« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 16 juillet 2018

en Poche: Le football des nations. Des terrains de jeu aux communautés imaginées. Sous la direction de Fabien Archambault, Stéphane Beaud et William Gasparini

Le football des nations

Des terrains de jeu aux communautés imaginées

Sous la direction de Fabien Archambault, Stéphane Beaud et William Gasparini
Préface de Gérard Noiriel
Éditions de la Sorbonne
Libres cours
2018

Présentation de l'éditeur
Sport populaire, le football a conquis la planète en moins d'un siècle. Il est devenu le moyen le plus commun de découverte des particularités des nations. Par sa médiatisation à l'occasion des Coupes du monde ou des compétitions continentales, on connaît désormais une nation à travers son équipe, son style de jeu, sa composition. Les équipes nationales de football contribuent à fabriquer des « communautés nationales imaginées » qui semblent plus réelles quand elles se trouvent réduites à onze joueurs dont on connaît les noms. Tout au long du XXe siècle, transgressant la diversité des régions, des générations et des classes sociales, l’équipe nationale de football devient un emblème majeur de l’État-nation. Cependant, bien loin de constituer l’élément cristallisateur exclusif et permanent des fiertés nationales, les sélections nationales, et la passion qu’elles ont pu et peuvent susciter, sont le produit de constructions historiques bien différentes selon les sociétés envisagées. Miroir de nos sociétés et sport à fort investissement nationaliste, le football reste pourtant un objet mineur et peu légitime des sciences sociales. Ce livre collectif propose de retracer, à l’échelle européenne et par des approches monographiques, la diversité des liens entre chaque nation et le football, c’est-à-dire le rapport entretenu à la nation par le football et au football par le prisme du fait national.




vendredi 12 août 2016

Le football des nations. Des terrains de jeu aux communautés imaginées, Sous la direction de Fabien Archambault, Stéphane Beaud et William Gasparini


Le football des nations
Des terrains de jeu aux communautés imaginées
Sous la direction de Fabien Archambault, Stéphane Beaud et William Gasparini
Publications de la Sorbonne
Internationale
2016

Présentation de l'éditeur
Aussi étrange que cela puisse paraître, les Anglais, ceux-là mêmes qui inventèrent le football au milieu du XIXe siècle, ont longtemps délaissé leur équipe nationale, lui préférant, et de loin, leurs clubs professionnels. Si les choses semblèrent changer quelque peu en 1966, avec la victoire des Three Lions dans la World Cup organisée outre-Manche, rien n'est pour autant définitivement acquis et les sujets de Sa Gracieuse Majesté pourraient bien manifester une indifférence polie en cas de contre-performance de l'équipe d’Angleterre lors du prochain Euro ou de la Coupe du monde à venir. Que ceci advienne dans un pays où le football est le sport roi illustre la complexité du rapport que peut entretenir une société avec son équipe nationale. Bien loin de constituer l’élément cristallisateur exclusif et permanent des fiertés nationales, les sélections nationales, et la passion qu’elles ont pu et peuvent susciter, sont le produit de constructions historiques bien différentes selon les configurations nationales envisagées. Ce livre collectif se propose donc de retracer, essentiellement à l’échelle européenne et par des approches monographiques, la diversité des situations pour ce qui concerne les rapports à la nation et au football, c’est-à-dire le rapport à la nation par le football et au football par le prisme du fait national. Dans cette optique, chaque étude est l’occasion de réflexions mettant en jeu des idiosyncrasies particulières qui révèlent les modalités et les évolutions des sentiments d’appartenance nationale.

Avant-propos
Préface
Gérard Noiriel
Introduction
Le football, un creuset des nations ?
Fabien Archambault, Stéphane Beaud et William Gasparini
FOOTBALL, NATION ET POLITIQUE
Nous nous sommes tant aimés. Les Italiens et la Squadra Azzurra
Fabien Archambault
La Selecção portugaise, entre dictature, propagande coloniale et horizon européen
Victor Pereira
De la furia espagnole au tiki-taka. Football et constructions identitaires en Espagne (1920-2015)
Juan Antonio Simón
Volver a abrazarnos todos. L'Argentine et l'Albiceleste
Lucie Hémeury
Football et pouvoir dans la Hongrie communiste
György Majtényi
La Sbornaya, de l’URSS à la Russie de Poutine
Manuel Veth
FORMES ET LOGIQUES DU SOUTIEN AUX ÉQUIPES NATIONALES
« Qui pour soutenir l’Angleterre ? ». L’équipe nationale d’Angleterre et les Anglais (1966-2015)
Richard Holt, Dilwyn Porter
Le « club Belgique », fabrique d’engouement
David Jamar, Guy Lebeer
Supporter une équipe nationale. De quelques enseignements tirés du cas de l’équipe de France
Ludovic Lestrelin
UN LIEU DE MÉTISSAGE ?
Défaites cuisantes et victoires éblouissantes. L’imaginaire national au Brésil au prisme des Coupes du monde
José Sérgio Leite Lopes, Afrânio Garcia Jr
Les Bleus au long cours : indifférence, exaltation et crispations nationales
Stéphane Beaud, Julien Sorez
Wir sind bunt ! La Mannschaft au diapason du « sentiment du nous » en Allemagne (1950-2015)
Pierre Weiss
Être appelé en équipe nationale : de quel droit ?
Gérald Simon
En guise de conclusion. Le football dans la construction européenne : de la nation à l’illusio européiste
William Gasparini
Notices biographiques
Index

samedi 10 mai 2014

Statactivisme. Comment lutter avec des nombres (Sous la direction de: Isabelle Bruno, Emmanuel Didier, Julien Prévieux)


Statactivisme
Comment lutter avec des nombres
Sous la direction de:
Isabelle Bruno
Emmanuel Didier
Julien Prévieux
Zones
2014

Présentation de l'éditeur
Les statistiques nous gouvernent. Argument d'autorité au service des managers, elles mettent en nombres le réel et maquillent des choix qui sont, en fait, politiques. Le parti pris de ce livre, qui rassemble les contributions de sociologues, d'artistes et de militants, procède du judo : prolonger le mouvement de l'adversaire afin de détourner sa force et la lui renvoyer en pleine face, faire de la statistique une arme critique. L'histoire de cette forme de contestation dont Luc Boltanski indique qu'elle permet de formuler des « critiques réformistes » passe d'abord par un retour sur la longue controverse sur l'indice des prix en France, présentée par Alain Desrosières.
La deuxième partie du livre s'intéresse à la façon dont on ruse, individuellement et souvent secrètement, avec les règles. L'association Pénombre, composée de statisticiens critiques, y présente une fausse interview du brigadier Yvon Dérouillé, qui explique, face caméra, comment tripatouiller les statistiques de la délinquance. Mais les statistiques peuvent aussi servir à faire exister politiquement, en les rendant visibles, des catégories sociales discriminées. Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires, montre comment Victor Schoelcher, au XIXe siècle, mobilisait déjà des arguments quantitatifs pour la défense des droits des Noirs.
Une dernière stratégie statactiviste consiste à bâtir des indicateurs alternatifs, tels que le « BIP 40 », qui met en rapport les bénéfices dégagés par l'envolée des cours boursiers et le creusement des inégalités sociales.
Ces quatre démarches sont illustrées, avec humour ou sérieux, en texte ou en image, par les contributeurs de cet ouvrage, pour qui « un autre nombre est possible » : ce qu'une logique hégémonique de quantification a instauré, une pratique statactiviste avertie peut chercher à le défaire.
Isabelle Bruno est maître de conférences à l’université Lille-II, chercheuse au Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS). Elle est l’auteur de À vos marques®, prêts… cherchez ! La stratégie européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche, Éditions du Croquant, 2008. 
Emmanuel Didier est chargé de recherche au CNRS (directeur adjoint d'EpiDoPo, CNRS/UCLA). Il est l'auteur de En quoi consiste l’Amérique ? Les statistiques, le New Deal et la démocratie, Paris, La Découverte, 2009. 
Julien Prévieux, artiste, né en 1974. Diplômé de l’Ecole supérieure d’Art de Grenoble et de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, est également titulaire d’une maîtrise de biologie.