« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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vendredi 1 novembre 2024

Vidéo: Bourdieu photographe, re-voir la colonie (Amín Pérez et Gilles Favier, discussion autour de photos prises par Pierre Bourdieu pendant la guerre d’Algérie entre 1958 et 1961) , 13 avril 2022

 

Vidéo

Bourdieu photographe, re-voir la colonie

Source: Canal-U

Réalisation : 13 avril 2022 - Mise en ligne sur Canal-U le 27 mai 2024
 
Descriptif sur le site Canal-U

"Ce film-conversation a été tourné le 13 avril 2022 à la Maison des Sciences de l’Homme à Montpellier dans le cadre du programme de recherche « Histo-Arts (post)coloniales ».

Son point de départ est associé à la lecture de l’œuvre algérienne de Pierre Bourdieu et d’un ouvrage tardif qui présente une série de photographies, Images d’Algérie. Une Affinité élective (Actes Sud, 2003).

Nous avons demandé à Amín Pérez, sociologue des années algériennes de Pierre Bourdieu, et à Gilles Favier, photographe, de discuter dix photos de leur choix prises par Pierre Bourdieu pendant la guerre d’Algérie entre 1958 et 1961."

 

 
 
Crédits
Julie Savelli (Réalisation), Eric Soriano (Réalisation), Pierre-Olivier Gaumin (Montage), Jean-Baptiste Sauret (Prise de son), Isabel Costa Mattos de Castro (Montage), Amín Pérez (Intervention), Gilles Favier (Intervention)
 Amín Pérez, Gilles Favier. MSH SUD. (2022, 13 avril). Bourdieu photographe, re-voir la colonie. [Vidéo]. Canal-U. https://doi.org/10.60527/bbgp-tb72. (Consultée le 1 novembre 2024)
 

 
  

samedi 28 décembre 2013

Eric Soriano, La fin des Indigènes en Nouvelle-Calédonie. Le colonial à l'épreuve du politique 1946-1976

Eric Soriano
La fin des Indigènes en Nouvelle-Calédonie
Le colonial à l'épreuve du politique 1946-1976
Préface de Alban Bensa
Karthala
2013

Présentation de l'éditeur
Comment peut-on se décoloniser ? L’action politique peut-elle contribuer à une émancipation ? Peu après 1946, après plus d’un siècle de répression, de spoliations foncières et de cantonnement dans des réserves, les populations colonisées de Nouvelle-Calédonie accèdent au suffrage universel. L’expérience est unique dans l’Empire colonial français. Elle l’est aussi si on la compare à d’autres sociétés coloniales.
Des élus « indigènes » apparaissent et accèdent à ce statut nouveau de représentants. Jusque dans les années soixante-dix, cette première génération de dirigeants invente « la » politique dans le monde « indigène ». Ils pénètrent dans des assemblées représentatives, organisent des réunions publiques, défendent des intérêts, font campagne. Pourtant, ils ne se révoltent pas. Ils ne parlent pas des injustices dont ils ont été les victimes et se disent Indigènes et Français. Pendant trente ans, alors que la plupart des colonies françaises deviennent indépendantes, ils proclament au contraire leur attachement à la France. C’est à croire que le cadre démocratique a fini par produire un consentement.
En réalité, se jouent les conditions d’une révolte impossible. Lorsque l’on se situe au plus près de leur trajectoire et de leurs expériences, on saisit mieux les logiques de leur positionnement, de même que les tensions sociales et personnelles qui traversent leur histoire mouvementée. En s’engageant dans ce monde colonial, ces élus portent et supportent tout ce qu’il a de contradictoire. Ils franchissent des frontières sociales et coloniales jusqu’alors interdites. Ils usent de toutes les formes de légitimité politique, religieuse, coutumière. Avec eux, des certitudes vacillent : c’est la fin des « Indigènes » et l’avènement d’un autre possible.
Éric Soriano, anthropologue et historien de formation, est maître de conférences en science politique à l’Université Paul-Valéry de Montpellier. Il est chercheur au Centre d’études et de recherches comparatives en Ethnologie (CERCE-Montpellier 3) et au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA-Paris 8).