« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ». Pierre Bourdieu (1992)
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jeudi 25 juin 2015

écouter: Alban Bensa, Les Sanglots de l'aigle pêcheur. Nouvelle-Calédonie : la Guerre kanak de 1917 (avec Kacué Yvon Goromoedo, Adrian Muckle)

Les Sanglots de l'aigle pêcheur, partie 1 : présentation par Alban Bensa from Editions Anacharsis on Vimeo.
Les Sanglots de l'aigle pêcheur, partie 2 : contextualisation politique, par Apégu Joseph Goromido from Editions Anacharsis on Vimeo.
Les Sanglots de l'aigle pêcheur, partie 3 : lecture performance par Paul Wamo from Editions Anacharsis on Vimeo.

écouter: Alban Bensa, Les Sanglots de l'aigle pêcheur. Nouvelle-Calédonie : la Guerre kanak de 1917
Tire ta langue par Antoine Perraud, 21.06.2015



Alban Bensa, Kacué Yvon Goromoedo, Adrian Muckle
Les Sanglots de l'aigle pêcheur 
Nouvelle-Calédonie : la Guerre kanak de 1917
Anacharsis
2015

Présentation de l'éditeur
Partie historique d’Adrian Muckle traduite de l’anglais par Frédéric Cotton.
Récits traduits du paicî par Kacué Yvon Goromoedo et Alban Bensa.
Livre accompagné d’une création sonore sur un CD de 40 minutes, Les Sanglots de l’aigle pêcheur. Récits et poésies sur la Guerre kanak de 1917, réalisée par L’Orage.
En avril 1917, des Kanak du Nord de la Grande Terre se lancent dans une guerre contre les autorités françaises et leurs soutiens locaux. Refusant le recrutement de nouveaux « volontaires » pour aller se battre en Europe et exaspérés par le déni d’existence que leur opposait la colonie, ils luttent douze mois durant, jusqu’à épuisement.
Vaincus par les armes, décimés, dispersés et pourtant toujours là, c’est à la parole et à l’écriture qu’ils confièrent le soin de garder mémoire de ce temps. Ce livre met en scène les voix qui, de 1919 à 2011, portent avec elles l’histoire de la Guerre kanak de 1917, son souvenir et son actualité. Liant histoire et anthropologie, articulant récits et épopées versifiées ici publiés en bilingue et commentés, cet ouvrage déploie une polyphonie par laquelle ses auteurs et des écrivains, poètes et narrateurs kanak de jadis et d’aujourd’hui composent ensemble une œuvre engagée dans la prise de souveraineté intellectuelle des Kanak.

samedi 28 décembre 2013

Eric Soriano, La fin des Indigènes en Nouvelle-Calédonie. Le colonial à l'épreuve du politique 1946-1976

Eric Soriano
La fin des Indigènes en Nouvelle-Calédonie
Le colonial à l'épreuve du politique 1946-1976
Préface de Alban Bensa
Karthala
2013

Présentation de l'éditeur
Comment peut-on se décoloniser ? L’action politique peut-elle contribuer à une émancipation ? Peu après 1946, après plus d’un siècle de répression, de spoliations foncières et de cantonnement dans des réserves, les populations colonisées de Nouvelle-Calédonie accèdent au suffrage universel. L’expérience est unique dans l’Empire colonial français. Elle l’est aussi si on la compare à d’autres sociétés coloniales.
Des élus « indigènes » apparaissent et accèdent à ce statut nouveau de représentants. Jusque dans les années soixante-dix, cette première génération de dirigeants invente « la » politique dans le monde « indigène ». Ils pénètrent dans des assemblées représentatives, organisent des réunions publiques, défendent des intérêts, font campagne. Pourtant, ils ne se révoltent pas. Ils ne parlent pas des injustices dont ils ont été les victimes et se disent Indigènes et Français. Pendant trente ans, alors que la plupart des colonies françaises deviennent indépendantes, ils proclament au contraire leur attachement à la France. C’est à croire que le cadre démocratique a fini par produire un consentement.
En réalité, se jouent les conditions d’une révolte impossible. Lorsque l’on se situe au plus près de leur trajectoire et de leurs expériences, on saisit mieux les logiques de leur positionnement, de même que les tensions sociales et personnelles qui traversent leur histoire mouvementée. En s’engageant dans ce monde colonial, ces élus portent et supportent tout ce qu’il a de contradictoire. Ils franchissent des frontières sociales et coloniales jusqu’alors interdites. Ils usent de toutes les formes de légitimité politique, religieuse, coutumière. Avec eux, des certitudes vacillent : c’est la fin des « Indigènes » et l’avènement d’un autre possible.
Éric Soriano, anthropologue et historien de formation, est maître de conférences en science politique à l’Université Paul-Valéry de Montpellier. Il est chercheur au Centre d’études et de recherches comparatives en Ethnologie (CERCE-Montpellier 3) et au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA-Paris 8).