« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 19 juin 2017

Maurice Agulhon. Aux carrefours de l'histoire vagabonde. Édité par Christophe Charle et Jacqueline Lalouette

Maurice Agulhon
Aux carrefours de l'histoire vagabonde
Édité par Christophe Charle et Jacqueline Lalouette
Publications de la Sorbonne
Histoire de la France aux XIXe et XXe siècles 
2017
 
Présentation de l'éditeur
Professeur d'histoire contemporaine à Aix-en-Provence puis à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et au Collège de France, Maurice Agulhon (1926-2014) est l’un des historiens majeurs du second XXe siècle. Il a non seulement renouvelé l’histoire de la France contemporaine dans une triple dimension politique, sociale et symbolique et a ouvert de nouvelles pistes aux historiographies d’autres pays, mais il a aussi établi des liens fructueux avec les études littéraires, la science politique et l’ethnologie. Un an après son décès, une journée d’étude, dont ce volume rassemble les contributions, a éclairé la multiplicité de ses apports à l’histoire comme discipline, à la fonction d’historien comme maître, à la vie intellectuelle française comme citoyen engagé dans son époque.
Ce portrait intellectuel, humain et politique n’entend pas se tourner seulement vers le passé. À l’heure où les grands combats que Maurice Agulhon a menés, pour la liberté et l’inventivité intellectuelles, la République et l’émancipation humaine, sont plus que jamais d’actualité, les contributions montrent comment il a su être un guide et un exemple pour l’avenir de l’histoire, de l’université et de la République, trois engagements indissociables dans sa vie et dans son œuvre.
 
 
 
 

mardi 1 mars 2016

écouter: Éric Michaud, Les invasions barbares. Une généalogie de l'histoire de l'art


écouter: Éric Michaud, Les invasions barbares. Une généalogie de l'histoire de l'art
La Grande table (2ème partie), 27.11.2015
Éric Michaud
Les invasions barbares
Une généalogie de l'histoire de l'art
Gallimard
NRF Essais
2016

Présentation de l'éditeur
L’histoire de l’art a commencé avec les invasions barbares.
Vers 1800, ces invasions sont devenues soudainement l’événement décisif par lequel l’Occident se serait engagé dans la modernité : le sang neuf des races du Nord, tout en conservant l’ancien, aurait apporté un art nouveau, nécessairement antiromain et anticlassique, et dont l’héritage était encore manifeste en Europe.
Ce récit fantastique, inséparable de la formation des États-nations et de la montée des nationalismes en Europe, se fondait sur le double postulat de l’homogénéité et de la continuité des peuples «étrangers» : il fit bientôt tomber les styles artistiques sous la dépendance du sang et de la race. L’histoire de l’art associa ses objets à des groupes raciaux en s’appuyant sur quelques singularités visibles : tantôt leurs qualités «tactiles» ou «optiques» les dénonçaient comme «latins» ou «germains», tantôt la prédominance des éléments linéaires trahissait une origine méridionale, quand le «pictural» indiquait clairement une provenance germanique ou nordique. Les musées, pour finir, regroupèrent les productions des beaux-arts selon leur provenance géographique et l’appartenance «ethnique» de leurs créateurs.
Il serait parfaitement vain de chercher à démontrer que l’histoire de l’art fut une discipline raciste : elle ne l’aura été ni plus ni moins que les autres sciences sociales qui, toutes, furent touchées ou orientées par la pensée raciale visant à classer et hiérarchiser les hommes en fonction de traits somatiques et psychologiques qui leur étaient attribués. Mais, montre Éric Michaud, les liens qu’elle a tissés entre les hommes et leurs objets artistiques ne sont pas encore tranchés : l’opinion la plus commune sur l’art est qu’il incarne au mieux le génie des peuples.
Aujourd’hui encore, sur le marché mondialisé, la provenance ethnico-raciale exhibée des œuvres – «Black», «African American», «Latino» ou «Native American» – donne à ces objets d’échange une plus-value estimable. Ainsi s’expose en permanence une concurrence des «races» qui n’est jamais que la même qui présida aux commencements de l’histoire de l’art.  

mardi 4 juin 2013

Collectif Write Back, Postcolonial Studies : modes d'emploi

Collectif Write Back
Postcolonial Studies :
modes d'emploi
P.U.Lyon
2013

Présentation de l'éditeur
À travers la mise en avant de leurs sources plus ou moins reconnues (French Theory, Subaltern Studies de Delhi, traditions intellectuelles d’Afrique Noire, Cultural Studies, écrits anticoloniaux de Frantz Fanon, Chinua Achebe, Aimé Césaire, Albert Memmi) et de leurs connexions avec d’autres champs de recherche contemporains (Queer Studies, études francophones, Black Studies), les études postcoloniales sont apparues comme une sorte de laboratoire expérimentant des perspectives pluridisciplinaires : étrangères à toute orthodoxie, elles se placent à l’intersection de diverses problématiques, politiques, linguistiques, ou encore identitaires, non sans une certaine propension à faire retour sur leurs propres fondements théoriques. Le travail proposé ici, par sa dimension internationale et polyphonique, participe à son tour d’un dépassement des étiquettes nationales et académiques rigides : autant de « modes d’emploi » qui invitent à de nouveaux usages des Postcolonial Studies, de nouvelles explorations esthétiques et intellectuelles, dans les champs de la littérature et du cinéma en particulier.
Le collectif Write Back (en référence à l’ouvrage fondateur de Bill Ashcroft, Gareth Griffiths et Helen Tiffin, The Empire Writes Back, 1989) rassemble les sept membres du « Laboratoire des jeunes chercheurs en littératures et études postcoloniales : les outils théoriques à l’épreuve des textes », créé en 2007 à l’École normale supérieure de Lyon : Florian Alix, Anne-Sophie Catalan, Claire Ducournau, Tina Harpin, Estelle Olivier, Myriam Suchet et Cyril Vettorato. Outre les contributions des membres du collectif, le volume propose des articles de chercheurs de divers horizons, en particulier la traduction inédite d’un article de Graham Huggan et un texte inédit de Kathleen Gyssels.