« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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vendredi 7 juin 2024

Gaspard Lion, Vivre au camping. Un mal-logement des classes populaires

 

 

Gaspard Lion

Vivre au camping

Un mal-logement des classes populaires

Seuil

Liber

2024

 

Présentation de l'éditeur

La flambée des prix du logement qui s’est amorcée à partir des années 2000 a conduit à des difficultés sociales de plus en plus massives sur l’ensemble du territoire français. Ni le logement social ni le principe d’un droit au logement opposable n’ont apporté de solutions satisfaisantes et le nombre des mal-logé·es et des sans-logis n’a cessé de croître. Le sociologue Gaspard Lion identifie un phénomène nouveau, reflet de cette crise sociale majeure : le « camping résidentiel » qui a gagné la France en écho aux trailer parksétasuniens. À partir d’une enquête ethnographique menée en immersion dans cinq campings de la région parisienne durant quatre ans, ce livre saisit, dans leur diversité et leur intimité, les vies quotidiennes de celles et ceux qui ont fait du camping leur domicile. Ainsi, ce livre dévoile la condition sociale d’une portion croissante des classes populaires qui vit inaperçue aux marges des grandes villes, et expose une forme, jusqu’ici inexplorée, de logement et de précarité, révélatrice de changements structurels à l’oeuvre dans la société française.

Gaspard Lion est sociologue et maître de conférences à l’Université Sorbonne Paris Nord. Ses travaux portent sur les classes populaires et les formes de logement dégradées et non ordinaires. ​​​​​​


vendredi 21 avril 2023

Loïc Wacquant , Misère de l’ethnographie de la misère


 


Loïc Wacquant 

Misère de l’ethnographie de la misère 

Raisons d'agir

Cours et Travaux

2023




Présentation de l'éditeur

Récapitulant les trois âges de l’« ethnographie urbaine » née à Chicago il y a un siècle, ce livre met en perspective historique et analytique une controverse sur l’ethnographie des rapports entre race, classe et moralité dans et autour du ghetto noir américain à l’âge du néolibéralisme triomphant, afin d’en tirer des enseignements positifs pour la pensée et la pratique du travail de terrain. L’empirisme irréfléchi, l’acceptation de problématiques préfabriquées par le sens commun ordinaire et politique, la confusion entre catégories indigènes et catégories scientifiques, l’enfermement dans le périmètre immédiat de l’interaction, le moralisme clivant : autant de pièges que tout ethnographe rencontre tôt ou tard sur son chemin et que seule la vigilance collective peut espérer déjouer.
Ce retour épistémologique est l’occasion de pointer le danger de l’ethnographisme, le penchant à vouloir décrire, interpréter, et expliquer un phénomène à partir des seuls éléments discernés par le travail de terrain, et d’appeler corrélativement à la pratique d’une ethnographie énactive, structurale et historicisée qui s’attache à enchâsser les micro-actions observées dans la série emboîtée des espaces sociaux qui les modèlent et leur donnent sens. Une telle ethnographie permet d’échapper aux paralogismes pérennes de l’observation participante et de dépasser la « thick description » de Clifford Geertz grâce à la « thick construction » inspirée de Pierre Bourdieu, qui se donne pour mission de construire scientifiquement la construction sociale ordinaire de la réalité.

Loïc Wacquant est sociologue, professeur à l’Université de Californie à Berkeley et chercheur associé au Centre de sociologie européenne à Paris.
Ses travaux portent sur la marginalité urbaine, la domination raciale, l’État pénal, le corps et l’épistémologie des sciences sociales.Il a également écrit Les Prisons de la misère (Raisons d'agir, 2015) 


jeudi 17 février 2022

Alain Quemin, Le monde des galeries. Art contemporain, structure du marché et internationalisation


 

Alain Quemin
Le monde des galeries
Art contemporain, structure du marché et internationalisation
CNRS
Culture et société
2021
 
 
Présentation de l'éditeur
À l’heure de la mondialisation, marquée par l’essor des grandes foires internationales, quelles transformations ont affecté le marché de l’art contemporain et ses acteurs ? Conduisant de Paris à New York, en passant par Londres, Berlin, Los Angeles mais aussi Hong Kong, Venise et Bâle, la présente enquête dessine la nouvelle géographie des galeries et livre une ethnographie du travail quotidien des galeristes et de leurs collaborateurs.
Pénétrant les « coulisses » invisibles, elle dévoile le type de relations que les professionnels nouent avec les collectionneurs, le rôle de l’amitié – et du champagne – dans cette activité marchande qui court paradoxalement en permanence le risque d’être disqualifiée comme « commerciale ». Elle met ainsi en lumière la place des galeries, à côté des maisons de vente, des institutions publiques et de la critique, dans la création de la « valeur » de l’art aujourd’hui et leur rôle toujours croissant dans la définition de l’art contemporain.
Cette recherche de grande ampleur n’hésite pas à affronter des questions sensibles : est-il possible d’objectiver la « qualité » de galeries qui, pour les plus grandes d’entre elles, concurrencent désormais les musées ? Comment les hiérarchiser, établir un palmarès ? Et, dès lors, quelles sont à ce jour les « meilleures » galeries d’art contemporain, en France et dans le monde ?
À toutes ces interrogations, et à bien d’autres encore, ce travail apporte des réponses inédites, en conjuguant aux différents outils de l’analyse sociologique une connaissance intime que seule rend possible la fréquentation au long cours, en insider, d’un monde méconnu.
 
Professeur d’université en sociologie, rattaché au GEMASS – Sorbonne Université, membre sénior de l’Institut Universitaire de France, également contributeur régulier depuis dix ans de la presse artistique, Alain Quemin a notamment publié Les Stars de l’art contemporain (CNRS Éditions, 2013).
 
 
 

mercredi 21 octobre 2020

Ariel Wilkis, Le pouvoir moral de l’argent. Classes populaires et économie du quotidien

 


Ariel Wilkis
Le pouvoir moral de l’argent
Classes populaires et économie du quotidien 
préface de Viviana A. Zelizer
EHESS
En temps & lieux
2020

 
Présentation de l'éditeur

À travers des scènes de vie à Villa Olimpia, une villa miseria située dans la banlieue de Buenos Aires, Ariel Wilkis explique comment la dimension morale de l’argent offre une perspective unique sur les relations de pouvoir dans le monde des pauvres. À l’intérieur des foyers, à l’occasion des rassemblements politiques ou au cœur des rapports entre hommes et femmes comme entre différentes générations, l’argent s’est imposé comme un opérateur social doté de l’étonnante capacité de maintenir, d’altérer ou de renverser les hiérarchies morales placées au fondement des rapports de pouvoir.

En faisant dialoguer la sociologie du pouvoir de Pierre Bourdieu avec la sociologie de l’argent de Viviana Zelizer, cette approche permet au lecteur de mieux saisir les liens entre argent, morale et pouvoir. À la fois ethnographie de l’économie et de la politique dans un milieu défavorisé et essai sur les multiples significations de l’argent, cette traduction inédite développe le concept de « capital moral» pour montrer que les transactions monétaires sont façonnées par les croyances morales de ceux qui en profitent.  

Traduit de l’espagnol par Francesco Callegaro 


 
 

jeudi 4 avril 2019

Ann Laura Stoler, Au cœur de l'archive coloniale. Questions de méthode


Ann Laura Stoler
Au cœur de l'archive coloniale
Questions de méthode  
Préface d'Arlette Farge
Ehess
En temps & lieux
2019


Présentation de l'éditeur
Traduction de Christophe Jaquet & Joséphine Gross
Au cœur de l’archive coloniale entraîne le lecteur dans les méandres de la production archivistique des Indes néerlandaises du XIXe siècle. À partir des documents publics, des correspondances officielles et privées et des rapports des commissions, il livre une réflexion nuancée sur le contenu et la forme des archives en tant que dispositif de gouvernance coloniale. Cette ethnographie révèle les contradictions et les angoisses de l’empire, ainsi que les doutes de ses administrateurs. Elle jette un éclairage nouveau sur le rôle des sentiments auxquels le colon européen était aux prises, écartelé entre un État colonial lointain, gouvernant par-delà les frontières, au gré des débarquements des bateaux courrier, et ses liens tangibles avec la culture et la population locales. 
Ann Laura Stoler propose une méthode de (re)lecture des archives qui déconstruit les catégories et les affirmations établies, mais aussi la représentation de soi de l’État colonial. En mettant au jour la subversion politique contenue dans les sentiments, elle apporte une contribution décisive à l’historiographie contemporaine. 
Ann Laura Stoler enseigne à la New School for Social Research, à New York. Elle est historienne, spécialiste de l’histoire coloniale. Elle a notamment publié La Chair de l’empire, La Découverte, 2013. Au coeur de l’archive coloniale est son second livre traduit en français. 



 

samedi 26 janvier 2019

Bourdieu, Language-based Ethnographies and Reflexivity. Putting Theory into Practice, Michael Grenfell and Kate Pahl (dir.)


Bourdieu, Language-based 
Ethnographies and Reflexivity
Putting Theory into Practice
Michael Grenfell and Kate Pahl 
Routledge
2019

Présentation de l'éditeur
Offering a unique and original perspective on Bourdieu, language-based ethnographies,and reflexivity, this volume provides a nuanced, in-depth discussion of the complex relationship between these interconnected topics and their impact in real-world contexts. Part I opens the book with an overview of the historical background and development of language-based ethnographic research and Bourdieu’s work in this space. Part II presents a series of case studies that highlight a Bourdieusian perspective and demonstrate how reflexivity impacts language-based ethnography. In each study, Bourdieu’s conceptual framework of reflexively-informed objectivity examines the ways in which the studies themselves were constructed and understood. Building on Parts I and II, the concluding set of chapters in Part III unpacks the messiness of the theory and practice of language-based ethnography, and provides insights into what reflexivity means for Bourdieu and in practical contexts. Arguing for a greater reflexive understanding in research practice, this volume sets an agenda for future literacy and language research.

 Sommaire

Part I Introduction
1. Language-based Ethnographies
Kate Pahl
2. Reflexivity
Mike Grenfell
3. Bourdieu, Ethnography and Reflexivity
Mike Grenfell
Part II Introduction 4. Re-thinking Literacies with Communities: Literacy as a Collaborative Concept
Kate Pahl
5. Reflexive Layers and Longitudinal Research: What we might know across time
Catherine Compton-Lilly
6. Insider Identities: Coming to Know the Ethnographic Researcher
Cheryl McClean
7. Enacting Reflexivity in Second Language Writing Research: A Personal Account of Cultural Production of Authorial Self and Researcher Perception
Lisya Seloni
Part III Introduction
8. Reflecting on Reflections
Kate Pahl
9. Bourdieu, Language-based Ethnographies and Reflexivity: In Theory and Practice
Michael Grenfell





lundi 10 décembre 2018

écouter: Gilles Laferté et Lorenzo Barrault-Stella, à propos des Mondes ruraux et classes sociales




écouter: Gilles Laferté et Lorenzo Barrault-Stella, à propos des Mondes ruraux et classes sociales
La Marche de l'histoire , mercredi 5 décembre 2018 par Jean Lebrun
Mondes ruraux et classes sociales
Sous la direction de Ivan Bruneau, Gilles Laferté
Julian Mischi & Nicolas Renahy
Ehess
En temps & lieux
2018
Présentation de l'éditeur
Partis à la rencontre d’agriculteurs prospères, de bûcherons indépendants, de chasseurs, mais aussi d’ouvriers et de cadres de la SNCF, d’instituteurs militant – ou non – contre les fermetures d’écoles, ou encore d’élus locaux plus ou moins aguerris, les auteurs de cet ouvrage livrent ici les résultats de cette ethnographie collective qui complexifie la lecture de l’espace social, au plus près de la manière dont les individus se positionnent les uns par rapport aux autres.
S’appuyant sur une enquête de terrain menée dans le centre est de la France, ce livre propose une analyse renouvelée des campagnes françaises, attentive à la diversité des groupes sociaux et aux rapports de classe qui traversent ces territoires. Une telle prise en compte de la dimension locale permet de prendre toute la mesure de ce qui construit, aujourd’hui, l’appartenance sociale au sein des mondes ruraux.
  

jeudi 29 novembre 2018

Fabien Brugière, Les auto-entrepreneurs du rap. Le travail et la vie d’artiste en marges des industries culturelles

Fabien Brugière
Les auto-entrepreneurs du rap
Le travail et la vie d’artiste en marges des industries culturelles
du Croquant
Champ social
2018

Présentation de l'éditeur
Le rap – en particulier le rap indépendant – est généralement perçu et se présente volontiers lui-même comme la chronique musicale de la vie des « jeunes de cité », dénonçant le racisme et les injustices sociales qu’ils subissent tout en exprimant leur désir de reconnaissance et d’ascension sociale.
Basée sur une enquête de terrain réalisée à la fin des années 2000 auprès de rappeurs indépendants dans la région parisienne et lyonnaise, centrée sur l’étude des trajectoires sociales et du travail artistique, cette recherche présente les rappeurs sous les traits d’auto- ou de petits entrepreneurs, évoluant en marge des industries culturelles. Ce genre de carrière peut se comprendre comme une stratégie d’ascension culturelle, voire économique, le plus souvent vouée à l’échec, mais offrant des compensations symboliques à travers l’accès à la vie et à l’identité d’artiste, à des jeunes des classes populaires ou moyennes confrontés à leur déclassement. Plus diversifié socialement qu’on ne le croit généralement, le monde du rap indépendant est aussi divisé entre des pôles économique, professionnel et d’engagement, en fonction de la plus ou  moins grande distance des artistes par rapport aux industries culturelles. Ce genre musical se présente ainsi comme un univers révélateur des phénomènes de mobilité et de reproduction sociales. Il permet ainsi de mettre en évidence l’articulation des dimensions économiques et culturelles dans la production musicale.
Fabien Brugière, ancien élève de l’École normale supérieure de Paris, est maître de conférence à l’université de Strasbourg (SAGE) et chercheur associé au laboratoire CRESPPA-GTM.



mercredi 16 mai 2018

Lise Bernard, La précarité en col blanc. Une enquête sur les agents immobiliers

Lise Bernard
La précarité en col blanc
Une enquête sur les agents immobiliers
Puf
Le Lien social
2017


Présentation de l'éditeur
À partir de témoignages et d’une enquête dans une agence immobilière parisienne, Lise Bernard dévoile les coulisses d’un monde de l’immobilier largement fantasmé. Contrairement à une image très répandue, les agents immobiliers sont exposés à une forme de précarité : s’ils peuvent percevoir des rémunérations élevées, leurs revenus sont incertains car déterminés en grande partie, voire entièrement, par les ventes qu’ils réalisent. Nombreux sont d’ailleurs ceux qui quittent le métier faute de pouvoir en vivre. Ce livre explore l’univers de ces hommes et de ces femmes confrontés à ce que Lise Bernard nomme une « précarité en col blanc ». Il fait le récit de leur quotidien, de leurs inquiétudes, de leurs aspirations, de leurs valeurs. Combinant ethnographie et statistiques, il donne à voir une condition professionnelle emblématique de transformations profondes affectant la société française. Contribution originale à l’analyse de la structure sociale, ce livre aide à réfléchir aux manières de travailler et de vivre dans une société où les services à la personne, les relations de clientèle et l’individualisation des trajectoires ne cessent de se répandre.

Sociologue, Lise Bernard est chargée de recherche au CNRS et membre du Centre Maurice Halbwachs (CNRS, ENS, EHESS).

mercredi 17 mai 2017

vidéo: Izabela Wagner, Producing Excellence. The Making of Virtuosos

Izabela Wagner
Producing Excellence
The Making of Virtuosos
Rutgers University Press
2015

Présentation de l'éditeur
Driven by a passion for music, for excellence, and for fame, violin soloists are immersed from early childhood in high-pressure competitions, regular public appearances, and arduous daily practice. An in-depth study of nearly one hundred such children, Producing Excellence illuminates the process these young violinists undergo to become elite international soloists.
A musician and a parent of a young violinist, sociologist Izabela Wagner offers an inside look at how her young subjects set out on the long road to becoming a soloist. The remarkable research she conducted—at rehearsals, lessons, and in other educational settings—enabled her to gain deep insight into what distinguishes these talented prodigies and their training. She notes, for instance, the importance of a family culture steeped in the values of the musical world. Indeed, more than half of these students come from a family of professional musicians and were raised in an atmosphere marked by the importance of instrumental practice, the vitality of music as a vocation, and especially the veneration of famous artists. Wagner also highlights the highly structured, rigorous training system of identifying, nurturing, and rewarding talent, even as she underscores the social, economic, and cultural factors that make success in this system possible.
Offering an intimate portrait of the students, their parents, and their instructors, Producing Excellence sheds new light on the development of exceptional musical talent, as well as draw much larger conclusions as to “producing prodigy” in other competition-prone areas, such as sports, sciences, the professions, and other arts. Wagner’s insights make this book valuable for academics interested in the study of occupations, and her clear, lively writing is perfect for general readers curious about the ins and outs of training to be a violin soloist.
IZABELA WAGNER is an associate professor at the University of Warsaw’s Institute of Sociology. She is the author of Becoming a Transnational Professional.


lundi 24 avril 2017

Sarah Mazouz, La République et ses autres. Politiques de l'altérité dans la France des années 2000

Sarah Mazouz
La République et ses autres
Politiques de l'altérité dans la France des années 2000 
ENS
Gouvernement en question(s)
2017 

Présentation de l'éditeur
La France a-t-elle peur de ses autres ? En revenant sur les discours et les pratiques qui se formalisent depuis une quinzaine d'années, Sarah Mazouz interroge les « politiques françaises de l’altérité ». À partir d’une double enquête ethnographique conduite dans les dispositifs étatiques de lutte contre les discriminations raciales et dans les bureaux de naturalisation d’une grande ville de la région parisienne, elle montre comment s’articulent dans l’espace social immigration, nation et racialisation. Par l’analyse de ces deux politiques publiques, elle questionne les processus d’inclusion et d’exclusion à l’intérieur même du groupe national (via l’examen des modalités prises par l’anti-discrimination) et à l’extérieur, entre le national et l’étranger (à travers l’étude des pratiques de naturalisation). Ce faisant, elle s’attache à saisir la relation paradoxale qui lie la République à ses autres et les logiques plurielles qui concourent à la production de l’ordre national.

samedi 25 mars 2017

Traduction: Pierre Bourdieu & Abdelmalek Sayad, El desarraigo. La violencia del capitalismo en una sociedad rural


Pierre Bourdieu & Abdelmalek Sayad
El desarraigo 
La violencia del capitalismo en una sociedad rural 
Édition révisée et augmentée par Amín Pérez
SIGLO XXI editores
Biblioteca Clásica de Siglo Veintiuno
2017


Table des matières

Nota del editor 5
La liberación del conocimiento. Bourdieu
y Sayad frente al colonialismo 7
Amín Pérez
Introducción 27
1. Los reagrupamientos de población
y la lógica del colonialismo 31
2. Dos historias, dos sociedades 47
3. Los reagrupamientos y la crisis
de la agricultura tradicional 69
4. El descubrimiento del trabajo 85
5. Thafallah’th o el campesino realizado 113
6. Una agricultura sin agricultores 131
7. Ciudadanos sin ciudad 153
8. Mezcolanza cultural 199
Apéndices
i. Los reagrupamientos del macizo de Collo
(distrito de Collo) 221
ii. Los reagrupamientos del valle del Chelif
(departamento de Orléansville) 241
iii. Un aspecto de la descampesinización 253
iv. Las dos sintaxis 261
Siglas 269
4 el desarraigo





(merci à Amín Pérez pour l'info)

mercredi 26 octobre 2016

Pascal Martin, Les métamorphoses de l’assurance maladie. Conversion managériale et nouveau gouvernement des pauvres

Pascal Martin
Les métamorphoses de l’assurance maladie
Conversion managériale et nouveau gouvernement des pauvres
P.U.Rennes
Le Sens social 
2016

Table des matières

Présentation de l'éditeur
À partir d’une enquête ethnographique réalisée dans une caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de la région parisienne, cet ouvrage décrit minutieusement la mise en œuvre de la réforme managériale de l’assurance maladie. L’évaluation de la « qualité de service » et des compétences des agents se réduit à une norme strictement quantitative, au mépris de la satisfaction des besoins des usagers les plus précaires. De là sourd une véritable souffrance chez les agents les plus attachés à l’« utilité sociale » de leur mission.
Pascal Martin, sociologue, est actuellement post-doctorant attaché au laboratoire CRESPPA-LabToP et membre associé du laboratoire CESSP-CSE, dans lequel il a réalisé sa thèse. Il enseigne régulièrement à l’université, notamment à Paris VIII à Saint-Denis. Il participe à la constitution des archives orales pour le comité d’histoire de la Sécurité sociale. Il a travaillé de nombreuses années à la Sécurité sociale. Ses travaux portent sur la nouvelle gouvernance de l’État social.

mercredi 14 septembre 2016

Marie Vannetzel, Les Frères musulmans égyptiens. Enquête sur un secret public

Marie Vannetzel
Les Frères musulmans égyptiens
Enquête sur un secret public
Karthala
2016

Présentation de l'éditeur
De leur victoire électorale à la répression féroce qu’ils ont subie après le coup d’État du maréchal Sissi, les Frères musulmans égyptiens ont connu un destin mouvementé depuis la révolution de 2011. Par-delà ces événements, le défi majeur qui s’est imposé à cette organisation islamiste a été de sortir de l’ambivalente clandestinité à laquelle elle était tenue sous l’ancien régime. Depuis des décennies, la Gama‘a des Frères musulmans, ce mouvement de nature indéfinie, interdit mais toléré, à la présence sociale aussi étendue que déniée, existait comme un « secret public ».
Une plongée ethnographique dans trois quartiers du Grand Caire permet de montrer comment ce secret public façonnait l’ancrage social de la Gama‘a et quels étaient les ressorts de sa mobilisation sous le régime de Moubarak. Au fil des pratiques quotidiennes d’action politique et sociale de leurs députés, apparaît une tension irréductible entre la large implantation des Frères musulmans dans la société, et la perpétuation, en leur sein, d’un entre soi clos et hiérarchisé. Dans l’interdépendance entre les structures de l’ancien régime et les réseaux des Frères, des processus de politisation, diffus et aléatoires, reposaient sur les sociabilités locales et des sensibilités éthiques partagées.
Au-delà du seul cas égyptien, ce livre invite à penser l’imbrication des logiques de coproduction et de contestation de l’ordre autoritaire. Il éclaire aussi d’un jour nouveau les néoconfréries nées de la réforme de l’islam, au début du XXe siècle, et les dynamiques internes des mouvements islamistes.
Marie Vannetzel est chargée de recherche au CNRS (Centre universitaire de recherche sur l’action publique et le politique, UMR 7319), et participe au programme ERC-CNRS « When authoritarianism fails in the Arab World » (WAFAW).

mercredi 7 septembre 2016

LIRE LES SCIENCES SOCIALES: Présentation et discussion de Retour de flammes. Les pompiers, des héros fatigués ? de Romain Pudal, 22 septembre 2016

LIRE LES SCIENCES SOCIALES

Jeudi 22 septembre 2016

Présentation et discussion (en présence de l'auteur) de :

Retour de flammes. Les pompiers, des héros fatigués ?
(La Découverte, « SH/L’envers des faits », 2016)

de Romain Pudal

par Gérard Mauger

D’une popularité rarement démentie, vantés pour leur courage et leur dévouement, les pompiers font partie de notre quotidien. Mais on sait en réalité bien peu de choses de ce métier qui incarne aux yeux de beaucoup l’altruisme dans son sens le plus noble. Pompier depuis près de quinze ans, Romain Pudal est aussi sociologue et, dans cette enquête en immersion, il nous fait découvrir l’univers méconnu d’un des derniers services publics présents sur tout le territoire français. Si les interventions pour incendie demeurent le cœur de leur métier, les pompiers sont aussi en première ligne pour affronter les inégalités qui se creusent et les tensions qui s’exacerbent au sein de la société, sous l’effet des crises économiques, du chômage de masse et de la précarisation généralisée. Confrontés à toutes les détresses – physiques, psychologiques et sociales –, ils doivent faire appel à des compétences techniques, mais aussi à des qualités humaines pour y faire face. En ce sens, leur professionnalisme est véritablement un humanisme. Cependant, en incarnant à la fois la « main gauche » (aide et assistance) et la « main droite » (ordre et sécurité) de l’État, en travaillant au contact des plus dures réalités sociales tout en étant eux-mêmes de plus en plus inexorablement précarisés ou mis en danger, les pompiers se retrouvent pris dans un tissu d’injonctions contradictoires dont les implications politiques sont loin d’être négligeables. Si leur valeur cardinale demeure le service public, les pompiers ont néanmoins fort à faire pour résister à un air du temps gestionnaire et réactionnaire qui érode leur éthique faite d’altruisme, d’efficience et de discrétion.
Sur le site de l'éditeur

Romain Pudal sociologue, chargé de recherche au CNRS (CURAPPESS), consacre ses travaux à la sociologie des biens symboliques, d’une part, et à celle des classes populaires, d’autre part. Il s’est engagé en 2002 comme pompier volontaire, après un service militaire à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris en 1999-2000 : cette enquête s’appuie sur ces quinze années d’engagement..


14 h 00 - 16 h 30
CNRS/Site Pouchet, Salle 255

59 - 61, rue Pouchet, 75017 Paris
métro ligne 13 - Guy Moquet | Brochant , Bus 66 - La Jonquière

Contact : lirelessciencessociales@gmail.com


(source: LLSS)

lundi 30 mai 2016

écouter: Romain Pudal, Retour de flammes. Les pompiers, des héros fatigués ?



écouter: Romain Pudal, Retour de flammes. Les pompiers, des héros fatigués ?
Les Nouvelles vagues par Marie Richeux, 30.05.2016
Romain Pudal
Retour de flammes
Les pompiers, des héros fatigués ?
La Découverte
SH / L'envers des faits
2016

Présentation de l'éditeur
D’une popularité rarement démentie, vantés pour leur courage et leur dévouement, les pompiers font partie de notre quotidien. Mais on sait en réalité bien peu de choses de ce métier qui incarne aux yeux de beaucoup l’altruisme dans son sens le plus noble.
Pompier depuis près de quinze ans, Romain Pudal est aussi sociologue et, dans cette enquête en immersion, il nous fait découvrir l’univers méconnu d’un des derniers services publics présents sur tout le territoire français. Si les interventions pour incendie demeurent le cœur de leur métier, les pompiers sont aussi en première ligne pour affronter les inégalités qui se creusent et les tensions qui s’exacerbent au sein de la société, sous l’effet des crises économiques, du chômage de masse et de la précarisation généralisée. Confrontés à toutes les détresses – physiques, psychologiques et sociales –, ils doivent faire appel à des compétences techniques, mais aussi à des qualités humaines pour y faire face. En ce sens, leur professionnalisme est véritablement un humanisme.
Cependant, en incarnant à la fois la « main gauche » (aide et assistance) et la « main droite » (ordre et sécurité) de l’État, en travaillant au contact des plus dures réalités sociales tout en étant eux-mêmes de plus en plus inexorablement précarisés ou mis en danger, les pompiers se retrouvent pris dans un tissu d’injonctions contradictoires dont les implications politiques sont loin d’être négligeables. Si leur valeur cardinale demeure le service public, les pompiers ont néanmoins fort à faire pour résister à un air du temps gestionnaire et réactionnaire qui érode leur éthique faite d’altruisme, d’efficience et de discrétion.
Romain Pudal, sociologue, chargé de recherche au CNRS (CURAPPESS), consacre ses travaux à la sociologie des biens symboliques, d’une part, et à celle des classes populaires, d’autre part. Il s’est engagé en 2002 comme pompier volontaire, après un service militaire à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris en 1999-2000 : cette enquête s’appuie sur ces quinze années d’engagement.

mardi 17 mai 2016

Romain Pudal, Retour de flammes. Les pompiers, des héros fatigués ?

Romain Pudal
Retour de flammes
Les pompiers, des héros fatigués ?
La Découverte
SH / L'envers des faits
2016

Présentation de l'éditeur
D’une popularité rarement démentie, vantés pour leur courage et leur dévouement, les pompiers font partie de notre quotidien. Mais on sait en réalité bien peu de choses de ce métier qui incarne aux yeux de beaucoup l’altruisme dans son sens le plus noble.
Pompier depuis près de quinze ans, Romain Pudal est aussi sociologue et, dans cette enquête en immersion, il nous fait découvrir l’univers méconnu d’un des derniers services publics présents sur tout le territoire français. Si les interventions pour incendie demeurent le cœur de leur métier, les pompiers sont aussi en première ligne pour affronter les inégalités qui se creusent et les tensions qui s’exacerbent au sein de la société, sous l’effet des crises économiques, du chômage de masse et de la précarisation généralisée. Confrontés à toutes les détresses – physiques, psychologiques et sociales –, ils doivent faire appel à des compétences techniques, mais aussi à des qualités humaines pour y faire face. En ce sens, leur professionnalisme est véritablement un humanisme.
Cependant, en incarnant à la fois la « main gauche » (aide et assistance) et la « main droite » (ordre et sécurité) de l’État, en travaillant au contact des plus dures réalités sociales tout en étant eux-mêmes de plus en plus inexorablement précarisés ou mis en danger, les pompiers se retrouvent pris dans un tissu d’injonctions contradictoires dont les implications politiques sont loin d’être négligeables. Si leur valeur cardinale demeure le service public, les pompiers ont néanmoins fort à faire pour résister à un air du temps gestionnaire et réactionnaire qui érode leur éthique faite d’altruisme, d’efficience et de discrétion.
Romain Pudal, sociologue, chargé de recherche au CNRS (CURAPPESS), consacre ses travaux à la sociologie des biens symboliques, d’une part, et à celle des classes populaires, d’autre part. Il s’est engagé en 2002 comme pompier volontaire, après un service militaire à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris en 1999-2000 : cette enquête s’appuie sur ces quinze années d’engagement.
 

jeudi 31 décembre 2015

écouter: Sylvain Laurens, Les Courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles


écouter: Sylvain Laurens, Les Courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles   
Les Oreilles loin du front, 02.12.2015
Sylvain Laurens
Les Courtiers du capitalisme
Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles
Agone 
L'Ordre des choses
2015
Présentation de l'éditeur
À Bruxelles, loin des ONG, les lobbies patronaux préfèrent le huis-clos avec les bureaucrates pour faire progresser leurs affaires.
Pour un lobbyiste, connaître des bureaucrates plus ou moins personnellement permet de savoir quand il est encore utile de pousser une position et quand, à l’inverse, il ne sert à rien de se montrer insistant : « En fait, le Parlement européen, si tu veux faire une analogie, c’est comme si tu avais une table de poker ; et à cette table de poker-là, les gens doivent montrer leur jeu. Au Parlement, tu dois montrer ton jeu. Donc les libéraux c’est ça, la droite c’est ça et les socialistes c’est ça. Tu lis les amendements, tu vois d’où ça vient. Et le type de la Commission qui bosse là-dessus depuis deux ans à fond, il voit tout de suite dans le style de la rédaction, dans l’idée qui est poussée, comment ça a été amené et à quelle industrie il a affaire. »
À partir d’archives inédites et d’observations réalisées auprès des lobbys patronaux, ce livre analyse les relations qu’entretiennent les représentants des intérêts économiques avec les agents de la Commission européenne.
Pour parvenir à leurs fins, les lobbyistes doivent se fondre dans les logiques de productivité de l’administration communautaire : les plus grandes firmes apprennent ainsi à manier le jargon des technocrates pour maintenir leur position, et enrôlent des experts scientifiques pour répondre aux attentes pratiques de tel ou tel chef de bureau. Et les liens intimes qu’entretient le capitalisme avec la bureaucratie se voient quotidiennement réactualisés.
Sociologue à l'EHESS, Sylvain Laurens est l'auteur d'Une politisation feutrée. Les hauts fonctionnaires et l'immigration en France (Belin, 2009). Ses recherches se situent à l'intersection de la socio-histoire de l'Etat et de la sociologie des classes dominantes. 

lundi 14 décembre 2015

écouter: Shamus Khan, La nouvelle école des élites


La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 12.12.2015
Shamus Khan 
La nouvelle école des élites 
Traduit de l’anglais par 
Damien-Guillaume et Marie-Blanche Audollent
Agone
L'Ordre des choses
2015


Présentation de l'éditeur
Ce livre est l’histoire d’une nouvelle élite, dont la connaissance réarme notre compréhension de ce qu’est l’inégalité dans une méritocratie.
“J’étais à peu près sûr de ce que j’allais trouver. J’allais revoir le monde de mon premier jour d’école. Intégrer un campus peuplé d’étudiants riches et issus de longues lignées, où quelques étudiants pauvres, noirs ou latinos seraient séquestrés dans leur dortoir. J’allais retrouver les avantages sociaux et culturels des étudiants qui, au moment où ils posent le pied dans cette école, forment déjà la prochaine génération de l’élite. Mais le lycée dans lequel je suis revenu était très différent de celui que j’avais quitté dix ans auparavant. L’arrogance des nobles avait laissé la place à un rapport décontracté au privilège.”
Ethnographie de Saint-Paul, lycée d’élite américain par lequel sont passées nombre de figures de premier plan du monde politique et administratif actuel, ce livre remet en cause de nombreux préjugés sur le fonctionnement des élites d’aujourd’hui. L’auteur, d’origine pakistanaise et issu d’un milieu comparativement modeste, a lui-même étudié à Saint-Paul avant de revenir y enseigner dans le but d’y mener cette enquête. Mesurant les changements réels qu’a connus ce pensionnat (où, voilà trente ans, les élèves dits « de couleur » dormaient dans des dortoirs à part), il montre comment, au-delà de la revendication d’une distinction fondée sur la maîtrise de la culture WASP, l’aristocratisme américain proclame désormais son ouverture d’esprit envers les minorités : une forme de cosmopolitisme au service du maintien des inégalités sociales.
Professeur à l’université de Columbia, Shamus Khan est spécialisé en sociologie des élites. Paru en 2011 aux Presses universitaires de Princeton (sous le titre Privilege. The Making of an Adolescent Elite at St. Paul’s School), La Nouvelle École des élites est son premier livre.

mardi 1 décembre 2015

Shamus Khan, La nouvelle école des élites

Shamus Khan 
La nouvelle école des élites 
Traduit de l’anglais par 
Damien-Guillaume et Marie-Blanche Audollent
Agone
L'Ordre des choses
2015


Présentation de l'éditeur
Ce livre est l’histoire d’une nouvelle élite, dont la connaissance réarme notre compréhension de ce qu’est l’inégalité dans une méritocratie.
“J’étais à peu près sûr de ce que j’allais trouver. J’allais revoir le monde de mon premier jour d’école. Intégrer un campus peuplé d’étudiants riches et issus de longues lignées, où quelques étudiants pauvres, noirs ou latinos seraient séquestrés dans leur dortoir. J’allais retrouver les avantages sociaux et culturels des étudiants qui, au moment où ils posent le pied dans cette école, forment déjà la prochaine génération de l’élite. Mais le lycée dans lequel je suis revenu était très différent de celui que j’avais quitté dix ans auparavant. L’arrogance des nobles avait laissé la place à un rapport décontracté au privilège.”
Ethnographie de Saint-Paul, lycée d’élite américain par lequel sont passées nombre de figures de premier plan du monde politique et administratif actuel, ce livre remet en cause de nombreux préjugés sur le fonctionnement des élites d’aujourd’hui. L’auteur, d’origine pakistanaise et issu d’un milieu comparativement modeste, a lui-même étudié à Saint-Paul avant de revenir y enseigner dans le but d’y mener cette enquête. Mesurant les changements réels qu’a connus ce pensionnat (où, voilà trente ans, les élèves dits « de couleur » dormaient dans des dortoirs à part), il montre comment, au-delà de la revendication d’une distinction fondée sur la maîtrise de la culture WASP, l’aristocratisme américain proclame désormais son ouverture d’esprit envers les minorités : une forme de cosmopolitisme au service du maintien des inégalités sociales.
Professeur à l’université de Columbia, Shamus Khan est spécialisé en sociologie des élites. Paru en 2011 aux Presses universitaires de Princeton (sous le titre Privilege. The Making of an Adolescent Elite at St. Paul’s School), La Nouvelle École des élites est son premier livre.