« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 24 février 2025

Jérôme Pacouret, Qu’est-ce qu’un auteur de cinéma ? Art, pouvoirs et division du travail

 

 

Jérôme Pacouret

Qu’est-ce qu’un auteur de cinéma ?

Art, pouvoirs et division du travail

CNRS

Cuture et Société

2025

 

Présnetation de l'éditeur

Comment et à quel prix le cinéma est-il devenu l’art du réalisateur, alors même que la fabrication d’un film mobilise des dizaines ou centaines de travailleurs et travailleuses ?
Une légende veut que l’auteur de film soit une invention de la Nouvelle Vague, voire une spécificité du « cinéma d’auteur » par opposition au cinéma hollywoodien. En adoptant une approche sociohistorique et transnationale, cet ouvrage montre au contraire comment, dès l’émergence de l’art cinématographique aux États-Unis et en France, le statut d’auteur a été construit et disputé par des écrivains, scénaristes, producteurs et metteurs en scène. Leurs luttes et la valorisation des auteurs sont à l’origine de manières de créer et de voir les films, qu’il s’agisse de cinéma d’auteur, indépendant, grand public ou expérimental.
Mais l’existence des auteurs de cinéma fonde également d’immenses inégalités sociales. En examinant l’appropriation de la valeur des œuvres par les réalisateurs, ce livre éclaire les conditions d’invisibilisation et de subordination de leurs collaborateurs et collaboratrices. La genèse et les pouvoirs des auteurs sont indissociables de rapports de classe et de genre, qui furent dénoncés dès 1968 puis dans le cadre de #MeToo, mais aussi de formes de racisme, de nationalisme et d’impérialisme.
Une plongée dans l’histoire de la fabrique des auteurs et dans les luttes du monde du cinéma.

Jérôme Pacouret est sociologue, docteur de l’EHESS, chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique ...

 

lundi 21 octobre 2024

Gérard Mauger, Les classes sociales en France

 

Gérard Mauger
Les classes sociales en France 
La Découverte
Repères 
2024
 
 
 
 
 Présentation de l'éditeur
La sociologie des classes sociales se réduit le plus souvent à des controverses théorico-politiques. Un des attraits de La Distinction de Pierre Bourdieu résidait dans la description et l'analyse qu'il proposait des classes sociales en France à la fin des années 1970.
L'ambition de ce livre est d'établir une carte actualisée de la société française contemporaine et d'analyser les principaux mécanismes de son fonctionnement. Dans cette perspective, il mobilise la boîte à outils conceptuels disponibles de Marx à Bourdieu en les confrontant aux enquêtes statistiques et ethnographiques les plus récentes (mais parfois lacunaires). Il se propose ainsi d'aider chacun et chacune à se repérer dans l'espace social et à mieux comprendre les rapports qui s'y nouent. Il invite également les sociologues à situer tel ou tel problème qui retient aujourd'hui leur attention dans le contexte où il s'inscrit : la clé de sa compréhension se situe souvent, en effet, dans le contexte des classes sociales et de leurs luttes. Virtuellement, il pourrait évidemment rencontrer l'intérêt des politiques et les inciter à la réflexion.
 
 
Gérard Mauger, sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, est chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS-EHESSParis-I). Il est l'auteur, dans la collection " Repères ", de La Sociologie de la délinquance juvénile (2009) et Âges et générations (2015). Il a récemment publié Avec Bourdieu. Un parcours sociologique (PUF, 2023).
 

jeudi 29 juin 2023

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 248. La formation comme champ de lutte

 

 

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 248. La formation comme champ de lutte 

Seuil

2023

 

Présentation de l'éditeur

Fréquemment décrite comme un rouage dans un système d’autorité ou dans un dispositif de reproduction sociale, la formation est souvent analysée comme un processus de conformation qui renvoie aux efforts entrepris pour produire un sentiment d’appartenance, une identité collective ou une vision du monde. Elle désigne la transmission de façons de faire ou de penser collectives, ainsi que l’acculturation aux techniques et savoirs militants. Dès le début du XXe siècle, Roberto Michels voyait dans la création d’« instituts d’éducation » destinés à former une élite de « fonctionnaires » une des sources de la tendance oligarchique des organisations ouvrières. De manière plus nette encore, l’institutionnalisation du community organizing aux États-Unis doit beaucoup à la constitution de formations dédiées dans les années 1970-1980.

Ce dossier aborde plutôt la formation comme un ensemble de pratiques conflictuelles et contradictoires. Les processus de formation sont façonnés par les luttes pour définir leurs formes et contenus légitimes. Ils sont aussi des cadres de mise en réflexivité du militantisme, et de discussion des pratiques et des engagements. Une double professionnalisation est à l’œuvre : celle de la formation et celle du militantisme lui-même par celle-ci. Celle-ci permet de saisir les transformations du militantisme dans la redéfinition de ses frontières avec les activités professionnelles.

 

Page 4 à 13
Page 14 à 31
Page 32 à 45
Page 46 à 61
Page 62 à 85

 

vendredi 10 février 2023

Pierre Bourdieu, Impérialismes. Circulation internationale des idées et luttes pour l'universel

 

 

Pierre Bourdieu

Impérialismes

Circulation internationale des idées et luttes pour l'universel

Raisons d'agir

Microcosmes

2023



Présentation de l'éditeur

La notion de champ s’est imposée comme l’un des principaux outils des recherches de Pierre Bourdieu, dans des domaines aussi différents que l’analyse de la culture, du monde intellectuel, du journalisme, de l’édition ou des politiques du logement. Elle a aussi impulsé des travaux beaucoup moins connus, sur les phénomènes d’internationalisation. Les analyses de Pierre Bourdieu sur la circulation internationale des idées et sur les impérialismes de l’universel, qui voient deux puissances politiques comme les États-Unis et la France s’affronter sur le terrain de la légitimité culturelle, ont généré des programmes de recherche collectifs multiples, sur les phénomènes de traduction, sur les échanges scientifiques, sur les politiques économiques menées à l’échelle mondiale, etc. La constitution d’univers globalisés où des problèmes comme le chômage, l’ethnicité ou la pauvreté, sont soumis à des processus d’import-export, contribue à imposer et à naturaliser, sur les scènes politiques nationales, la vision dominante des pays dominants.

Pierre Bourdieu (1930-2002) a fondé Raisons d’agir en 1996. Il fait partie des auteurs classiques de la sociologie et son œuvre est étudiée dans le monde entier. Ses travaux inspirent et nourrissent la recherche dans tous les domaines des sciences sociales et continuent d’être parmi les plus cités. Du fait de son engagement public, il est aussi devenu, dans les dernières années de sa vie, l’un des principaux acteurs de la vie intellectuelle et politique française et une grande figure internationale. Il n’a cessé de s’insurger et de lutter contre l’arbitraire de forces de domination dont il montrait le caractère implacable à moins peut-être qu’on ne parvienne à en comprendre scientifiquement les ressorts.

Édition établie par Gisèle Sapiro, Franck Poupeau et Jérôme Bourdieu

 



jeudi 20 mai 2021

Laurent Denave, S'engager dans la guerre des classes

 

 

Laurent Denave

S'engager dans la guerre des classes

Raisons d'Agir

Raisons d'agir

2021

 

Présentation de l'éditeur

Dès novembre 2018, Laurent Denave a interrompu ses recherches en sociologie pour se consacrer entièrement au mouvement des Gilets jaunes. Loin d’étudier cette lutte politique « en surplomb », il a participé aux manifestations, aux blocages, aux assemblées, aux ronds-points ; il a aussi subi, comme d’autres, la répression policière.
Dans ce livre, rédigé au fil des mobilisations, il met à disposition des militants, mais aussi de celles et ceux qui soutiennent le mouvement sans y participer directement, des outils d’analyse produits par les sciences sociales. Il donne ainsi des pistes pour repenser les moyens et les fins de la contestation : quelles actions sont les plus efficaces ? Sur quelles bases construire des alliances ? Comment se positionner par rapport à la question de la violence ? Comment structurer un mouvement dans la durée, tout en restant en accord avec les principes d’égalité, de liberté et de solidarité qui l’animent ?
Cet ouvrage entend déconstruire (et donc délégitimer) certaines représentations négatives, portées par les médias et leurs intellectuels de service, sur celles et ceux qui luttent pour construire un monde plus juste et vivable pour tous, sur la manière dont ils sont considérés, traités et criminalisés, par la police ou la justice. Ce faisant, il révèle la véritable guerre de classes menée par le libéralisme autoritaire en marche, en France et ailleurs.

sommaire 

 

 


dimanche 7 février 2021

Abram de Swaan, Contre les femmes. La montée d'une haine mondiale

 


Abram de Swaan

Contre les femmes

La montée d'une haine mondiale  

Seuil

2021

 

Présentation de l'éditeur

Mutilations, viols, crimes d’honneur, féminicides, vitriolages, avortements forcés… Le patriarcat est un régime de terreur. Les hommes ont tiré pendant des siècles avantage symbolique et matériel d’une domination qu’ils ont établie par la force brute. Aujourd’hui, grâce à la scolarisation et à leur entrée sur le marché du travail, les femmes parviennent en de nombreux endroits à secouer le joug. Mais cette aspiration à l’égalité, dont le mouvement #MeToo a été une manifestation planétaire, ne va pas sans déchaîner en retour la colère ni sans alimenter un désir de représailles. La lutte pour l’émancipation est âpre. Aucun groupe dirigeant ne renonce à sa position de supériorité sans combattre. C’est cette résistance acharnée, parfois sanglante, qu’Abram de Swaan documente de manière implacable, d’un bout à l’autre du monde. Djihadisme, fondamentalisme religieux, courants réactionnaires, mouvements d’extrême droite… : son attention se porte sur tous les groupes qui, quand il s’agit des femmes et du féminisme, montrent une parfaite identité de vue. Cette enquête globale et percutante pose les fondements d’une encyclopédie contemporaine de la misogynie. 

Traduit par : Bertrand Abraham 

Abram de Swaan est professeur émérite de l'Université d'Amsterdam en 2001. Il a enseigné au Collège de France à Paris et à l'Université Columbia à New York. Ses livres sont traduits en douze langues. En français, il a signé notamment Diviser pour tuer. Les régimes génocidaires et leurs hommes de main (Seuil, " Liber ", 2016)

 

 

mardi 20 octobre 2020

audio: Maxime Quijoux , Adieux au patronat. Luttes et gestion ouvrières dans une usine reprise en coopérative

 
 
Les Oreilles loin du front, 8 octobre 2020
 
 

Maxime Quijoux
Adieux au patronat
Luttes et gestion ouvrières dans une usine reprise en coopérative
Du Croquant
Dynamiques socio-economiques
2018

Présentation de l'éditeur
Le syndicalisme ouvrier en France appartient-il au passé ? Incapable d’enrayer le déclin que connaît l’industrie depuis quarante ans, il est également confronté à une crise sur le sens de son action militante.
Pourtant, loin des échecs des grandes mobilisations nationales, des syndicalistes mènent des luttes sur leurs lieux de travail, dont on ne mesure pas toujours ni l’inventivité ni les effets. Hélio-Corbeil, imprimerie située à Corbeil-Essonnes, en est une illustration : en février 2012, emmenés par la CGT, les salariés parviennent à reprendre leur entreprise sous forme de Société Coopérative et Participative (Scop). 80 emplois sont sauvés et l’activité est alors relancée. À partir d’une enquête au long cours, mêlant immersion et travail d’archives, cet ouvrage revient sur l’origine de cette lutte et la mise en place de la coopérative. Il propose une vision différente du syndicalisme, où la gestion constitue une arme de résistance salariale, hier comme aujourd’hui, et s’interroge sur ses conditions d’appropriation. Face à la financiarisation de l’économie, le salut du monde ouvrier passera-t-il par la conquête du pouvoir dans l’entreprise ?
Maxime Quijoux est sociologue, chercheur au CNRS et membre du Laboratoire Printemps (Professions, Institutions, Temporalités) à l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et membre associé du LISE (Laboratoire Interdisciplinaire de Sociologie Économique) au CNAM. Il est l’auteur de Néolibéralisme et autogestion, l’expérience argentine (Éditions de l’IHEAL, 2011) et a dirigé l’ouvrage collectif Bourdieu et le travail (Presses Universitaires de Rennes, 2015).

mercredi 9 octobre 2019

audio: Nicolas Delalande, La Lutte et l'entraide. L'Âge des solidarités ouvrières



audio: Nicolas Delalande , La Lutte et l'entraide. L'Âge des solidarités ouvrières
La Marche de l'histoire par Jean Lebrun, 29 avril 2019

Nicolas Delalande
La Lutte et l'entraide
L'Âge des solidarités ouvrières 
Seuil
L'Univers historique
2019 

Présentation de l'éditeur
Les ouvriers peuvent-ils s’organiser à une échelle internationale pour lutter contre la mondialisation du capital et la concurrence sociale généralisée ? Poser la question pourrait paraître incongru en ce début de XXIe siècle, où les mots d’ouvriers, de solidarité et d’internationalisme s’apparentent, dans le meilleur des cas, aux vestiges d’un passé lointain. L’oubli de cette histoire alimente un débat piégé, dont le schématisme sature et appauvrit l’espace public. Mais ni notre passé, ni notre présent politique ne se résument à une opposition stérile entre libéralisme inégalitaire et repli nationaliste. D’autres voies ont existé, qu’il importe de retrouver pour sortir d’un face-à-face aussi pauvre sur le plan intellectuel que dangereux pour notre avenir collectif. Pendant un siècle, des années 1860 aux années 1970, les mouvements ouvriers, socialistes, anarchistes, communistes, syndicalistes, avec leurs sensibilités propres, furent porteurs d’un projet internationaliste puissant, dont l’objectif n’était pas de fermer les frontières ou de restreindre les échanges, mais de bâtir une mondialisation des solidarités ouvrières, par-delà les différences nationales et linguistiques qui pouvaient les séparer. La défense des classes populaires ne passait pas par le repli, l’autarcie ou le rejet de l’autre, plutôt par la coordination internationale des combats et des revendications. Ce projet ambitieux, auquel bien peu croyaient à ses débuts, fut souvent chaotique, conflictuel et contradictoire. L’empreinte qu’il a laissée sur la fin du XIXe siècle et tout au long du XXe siècle est néanmoins considérable.
Nicolas Delalande est professeur au Centre d’Histoire de Sciences Po. Il a publié, au Seuil, Les Batailles de l’impôt (2011, nouvelle édition 2014). Il est l’un des coordinateurs de l’Histoire mondiale de la France (2017, nouvelle édition augmentée 2018).


vendredi 7 septembre 2018

Maxime Quijoux , Adieux au patronat. Luttes et gestion ouvrières dans une usine reprise en coopérative



Maxime Quijoux
Adieux au patronat
Luttes et gestion ouvrières dans une usine reprise en coopérative
Du Croquant
Dynamiques socio-economiques
2018

Présentation de l'éditeur
Le syndicalisme ouvrier en France appartient-il au passé ? Incapable d’enrayer le déclin que connaît l’industrie depuis quarante ans, il est également confronté à une crise sur le sens de son action militante.
Pourtant, loin des échecs des grandes mobilisations nationales, des syndicalistes mènent des luttes sur leurs lieux de travail, dont on ne mesure pas toujours ni l’inventivité ni les effets. Hélio-Corbeil, imprimerie située à Corbeil-Essonnes, en est une illustration : en février 2012, emmenés par la CGT, les salariés parviennent à reprendre leur entreprise sous forme de Société Coopérative et Participative (Scop). 80 emplois sont sauvés et l’activité est alors relancée. À partir d’une enquête au long cours, mêlant immersion et travail d’archives, cet ouvrage revient sur l’origine de cette lutte et la mise en place de la coopérative. Il propose une vision différente du syndicalisme, où la gestion constitue une arme de résistance salariale, hier comme aujourd’hui, et s’interroge sur ses conditions d’appropriation. Face à la financiarisation de l’économie, le salut du monde ouvrier passera-t-il par la conquête du pouvoir dans l’entreprise ?
Maxime Quijoux est sociologue, chercheur au CNRS et membre du Laboratoire Printemps (Professions, Institutions, Temporalités) à l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et membre associé du LISE (Laboratoire Interdisciplinaire de Sociologie Économique) au CNAM. Il est l’auteur de Néolibéralisme et autogestion, l’expérience argentine (Éditions de l’IHEAL, 2011) et a dirigé l’ouvrage collectif Bourdieu et le travail (Presses Universitaires de Rennes, 2015).

lundi 11 juin 2018

audio: Xavier Vigna, L’espoir et l’effroi. Luttes d’écritures et luttes de classe en France au XXe siècle




La Marche de l'histoire par Jean Lebrun, 21 mars 2017


Xavier Vigna
L’espoir et l’effroi
Luttes d’écritures et luttes de classe en France au XXe siècle
La Découverte
2016

Présentation de l'éditeur
Le XXe siècle a porté à son apogée la classe ouvrière en France. Les vagues de grèves qu’elle conduit et les organisations syndicales ou politiques qu’elle rejoint suscitent à la fois espoir et effroi, devant l’idée que les ouvriers puissent bouleverser radicalement l’ordre social.
Ce double sentiment s’est exprimé dans une multitude d’écrits. L’État par le truchement de la police ou des inspecteurs du travail, le patronat, les organisations catholiques, les sociologues, sans parler des lettrés qui choisirent de se faire ouvriers plus ou moins longtemps dès l’entre-deux-guerres, n’ont cessé d’évaluer la classe ouvrière et sa moralité. Les ouvriers ont répondu dans des tracts, des témoignages ou des romans, qui racontent le travail, la vie et les luttes.
Ce sont ces textes, tantôt sous forme d’archives, tantôt publiés, connus ou complètement inédits, que Xavier Vigna explore dans ce livre.Il montre que ces luttes d’écritures relèvent bien de luttes de classes.
On se souvient d’Emmanuel Macron dénonçant l’illettrisme supposé des ouvriers : quand un tel mépris vient légitimer la domination sociale et politique, quand l’anticommunisme conduit à l’anti-ouvriérisme, l’écriture ouvrière, qui réplique et réfute, oeuvre à l’émancipation individuelle et collective.
En revisitant l’histoire ouvrière, cet ouvrage invite à relire le XXe siècle français.

Xavier Vigna est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne. Il est notamment l’auteur de L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines (Rennes, PUR) en 2007 et de Histoire des ouvriers en France au XXe siècle (Paris, Perrin) en 2012.
Extrait


jeudi 8 mars 2018

Laurence Ellena, Pierig Humeau, Fanny Renard (dir.), La reconnaissance à l'oeuvre. Luttes de classement artistique, processus, ambivalence



La reconnaissance à l'oeuvre 
Luttes de classement artistique, processus, ambivalence
Laurence Ellena, Pierig Humeau, Fanny Renard (dir.),
P. U. de Limoges
Sociologie & Sciences sociales
2018

Présentation de l'éditeur
S’inscrivant dans l’analyse des continuités mais aussi des transformations contemporaines des mondes de l’art, cet ouvrage met l’accent sur les processus de longue durée et les changements historiques des règles du jeu de la reconnaissance. Il explore les modalités de construction de la valeur et la transformation des critères et des formes de classification des œuvres en fonction de différents cadres sociaux, historiques et politiques et pointe le rôle qu’y joue la scène internationale.
L’intérêt porté aux critères de classification de l’excellence artistique permet de souligner les luttes existant entre différents principes de reconnaissance, entre des principes autonomes et hétéronomes de classification des biens culturels.
Enfin, l’ouvrage invite à prêter attention à des œuvres et des genres dominés, ou dont l’identification comme art n’est pas « allée de soi » (bandes dessinées, affiches, cinéma, cirque, littérature best-seller, avant-garde plasticienne, musique populaire, etc.) et souligne l’ambivalence même des reconnaissances acquises. De la sorte, il souhaite rendre tangible le caractère profondément social des critères esthétiques et des modes de production des créations artistiques. 



Introduction - Processus de reconnaissance :  études de genres artistiques dominés (Laurence Ellena, Pierig Humeau, Fanny Renard)

Première partie : La légitimation ambivalente de genres artistiques dominés

- L’artiste plutôt que son art :  Ambivalence de la reconnaissance de la bande dessinée par l’exposition (Jean-Matthieu Méon)
- De la relégation à la consécration :  L’accès à la reconnaissance  du « nouveau cirque » (Marine Cordier)
- Le cinéma d’animation malgré lui : reconnaissance et renouvellement (Cécile Noesser)
- Une Biennale internationale de l’Affiche  à Varsovie (Katarzyna Matul)
- Du divertissement populaire à l’art :  La légitimation de Chaplin dans les années 1920 (Fabio Andreazza)

Deuxième partie : Luttes de classement dans la définition de l’excellence artistique

- Vendre sans se vendre.  La valorisation paradoxale d’un roman bestseller littéraire (Marie-Pierre Pouly)
- Concurrence, consensus et consécration dans la musique populaire (Vaughn Schmutz, Alex Van Venrooij)
- Premiers canons :  Comment l’avènement de l’histoire de l’art a structuré la compréhension de l’art moderne aux États-Unis (Laura Braden)
- L’arrivée de nouveaux artistes dans le champ culturel argentin au sortir de la dictature, (1984-1993) (Mariana Cerviño)
- Qui choisit qui ?  Le droit d’entrée pour les nouveaux pensionnaires de la Villa Médicis après la suppression du Grand Prix de Rome (Annie Verger)
Postface Reconnaissance de l’art /  Art de la reconnaissance (Yvon Lamy)




lundi 12 juin 2017

Actes de la recherche en sciences sociales, n°218, Juin 2017, Plages, territoires contestés (& Rencontre autour de ce numéro et celui de décembre)


Actes de la recherche en sciences sociales, n°218, Juin 2017, Plages, territoires contestés
Seuil


"En relation avec la sortie de ce numéro (et avec le numéro paru en décembre dernier), les Actes de la Recherche organisent le 21 juin une rencontre à Paris,« À l’abri de la domination ? Du logement à la plage, espace et rapports sociaux ».  Librairie l'Atelier, 2bis Rue du Jourdain, 75020 Paris, 21 juin, 20h. "


(source: ARSS)


lundi 3 avril 2017

vidéo: Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours



Michelle Zancarini-Fournel
Les luttes et les rêves
Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours
Zones
2016 

Présentation de l'éditeur
1685, année terrible, est à la fois marquée par l’adoption du Code Noir, qui établit les fondements juridiques de l’esclavage « à la française », et par la révocation de l’édit de Nantes, qui donne le signal d’une répression féroce contre les protestants. Prendre cette date pour point de départ d’une histoire de la France moderne et contemporaine, c’est vouloir décentrer le regard, choisir de s’intéresser aux vies de femmes et d’hommes « sans nom », aux minorités et aux subalternes, et pas seulement aux puissants et aux vainqueurs.
C’est cette histoire de la France « d’en bas », celle des classes populaires et des opprimé.e.s de tous ordres, que retrace ce livre, l’histoire des multiples vécus d’hommes et de femmes, celle de leurs accommodements au quotidien et, parfois, ouvertes ou cachées, de leurs résistances à l’ordre établi et aux pouvoirs dominants, l’histoire de leurs luttes et de leurs rêves.
Pas plus que l’histoire de France ne remonte à « nos ancêtres les Gaulois », elle ne saurait se réduire à l’« Hexagone ». Les colonisés – des Antilles, de la Guyane et de La Réunion en passant par l’Afrique, la Nouvelle-Calédonie ou l’Indochine – prennent ici toute leur place dans le récit, de même que les migrant.e.s qui, accueilli.e.s « à bras fermés », ont façonné ce pays. 
Michelle Zancarini-Fournel, professeure émérite à l’université Claude Bernard-Lyon-I, spécialiste en histoire contemporaine, a consacré ses recherches à l'histoire des milieux populaires. Elle est notamment l'auteure de L’Histoire des femmes en France XIXe-XXe siècle (PUR, 2005) et a codirigé, avec Philippe Artières, 68, une histoire collective (1962-1981) (La Découverte, 2008).

 

mardi 17 janvier 2017

en poche: Edward Palmer THOMPSON, La guerre des forêts. Luttes sociales dans l'Angleterre du XVIIIe siècle


Edward Palmer Thompson
La guerre des forêts
Luttes sociales dans l'Angleterre du XVIIIe siècle
La Découverte
Poche / Sciences humaines et sociales 
2017

Présentation de l'éditeur
Traduit par Christophe JAQUET
En 1723, le Parlement anglais adopte une loi terrible, le Black Act, qui punit de pendaison le braconnage des cerfs dans les forêts royales et les parcs seigneuriaux. La peine de mort est bientôt étendue au simple fait de venir y ramasser du bois ou de la tourbe. Cet épisode s’inscrit dans la longue histoire de la résistance paysanne face à la montée d’une conception de plus en plus exclusive de la propriété, qui grignote peu à peu les anciens droits d’usage coutumiers, et réduit les plus faibles à la misère. Il illustre la violence de la domination sociale dans l’Angleterre du XVIIIe siècle, où l’oligarchie règne par la loi du profit et la corruption. L’analyse magistrale qu’en donne le grand historien britannique Edward P. Thompson montre comment s’impose, dans l’arène juridique, l’individualisme possessif face aux droits collectifs. Elle fait revivre la brutalité du pouvoir des notables, et la détermination des braconniers, perdants magnifiques : la « guerre des forêts » est aussi une lutte de classes sans merci. 
Edward P. Thompson (1924-1993) est l’un des historiens les plus cités dans le monde. On connaît son chef-d’œuvre, La Formation de la classe ouvrière anglaise, traduit vingt-cinq ans après sa parution. Mais son autre ouvrage majeur, Whigs and Hunters (1975), demeure inédit en français. On en trouvera ici les grandes lignes et les conclusions essentielles.


jeudi 15 septembre 2016

écouter: Caroline Rolland-Diamond, Black America Une histoire des luttes pour l’égalité et la justice (XIXe-XXIe siècle)


écouter: Caroline Rolland-Diamond, Black America Une histoire des luttes pour l’égalité et la justice (XIXe-XXIe siècle)
La Fabrique de l'Histoire par Emmanuel Laurentin, 09.09.22016

Caroline Rolland-Diamond
Black America 
Une histoire des luttes pour l’égalité et la justice (XIXe-XXIe siècle) 
La Découverte
2016

Présentation de l'éditeur
Martin Luther King, Malcolm X, Rosa Parks. Dans la mémoire collective, ces trois noms résument trop souvent à eux seuls le long combat des Noirs américains pour l’égalité, la justice et la dignité. Au-delà du récit convenu centré sur ces grandes figures héroïques, Black America retrace la lutte des Afro-Américains, depuis l’émancipation des esclaves en 1865 jusqu’à nos jours, en redonnant toute leur place aux acteurs – et aux actrices – anonymes mais essentiels de cette histoire inachevée.
Proposant une analyse globale des mouvements de revendications noirs, l’auteure décrit avec talent la longue sortie de la ségrégation dans l’ancien Sud esclavagiste et les luttes radicales engagées par les Noirs pour y mettre un terme. Mais elle raconte aussi une histoire moins connue : celle de l’« apartheid américain » dans le Nord et l’Ouest et des mobilisations quotidiennes des Afro-Américains pour l’amélioration de leurs conditions de vie.
Alors que l’élection de Barack Obama en 2008 à la Maison-Blanche semblait annoncer l’avènement d’une Amérique post-raciale, le mouvement Black Lives Matter, né en réaction aux violences policières dont les Noirs sont victimes, rappelle que le problème des discriminations et des inégalités raciales reste entier.
Grâce à des recherches originales dans les archives, à une analyse minutieuse de la presse afro-américaine et à un suivi précis des recherches les plus récentes sur ces sujets, l’auteure offre avec Black America une grande fresque appelée à devenir une référence incontournable sur cette question essentielle de l’histoire des États-Unis.  
Caroline Rolland-Diamond, historienne des États-Unis à l’université Paris-Ouest-Nanterre, est spécialiste des mouvements sociaux américains. Elle est notamment l’auteure de Chicago : le moment 68. Territoires de la contestation étudiante et répression politique (Syllepse, 2011).
extrait

 

mardi 24 mai 2016

en ligne: Actes de la recherche en sciences sociales, n° 195, 2012 Centres-villes : modèles, luttes, pratiques

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 195, 2012
Centres-villes : modèles, luttes, pratiques
Seuil

 en ligne sur Cairn.info:

Sylvie Tissot
Page 4 à 11 
Les centres-villes : modèles, luttes et pratiques
Anaïs Collet
Page 12 à 37 
Montreuil, « le 21e arrondissement de Paris » ?
La gentrification ou la fabrication d'un quartier ancien de centre-ville
Colin Giraud
Page 38 à 57 
La vi(ll)e en rose ?
Quartiers gays et trajectoires homosexuelles à Paris et à Montréal
 
Jean-Yves Authier, Sonia Lehman-Frisch
Page 58 à 73 
Il était une fois... des enfants dans des quartiers gentrifiés à Paris et à San Francisco
 
Eliza Benites-Gambirazio
Page 74 à 77 
Politiques urbaines et justifications écologiques
Note sur les centres-villes « durables » en Amérique latine
 
Sylvain Laurens, Francis Marchan, Mathieu Van Criekingen
Page 78 à 97 
« Il faut de tout pour faire un monde clos »
Genèse historique, délimitations matérielles et symboliques du « quartier européen » à Bruxelles, 1960-2010
 
Emmanuel Blanchard
Page 98 à 111 
La Goutte d'Or, 30 juillet 1955 : une émeute au cœur de la métropole coloniale

Lectures critiques

Fabrice Ripoll
Page 112 à 121 
Attention, un espace peut en cacher un autre

 

 

samedi 5 mars 2016

Publications de Pierre Bourdieu: à propos des Grèves et manifestations (mobilisations, mouvements sociaux)


Publications de Pierre Bourdieu
à propos des Grèves et manifestations
(mobilisations, mouvements sociaux)




(Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure, version augmentée le 11.01.2020,  Gilbert Quélennec)
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à propos des Grèves, manifestations, mobilisations


Formes d'action politique et modes d'existence des groupes, (novembre 1973), in Propos sur le champ politique, (introduction de P. Fritsch), P.U. lyon, 2000

La grève et l'action ouvrière (mai 1975), in Questions de sociologie, Minuit, 1980

La distinction. Critique sociale du jugement, Minuit, Le sens commun, 1979, p.118, 464, 483n, 484, 489, 507, 509, 532, 559-560

Questions de sociologie, Minuit, 1980, p.251-263

Ce que parler veut dire. L'économie des échanges linguistiques, Fayard, 1982, 141-142, 151

Homo academicus, Minuit, Le sens commun, 1984 (1992), p.231, 239-240

Langage et pouvoir symbolique, Seuil, Points Essais, 2001, p.210, 224, 236, 243- 251, 257, 263,  266, 287, 313


Mai 68

Publications de Pierre Bourdieu: autour de Mai-Juin 1968

Interventions de Pierre Bourdieu: en soutien aux mobilisations étudiantes et lycéennes

Décembre 1995 

Interventions de Pierre Bourdieu: en soutien au mouvement social de novembre-décembre 1995

  

mouvement gay et lesbien

 en soutien au mouvement gay et lesbien

 

mouvement des chômeurs

Interventions de Pierre Bourdieu: en soutien au mouvement des chômeurs et des travailleurs précaires 

 

mouvement social européen

Pour un mouvement social européen


à propos de la loi de la conservation de la violence   

Bourdieu: "On ne peut pas tricher avec la loi de la conservation de la violence : toute violence se paie"




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voir également:


Interventions de Pierre Bourdieu: Des utopies rationnelles (une économie du bonheur, une vraie Europe sociale)

Publications de Pierre Bourdieu, Sociologie historique et analyse du changement

Publications de Pierre Bourdieu: Sociologie de la domination et dispositions à résister  


lundi 28 décembre 2015

écouter: Jean Boutier et Arundhati Virmani présentent le livre d'Edward P. Thompson, Les Usages de la coutume. Traditions et résistances populaires en Angleterre (XVIIe-XIXe siècle)


écouter: Jean Boutier et Arundhati Virmani, présentent le livre d'Edward P. Thompson, Les Usages de la coutume. Traditions et résistances populaires en Angleterre  (XVIIe-XIXe siècle)
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 26.12.2015

Edward P. Thompson
Les Usages de la coutume 
Traditions et résistances populaires en Angleterre 
(XVIIe-XIXe siècle) 
Ehess/Gallimard/Seuil
Hautes Études
2015

Présentation de l'éditeur
Traduit par Jean Boutier, Arundhati Virmani
Les Usages de la coutume propose la traduction en français de Customs in Common, ouvrage dans lequel l’historien britannique Edward P. Thompson avait rassemblé en 1991 ses articles majeurs. Tous ont marqué la réflexion historiographique depuis près de cinq décennies. À l’aide de notions comme l’histoire vue d’en bas, l’agency, l’économie morale ou la discipline du travail industriel, Thompson, à partir du cas anglais, y analyse les transformations des sociétés européennes entre le XVIIe et le XIXe siècle. Dans une société travaillée par le paternalisme de la noblesse, les tensions sur le marché des subsistances, la privatisation des biens communs ou l’impossibilité du divorce, Thompson scrute les luttes des hommes et des femmes du peuple pour conserver leur place et leurs droits, batailles dont il n’a cessé de rappeler l’actualité. La défense de la coutume y apparaît alors comme le principal moyen pour s’opposer aux réformes qui ouvrent la voie à la société libérale.

Intellectuel peu conventionnel, aux marges de l’Université britannique, E. P. Thompson (1924-1993) n’a jamais séparé la rigueur et l’inventivité de ses recherches de son engagement militant au service d’un socialisme humaniste, depuis la nouvelle gauche des années 1950 jusqu’à la campagne européenne pour le désarmement nucléaire à partir de 1980. La Formation de la classe ouvrière anglaise (1963, trad. fr. 1988), Whigs and Hunters (1975) ou Albion’s Fatal Tree (1975) comptent parmi les livres les plus lus et les plus discutés à l’échelle mondiale, aussi bien dans les pays émergents, Inde, Chine, Amérique latine, qu’en Europe et en Amérique du Nord. Ses analyses et ses propositions restent au cœur des débats intellectuels et politiques contemporains.