Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mardi 19 novembre 2013

video: Un ouvrier à la chaîne, dialogue avec un sociologue | Christian Corouge - Michel Pialoux


vidéo:  Un ouvrier à la chaîne, dialogue avec un sociologue, Christian Corouge et Michel Pialoux

Cet entretien a suivi la diffusion du film de Laurence Jourdan, Sochaux, cadences en chaînes, 2010
Christian Corouge, ancien ouvrier de chez Peugeot-Sochaux
Michel Pialoux, sociologue, maître de conférences à l’EHESS, auteur, avec Stéphane Beaud, de Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard (Fayard, 1999)
Rencontre présentée par Richard Sobel, maître de conférences en économie à l’université Lille 1, chercheur au Clersé (UMR 8019) 
PRINTEMPS DES SHS 2012 - QUE FAIRE DU TRAVAIL ? Ciné-rencontre
(Source: Canal-U)


Christian Corouge - Michel Pialoux
Résister à la chaîne
Dialogue entre un ouvrier de Peugeot et un sociologue
Introduction de Michel Pialoux et Épilogue 2010
Édition établie par Julian Mischi
Agone
2011

Présentation de l'éditeur
Pendant quatre jours je t’ai raconté des trucs sur le travail, les lois Auroux, les trente-huit heures… Seulement ça, je vais te le dire, ça crée un déséquilibre complet, parce qu’une semaine comme ça, c’est pas facile de la vivre quand tu travailles en chaîne et que t’as en plus plein de boulot syndical à faire. C’est pas facile.
Alors mes mains, dans tout ça, qu’est-ce qu’elles deviennent, mes mains ? On dit : « Bon, en 1974, il avait mal aux mains. Maintenant ça a l’air de passer. Il est devenu beaucoup plus intellectuel, il n’a plus mal aux mains, il a mal à la tête… » Il est fou, quoi. Seulement, moi, je travaille encore avec mes mains ! Et ça, ça me fait toujours mal. Mais maintenant je me tais. Parce que, pendant dix ans, tu en souffres tout seul. Et en même temps, tu as l’impression d’être une espèce de cobaye… aussi bien de la part des copains… qui veulent surtout pas écrire ce genre de truc avec moi, alors qu’en fait, à mon avis, leur boulot de militant – c’est à eux que je devrais le dire –, ça aurait été de faire ce livre avec moi.
Au début des années 1980, le sociologue Michel Pialoux rencontre Christian Corouge, ouvrier et syndicaliste chez Peugeot-Sochaux. Ils entament un long dialogue sur le travail à la chaîne, l’entraide dans les ateliers et la vie quotidienne des familles ouvrières. À partir de l’histoire singulière d’un ouvrier, devenu porte-parole de son atelier sans jamais le quitter, sont abordées les difficultés de la constitution d’une résistance syndicale.

Ouvrier et syndicaliste à la CGT, Christian Courouge, a travaillé sur les chaînes Peugeot-Sochaux de 1969 à 2011. Dans ce dialogue avec Michel Pialoux il évoque notamment la violence du travail à la chaine et la lutte syndicale.
Michel Pialoux est sociologue, a notamment écrit (avec Stéphane Beaud) Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard (Fayard, 1999 / La Découverte, 2012).


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