« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».Pierre Bourdieu (1992)
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vendredi 15 juillet 2016
en ligne: Loîc Wacquant, “A Concise Genealogy and Anatomy of Habitus." The Sociological Review, 64, no 1, Symposium on habitus, February 2016
en ligne: Loîc Wacquant, “A Concise Genealogy and Anatomy of Habitus."
The Sociological Review, 64, no 1, Symposium on habitus, February 2016, pp. 64-72.
voir également: Pierre Bourdieu sur le concept d'Habitus
mercredi 8 juin 2016
vidéo: Silyane Larcher, L’autre citoyen. L’idéal républicain et les Antilles après l’esclavage
Silyane Larcher
L’autre citoyen
L’idéal républicain et les Antilles après l’esclavage
Préface d'Etienne Balibar
Armand Colin
Le temps des idées
2014
Présentation de l'éditeur
En 1848, l’abolition de l’esclavage, par la Seconde République, a libéré des chaînes plus de 250 000 esclaves. Par l’application du suffrage universel, ceux des Antilles, de la Guyane et de la Réunion ont, en théorie, été dotés des mêmes droits civils et électoraux que tous les citoyens (masculins) de la métropole. La réalité a été fort différente. Ces citoyens colonisés sont longtemps restés soumis à un régime d’exception. Au Parlement, à Paris, leurs députés votaient des lois qui ne leur étaient pas applicables ! Le pouvoir exécutif et les gouverneurs locaux s’occupaient de leur sort.
Comment, dans un pays construit sur une citoyenneté que l’on prétend universaliste et abstraite – et qui ne cesse de le répéter – a-t-on pu s’accommoder d’une telle contradiction ?
L’histoire que nous raconte ce livre est celle de luttes et de rapports de forces. Une histoire de violences dont les anciens esclaves sont les protagonistes anonymes. Dans une société française dite « postcoloniale », l’auteur invite à méditer les fondements complexes de l’articulation entre citoyenneté, question sociale, histoire et « race ».
Silyane Larcher, politiste et philosophe, est chercheure au CNRS et membre de l'URMIS-Université Paris Diderot.
lundi 11 avril 2016
écouter: Benjamin Lemoine, L'ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché
écouter: Benjamin Lemoine, L'ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché
Parenthèse par Laurence Luret, 20.03.2016
Benjamin Lemoine
L'ordre de la dette
Présentation de l'éditeur
Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché
Préface de André Orléan
La Découverte
2016
Présentation de l'éditeur
Pourquoi la dette publique occupe-t-elle une telle place dans
les débats économiques contemporains, en France et ailleurs ? Comment
s’est-elle imposée comme la contrainte suprême qui justifie toutes les
politiques d’austérité budgétaire et qui place les États sous
surveillance des agences de notation ?
À rebours de ceux qui voient la dette comme une fatalité et une loi d’airain quasi naturelle, Benjamin Lemoine raconte dans ce livre comment, en France, l’« ordre de la dette » a été voulu, construit et organisé par des hommes politiques, des hauts fonctionnaires et des banquiers, de gauche comme de droite – parmi lesquels François Bloch-Lainé, Charles de Gaulle, Antoine Pinay, Valéry Giscard d’Estaing, Michel Pébereau, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn… Autrement dit, il fut le fruit d’un choix politique.
Ce livre reconstitue la généalogie détaillée de ce choix stratégique, et prend la mesure de la grande transformation de l’État dans l’après-guerre. On réalise alors à quel point les nouveaux rapports entre finance privée et finances publiques sont au cœur des mutations du capitalisme, dans lequel l’État est devenu un acteur de marché comme les autres, qui crée et vend ses produits de dette, construisant par là sa propre prison.
« Ce qui est mis en cause dans ce livre, c’est l’évidence même de la dette. » André Orléan
À rebours de ceux qui voient la dette comme une fatalité et une loi d’airain quasi naturelle, Benjamin Lemoine raconte dans ce livre comment, en France, l’« ordre de la dette » a été voulu, construit et organisé par des hommes politiques, des hauts fonctionnaires et des banquiers, de gauche comme de droite – parmi lesquels François Bloch-Lainé, Charles de Gaulle, Antoine Pinay, Valéry Giscard d’Estaing, Michel Pébereau, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn… Autrement dit, il fut le fruit d’un choix politique.
Ce livre reconstitue la généalogie détaillée de ce choix stratégique, et prend la mesure de la grande transformation de l’État dans l’après-guerre. On réalise alors à quel point les nouveaux rapports entre finance privée et finances publiques sont au cœur des mutations du capitalisme, dans lequel l’État est devenu un acteur de marché comme les autres, qui crée et vend ses produits de dette, construisant par là sa propre prison.
« Ce qui est mis en cause dans ce livre, c’est l’évidence même de la dette. » André Orléan
.
Benjamin Lemoine est sociologue, chercheur au CNRS et à
l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO
– université Paris-Dauphine). Sa thèse a été primée par l’Association
française de science politique.
lundi 28 mars 2016
écouter: Arnault Skornicki, La grande soif de l'État. Michel Foucault avec les sciences sociales
écouter: Arnault Skornicki, La grande soif de l'État. Michel Foucault avec les sciences sociales
Jeudi Noir par Michel et Jean-Matthias, 10.03.2016
Arnault Skornicki
La grande soif de l'État
Michel Foucault avec les sciences sociales
Les Prairies Ordinaires
2015
Présentation de l'éditeur
Michel Foucault n’est pas réputé être un
théoricien de l’État, mais un penseur du pouvoir partout où il se trouve
(dans l’école, la prison, la caserne, l’usine, l’hôpital). Et pourtant,
il apparaît qu’il s’était lancé dans une grande généalogie de l’État
moderne. Cet ouvrage se propose de dissiper ce paradoxe en démontrant
deux choses.
Oui, il existe bel et bien une théorie foucaldienne de l’État : elle n’est ni systématique ni achevée, mais on peut la reconstituer tant à partir de la fabuleuse richesse des textes de Foucault qu’en le faisant dialoguer avec de grandes entreprises voisines, venues de la philosophie et des sciences sociales : le marxisme, Weber, Elias et Bourdieu, entre autres.
Oui, la généalogie est compatible avec la sociologie. Les concepts de biopolitique, discipline, pastorale, gouvernementalité ne sont pas autre chose que des outils pour saisir l’étatisation des rapports de pouvoir, c’est-à-dire les processus de monopolisation politique qui, du Moyen Âge à nos jours, sont au principe de nos prétendus Léviathans en Europe. L’État ? Non pas le plus froid de tous les monstres froids, ni seulement un grand appareil répressif, mais l’effet et l’opérateur de gouvernementalités multiples, de rationalités hétérogènes, de dispositifs variés.
Ceci n’est pas un nouveau livre sur Foucault. C’est un livre sur l’État et la possibilité toujours vivante d’en faire une théorie, retrempée dans l’eau acide de la généalogie.
Oui, il existe bel et bien une théorie foucaldienne de l’État : elle n’est ni systématique ni achevée, mais on peut la reconstituer tant à partir de la fabuleuse richesse des textes de Foucault qu’en le faisant dialoguer avec de grandes entreprises voisines, venues de la philosophie et des sciences sociales : le marxisme, Weber, Elias et Bourdieu, entre autres.
Oui, la généalogie est compatible avec la sociologie. Les concepts de biopolitique, discipline, pastorale, gouvernementalité ne sont pas autre chose que des outils pour saisir l’étatisation des rapports de pouvoir, c’est-à-dire les processus de monopolisation politique qui, du Moyen Âge à nos jours, sont au principe de nos prétendus Léviathans en Europe. L’État ? Non pas le plus froid de tous les monstres froids, ni seulement un grand appareil répressif, mais l’effet et l’opérateur de gouvernementalités multiples, de rationalités hétérogènes, de dispositifs variés.
Ceci n’est pas un nouveau livre sur Foucault. C’est un livre sur l’État et la possibilité toujours vivante d’en faire une théorie, retrempée dans l’eau acide de la généalogie.
Arnault
Skornicki est maître de conférences en science politique à à
l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense. Il est l’auteur de deux
livres : L’Économiste, la cour et la patrie. L’économie politique dans la France des Lumières (2011) et, avec Jérôme Tournadre, La nouvelle histoire des idées politiques (2015).
mardi 1 mars 2016
écouter: Éric Michaud, Les invasions barbares. Une généalogie de l'histoire de l'art
écouter: Éric Michaud, Les invasions barbares. Une généalogie de l'histoire de l'art
La Grande table (2ème partie), 27.11.2015
Éric Michaud
Les invasions barbares
Une généalogie de l'histoire de l'art
Gallimard
NRF Essais
2016
Présentation de l'éditeur
L’histoire de l’art a commencé avec les invasions barbares.
Vers 1800, ces invasions sont devenues soudainement l’événement décisif par lequel l’Occident se serait engagé dans la modernité : le sang neuf des races du Nord, tout en conservant l’ancien, aurait apporté un art nouveau, nécessairement antiromain et anticlassique, et dont l’héritage était encore manifeste en Europe.
Ce récit fantastique, inséparable de la formation des États-nations et de la montée des nationalismes en Europe, se fondait sur le double postulat de l’homogénéité et de la continuité des peuples «étrangers» : il fit bientôt tomber les styles artistiques sous la dépendance du sang et de la race. L’histoire de l’art associa ses objets à des groupes raciaux en s’appuyant sur quelques singularités visibles : tantôt leurs qualités «tactiles» ou «optiques» les dénonçaient comme «latins» ou «germains», tantôt la prédominance des éléments linéaires trahissait une origine méridionale, quand le «pictural» indiquait clairement une provenance germanique ou nordique. Les musées, pour finir, regroupèrent les productions des beaux-arts selon leur provenance géographique et l’appartenance «ethnique» de leurs créateurs.
Il serait parfaitement vain de chercher à démontrer que l’histoire de l’art fut une discipline raciste : elle ne l’aura été ni plus ni moins que les autres sciences sociales qui, toutes, furent touchées ou orientées par la pensée raciale visant à classer et hiérarchiser les hommes en fonction de traits somatiques et psychologiques qui leur étaient attribués. Mais, montre Éric Michaud, les liens qu’elle a tissés entre les hommes et leurs objets artistiques ne sont pas encore tranchés : l’opinion la plus commune sur l’art est qu’il incarne au mieux le génie des peuples.
Aujourd’hui encore, sur le marché mondialisé, la provenance ethnico-raciale exhibée des œuvres – «Black», «African American», «Latino» ou «Native American» – donne à ces objets d’échange une plus-value estimable. Ainsi s’expose en permanence une concurrence des «races» qui n’est jamais que la même qui présida aux commencements de l’histoire de l’art.
Vers 1800, ces invasions sont devenues soudainement l’événement décisif par lequel l’Occident se serait engagé dans la modernité : le sang neuf des races du Nord, tout en conservant l’ancien, aurait apporté un art nouveau, nécessairement antiromain et anticlassique, et dont l’héritage était encore manifeste en Europe.
Ce récit fantastique, inséparable de la formation des États-nations et de la montée des nationalismes en Europe, se fondait sur le double postulat de l’homogénéité et de la continuité des peuples «étrangers» : il fit bientôt tomber les styles artistiques sous la dépendance du sang et de la race. L’histoire de l’art associa ses objets à des groupes raciaux en s’appuyant sur quelques singularités visibles : tantôt leurs qualités «tactiles» ou «optiques» les dénonçaient comme «latins» ou «germains», tantôt la prédominance des éléments linéaires trahissait une origine méridionale, quand le «pictural» indiquait clairement une provenance germanique ou nordique. Les musées, pour finir, regroupèrent les productions des beaux-arts selon leur provenance géographique et l’appartenance «ethnique» de leurs créateurs.
Il serait parfaitement vain de chercher à démontrer que l’histoire de l’art fut une discipline raciste : elle ne l’aura été ni plus ni moins que les autres sciences sociales qui, toutes, furent touchées ou orientées par la pensée raciale visant à classer et hiérarchiser les hommes en fonction de traits somatiques et psychologiques qui leur étaient attribués. Mais, montre Éric Michaud, les liens qu’elle a tissés entre les hommes et leurs objets artistiques ne sont pas encore tranchés : l’opinion la plus commune sur l’art est qu’il incarne au mieux le génie des peuples.
Aujourd’hui encore, sur le marché mondialisé, la provenance ethnico-raciale exhibée des œuvres – «Black», «African American», «Latino» ou «Native American» – donne à ces objets d’échange une plus-value estimable. Ainsi s’expose en permanence une concurrence des «races» qui n’est jamais que la même qui présida aux commencements de l’histoire de l’art.
jeudi 26 novembre 2015
Arnault Skornicki, La grande soif de l'État. Michel Foucault avec les sciences sociales
Arnault Skornicki
La grande soif de l'État
Michel Foucault avec les sciences sociales
Les Prairies Ordinaires
2015
Présentation de l'éditeur
Michel Foucault n’est pas réputé être un
théoricien de l’État, mais un penseur du pouvoir partout où il se trouve
(dans l’école, la prison, la caserne, l’usine, l’hôpital). Et pourtant,
il apparaît qu’il s’était lancé dans une grande généalogie de l’État
moderne. Cet ouvrage se propose de dissiper ce paradoxe en démontrant
deux choses.
Oui, il existe bel et bien une théorie foucaldienne de l’État : elle n’est ni systématique ni achevée, mais on peut la reconstituer tant à partir de la fabuleuse richesse des textes de Foucault qu’en le faisant dialoguer avec de grandes entreprises voisines, venues de la philosophie et des sciences sociales : le marxisme, Weber, Elias et Bourdieu, entre autres.
Oui, la généalogie est compatible avec la sociologie. Les concepts de biopolitique, discipline, pastorale, gouvernementalité ne sont pas autre chose que des outils pour saisir l’étatisation des rapports de pouvoir, c’est-à-dire les processus de monopolisation politique qui, du Moyen Âge à nos jours, sont au principe de nos prétendus Léviathans en Europe. L’État ? Non pas le plus froid de tous les monstres froids, ni seulement un grand appareil répressif, mais l’effet et l’opérateur de gouvernementalités multiples, de rationalités hétérogènes, de dispositifs variés.
Ceci n’est pas un nouveau livre sur Foucault. C’est un livre sur l’État et la possibilité toujours vivante d’en faire une théorie, retrempée dans l’eau acide de la généalogie.
Oui, il existe bel et bien une théorie foucaldienne de l’État : elle n’est ni systématique ni achevée, mais on peut la reconstituer tant à partir de la fabuleuse richesse des textes de Foucault qu’en le faisant dialoguer avec de grandes entreprises voisines, venues de la philosophie et des sciences sociales : le marxisme, Weber, Elias et Bourdieu, entre autres.
Oui, la généalogie est compatible avec la sociologie. Les concepts de biopolitique, discipline, pastorale, gouvernementalité ne sont pas autre chose que des outils pour saisir l’étatisation des rapports de pouvoir, c’est-à-dire les processus de monopolisation politique qui, du Moyen Âge à nos jours, sont au principe de nos prétendus Léviathans en Europe. L’État ? Non pas le plus froid de tous les monstres froids, ni seulement un grand appareil répressif, mais l’effet et l’opérateur de gouvernementalités multiples, de rationalités hétérogènes, de dispositifs variés.
Ceci n’est pas un nouveau livre sur Foucault. C’est un livre sur l’État et la possibilité toujours vivante d’en faire une théorie, retrempée dans l’eau acide de la généalogie.
Arnault
Skornicki est maître de conférences en science politique à à
l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense. Il est l’auteur de deux
livres : L’Économiste, la cour et la patrie. L’économie politique dans la France des Lumières (2011) et, avec Jérôme Tournadre, La nouvelle histoire des idées politiques (2015).
dimanche 17 juillet 2011
videos: Quentin Skinner, The Genealogy of Liberty + interview + What is the state?
video: Quentin Skinner, The Genealogy of Liberty
Townsend Center for the Humanities
Una’s Lecturer 2008-2009
September 15, 2008
Filmed and interviewed by Alan Macfarlane on 10th January 2008 in Cambridge and edited and transcribed by Sarah Harrison Summary of interview of Quentin Skinner
video: Quentin Skinner, What is the state?
Professor Quentin Skinner, Regius Professor of History at Cambridge, delivered the inaugural Lee Seng Tee Distinguished Lecture in College on 24 October 2007.
Townsend Center for the Humanities
Una’s Lecturer 2008-2009
September 15, 2008
Filmed and interviewed by Alan Macfarlane on 10th January 2008 in Cambridge and edited and transcribed by Sarah Harrison Summary of interview of Quentin Skinner
video: Quentin Skinner, What is the state?
Professor Quentin Skinner, Regius Professor of History at Cambridge, delivered the inaugural Lee Seng Tee Distinguished Lecture in College on 24 October 2007.
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