Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



jeudi 11 juillet 2013

Hervé Joly, Diriger une grande entreprise au XXe siècle: L'élite industrielle française

Hervé Joly
Diriger une grande entreprise au XXe siècle
L'élite industrielle française
Préface de Patrick Fridenson
Presses universitaires François-Rabelais
2013

Présentation de l'éditeur
Qui sont les dirigeants des grandes entreprises industrielles françaises au XXe siècle ? Les historiens les ont plus étudiés au XIXe siècle et les sociologues à partir des années 1960. Quinze ans après une étude semblable sur les patrons allemands, les spécificités nationales — profil généraliste, élitisme scolaire, poids des filières administratives — sont soulignées. Les origines et les trajectoires de 194 dirigeants des 21 principaux groupes industriels privés de 1914 à 1966 sont décortiquées pour mettre en relation ce qu’ils sont et ce qu’ils font.
Qui sont les dirigeants des grandes entreprises industrielles françaises au XXe siècle ? On croit bien les connaître… à tort. Les historiens se sont penchés sur le patronat du XIXe siècle, tandis que les sociologues ont surtout étudié les élites industrielles à partir des années 1960. Ce livre s’intéresse au patronat de la période intermédiaire, celle qui marque la transition entre les entreprises familiales de la Révolution industrielle et les grandes bureaucraties façonnées par le pompidolisme industriel et les nationalisations. Tous les dirigeants ne peuvent se réduire à des concepts fourre-tout comme celui de « managers », qui mettrait plutôt l’accent sur les mérites professionnels, ou celui d’« héritiers » qui insisterait à l’inverse sur la reproduction du capital social ou scolaire si ce n’est économique. Il existe bien des profils différents, entre descendants de familles propriétaires ou cadres salariés sortis du rang, grands notables polyvalents ou professionnels des affaires, ingénieurs civils ou ingénieurs d’État. En comparaison de l’Allemagne, la France offre des spécificités bien marquées : profil généraliste, élitisme scolaire, poids des filières administratives.
Les origines et les trajectoires des titulaires de 194 fonctions, dans les 21 principaux groupes industriels privés de 1914 à 1966, sont décortiquées. De nombreuses archives aussi bien publiques que privées sont mobilisées pour mettre en relation ce qu’ils sont et ce qu’ils font.
Hervé Joly est directeur de recherche au laboratoire Triangle, UMR 5206, CNRS-Université de Lyon. Ses travaux portent sur l'histoire et la sociologie des élites dans l'époque contemporaine, en particulier dans le monde économique. Il a publié en 2010 aux Presses universitaires François-Rabelais, avec Sabine Effosse et Marc de Ferrière Le Vayer, Les entreprises de biens de consommation sous l'Occupation.



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