« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 29 avril 2021

Vincent Gay, Pour la dignité. Ouvriers immigrés et conflits sociaux dans les années 1980

 

 

Vincent Gay

Pour la dignité

Ouvriers immigrés et conflits sociaux dans les années 1980

PUL

Actions collectives

2021

 

 

Présentation de l'éditeur

Recrutés massivement depuis les années 1960 dans les usines Citroën et Talbot, les travailleurs immigrés, ces « OS à vie », y sont fortement encadrés par des syndicats à la solde des directions et par des organismes émanant de leurs pays d’origine. Or, au printemps 1982, alors que la gauche est au pouvoir depuis peu, ces ouvriers jusqu’alors discrets se mobilisent et s’emparent des répertoires d’action et des mots d’ordre des luttes ouvrières. Face aux conditions de travail déplorables, aux bas salaires, aux menaces de licenciements collectifs, au racisme latent, aux transformations du travail et aux politiques d’immigration, ils réclament ce qui leur est dû : le respect, la liberté, la dignité. Au croisement de l’histoire et de la sociologie, Vincent Gay analyse minutieusement les relations sociales à l’intérieur et à l’extérieur des usines, la place de la politique dans les débats, les pratiques des ouvriers immigrés, leur appropriation du syndicalisme et de la grève. Dans un contexte de crise et de restructurations industrielles, c’est un moment charnière de la contestation sociale, ouvrière et immigrée qui resurgit.

Vincent Gay est maître de conférences en sociologie à l’Université Paris-Diderot et membre du Laboratoire de changement social et politique (LCSP). Ses recherches portent sur l’histoire sociale et politique de l’immigration, notamment au sein du projet de dictionnaire biographique des militant.e.s de l’immigration. Il a publié récemment « Masculinités en conflit, conflits de masculinités. Talbot, Citroën et les ouvriers immigrés » (20 & 21. Revue d’histoire, 2020) et « Contestation et apprentissage, ou l’entrée en citoyenneté des ouvriers immigrés (Talbot-Citroën, 1982-1983) » (Critique internationale, 2020).

 

 

mardi 20 octobre 2020

audio: Maxime Quijoux , Adieux au patronat. Luttes et gestion ouvrières dans une usine reprise en coopérative

 
 
Les Oreilles loin du front, 8 octobre 2020
 
 

Maxime Quijoux
Adieux au patronat
Luttes et gestion ouvrières dans une usine reprise en coopérative
Du Croquant
Dynamiques socio-economiques
2018

Présentation de l'éditeur
Le syndicalisme ouvrier en France appartient-il au passé ? Incapable d’enrayer le déclin que connaît l’industrie depuis quarante ans, il est également confronté à une crise sur le sens de son action militante.
Pourtant, loin des échecs des grandes mobilisations nationales, des syndicalistes mènent des luttes sur leurs lieux de travail, dont on ne mesure pas toujours ni l’inventivité ni les effets. Hélio-Corbeil, imprimerie située à Corbeil-Essonnes, en est une illustration : en février 2012, emmenés par la CGT, les salariés parviennent à reprendre leur entreprise sous forme de Société Coopérative et Participative (Scop). 80 emplois sont sauvés et l’activité est alors relancée. À partir d’une enquête au long cours, mêlant immersion et travail d’archives, cet ouvrage revient sur l’origine de cette lutte et la mise en place de la coopérative. Il propose une vision différente du syndicalisme, où la gestion constitue une arme de résistance salariale, hier comme aujourd’hui, et s’interroge sur ses conditions d’appropriation. Face à la financiarisation de l’économie, le salut du monde ouvrier passera-t-il par la conquête du pouvoir dans l’entreprise ?
Maxime Quijoux est sociologue, chercheur au CNRS et membre du Laboratoire Printemps (Professions, Institutions, Temporalités) à l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et membre associé du LISE (Laboratoire Interdisciplinaire de Sociologie Économique) au CNAM. Il est l’auteur de Néolibéralisme et autogestion, l’expérience argentine (Éditions de l’IHEAL, 2011) et a dirigé l’ouvrage collectif Bourdieu et le travail (Presses Universitaires de Rennes, 2015).

jeudi 28 mars 2019

audio: Guillaume Gourgues, Pourquoi ont-ils tué Lip? De la victoire ouvrière au tournant néolibéral (avec Claude Neuschwander)




audio: Guillaume Gourgues, Pourquoi ont-ils tué Lip? De la victoire ouvrière au tournant néolibéral (avec Claude Neuschwander)
21 mars 2019
Faculté d'Economie et de Gestion d'Aix-Marseille
en partenariat avec les Masters RH de la Faculté d'Economie et de Gestion de l'Université Aix-Marseille, le LEST (Laboratoire d'Economie et de Sociologie du Travail) et le site internet nonfiction.fr

Guillaume Gourgues & Claude Neuschwander
Pourquoi ont-ils tué Lip?
De la victoire ouvrière au tournant néolibéral 
Raisons d'agir
Cours & Travaux
2018

Présentation de l'éditeur
En 1973, les ouvrières et ouvriers de l’usine horlogère Lip à Besançon s’opposent aux licenciements qu’on leur promet : occupation, confiscation du stock de montres, redémarrage partiel de la production, organisation des premières paies ouvrières. En mars 1974, au terme d’un conflit au retentissement mondial, devenu un véritable mythe du mouvement social, leur entreprise redémarre, relancée par un consortium d’actionnaires emmené par Antoine Riboud et soutenu par l’État. Les licenciements sont évités. C’est la victoire ouvrière.
Mais deux ans plus tard, c’est la faillite. Ceux qui avaient relancé Lip accusent alors Claude Neuschwander, qu’ils avaient placé à la tête de l’entreprise, d’en être le principal responsable. Celui-ci clame pourtant haut et fort que la décision de liquider Lip est un choix politique : le patronat et l’État ont-ils délibérément interrompu la relance ? Ont-ils tué Lip et, si oui, pourquoi ?
Cet ouvrage propose de suivre l’hypothèse d’une mise à mort politique de l’entreprise horlogère, en la réinscrivant dans un tournant néolibéral qui la dépasse et l’explique. Engagés dans un travail commun, explorant des séries d’archives inédites, Claude Neuschwander et Guillaume Gourgues, chercheur en science politique, retracent ici méticuleusement cet épisode majeur de l’histoire du capitalisme français qu’a été la relance de Lip.
Considérer la fin de Lip comme le résultat d’une stratégie délibérée débouche sur une lecture nouvelle de l’ordre néolibéral actuel qui s’enracine précisément dans cette seconde moitié des années 1970. Cet ouvrage rappelle que le fonctionnement de l’économie se fonde largement sur des choix politiques, et que les licenciements n’ont pas toujours été considérés comme une inévitable loi du marché ou une variable d’ajustement nécessaire de la compétitivité des firmes.
Guillaume Gourgues est universitaire et politiste. Il s’inté­resse aux questions de résistances syndicales et aux évolutions contemporaines des formes politiques et sociales de démocratie.
Claude Neuschwander est le patron emblématique de la relance de Lip. Chargé en 1974 de redresser l’usine horlogère de Besançon, il est désavoué deux ans plus tard, et la faillite de Lip lui est attribuée, encore aujourd’hui. Il donne ici sa version des faits.


vendredi 7 septembre 2018

Maxime Quijoux , Adieux au patronat. Luttes et gestion ouvrières dans une usine reprise en coopérative



Maxime Quijoux
Adieux au patronat
Luttes et gestion ouvrières dans une usine reprise en coopérative
Du Croquant
Dynamiques socio-economiques
2018

Présentation de l'éditeur
Le syndicalisme ouvrier en France appartient-il au passé ? Incapable d’enrayer le déclin que connaît l’industrie depuis quarante ans, il est également confronté à une crise sur le sens de son action militante.
Pourtant, loin des échecs des grandes mobilisations nationales, des syndicalistes mènent des luttes sur leurs lieux de travail, dont on ne mesure pas toujours ni l’inventivité ni les effets. Hélio-Corbeil, imprimerie située à Corbeil-Essonnes, en est une illustration : en février 2012, emmenés par la CGT, les salariés parviennent à reprendre leur entreprise sous forme de Société Coopérative et Participative (Scop). 80 emplois sont sauvés et l’activité est alors relancée. À partir d’une enquête au long cours, mêlant immersion et travail d’archives, cet ouvrage revient sur l’origine de cette lutte et la mise en place de la coopérative. Il propose une vision différente du syndicalisme, où la gestion constitue une arme de résistance salariale, hier comme aujourd’hui, et s’interroge sur ses conditions d’appropriation. Face à la financiarisation de l’économie, le salut du monde ouvrier passera-t-il par la conquête du pouvoir dans l’entreprise ?
Maxime Quijoux est sociologue, chercheur au CNRS et membre du Laboratoire Printemps (Professions, Institutions, Temporalités) à l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et membre associé du LISE (Laboratoire Interdisciplinaire de Sociologie Économique) au CNAM. Il est l’auteur de Néolibéralisme et autogestion, l’expérience argentine (Éditions de l’IHEAL, 2011) et a dirigé l’ouvrage collectif Bourdieu et le travail (Presses Universitaires de Rennes, 2015).

lundi 4 juin 2018

Guillaume Gourgues & Claude Neuschwander, Pourquoi ont-ils tué Lip? De la victoire ouvrière au tournant néolibéral

Guillaume Gourgues & Claude Neuschwander
Pourquoi ont-ils tué Lip?
De la victoire ouvrière au tournant néolibéral 
Raisons d'agir
Cours & Travaux
2018

Présentation de l'éditeur
En 1973, les ouvrières et ouvriers de l’usine horlogère Lip à Besançon s’opposent aux licenciements qu’on leur promet : occupation, confiscation du stock de montres, redémarrage partiel de la production, organisation des premières paies ouvrières. En mars 1974, au terme d’un conflit au retentissement mondial, devenu un véritable mythe du mouvement social, leur entreprise redémarre, relancée par un consortium d’actionnaires emmené par Antoine Riboud et soutenu par l’État. Les licenciements sont évités. C’est la victoire ouvrière.
Mais deux ans plus tard, c’est la faillite. Ceux qui avaient relancé Lip accusent alors Claude Neuschwander, qu’ils avaient placé à la tête de l’entreprise, d’en être le principal responsable. Celui-ci clame pourtant haut et fort que la décision de liquider Lip est un choix politique : le patronat et l’État ont-ils délibérément interrompu la relance ? Ont-ils tué Lip et, si oui, pourquoi ?
Cet ouvrage propose de suivre l’hypothèse d’une mise à mort politique de l’entreprise horlogère, en la réinscrivant dans un tournant néolibéral qui la dépasse et l’explique. Engagés dans un travail commun, explorant des séries d’archives inédites, Claude Neuschwander et Guillaume Gourgues, chercheur en science politique, retracent ici méticuleusement cet épisode majeur de l’histoire du capitalisme français qu’a été la relance de Lip.
Considérer la fin de Lip comme le résultat d’une stratégie délibérée débouche sur une lecture nouvelle de l’ordre néolibéral actuel qui s’enracine précisément dans cette seconde moitié des années 1970. Cet ouvrage rappelle que le fonctionnement de l’économie se fonde largement sur des choix politiques, et que les licenciements n’ont pas toujours été considérés comme une inévitable loi du marché ou une variable d’ajustement nécessaire de la compétitivité des firmes.
Guillaume Gourgues est universitaire et politiste. Il s’inté­resse aux questions de résistances syndicales et aux évolutions contemporaines des formes politiques et sociales de démocratie.
Claude Neuschwander est le patron emblématique de la relance de Lip. Chargé en 1974 de redresser l’usine horlogère de Besançon, il est désavoué deux ans plus tard, et la faillite de Lip lui est attribuée, encore aujourd’hui. Il donne ici sa version des faits.


mardi 25 avril 2017

Collectif du 9 août, Quand ils ont fermé l’usine. Lutter contre la délocalisation dans une économie globalisée

Collectif du 9 août
Quand ils ont fermé l’usine
Lutter contre la délocalisation dans une économie globalisée
Agone
L'Ordre des choses
2017
 
Présentation de l'éditeur
Les effets de la délocalisation et l’organisation pour s’en défendre à partir de l’expérience concrète des ouvriers de Molex

"Il est 11 h 30 le 23 octobre 2008 lorsque les haut-parleurs de l’usine appellent les salariés à se rassembler. Dans la cour, les représentants syndicaux lancent avec effroi : « L’usine va fermer. » Les salariés présents cessent aussitôt le travail ; les autres apprennent la nouvelle par téléphone sur leur lieu de vacances ou dans les travées d’un supermarché. Une ouvrière parle d’un choc monstre : « On s’est tous regardés, en silence, anéantis. Quand on est sortis, il y avait de tout. Les gens partaient à droite, à gauche, des cris et des larmes. On aurait dit qu’on avait assisté au crash d’un avion. »
Peu après, une manifestation est organisée dans les rues de Villemur. Les commerçants baissent leur rideau en solidarité avec les salariés, le prêtre fait sonner le tocsin. Un ancien salarié raconte : « En arrivant en ville, on a vu un nombre, on s’est demandé ce que tous ces gens foutaient là, et c’est vrai que nous, ouvriers de l’usine, on s’est sentis accompagnés, on s’est dit qu’on n’était pas tout seuls. » "
Cet ouvrage retrace la lutte des salariés licenciés de l’usine Molex, dans la commune de Villemur-sur-Tarn, pour empêcher la fermeture de « leur » usine dans un contexte de mondialisation de l’économie, de désindustrialisation française et de délocalisation, sur fond de crise économique en 2008. Il s’agit de comprendre les conséquences du licenciement tout autant que de la mobilisation politique sur les salariés licenciés. Ce livre est le résultat d’une recherche collective menée durant six ans par des politistes et sociologues qui ont suivi la fermeture du site de production et le combat des salariés.
Cette lutte a quelque chose d’improbable, tant en raison du choix des armes (principalement juridiques) que de son succès médiatique.
Le Collectif du 9 août est composé de neuf politistes et sociologues, en poste à Toulouse, Paris, Lyon, Lille et Marseille. Ils sont issus de diverses spécialités – sociologie politique, sociologie du travail, sociologie des médias, socio-histoire : Olivier Baisnée, Anne Bory, Bérénice Crunel, Éric Darras, Caroline Frau, Jérémie Nollet, Alexandra Oeser, Audrey Rouger, Yohan Selponi. Le nom du collectif est une référence à la décision de la cour d’appel de Toulouse du 9 août 2016 qui juge le licenciement économique des salariés de Molex Villemur « sans cause réelle et sérieuse » tout en précisant qu’en l’absence de situation de co-emploi la maison mère Molex Inc. ne paiera pas d’indemnités.  

vendredi 20 janvier 2017

en ligne: Actes de la recherche en sciences sociales, 2013/1-2 (n° 196-197), Usines :ouvriers, militants, intellectuels

en ligne sur Cairn.info
Actes de la recherche en sciences sociales, 2013/1-2 (n° 196-197), Usines : ouvriers, militants, intellectuels
Seuil

Cédric Lomba, Julian Mischi
Ouvriers et intellectuels face à l'ordre usinier
 
Christian Corouge, Michel Pialoux,   Julian Mischi
Engagement et désengagement militant aux usines Peugeot de Sochaux dans les années 1980 et 1990
Pourquoi la « Chronique Peugeot » de 1984-1985 parue dans Actes s'est-elle interrompue ? (avec Julian Mischi)
 
Cédric Lomba
Restructurations industrielles : appropriations et expropriations des savoirs ouvriers
 
Paul Boulland
Sortir du rang ?
Rapports à l'usine des cadres ouvriers communistes
 
Sophie Pochic
Women on the Line de Miriam Glucksmann : quand un engagement féministe produit un classique d'ethnographie ouvrière
 
Ingrid Hayes
Les limites d'une médiation militante
L'expérience de Radio Lorraine Cœur d'Acier, Longwy, 1979-1980
 
Kimi Tomizaki
Deux générations de syndicalistes au Brésil : pratiques quotidiennes et formation politique
 
Pascal Marichalar, Laure Pitti
Réinventer la médecine ouvrière ?
Retour sur des mouvements médicaux alternatifs dans la France post-1968
 
Julian Mischi
Savoirs militants et rapports aux intellectuels dans un syndicat cheminot
 
Audrey Mariette
De la fabrique d'une génération à la fabrique de la reproduction
La complexité des rapports entre intellectuels et ouvriers militants à l'aune du cas de Georges Valero et de Christian Chevandier



vendredi 25 mars 2016

Bande-annonce: COMME DES LIONS, un film de Françoise Davisse

BANDE ANNONCE COMME DES LIONS from Les films du balibari on Vimeo.

COMME DES LIONS, un film de Françoise Davisse
Les films du balibari, coproduit par Les productions du Verger
2016


Résumé
“COMME DES LIONS” plonge le spectateur au cœur de deux ans d’engagement de salariés de PSA Aulnay contre la fermeture de leur usine qui employait plus de 3 000 personnes dont près de 400 intérimaires. Des immigrés, des enfants d’immigrés, des militants, bref des ouvriers du 93 se sont découverts experts et décideurs. Ces salariés ont mis à jour les mensonges de la direction, les faux prétextes, les promesses sans garanties, les raisons de la faiblesse de l’État. Bien sûr ils n’ont pas « gagné ». Mais peut être faut-il arrêter de tout penser en terme de « gain ». La vie est faite d’expériences, de risques, d’aventure et de fierté. Et là, ces deux ans sont une tranche de vie exceptionnelle. Un moment d’intelligence collective, de démocratie et de révélations.

mardi 19 novembre 2013

video: Un ouvrier à la chaîne, dialogue avec un sociologue | Christian Corouge - Michel Pialoux


vidéo:  Un ouvrier à la chaîne, dialogue avec un sociologue, Christian Corouge et Michel Pialoux

Cet entretien a suivi la diffusion du film de Laurence Jourdan, Sochaux, cadences en chaînes, 2010
Christian Corouge, ancien ouvrier de chez Peugeot-Sochaux
Michel Pialoux, sociologue, maître de conférences à l’EHESS, auteur, avec Stéphane Beaud, de Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard (Fayard, 1999)
Rencontre présentée par Richard Sobel, maître de conférences en économie à l’université Lille 1, chercheur au Clersé (UMR 8019) 
PRINTEMPS DES SHS 2012 - QUE FAIRE DU TRAVAIL ? Ciné-rencontre
(Source: Canal-U)


Christian Corouge - Michel Pialoux
Résister à la chaîne
Dialogue entre un ouvrier de Peugeot et un sociologue
Introduction de Michel Pialoux et Épilogue 2010
Édition établie par Julian Mischi
Agone
2011

Présentation de l'éditeur
Pendant quatre jours je t’ai raconté des trucs sur le travail, les lois Auroux, les trente-huit heures… Seulement ça, je vais te le dire, ça crée un déséquilibre complet, parce qu’une semaine comme ça, c’est pas facile de la vivre quand tu travailles en chaîne et que t’as en plus plein de boulot syndical à faire. C’est pas facile.
Alors mes mains, dans tout ça, qu’est-ce qu’elles deviennent, mes mains ? On dit : « Bon, en 1974, il avait mal aux mains. Maintenant ça a l’air de passer. Il est devenu beaucoup plus intellectuel, il n’a plus mal aux mains, il a mal à la tête… » Il est fou, quoi. Seulement, moi, je travaille encore avec mes mains ! Et ça, ça me fait toujours mal. Mais maintenant je me tais. Parce que, pendant dix ans, tu en souffres tout seul. Et en même temps, tu as l’impression d’être une espèce de cobaye… aussi bien de la part des copains… qui veulent surtout pas écrire ce genre de truc avec moi, alors qu’en fait, à mon avis, leur boulot de militant – c’est à eux que je devrais le dire –, ça aurait été de faire ce livre avec moi.
Au début des années 1980, le sociologue Michel Pialoux rencontre Christian Corouge, ouvrier et syndicaliste chez Peugeot-Sochaux. Ils entament un long dialogue sur le travail à la chaîne, l’entraide dans les ateliers et la vie quotidienne des familles ouvrières. À partir de l’histoire singulière d’un ouvrier, devenu porte-parole de son atelier sans jamais le quitter, sont abordées les difficultés de la constitution d’une résistance syndicale.

Ouvrier et syndicaliste à la CGT, Christian Courouge, a travaillé sur les chaînes Peugeot-Sochaux de 1969 à 2011. Dans ce dialogue avec Michel Pialoux il évoque notamment la violence du travail à la chaine et la lutte syndicale.
Michel Pialoux est sociologue, a notamment écrit (avec Stéphane Beaud) Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard (Fayard, 1999 / La Découverte, 2012).


mercredi 10 juillet 2013

écouter: Ingrid Hayes, “De l’usine au studio. Un espace militant hors l’usine en bassin sidérurgique: quelle place pour les femmes? L’exemple de la radio Lorraine Coeur d’Acier, Longwy 1979-1980”



écouter:
Ingrid Hayes – “De l’usine au studio. Un espace militant hors l’usine en bassin sidérurgique: quelle place pour les femmes? L’exemple de la radio Lorraine Coeur d’Acier, Longwy 1979-1980

Ingrid Hayes, Docteure en histoire contemporaine, Université Paris 1 (Centre d’Histoire sociale du XXe siècle)

11.01.2013, Séminaire « Genre et classes populaires » – 2012 / 2013, Genre et Classes Populaires in situ 

voir également:
Ingrid Hayes, Les limites d'une médiation militante. L'expérience de Radio Lorraine Cœur d'Acier, Longwy, 1979-1980, in Actes de la recherche en sciences sociales n°196-197, Usines: Ouvriers, Militants, Intellectuels, Seuil, 2013

lundi 13 mai 2013

Pun Ngai, Made in China. Vivre avec les ouvrières chinoises

Pun Ngai
Made in China
Vivre avec les ouvrières chinoises
Traduit de l'anglais par Hervé Maury
l'Aube
2012

Présentation de l'éditeur
Dans la province de Guangdong, en Chine du Sud, au coeur de la zone économique spéciale de Shenzhen ouverte aux capitaux étrangers, Pun Ngai a observé une nouvelle classe de travailleurs : les dagongmei, jeunes femmes issues de la campagne se rendant dans les zones urbaines pour travailler en usine. Durant huit mois, elle a partagé leur quotidien sur une ligne de fabrication d'électronique, dormant dans leurs dortoirs, travaillant à leurs côtés, pendant qu'elle tenait la chronique minutieuse de leurs vies.
De cette immersion, elle a tiré cet incroyable témoignage, et un traité de sociologie sur la condition des dagongmei. Elle éclaire leurs points de vue, leurs perspectives, leurs expériences, leurs rêves, leur désir de consommation et leurs actes de transgression : Pun Ngai suggère qu'une révolution sociale silencieuse est en marche en Chine et que ces jeunes femmes en sont les vecteurs. Passionnant !

Pun Ngai, sociologue et anthropologue, est professeur à l'université de Hong Kong. Elle a fondé et préside le réseau des travailleuses migrantes chinoise


vendredi 29 mars 2013

Actes de la recherche en sciences sociales n°196-197, Usines: Ouvriers, Militants, Intellectuels


Actes de la recherche en sciences sociales n°196-197, Usines: Ouvriers, Militants, Intellectuels, Seuil, 2013

SOMMAIRE

Page 4 à 19
Cédric Lomba et Julian Mischi   Ouvriers et intellectuels face à l'ordre usinier
Page 20 à 33
Christian Corouge et Michel Pialoux   Engagement et désengagement militant aux usines Peugeot de Sochaux dans les années 1980 et 1990 Pourquoi la « Chronique Peugeot » de 1984-1985 parue dans Actes s'est-elle interrompue ?
(avec Julian Mischi)
Page 34 à 53
Cédric Lomba   Restructurations industrielles : appropriations et expropriations des savoirs ouvriers
Page 54 à 71
Paul Boulland   Sortir du rang ? Rapports à l'usine des cadres ouvriers communistes
Page 72 à 83
Sophie Pochic   Women on the Line de Miriam Glucksmann : quand un engagement féministe produit un classique d'ethnographie ouvrière
Page 84 à 101
Ingrid Hayes   Les limites d'une médiation militante L'expérience de Radio Lorraine Cœur d'Acier, Longwy, 1979-1980
Page 102 à 113
Kimi Tomizaki   Deux générations de syndicalistes au Brésil : pratiques quotidiennes et formation politique
Page 114 à 131
Pascal Marichalar et Laure Pitti   Réinventer la médecine ouvrière ? Retour sur des mouvements médicaux alternatifs dans la France post-1968
Page 132 à 151
Julian Mischi   Savoirs militants et rapports aux intellectuels dans un syndicat cheminot
Page 152 à 157
Audrey Mariette   De la fabrique d'une génération à la fabrique de la reproduction La complexité des rapports entre intellectuels et ouvriers militants à l'aune du cas de Georges Valero et de Christian Chevandier