apporter à la sociologie politique
Ana Perrin-Heredia

Troisième partie — Recompositions politiques et engagements

Comment la politique vient aux pompiers ou pourquoi il ne faut pas être (trop) légitimiste en sociologie politique ?
Romain Pudal

Les recompositions du militantisme ouvrier à distance du PCF : réflexions sur la constitution d’un capital culturel à base militante
Julian Mischi

Agir sur la scène intercommunale. La marginalisation politique des maires des catégories populaires dans les mondes ruraux
Sébastien Vignon

Postface — (dé)mobilisations ouvrières
Gérard Mauger

 

 
 
 
 


mardi 9 février 2021

Voter au village. Les formes locales de la vie politique, XXe-XXIe siècles (Christophe Granger, Laurent Le Gall, Sébastien Vignon, dir.)

 


Voter au village 

Les formes locales de la vie politique, XXe-XXIe siècles

Christophe Granger, Laurent Le Gall, Sébastien Vignon (dir.)

PU Spetentrion

Paradoxa

2021 



Présentation de l'éditeur

En prenant pour objet « le vote au village » au XXe et au XXIe siècle, ce livre s'attache à construire une sociologie et une histoire « au ras du sol » des pratiques politiques locales.
À rebours des grands paradigmes interprétatifs qui voient des idéologies partout, et qui déduisent ce que font les acteurs d’une simple adhésion à des idées politiques, les contributeurs – historiens, sociologues et politistes – s’inspirent d’une approche écologique du vote soucieuse de saisir l’électeur en contexte.
Le principe de l’élection est loin de résumer l’ensemble des rapports au politique et des occasions au gré desquelles ces derniers se nouent. Il constitue néanmoins un observatoire particulièrement fertile pour analyser les pratiques (et la manière changeante dont celles-ci s’organisent) et les répertoires d’appréciation que mobilisent les acteurs et les circonstances dans lesquelles ils les (ré)activent dès lors qu’ils votent.

 Sommaire

Parties de campagne. Enquête sur la variable de localité

Christophe Granger, Laurent Le Gall, Sébastien Vignon

 

1. « L'élection au village »

Pertinence et permanence d’une catégorie de classement des conduites politiques

 

1. L’élection au village est-elle toujours un long fleuve tranquille ?

Christophe Voilliot

2. Vers une dé-singularisation tendancielle des communes rurales en matière de participation électorale ? Le cas des élections municipales en Picardie

Sébastien Vignon

3. Représenter le vote au village. Télévision et reconfiguration des regards à l’heure de la révolution silencieuse

Édouard Lynch

4. Le vote blanc comme seule alternative ? Retour sur les conséquences du changement de mode de scrutin lors des municipales de 2014 dans les petites communes

Aurélia Troupel

 

2. L’ordre villageois du vote.

Logiques territoriales et stratégies politiques

5. Idéologies, maisonnées et dissidences. Des élections villageoises en Pays basque sous la IIIe République

Xabier Itçaina

6. Pouvoir politique et espace social local.

Les élites municipales d’un bourg au XXe siècle

Julian Mischi

7. Le Front national au village. Éléments de compréhension des votes FN et du milieu partisan frontiste en Mayenne, 1980-2010

Guillaume Letourneur

8. Les électrices et les élues au village

Magali Della Sudda, Victor Marneur

 

3. La citoyenneté au village, ou les négociations « ordinaires » du politique

9. La citoyenneté au coin de la rue. D’une bagarre au village comme ressource d’intellection du politique (Cantal, 1910)

Christophe Granger

10. Bal politique à Plouescat : un survivant (1928-1935). Séquence électorale, démocratie chrétienne et ajustement des croyances

Laurent Le Gall

11. « Ils ont volé l’identité de la foire aux agriculteurs ! »

Sociabilités festives, luttes de pouvoir et conflits d’appartenance dans un bourg périurbain de l’ouest de la France (1980-2015)

Sally Schnapper

Conclusion

Patrick Champagne

 

 

lundi 10 décembre 2018

écouter: Gilles Laferté et Lorenzo Barrault-Stella, à propos des Mondes ruraux et classes sociales




écouter: Gilles Laferté et Lorenzo Barrault-Stella, à propos des Mondes ruraux et classes sociales
La Marche de l'histoire , mercredi 5 décembre 2018 par Jean Lebrun
Mondes ruraux et classes sociales
Sous la direction de Ivan Bruneau, Gilles Laferté
Julian Mischi & Nicolas Renahy
Ehess
En temps & lieux
2018
Présentation de l'éditeur
Partis à la rencontre d’agriculteurs prospères, de bûcherons indépendants, de chasseurs, mais aussi d’ouvriers et de cadres de la SNCF, d’instituteurs militant – ou non – contre les fermetures d’écoles, ou encore d’élus locaux plus ou moins aguerris, les auteurs de cet ouvrage livrent ici les résultats de cette ethnographie collective qui complexifie la lecture de l’espace social, au plus près de la manière dont les individus se positionnent les uns par rapport aux autres.
S’appuyant sur une enquête de terrain menée dans le centre est de la France, ce livre propose une analyse renouvelée des campagnes françaises, attentive à la diversité des groupes sociaux et aux rapports de classe qui traversent ces territoires. Une telle prise en compte de la dimension locale permet de prendre toute la mesure de ce qui construit, aujourd’hui, l’appartenance sociale au sein des mondes ruraux.
  

mardi 6 novembre 2018

Savoir/Agir, n°45, Syndicalisme et politique

Savoir/Agir, n°45, Syndicalisme et politique
Du Croquant
2018

Présentation de l'éditeur
Depuis ses origines, le syndicalisme hexagonal s’évertue à s’affranchir du politique. À la faveur de l’effondrement de l’URSS et plus largement du mouvement ouvrier, cette inclination n’a cessé à la fois de se renforcer et de se généraliser.
« Contestataires » ou « réformistes », toutes les confédérations, sans exception, affirment aujourd’hui une même distance au champ politique.
Cette unanimité, rare dans un paysage syndical français morcelé, interroge : l’univers politique – dans ses dimensions les plus militantes comme les plus institutionnelles – et le monde syndical sont-ils vraiment si cloisonnés ? Comment ces deux champs interagissent-ils,  quelles relations entretiennent-ils ?
À partir d’un ensemble de contributions portant sur des scènes nationales variées – France, Argentine, Grande-Bretagne, États-Unis –, ce numéro vise à documenter les relations différenciées, dans le temps et dans l’espace, entre les champs syndical et politique. À l’heure où le monde du travail est confronté à des transformations sans précédent, les syndicalistes peuvent-ils indéfiniment se tenir à distance du politique ?



vendredi 3 mars 2017

L’œuvre de Pierre Bourdieu en pratiques ! 15eme édition, Existe t’il encore un vote de classe ? 4, 5, 6 avril 2017

L’œuvre de Pierre Bourdieu en pratiques ! 
15eme édition
Existe t’il encore un vote de classe ? 
4, 5, 6 avril 2017



- Mardi 4 avril 2017
Rencontre des lycéen-ne-s avec Julian Mischi (Sociologue - INRA - Dijon -
Lycées Supervielle, Oloron-Sainte-Marie & Pays de Soule, Chéraute-Mauléon ; 09h-12h)
Signature de Julian Mischi à la librairie L’Escapade (Oloron-Sainte-Marie ; 15h - Tous publics)
Conférence-débat de Julian Mischi (Lasseube ; 17 h - Tous publics)
« Le syndicalisme comme outil de lutte contre la domination des classes populaires »

Conférence-débat de Laurent Bruneau (Lasseube ; 20 h - Tous publics)
« Discours politique-s : une approche de sciences sociales »

- Mercredi 5 avril 2017 

Rencontre des lycéen-ne-s (Lycée Barthou, Pau ; 09h-12h) avec
Patrick Lehingue & Bernard Pudal (Professeurs de Sciences Politiques)

Conférences - Table ronde avec les étudiants
(UPPA, Amphithéâtre de la Présidence ; 14h-17h), en présence de :
Laurence Espinosa (UPPA) : « Gauche, une question de maladresse ? »
Michèle Haensel (UPPA) : « Y a-t-il un vote spécifique des pieds-noirs en France ? Contextes et enjeux »
Abel Kouvouama (UPPA) : « La figure de Donald Trump : actualisation spectaculaire
du fétichisme de la délégation politique »

- Jeudi 6 avril 2017

Conférences-échanges avec les lycéens-ne-s, par Patrick Lehingue & Bernard Pudal
(Professeurs de Sciences Politiques) : « À propos du FN »
(UPPA, UFR LLSHS, Amphithéâtre III ; 14h-16h)
Conférences-débats de Patrick Lehingue & Bernard Pudal : « À propos du FN »
(UPPA, Amphithéâtre de la Présidence ; 17h-20h30 - Tous publics)

vendredi 20 janvier 2017

en ligne: Actes de la recherche en sciences sociales, 2013/1-2 (n° 196-197), Usines :ouvriers, militants, intellectuels

en ligne sur Cairn.info
Actes de la recherche en sciences sociales, 2013/1-2 (n° 196-197), Usines : ouvriers, militants, intellectuels
Seuil

Cédric Lomba, Julian Mischi
Ouvriers et intellectuels face à l'ordre usinier
 
Christian Corouge, Michel Pialoux,   Julian Mischi
Engagement et désengagement militant aux usines Peugeot de Sochaux dans les années 1980 et 1990
Pourquoi la « Chronique Peugeot » de 1984-1985 parue dans Actes s'est-elle interrompue ? (avec Julian Mischi)
 
Cédric Lomba
Restructurations industrielles : appropriations et expropriations des savoirs ouvriers
 
Paul Boulland
Sortir du rang ?
Rapports à l'usine des cadres ouvriers communistes
 
Sophie Pochic
Women on the Line de Miriam Glucksmann : quand un engagement féministe produit un classique d'ethnographie ouvrière
 
Ingrid Hayes
Les limites d'une médiation militante
L'expérience de Radio Lorraine Cœur d'Acier, Longwy, 1979-1980
 
Kimi Tomizaki
Deux générations de syndicalistes au Brésil : pratiques quotidiennes et formation politique
 
Pascal Marichalar, Laure Pitti
Réinventer la médecine ouvrière ?
Retour sur des mouvements médicaux alternatifs dans la France post-1968
 
Julian Mischi
Savoirs militants et rapports aux intellectuels dans un syndicat cheminot
 
Audrey Mariette
De la fabrique d'une génération à la fabrique de la reproduction
La complexité des rapports entre intellectuels et ouvriers militants à l'aune du cas de Georges Valero et de Christian Chevandier



lundi 2 mai 2016

vidéo: Julian Mischi, Le Bourg et l’Atelier. Sociologie du combat syndical



La Boîte à Idées, Un entretien de Rachida El Azzouzi
Julian Mischi
Le Bourg et l’Atelier 
Sociologie du combat syndical
Agone
L'Ordre des choses
2016

Présentation de l'éditeur
Pourquoi et comment des ouvriers continuent à se syndiquer et à militer malgré la force des processus favorisant leur exclusion politique

On veut bien travailler, mais au bout d’un moment, quand tu vois que tu passes beaucoup de temps à faire des tracts, des papiers pour tout le monde, pour expliquer telle ou telle chose, et qu’en fin de compte le patron te casse la gueule et que ça sert à rien... Tu as beau faire ce que tu veux, avoir des camarades qui te disent : « Allez vas-y ! Ne t’inquiète pas : ça va payer ! »… Au bout d’un moment, tu es démoralisé, tu les as là.

La culture cheminote, c’est ça qu’ils essaient de casser aujourd’hui : des valeurs de solidarité. C’est une société de plus en plus individualiste. Tout le monde fait les constats, tout le monde dit : « On a le pouvoir d’achat qui baisse. » On est tous d’accord globalement, mais entre faire le constat et emmener les gens dans l’action, il y a de la marge. Alors peut-être qu’un jour, il y aura un déclic. Je ne sais pas. Des fois, je ne sais pas ce qu’il faut pour qu’il y ait ce déclic.
Ce livre s’appuie sur une enquête menée pendant cinq ans sur le quotidien de syndicalistes ouvriers dans un atelier SNCF, au sein d’un bourg industriel de 3 000 habitants. Donnant la parole à des populations souvent associées à tort au seul monde agricole et essentiellement dépeintes par les médias nationaux comme des électeurs du FN, il montre que les ouvriers constituent le premier groupe social des campagnes françaises et tente de répondre à la question : comment s’engager quand tout pousse à la désyndicalisation ?
La restitution d’entretiens et de discussions dans le syndicat, tout comme l’observation des mobilisations, font entrer le lecteur dans l’ordinaire de la vie d’ouvriers syndiqués et montrent des tentatives d’organisation collective concrètes face aux réorganisations managériales. Explorant les réalités du militantisme en entreprise, l’ouvrage souligne que les clivages de classes, loin d’avoir disparu, se sont reconfigurés dans un nouveau contexte politique et économique – contexte où l’engagement à gauche peut aussi se perpétuer dans des conditions renouvelées, voire se développer.

Sommaire : Introduction : S’engager malgré tout ; I. Hiérarchies et culture de classe en atelier ; II. Au-delà de l’atelier : les ressorts de l’adhésion syndicale ; III. « On n’est pas une amicale de pêcheurs à la ligne » ; IV. Le travail militant des responsables syndicaux ; V. Quand les conflits de classes se déplacent de l’atelier à la commune.

Sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA),
Julian Mischi est notamment l’auteur de : Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF (PUR, 2010), Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970 (Agone, 2014), Le Bourg et l’Atelier. Sociologie du combat syndical (Agone, 2016).

mercredi 3 février 2016

Julian Mischi, Le Bourg et l’Atelier. Sociologie du combat syndical



Julian Mischi
Le Bourg et l’Atelier 
Sociologie du combat syndical
Agone
L'Ordre des choses
2016

Présentation de l'éditeur
Pourquoi et comment des ouvriers continuent à se syndiquer et à militer malgré la force des processus favorisant leur exclusion politique

On veut bien travailler, mais au bout d’un moment, quand tu vois que tu passes beaucoup de temps à faire des tracts, des papiers pour tout le monde, pour expliquer telle ou telle chose, et qu’en fin de compte le patron te casse la gueule et que ça sert à rien... Tu as beau faire ce que tu veux, avoir des camarades qui te disent : « Allez vas-y ! Ne t’inquiète pas : ça va payer ! »… Au bout d’un moment, tu es démoralisé, tu les as là.

La culture cheminote, c’est ça qu’ils essaient de casser aujourd’hui : des valeurs de solidarité. C’est une société de plus en plus individualiste. Tout le monde fait les constats, tout le monde dit : « On a le pouvoir d’achat qui baisse. » On est tous d’accord globalement, mais entre faire le constat et emmener les gens dans l’action, il y a de la marge. Alors peut-être qu’un jour, il y aura un déclic. Je ne sais pas. Des fois, je ne sais pas ce qu’il faut pour qu’il y ait ce déclic.
Ce livre s’appuie sur une enquête menée pendant cinq ans sur le quotidien de syndicalistes ouvriers dans un atelier SNCF, au sein d’un bourg industriel de 3 000 habitants. Donnant la parole à des populations souvent associées à tort au seul monde agricole et essentiellement dépeintes par les médias nationaux comme des électeurs du FN, il montre que les ouvriers constituent le premier groupe social des campagnes françaises et tente de répondre à la question : comment s’engager quand tout pousse à la désyndicalisation ?
La restitution d’entretiens et de discussions dans le syndicat, tout comme l’observation des mobilisations, font entrer le lecteur dans l’ordinaire de la vie d’ouvriers syndiqués et montrent des tentatives d’organisation collective concrètes face aux réorganisations managériales. Explorant les réalités du militantisme en entreprise, l’ouvrage souligne que les clivages de classes, loin d’avoir disparu, se sont reconfigurés dans un nouveau contexte politique et économique – contexte où l’engagement à gauche peut aussi se perpétuer dans des conditions renouvelées, voire se développer.

Sommaire : Introduction : S’engager malgré tout ; I. Hiérarchies et culture de classe en atelier ; II. Au-delà de l’atelier : les ressorts de l’adhésion syndicale ; III. « On n’est pas une amicale de pêcheurs à la ligne » ; IV. Le travail militant des responsables syndicaux ; V. Quand les conflits de classes se déplacent de l’atelier à la commune.

Sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA),
Julian Mischi est notamment l’auteur de : Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF (PUR, 2010), Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970 (Agone, 2014), Le Bourg et l’Atelier. Sociologie du combat syndical (Agone, 2016).

lundi 20 avril 2015

Agone 56. Porte-parole, militants et mobilisations


Agone 56
Porte-parole, militants et mobilisations
2015

Présentation de l'éditeur
Coordination : Baptiste Giraud, Julian Mischi et Étienne Penissat
« C’est le train-train de la vie syndicale puis, un beau matin, on vous appelle. Le patron me dit : ”Voilà, je vais annoncer ce soir que je suis dans l’obligation de virer 250 personnes. Je vous le dis en avant-première.” Vous pensez, c’est 9 heures du matin, j’ai peut-être pas bien compris, je vais lui faire répéter. Et là, c’est vraiment un choc, parce que tout de suite vous réalisez que des mecs que vous côtoyez depuis des années vont se faire virer. Vous êtes assis, scotché, et il vous arrive deux tartes dans la gueule. Mais là où j’ai été surpris, c’est que je pensais que ça allait secouer les mecs, et rien. Ça bougeait pas. Il a fallu que je monte sur l’estrade et là, j’ai vu pour la première fois de ma vie un monde fou. J’ai pensé : t’es là, t’y vas. C’est marrant ce calme relatif. Comme s’ils attendaient que quelqu’un prenne la décision pour eux pour dire, on arrête. Il fallu lancer le truc. Et une fois qu’on a dit qu’il fallait y aller, c’était fini, ils n’attendaient que ça. »
Chaque mobilisation est exposée au risque d’être récupérée par les appareils militants. Tout en éclairant les risques de bureaucratisation et de confiscation des mouvements sociaux dans les processus d’organisation et de représentation, ce numéro se donne pour but de contrer le dénigrement (dans l’air du temps) de l’ensemble des militants au motif qu’ils seraient de toute façon intéressés aux prises de position. Ce dossier veut ainsi contrer l’idée que tous les permanents syndicaux seraient les mêmes – des dirigeants nationaux – alors qu’il est parfaitement possible d’être déchargé de ses heures de travail pour faire de l’action militante (et donc, être en position de force face au patronat, lui aussi organisé) tout en restant profondément lié à son entreprise et à ses collègues.

sommaire :
Porte-parole, militants et mobilisations : Éditorial, par Baptiste Giraud, Julian Mischi et Étienne Penissat - "Les mouvements populaires. Comment ils réussissent, pourquoi ils échouent", par Richard A. Cloward et Frances Fox Piven - "Un usage contrôlé de la grève. Le « sens des limites » d’un délégué syndical de la CGT", par Baptiste Giraud - "Freins et incitations à la promotion des ouvrières dans les syndicats dans les années 1970", par Fanny Gallot - "Entre apprentissage syndical et insubordination ouvrière : les délégués de chaîne de Citroën et Talbot (1982-1983)", par Vincent Gay - "Préserver un entre-soi populaire. Portrait d’un porte-parole associatif comme rempart face aux élus locaux", par Cyrille Rougier - "Construire la demande de participation pour asseoir le marché de la démocratie participative", par Alice Mazeaud et Magali Nonjon - "Sous le bonnet, la classe. Retour sur le mouvement des « Bonnets rouges »", par Marion Rabier
Histoire radicale : "1936 : les comités révolutionnaires en Espagne", par Ronald Fraser - "En catalogne libertaire. Un « simple militant » de la Gauche révolutionnaire de la SFIO témoigne sur Barcelone en juillet 1936", par Maurice Jaquier

lundi 25 août 2014

Julian Mischi, Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970

Julian Mischi 
Le Communisme désarmé 
Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970 
Agone
2014

Présentation de l'éditeur
Le communisme a autant été désarmé par ses adversaires socialistes et de droite, dans un contexte d’offensive néolibérale, qu’il s’est désarmé lui-même en abandonnant l’ambition de représenter prioritairement les classes populaires.
Analyse du déclin d’un parti qui avait produit une élite politique ouvrière, ce livre propose une réflexion sur la construction d’un outil de lutte collectif contre l’exclusion politique des classes populaires. Cette revisite de l’histoire récente du PCF relève d’un enjeu majeur pour une gauche de plus en plus coupée des groupes populaires.
S’appuyant sur une enquête de terrain et des archives internes, l’auteur montre comment, au-delà des transformations des milieux ouvriers, les classes populaires sont marginalisées au sein du PCF. En traquant toute divergence interne et en changeant continuellement de ligne, l’appareil central provoque des départs massifs de militants. Prêter attention à ce qui se passe à « la base » rend compte des transformations des manières de militer dans un contexte de fragilisation du mouvement ouvrier.
Au sommaire :
— 1. Recomposition des classes populaires & reflux communiste
— 2. La désouvriérisation du PCF
— 3. Les logiques politiques du désengagement communiste
— 4. Luttes fratricides
— 5. Vers un parti d’élus
— 5. Militer dans un parti en crise
Sociologue, Julian Mischi est notamment l’auteur de Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF (PUR, 2010), ouvrage portant sur la période d’influence du communisme français. Son nouveau livre explore les suites de cette histoire.

mardi 29 octobre 2013

en ligne: Agone 46, Apprendre le travail

vendredi 20 septembre 2013

en ligne: Savoir/agir n°22, Militer

Savoir/agir n°22, Militer

Paroles

Une prise de conscience syndicale en Guadeloupe, par Pierre Odin

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche : Débats en cours et (re)structurations en vue, par Louis Weber
Sociogenèse du « Front de Gauche » Enquête (1)
Entretien avec François Delapierre, propos recueillis par Gérard Mauger

Rhétorique révolutionnaire

La construction européenne : « grandes idées » et « petits calculs », par Gérard Mauger

Alterindicateurs

Les indicateurs de « performance » universitaire. Outils statistiques de la privatisation de l’excellence, par Nicolas Brusadelli et Frédéric Lebaron

Actualités

En Grèce, le retour du vote de classe ?, par Vernardakis Christoforos

Idées

Écrire l’histoire de la formation militante, par Jean-Numa Ducange

Chronique

Journal d’un précaire, par Mustapha Belhocine

Europe

Convergences en Europe

(source:  Savoir/agir)

samedi 18 mai 2013

Agone 51, Campagnes populaires, campagnes bourgeoises

Agone 51, Campagnes populaires, campagnes bourgeoises, coordination Julian Mischi 

Les représentations dominantes des espaces ruraux ignorent ses habitants au profit d’une esthétisation (une nature sans habitants) ou d’une stigmatisation (les ploucs). Vus des villes, ces espaces sont perçus comme des territoires essentiellement agricoles ou comme de simples lieux de détente pour vacanciers et résidents secondaires. Or les campagnes françaises se caractérisent d’abord par la présence massive de classes populaires, la proportion d’ouvriers augmentant à mesure que l’on s’éloigne des villes. Loin d’être des espaces pacifiés et unanimistes, les communes rurales et périurbaines connaissent des logiques de différenciation sociale et des conflits d’usage. A l’image des agriculteurs, groupe éclaté en différentes fractions, les campagnes sont traversées par des rapports de classe et des inégalités sociales. De la bourgeoisie agricole aux ouvriers ruraux, quels sont les groupes sociaux en présence et quelles relations entretiennent-ils ? 

 SOMMAIRE
« Ouvriers ruraux, pouvoir local & conflits de classes », Julian Mischi (sociologue, INRA Dijon)
« Luttes paysannes dans les années 68. Remise en cause d’un ordre social local », Élise Roullaud (politiste, Université de Lyon 2)
« De l’exploitation des forêts à l’esclavage des hommes. Un exemple de chantier forestier utilisant des travailleurs marocains en Bourgogne (1974–1975) », Julien Gros (sociologue, ENS Paris) & Omar Tourougui
« Des ploucs de droite aux pavillonnaires lepénistes. Sur la construction médiatique du vote des ruraux », Jean Rivière (géographe, Université de Nantes)
« “La soif du travail ?” Alcool, salariat & masculinité dans le bâtiment : le témoignage d’un adepte du “black” », Sébastien Mary & Nicolas Renahy (sociologue, INRA Dijon)
« Trajectoires de l’embourgeoisement agricole », Gilles Laferté (sociologue, INRA Dijon)
« Processus de distinction d’une petite bourgeoisie rurale. Le cas d’une “association pour le maintien de l’agriculture paysanne” (AMAP) », Jean-Baptiste Paranthoën (sociologue, INRA Dijon)
« L’isolement des jeunes femmes appartenant aux classes populaires rurales. L’exemple d’une animatrice de loisirs », Marie-Hélène Lechien
« Fouler les bois & rasseoir une emprise. La chasse à courre comme inscription spatiale du pouvoir social », Héloïse Fradkine (sociologue, Sciences Po Paris)
LA LEÇON DES CHOSES
Suite du dossier « Les théories du complot » de la revue Agone n° 47.
Présentation de Miguel Chueca
« Ali Agça et la “filière bulgare” », Edward S. Herman et Frank Brodhead

mardi 30 avril 2013

Les territoires du communisme. Elus locaux, politiques publiques et sociabilités militantes, Sous la direction de Emmanuel Bellanger et Julian Mischi

Sous la direction de
Emmanuel Bellanger et Julian Mischi
Les territoires du communisme
Elus locaux, politiques publiques et sociabilités militantes
Armand Colin
2013

Présentation de l'éditeur
« Communisme municipal », « banlieue rouge », « bastions ouvriers » : l’influence du Parti communiste français est associée à des représentations territoriales typées. Quelle est la réalité de cette implantation ? Quelles évolutions a-t-elle connues des années 1920 à nos jours ? Existe-t-il une spécificité de la gestion communiste locale ?
Quatorze auteurs réunis dans cet ouvrage analysent avec nuance l’empreinte du communisme sur les territoires qu’il a administrés. Leurs enquêtes restituent toute la diversité de la sociabilité militante du PCF. Elles décrivent comment les communistes luttent pour la conquête du pouvoir local et comment ils s’efforcent de maintenir leur influence. Elles éclairent aussi les tensions et les compromis qui animent l’appareil, ses élus, ses militants et ses organisations affiliées.
Dirigé par un historien et un sociologue, cet ouvrage dresse également un bilan des recherches sur le communisme en France dans une perspective interdisciplinaire qui met en relief le dynamisme des études locales sur les comportements politiques et leur environnement institutionnel et social.

Emmanuel Bellanger est chargé de recherche au CNRS, université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, Centre d’histoire sociale du XXe siècle (CHS).
Julian Mischi est chargé de recherche à l’INRA, département des sciences sociales, CESAER-Dijon.

Avec les contributions de Françoise de Barros, Émilie Biland, Paul Boulland, Nicolas Bué, Fabien Desage, Jean-Luc Deshayes, Violaine Girard, David Gouard, Sébastien Jolis, Rémi Lefebvre, Thibault Tellier, Benoît Trépied.

vendredi 29 mars 2013

Actes de la recherche en sciences sociales n°196-197, Usines: Ouvriers, Militants, Intellectuels


Actes de la recherche en sciences sociales n°196-197, Usines: Ouvriers, Militants, Intellectuels, Seuil, 2013

SOMMAIRE

Page 4 à 19
Cédric Lomba et Julian Mischi   Ouvriers et intellectuels face à l'ordre usinier
Page 20 à 33
Christian Corouge et Michel Pialoux   Engagement et désengagement militant aux usines Peugeot de Sochaux dans les années 1980 et 1990 Pourquoi la « Chronique Peugeot » de 1984-1985 parue dans Actes s'est-elle interrompue ?
(avec Julian Mischi)
Page 34 à 53
Cédric Lomba   Restructurations industrielles : appropriations et expropriations des savoirs ouvriers
Page 54 à 71
Paul Boulland   Sortir du rang ? Rapports à l'usine des cadres ouvriers communistes
Page 72 à 83
Sophie Pochic   Women on the Line de Miriam Glucksmann : quand un engagement féministe produit un classique d'ethnographie ouvrière
Page 84 à 101
Ingrid Hayes   Les limites d'une médiation militante L'expérience de Radio Lorraine Cœur d'Acier, Longwy, 1979-1980
Page 102 à 113
Kimi Tomizaki   Deux générations de syndicalistes au Brésil : pratiques quotidiennes et formation politique
Page 114 à 131
Pascal Marichalar et Laure Pitti   Réinventer la médecine ouvrière ? Retour sur des mouvements médicaux alternatifs dans la France post-1968
Page 132 à 151
Julian Mischi   Savoirs militants et rapports aux intellectuels dans un syndicat cheminot
Page 152 à 157
Audrey Mariette   De la fabrique d'une génération à la fabrique de la reproduction La complexité des rapports entre intellectuels et ouvriers militants à l'aune du cas de Georges Valero et de Christian Chevandier



dimanche 16 décembre 2012

Savoir/agir n°22, Militer

Savoir/agir n°22, Militer
éd du Croquant, 2012

Présentation de l'éditeur
C’est avec la conviction que l’enquête sur les pratiques militantes (politiques, syndicales, associatives) et leur socio-genèse (l’engagement et le désengagement), sur les partis politiques, les syndicats, les mouvements sociaux et leurs transformations peut contribuer à l’invention in vivo d’une alternative à l’hégémonie néo-libérale et à la critique « en actes » de la politique institutionnelle et de ses modes d’organisation traditionnels, que ce dossier « Militer » propose un inventaire non exhaustif des pratiques militantes contemporaines : étudiantes et ouvrières, syndicales et politiques, etc.
Hors de l’hexagone : les mouvements étudiants chilien et québécois, mais aussi les « Indignés » espagnols et les luttes des Grecs confrontés à la paupérisation de masse.
En France : une mise en perspective historique du militantisme à travers l’analyse de la démobilisation d’ « ex » du PCF (qui fut longtemps « la référence » de « la gauche » : pour s’aligner ou s’en démarquer), les pratiques militantes de cheminots « cégétistes » d’aujourd’hui, les luttes « dos au mur » des ouvriers de Molex, les formes prises par un « militantisme musulman » émergent, une ébauche d’histoire sociale de la construction pas à pas du « Front de Gauche ».

Éditorial
Dogmatiques et pragmatiques dans la révolution néolibérale européenne
Frédéric Lebaron

Dossier
Militer
Gérard Mauger et Claude Poliak

Les conditions sociales de la démocratie assembléiste
José Luis Moreno Pestaña

Le printemps chilien
Camila Ponce Lara

Politique de la rue contre politique des urnes ?
Pascale Dufour

Les ouvriers partis du « parti des ouvriers »
Catherine Leclercq

Cheminots et cégétistes : s’engager au nom du collectif
Julian Mischi

Un militantisme musulman ?
Étienne Pingaud

Paroles
Une prise de conscience syndicale en Guadeloupe
Pierre Odin

Chronique de la gauche de gauche
Front de gauche
Louis Weber

Enquête (1)
Sociogenèse du « Front de Gauche »
Entretien avec François Delapierre

La rhétorique révolutionnaire
La construction européenne
Gérard Mauger

Alterindicateurs
Les indicateurs de « performance » universitaire
Nicolas Brusadelli et Frédéric Lebaron

Actualité
En Grèce, le retour du vote de classe ?
Vernardakis Christoforos

Idées
Écrire l’histoire de la formation militante
Jean-Numa Ducange

Chronique
Journal d’un précaire
Mustapha Belhocine

Europe
Convergences en Europe

samedi 3 mars 2012

Lire les sciences sociales, présentation et discussion de l’ouvrage L'ÉCOLE DES OUVRIERS, 20 mars 2012


Lire les sciences sociales

Mardi 20 mars 2012

Présentation et discussion de l’ouvrage

L'ÉCOLE DES OUVRIERS

comment les enfants d'ouvriers obtiennent des boulots d'ouvriers

 (Marseille, Agone, 2011)

 de Paul WILLIS

En présence de l’auteur

débat avec Sylvain Laurens et Julian Mischi


Le rejet du travail scolaire par les « gars » et le sentiment qu’ils « en savent plus » trouvent un écho dans le sentiment très répandu dans la classe ouvrière que la pratique vaut mieux que la théorie : « Un brin de zèle vaut une bibliothèque de diplômes », annonce un grand placard placé dans l’atelier. L’aptitude pratique vient toujours en premier et a statut de condition préalable à toute autre forme de savoir. Alors que la culture petite-bourgeoise considère les diplômes comme un moyen de moduler vers le haut la gamme des choix offerts à un individu, du point de vue de la classe ouvrière, si le savoir ne se justifie pas, il faut le rejeter. Au travers d’une enquête (classique de la sociologie du monde ouvrier) menée dans un collège anglais fréquenté essentiellement par des enfants d’ouvriers, le sociologue Paul Willis analyse comment ils en viennent à accepter, après leurs parents, des positions relativement dominées dans le monde du travail. De l’école à l’usine, ce livre rend compte de la façon dont, en désorganisant l’encadrement scolaire, en s’opposant aux « fayots », ils privilégient la sortie du système scolaire, confirmant le fait que l’école ne leur promet aucun avenir professionnel en dehors du travail manuel.



          10 h 00 - 12 h 00
CNRS/Site Pouchet, Salle 255
59 - 61, rue Pouchet, 75017 Paris
métro ligne 13 - Guy Moquet | Brochant , Bus 66 - La Jonquière
Contact : lirelessciencessociales@gmail.com