« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
"J'ai fait deux films avec Pierre Bourdieu, un tout de suite après les
événements de Mai 68 sur cette grande pulsion qui avait agité la
génération des 15-21 ans. Ce film s'appelait Les Chemins de la vie. J'en avais d'ailleurs réalisé une première partie avec Françoise Dolto. Et là encore, nous avons beaucoup parlé avec Pierre et nous avons fait un deuxième film, sur l'image, et Dieu sait que c'était un sujet qui intéressait Bourdieu." Ange Casta, in Table ronde: Un intellectuel dans les médias, in Pierre Bourdieu & les médias, rencontres Ina/Sorbonne, 15 mars 2003, L'Harmattan, 2004, P.101
"À l'évidence , à partir du moment où la publicité avait pris , dans le financement de la télévision publique , une place qui n'a pas cessé de grandir , la télévision publique s'est marchandisée complètement .Le problème devenant : obtenir des parts de marché et répondre à l'attente des annonceurs , et pas du tout à l'attente du public . À ce moment - là , avec cinq autres amis proches , Pierre Bourdieu , avec Max Gallo , qui était à l'époque secrétaire national du parti socialiste pour la culture , Christian Pierret , qui est devenu ministre depuis et qui était à l'époque président de la Caisse des dépôts , Jean Martin , qui est un très bon avocat spécialiste des médias et Claude Marti, qui avait été un des grands patrons de la publicité, nous avons monté un mouvement de pression que nous avons appelé « Pour que vive la télévision publique » ." Ange Casta, in Table ronde: Un intellectuel dans les médias, in Pierre Bourdieu & les médias, rencontres Ina/Sorbonne, 15 mars 2003, L'Harmattan, 2004, P.103
Ce que la sociologie fait à ses lecteurs
Sur les lectures de Bourdieu en situation de déclassement
Rencontres autour du livre de Raphaël Desanti Lire Bourdieu de l’usine à la fac, histoire d’une révélation, Éditions du Croquant, 2017
7 novembre 2018
Site Pouchet
Paris
Gérard Mauger : Mot d'accueil et d'introduction Raphaël Desanti , « Présenter, se présenter, s’objectiver »
Nicolas Roux(Sociologue, post-doctorant au CEET et associé au Lise, Paris), «Déconstruire son déclassement. Sur quelques effets biographiques et politiques de la lecture de Bourdieu»
Julie Pagis (chargée de recherche en sociologie politique au CNRS, IRIS -EHESS), « Retour sur les affinités entre mobilité sociale, réflexivité, lecture de Bourdieu, enfant de "68ard", militantisme et conversion à la sociologie » Ce que la sociologie fait à ses lecteurs Vidéo 2
Pascal Martin (sociologue, membre associé du CSE, Paris), « Un air de famille » Gérard Mauger (DR émérite CNRS, sociologie, CESSP, Paris), « Une thérapie sociologique ? » Mustapha Belhocine (auteur de “Précaire ! ”, Éditions Agone, 2016), « Pourquoi je suis "bourdieusien" » Ce que la sociologie fait à ses lecteurs vidéo 4
Maxime Quijoux(sociologue, chercheur au CNRS et membre du laboratoire Printemps-Professions-Institutions-Temporalités , UVSQ), « Ce que Bourdieu nous apprend sur la condition ouvrière " Ce que la sociologie fait à ses lecteurs Vidéo 5
Marc Joly (sociologue, chargé de recherche au CNRS, Laboratoire Printemps, UVSQ), « Pour un usage non scolastique de Bourdieu » Louis Pinto (DR émérite CNRS, sociologie, CESSP, Paris), « La lecture d’un texte sociologique peut-elle susciter de l’émotion ? » Ce que la sociologie fait à ses lecteurs Vidéo 6
Savoir/Agir n° 43, Travail social, travail politique ?
du Croquant
2018
Présentation de l'éditeur
Le regard politique sur le travail social oscille entre, d’une part,
la dénonciation des injonctions libérales à la responsabilisation et à
l’individualisation et, d’autre part, la défense de la « main gauche de
l’État ». Cette tension condamne les professionnel.le.s à des positions
intenables. Et la managérisation des politiques publiques conduit à une
transformation des tâches, qu’il s’agisse de contrôler de façon plus ou
moins voilée les “ayant droits”, de se faire l’évaluateur contraint de
son propre travail, ou de voir la réorientation des missions et les
stratégies de survie de l’institution employeuse délaisser les “missions
de service public”. Comment le travail social résiste-t-il, comment les
professionnel.le.s se ressaisissent-ils des questions politiques liées à
leur travail ?
Les auteurs de ce dossier, coordonné par Jérôme Camus et Frédéric
Chateigner, ont mis l’accent sur la diversité des métiers dans le
travail social. Les formes de résistance, le caractère politique que
l’on associe à son activité, varient en effet selon le degré d’autonomie
de la profession. La plus ou moins grande proximité avec la commande
politique ou les autorités administratives ou économiques peut également
permettre de comprendre les positionnements parfois ambigus des
institutions du travail social et de leurs agents. Et c’est peut-être en
regardant dans les franges les plus dominées du travail social, dans
ces lieux où il se mêle aux militantismes, que l’on peut le mieux
apercevoir la réappropriation politique par les professionnel.le.s
eux/elles-mêmes, de la question des effets de leurs propres actions.
Si l’on n’échappera donc pas à l’inévitable question du contrôle
social dans le travail social, ce numéro de la revue le reprend comme à
rebours, en interrogeant sinon les conditions de possibilité d’une
action politique moyenne et cultivée sur les classes populaires, du
moins celles d’une réappropriation, par le travail social, de
dispositions émancipatrices.
Sommaire
Éditorial
Le mythe de la compétitivité et le déclin de l’Occident,
Frédéric Lebaron
Dossier
Travail social, travail politique ?, Jérôme Camus, Frédéric Chateigner
La place de l’usager dans le système social et médico-social
Vers un accompagnement total ?,
Hugo Dupont
À la recherche de la profession perdue ?
L’évitement du politique dans la formation d’assistant-e de service social,
Ruggero Iori
Pour quoi faire de la parentalité ?
Des professionnel.le.s aux prises avec la régulation politique des familles,
Jérôme Camus
La participation citoyenne
Sur les ambiguïtés du « pouvoir d’agir »,
Clémence Bernardet, Alain Thalineau
Réinventer l’animation par l’éducation populaire ?
Quand le travail social se politise,
Nicolas Brusadelli
Entretien avec des salariées de deux structures
de l’« éducation populaire politique »
L’Engrenage (Tours) et La Trouvaille (Rennes),
Jérôme Camus, Frédéric Chateigner Grand entretien avec Michael Burawoy
Entre marxisme et ethnographie
Itinéraire d’un sociologue global,
Sébastien Antoine, Cécile Piret, François Rinschbergh Paroles
De l’État social à l’État humanitaire,
Pascal Martin La rhétorique réactionnaire
Le chômeur « néolibéral »,
Gérard Mauger Chroniques du monde
Le temps des incertitudes
Les turbulences dans le champ politique britannique
depuis le vote sur le Brexit,
Keith Dixon Culture
Professeur contractuel en Seine-Saint-Denis,
Mustapha Belhocine Idées
« Foule sentimentale »
Sur l’hommage populaire à Johnny Hallyday,
Gérard Mauger
Pour qui s'intéresse aux rapports entre culture et politique dans
l'histoire comme au présent, la censure est un objet de choix. En nul
autre lieu de la vie en société l’antagonisme n’est plus frontal entre
le vouloir dire et le pouvoir d’interdire. La censure est l’une des
manifestations par excellence de l’exercice du Pouvoir, une de ses
dimensions constitutives. Cet ouvrage adopte une vision très large des
phénomènes censoriaux tout en s’interrogeant sur les distinctions
nécessaires qu’il convient d’opérer entre eux. Il tâche de répondre à
des questions simples en apparence mais en réalité redoutables. Pourquoi
censure-t-on ? (les discours de justification de la censure, les motifs
de censurer, politiques, religieux, moraux, etc.) ; qui censure et
comment ? (les pratiques, les dispositifs de la censure, les acteurs et
appareils, en somme le fonctionnement concret de la machine
censoriale) ; enfin, que fait la censure, mais aussi que fait-on avec ou
contre la censure?? (les effets et les réactions individuelles et
collectives que suscite la censure, les conduites et tactiques
d’évitement, de contournement, d’affrontement, les ruses et la
provocation, sans oublier l’autocensure…). Cet ouvrage offre des
synthèses sur la censure dans d’autres pays que la France (tous les
continents ou presque sont représentés), sur d’autres siècles que le
vingtième (les sujets traités s’échelonnent du XIXe siècle à
nos jours), une ouverture géographique et chronologique mais aussi
disciplinaire, avec des contributions d’historiens, de juristes, de
civilisationnistes, de politistes, d’anthropologues, de spécialistes
venus des études de journalisme et d’information-communication, ainsi
que des études littéraires, théâtrales et cinématographiques. Au total,
une somme inégalée et qui fera date.
Présentation de l'éditeur avec la collaboration de Frédéric Chateigner et Joël Roman
La
LIGUE
de l’enseignement est plus célèbre que réellement connue.
Cet ouvrage est le premier à en retracer l’histoire, au moment où
elle célèbre ses 150 ans. Véritable institution de la III
e
République,
relais de l’État enseignant, elle a eu longtemps une solide réputation
d’anticléricalisme. Devenue Confédération générale des œuvres laïques en
1926, elle prend une part active à la querelle scolaire, et développe des activités
de loisirs et de sport pour enraciner une société civile laïque. Elle s’oppose à
la loi Debré et à la V
e
République. Mais les changements de société à partir
des années 1960-1970 l’obligent à d’incessants efforts d’adaptation. Après
1984, elle entreprend un
aggiornamento
idéologique et redéfinit les axes de
son combat et de sa perspective laïques. Son rapport à l’institution scolaire
change avec le déclin de la société enseignante. En prenant pour objet l’un
des plus importants réseaux associatifs français, à mi-chemin d’un parti, d’un
syndicat, d’une société de pensée et d’une entreprise d’économie sociale, ce
livre éclaire les enjeux passés et présents de la laïcité dans notre culture politique
et l’histoire d’un militantisme d’éducation populaire confronté aujourd’hui
à la professionnalisation, à la baisse drastique des subventions, et au « tout
marchand ». Il se veut ainsi une contribution à une connaissance renouvelée
du champ politique et de la société française.
À partir d’une enquête ethnographique
réalisée dans une caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de la
région parisienne, cet ouvrage décrit minutieusement la mise en œuvre de
la réforme managériale de l’assurance maladie. L’évaluation de la
« qualité de service » et des compétences des agents se réduit à une
norme strictement quantitative, au mépris de la satisfaction des besoins
des usagers les plus précaires. De là sourd une véritable souffrance
chez les agents les plus attachés à l’« utilité sociale » de leur
mission.
Pascal Martin, sociologue, est actuellement
post-doctorant attaché au laboratoire CRESPPA-LabToP et membre associé
du laboratoire CESSP-CSE, dans lequel il a réalisé sa thèse. Il enseigne
régulièrement à l’université, notamment à Paris VIII à Saint-Denis. Il
participe à la constitution des archives orales pour le comité
d’histoire de la Sécurité sociale. Il a travaillé de nombreuses années à
la Sécurité sociale. Ses travaux portent sur la nouvelle gouvernance de
l’État social.
Bourdieu's Theory of Social Fields Concepts and Applications
Edited by Mathieu Hilgers, Eric Mangez
Routledge
2014
Présentation de l'éditeur
Bourdieu’s theory of social fields is one of his key contributions to
social sciences and humanities. However, it has never been subjected to
genuine critical examination. This book fills that gap and offers a
clear and wide-ranging introduction to the theory. It includes a
critical discussion of its methodology and relevance in different
subject areas in the social sciences and humanities.
Part I "theoretical investigations" offers a theoretical account of
the theory, while also identifying some of its limitations and
discussing several strategies to overcome them. Part II "Education,
culture and organization" presents the theory at work and highlights its
advantages and disadvantages. The focus in Part III devoted to "The
State" is on the formation and evolution of the State and public policy
in different contexts. The chapters show the usefulness of field theory
in describing, explaining and understanding the functioning of the State
at different stages in its historical trajectory including its recent
redefinition with the advent of the neoliberal age. A last chapter
outlines a postcolonial use of the theory of fields.
Introduction to Pierre Bourdieu’s Theory of Social Fields Mathieu Hilgers and Eric MangezPart I: Theoretical Investigations 1.Was Bourdieu a Field Theorist? John Levi Martin and Forest Gregg 2.The Limits of the Field: Elements for a Theory of the Social Differentiation of Activities Bernard Lahire 3.The Field: a Leibnizian Perspective in Sociology Louis PintoPart II: Education, Culture And Organization 4. Collective Agents in the School Field: Positions, Dispositions and Position-taking, in Educational and Vocational Guidance Géraldine André and Mathieu Hilgers 5.The Literary Field between the State and the Market Gisele Sapiro 6. A Heuristic Tool: On the Use of the Concept of the Field in Two Studies of Culture Julien Duval Part III: The State And Public Policy 7.The Field of Power and the Relative Autonomy of Social Fields. The Case of Belgium Eric Mangez and Georges Liénard 8. The Fields of Public Policy Vincent Dubois 9.Field Theory and Organizational Power: Four Modes of Influence among Public Policy "Think Tanks" Thomas Medvetz 10. Crafting the Neoliberal State Workfare, Prisonfare and Social Insecurity Loïc Wacquant Afterword: Theory of Fields in the Postcolonial Age Mathieu Hilgers and Eric Mangez
Mathieu Hilgers
is Associate Professor at Université Libre de Bruxelles (Anthropology),
Associate Member at Harvard University (African Studies) and Visiting
Fellow at Goldsmiths, University of London (Sociology). His research
focuses on the relationship between urbanization, capitalism and state
building and discusses theory on globalization, social class and
neoliberalism. He has published more than 45 papers in scientific
journals and books some of which specifically discuss the work of
Bourdieu. His most recent book is Une Ethnographie à l’échelle de la ville (Paris, Karthala, 2009). Eric Mangez is Professor of Sociology at the
University of Louvain (UCL), Belgium, where he teaches sociological
theory, research method, and political sociology. He has published
several papers and books that exploit Bourdieu’s field theory. He is
author of Réformer les contenus d’enseignement. Une sociologie du
curriculum (Paris: PUF, 2008) and co-editor of the World Yearbook of
Education 2014.
L'art social en France De la Révolution à la Grande Guerre
Sous la direction de
Neil McWilliam, Catherine Méneux & Julie Ramos
P.U.Rennes
2014
Présentation de l'éditeur
Les vingt-trois essais rassemblés dans cet ouvrage examinent les discours sur l'« art social », leurs origines idéologiques, leurs tensions, ainsi que l'histoire de la notion et le rôle qu'elle a pu jouer dans les pratiques artistiques. Le désir d'intégrer les arts à une transformation radicale des rapports sociaux et économiques inspire les théoriciens politiques, les philosophes et les artistes (en fait, ceux-là bien plus que ceux-ci) depuis l’époque des jacobins jusqu’à celle des anarchistes. Une telle conception devient plus complexe sous la Troisième République où de nouvelles voix, souvent attachées au maintien des hiérarchies existantes, plaident pour une nouvelle version de l’« art social » plus à même de prendre place dans la politique artistique de l’État.
Éminemment polysémique et mouvante, l’idée d’art social pose la question de la fonction de l’art dans une société post-révolutionnaire, industrielle et marchande, et interroge l’autonomie et l’originalité supposées de l’art. Elle a pesé d’un poids déterminant dans l’abolition des hiérarchies, l’extension du concept d’art et le développement de l’éducation populaire, dans des domaines aussi divers que la fête publique, le logement social et les arts du décor, dont le rôle parfois attribué aujourd’hui au designer porte l’héritage. Sans prétendre épuiser la question, ni céder à une vision téléologique de son évolution, les contributions au présent ouvrage permettent de replacer l’idée d’art social dans la longue durée et d’en découvrir les acteurs.
"À
l'évidence , à partir du moment où la publicité avait pris , dans le
financement de la télévision publique , une place qui n'a pas cessé de
grandir , la télévision publique s'est marchandisée complètement . Le
problème devenant : obtenir des parts de marché et répondre à l'attente
des annonceurs , et pas du tout à l'attente du public . À ce moment - là
, avec cinq autres amis proches , Pierre Bourdieu , avec Max Gallo ,
qui était à l'époque secrétaire national du parti socialiste pour la
culture , Christian Pierret , qui est devenu ministre depuis et qui
était à l'époque président de la Caisse des dépôts , Jean Martin , qui
est un très bon avocat spécialiste des médias et Claude Marti, qui avait
été un des grands patrons de la publicité, nous avons monté un
mouvement de pression que nous avons appelé « Pour que vive la
télévision publique » ."
Ange Casta, in Table ronde: Un intellectuel dans les médias, in Pierre Bourdieu & les médias, rencontres Ina/Sorbonne, 15 mars 2003, L'Harmattan, 2004, P.103
Interventions de Pierre Bourdieu: avec le groupe de travail
«Pour que vive la Télévision Publique»
(Pierre Bourdieu, Ange Casta, Max Gallo, Claude Marti, Jean Martin, Christian Pierret)
(Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure, version augmentée le 05.02.2022, Gilbert Quélennec)
Savoir/agir 26, Les dominations
éditions du Croquant
2014
Présentation de l'éditeur
L’analyse des formes de domination est centrale en sociologie pour
comprendre ce qui fait tenir l’ordre social. De Marx, Durkheim, Weber en
passant par Foucault et Bourdieu, la domination constitue cette
relation sociale qui répartit et hiérarchise les groupes sociaux,
discrimine les forces sociales en structurant leur dissymétrie tout en
contribuant à l’acceptation de l’ordre existant. Savoir/agir a consacré
un premier dossier à cette question, sous le titre : « Comment les dominants dominent » (n° 19, mars 2012).
Des études récentes en ont cependant renouvelé la compréhension sous
plusieurs dimensions : en insistant sur la diversité des modes de
domination et leur variation historique et spatiale, en révélant les «
ratés » du consentement ou son caractère de façade chez les groupes
subalternes, en mettant en évidence le travail nécessaire aux dominants
pour imposer et exercer leur domination …
L’actualité n’a sans doute pas été étrangère à cette inquiétude
scientifique devant ce qui semble aller de soi : déstabilisation des
politiques sociales s’accompagnant d’une montée des inégalités, de la
précarisation et du chômage (plans sociaux à répétition, restrictions
budgétaires), effondrement de régimes admis comme fondés dans la durée
et sur l’assentiment ou l’apathie de leurs citoyens (écroulement de
l’empire soviétique, « Printemps arabes », ébranlement des institutions
européennes), surgissement de mobilisations perçues comme improbables
voire impossibles (mouvements des « Indignés », Occupy Wall Street,
grèves longues et dures dans des secteurs d’emploi peu syndiqués, luttes
des « sans papiers », révolte de peuples insoumis aux décisions de
leurs dirigeants politiques), multiplication de catastrophes révélant
les incertitudes des savoirs et des expertises (Fukushima après
Tchernobyl, épidémies et accidents sanitaires, crise financière).
Des pistes d’interrogation et d’investigation ont été ainsi rouvertes
sur les relations entre les diverses figures de l’autorité – le pouvoir
social, le pouvoir économique et le pouvoir politique – et leurs
conditions de félicité ou de discordance. Subaltern studies, analyse du
genre, étude sur le racisme et le post-colonialisme, retour « des
classes sociales », par exemple, sont venus irriguer les questionnements
et les enquêtes dans la plupart des sous-disciplines sociologiques. Si
ces approches ont permis de remettre sur le métier sociologique bien des
idées que l’on croyait acquises, elles ont également relancé l’effort
de réflexivité sur « l’opération » sociologique que ce soit sous l’angle
de la posture analytique à adopter, des méthodes à employer ou de
l’écriture et du raisonnement à déployer. Ce faisant, elles ont aussi
renforcé les échanges croisés avec les autres sciences sociales -
histoire, science politique, géographie, ethnologie, économie.
Ce numéro vise ainsi à contribuer à susciter une réflexion collective
sur les recompositions des différenciations et des frontières sociales
qui mutualise non seulement les connaissances déjà produites sur ces
processus, mais également les renouvellements épistémologiques en cours
pour les saisir.
Présentation, par Annie Collovald
Comment retracer l’état de la cause des classes populaires dans le
champ politique et dans le champ intellectuel des années 1960 ?, par
Gérard Mauger
Stratégies de défense ou de résistance à la domination ? Le cas des assistantes maternelles, par Marie-Hélène Lechien
Au-delà du vote FN : quels rapports à la politique parmi les classes populaires périurbaines ? Par Violaine Girard
Domination autoritaire et circularité entre savoir et pouvoir :
l’exemple de la RDA, par Jay Rowell (CNRS, UMR SAGE, Université de
Strasbourg)
Dominer n’est pas jouer. Un docteur en droit dans les tranchées, par Nicolas Mariot
Analyser la domination masculine, ses ambivalences et ses coûts :
intérêt et enjeux d’une étude en terrain sensible, par Christine
Guionnet
Comment rester dominant ? Les classes supérieures face aux incertitudes de leur reproduction, par Wilfried Lignier
Ce que l’Europe coûte à la domination politique « ordinaire », par Marine de Lassalle
« Une fermeture honorable » : entretien autour de l’arrêt de la production sur site des Papeteries de la Seine.
Chronique de la gauche de gauche
Front de gauche : le temps des turbulences, par Louis Weber
Socio-genèse du Front de gauche,
Articuler élections et résistance sociale, entretien avec Myriam Martin
La rhétorique réactionnaire
La résistible ascension du Front National, par Gérard Mauger
Europe
Représenter les citoyens via les groupes d’intérêts : enjeux et
lacunes d’un système communautaire routinisé, par Emmanuelle Reungoat
Chronique d’outre-Manche
De Blair à Valls : réflexions sur une dérive sécuritaire, par Keith Dixon
Idées
Mouvement familial et classes sociales, par Rémi Lenoir
Présentation, par Annie Collovald
Comment retracer l’état de la cause des classes populaires dans le
champ politique et dans le champ intellectuel des années 1960 ?, par
Gérard Mauger
Stratégies de défense ou de résistance à la domination ? Le cas des assistantes maternelles, par Marie-Hélène Lechien
Au-delà du vote FN : quels rapports à la politique parmi les classes populaires périurbaines ? Par Violaine Girard
Domination autoritaire et circularité entre savoir et pouvoir :
l’exemple de la RDA, par Jay Rowell (CNRS, UMR SAGE, Université de
Strasbourg)
Dominer n’est pas jouer. Un docteur en droit dans les tranchées, par Nicolas Mariot
Analyser la domination masculine, ses ambivalences et ses coûts :
intérêt et enjeux d’une étude en terrain sensible, par Christine
Guionnet
Comment rester dominant ? Les classes supérieures face aux incertitudes de leur reproduction, par Wilfried Lignier
Ce que l’Europe coûte à la domination politique « ordinaire », par Marine de Lassalle
« Une fermeture honorable » : entretien autour de l’arrêt de la production sur site des Papeteries de la Seine.
Chronique de la gauche de gauche
Front de gauche : le temps des turbulences, par Louis Weber
Socio-genèse du Front de gauche,
Articuler élections et résistance sociale, entretien avec Myriam Martin
La rhétorique réactionnaire
La résistible ascension du Front National, par Gérard Mauger
Europe
Représenter les citoyens via les groupes d’intérêts : enjeux et
lacunes d’un système communautaire routinisé, par Emmanuelle Reungoat
Chronique d’outre-Manche
De Blair à Valls : réflexions sur une dérive sécuritaire, par Keith Dixon
Idées
Mouvement familial et classes sociales, par Rémi Lenoir
cycle : « Quarante ans de recherches sur les femmes, le sexe et
le genre », Institut Émilie du Châtelet, 12/01/2013
Penser la violence des femmes
Sous la direction de Coline Cardi et Geneviève Pruvost
La Découverte
2012
Présentation de l'éditeur
Tueuses, ogresses, sorcières, pédophiles, hystériques, criminelles,
délinquantes, furies, terroristes, kamikazes, cheffes de gang, lécheuses
de guillotine, soldates, policières, diablesses, révolutionnaires,
harpies, émeutières, pétroleuses, viragos, guerrières, Amazones,
boxeuses, génocidaires, maricides... Qu'y a-t-il de commun entre toutes
ces figures ? Pour le comprendre, il importe d'exhumer, de
dénaturaliser, d'historiciser et de politiser la violence des femmes.
Telle est l'ambition de cet ouvrage qui propose une approche
pluridisciplinaire sur un sujet trop longtemps ignoré des sciences
sociales.
Cette somme inédite, réunissant des études historiques,
anthropologiques, sociologiques, linguistiques et littéraires, révèle
combien la violence des femmes est au coeur d'enjeux d'ordre à la fois
politique et épistémologique. Penser la violence des femmes, c'est en
faire un véritable levier pour considérer autrement la différence des
sexes, la violence et, par-delà, l'ordre social.
Coline Cardi est maîtresse de conférences en sociologie à l’université Paris-VIII, cher-cheuse au CRESPPA-CSU.
Geneviève Pruvost, médaille de bronze du CNRS, est sociologue, chargée de recherche au CESDIP. Elle est l’auteure de Profession : policier. Sexe : féminin (Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2007).
Après avoir en 2011-2012 exploré les relations de Pierre Bourdieu au politique,
le Sophiapol organise cette année son séminaire général autour du
rapport de Pierre Bourdieu à plusieurs espaces académiques (histoire de
l’art, psychologie, philosophie, sociologie, histoire, ethnologie,
histoire littéraire) sans perdre de vue la question complexe de la
réception de ses travaux par les chercheurs de ces différentes
disciplines. Il s’agit donc de tenter de dresser un portrait complexe
d’une trajectoire académique singulière qui, dès le début des années
1960, a entamé un dialogue souvent conflictuel avec les traditions
disciplinaires existantes. Ce séminaire tenu sur deux ans sera clôturé
en juin 2013 par l’organisation d’une journée d’études visant à
envisager la place de Pierre Bourdieu dans l’espace passé et présent de
la sociologie.
Programme
Vendredi 16 novembre 2012 (10h00 à 12h00)
La première séance du séminaire “Pierre Bourdieu et les disciplines”
accueillera Jean-Pierre Martin (Université Lyon 2, Passages XX-XXI). Il
donnera une conférence intitulée : “Bourdieu et les littéraires : “Mais
que vient-il chercher dans notre pré carré ?””
Jean-Pierre Martin est Professeur de littérature contemporaine à l’Université Lyon 2. Il a notamment dirigé l’ouvrage collectif Bourdieu et la littérature (éditions Cécile Defaut, 2010).
Samedi 15 décembre 2012 (10h00 à 12h00) Stéphane Dufoix (Université Paris Ouest, Sophiapol)
“Pas de meilleure arme que l’historicisation” : Bourdieu, l’histoire, les historiens et l’historicité
Samedi 19 janvier 2013 (10h00 à 12h00) Claire Pagès (Université Paris Ouest, Sophiapol)
Quelle place pour les savoirs psychologiques dans la sociologie bourdieusienne?
Samedi 16 février 2013 (10h00 à 12h00) Alban Bensa (EHESS, IRIS)
Anthropologie et sociologie en Nouvelle-Calédonie : La pensée de Pierre Bourdieu outre-mer
Samedi 23 mars 2013 (10h00 à 12h00) Barbara Carnevali (Institut d’études appliquées, Paris)
Etre c’est être perçu: Bourdieu et l’esthétique
Samedi 6 avril 2013 (10h00 à 12h00)
Jérôme Bourdieu (EHESS)
Le capital économique chez Pierre Bourdieu
Samedi 20 avril 2013 (10h00 à 12h00) Claude Gautier (Université Montpellier 3, Triangle)
Bourdieu – les rapports entre philosophie et sociologie
Samedi 1er juin 2013 (10h00 à 18h00)
Journée consacrée à «Pierre Bourdieu et la sociologie»
Changements et pensées du changement Échanges avec Robert Castel
Sous la direction de
Robert CASTEL
Claude MARTIN
La Découverte
2012
Présentation de l'éditeur
La question du changement a toujours représenté un défi pour la réflexion sociologique. Elle a généralement été appréhendée sous l'angle d'une opposition entre innovations à effets limités et ruptures paradigmatiques. En insistant sur les continuités et les lentes recompositions, Robert Castel a proposé une lecture originale de cette question, interprétant le changement comme une métamorphose, une synthèse du passé et du présent. De ses premiers travaux sur la psychiatrie, la psychanalyse et la diffusion de la culture psychologique à ses études sur l'effritement de la condition salariale, qui est pour lui le symptôme d'une nouvelle « grande transformation », Robert Castel a composé une fresque précieuse, incontournable, pour penser notre présent.
Constitué d'une vingtaine de textes, cet ouvrage propose une réflexion essentielle sur la sociologie de Robert Castel. Chacun des auteurs y interroge la relation théorique et intellectuelle qu'il entretient à son travail. À la fin de chaque partie, Robert Castel revient sur ces analyses, répondant aux critiques, discutant les propositions. Ce livre-laboratoire, lieu d'un véritable échange, revient sur l'ensemble du travail théorique de l'un des plus grands sociologues français ; il met en lumière sa richesse, ses apports, ses impulsions, tout comme ses besoins de prolongement.
Histoire@Politique n° 15, 2011/3, Contribution à l'étude des circulations culturelles transnationales
Le dossier : Contribution à l'étude des circulations culturelles transnationales
Page 1 à 3
Laurent Martin,
Contribution à l'étude des circulations culturelles transnationales
Romain Pudal,
Contribution à l'analyse de la
circulation internationale des idées : le « moment 1900 » de la
philosophie française et la philosophie pragmatiste américaine
Mathieu Hauchecorne,
Le polycentrisme des marges. Les
« filières » belge et québécoise d'importation de la philosophie
politique étasunienne contemporaine en France
Publications de Pierre Bourdieu: sociologie du journalisme et des médias
Cette liste de publications (en ligne) sera mise à jour au fur et à mesure, version augmentée le 11.04.2020, Gilbert Quélennec ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
video: L'image
première émission de la série "Psychologie"
réalisateur:
Ange Casta
avec Pierre Bourdieu, Green, Françoise Giroud, Madeleine Chapsal
Antenne 2
01/01/1966
L'opinion publique n'existe pas. Exposé fait à Noroit (Arras) en janvier 1972 et paru dans Les temps modernes, 318, janvier 1973, pp. 1292-1309. Repris in Questions de sociologie, Paris, Les Éditions de Minuit, 1984, pp. 222-235.
Avec Luc Boltanski, "A armes égales" : la parade de l'objectivité et l'imposition de problématique, in La production de l'idéologie dominante, Actes de la recherche en sciences sociales, 1976, Numéro 2.2-3, pp. 3-73, aussi in La production de l'idéologie dominante, Raisons d'agir/Demopolis, 2008
video et texte: Propositions pour l'enseignement de l'avenir, (Rapport du Collège de France, Éditions de Minuit, 1985, aussi in Le Monde de l’éducation, n°116, mai 1985, pp.61-68, aussi in Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique et video de Pierre Bourdieudans l'émission De l'école à l'université, Apostrophes - 10/05/1985)
avec Patrick Champagne, L’opinion publique , in Youri Afanassiev et Marc Ferro (Dir.), 50 idées qui ébranlèrent le monde, éditions Payot/progress, Paris, 1989, pp.204-206, aussi in Interventions 1961-2001 science sociale et action politique
avec Patrick Champagne, Les exclus de l'intérieur, Actes de la recherche en sciences sociales, 1992, Numéro 91-92, pp. 71-75
Questions de mots. Une vision plus modeste du rôle des journalistes. Texte publié dans l’ouvrage Lesmensonges du Golfe, Arléa, Paris, 1992, pp.27-32, aussi in Interventions 1961-2001 science sociale et action politique
Libé vingt ans après, Actes de la recherche en sciences sociales, 1994, Numéro 101-102, p. 39
L'emprise du journalisme, Actes de la recherche en sciences sociales, 1994, Numéro 101-102, pp. 3-9
La misère des médias, entretien avec François Granon in Télérama n°2353, 15 février 1995, aussi in Interventions 1961-2001 science sociale et action politique
Journalisme et éthique, Actes du colloque fondateur du centre de recherche de l'Ecole Supérieure de Journalisme (Lille 3 juin 1994), Les cahiers du journalisme, Juin 1996, n°1.
Sur la télévision, Le champ journalistique et la télévision, Deux émissions réalisées le 18 mars 1996 par Gilles L’Hôte et diffusées sur la chaîne Paris première, 19 et 26 mai 1996
La tyrannie de la télé, (entretien avec D. Mitropoulos, en grec), To Vima, 18 octobre 1996
Les intellectuels 'médiatiques' sont une parodie, (entretien avec E. Tserozolou, en grec), Avgi, 20 octobre 1996 Action-CRItique-MEDias [Acrimed]. Née du mouvement social de
1995, dans la foulée de l’Appel à la solidarité avec les grévistes,
pour remplir les fonctions d’un observatoire des médias. Pierre Bourdieu avait soutenu, dès 1996, la constitution de l'association et approuvait, sans y participer, son activité.
Postface, aux éditions étrangères de Sur la télévision, aussi La télévision, le journalisme et la politique, in Contre-feux [1998], p.76-84 ).
Bourdieu contra a TV, (entretien avec P.R. Pires), O Globo
(supplément Prosa & Verso), 4 octobre 1997, aussi Retour sur la télévision, in Contre-feux [1998], p.85-92 ).
L'intellectuel négatif, Ce texte, écrit en janvier 1998, est resté inédit, in Contre-Feux, Liber-Raisons d'Agir, 1998, pp.105-107
questions aux vrais maîtres du monde,
11 octobre 1999 à Paris, devant le conseil international du Musée de
la télévision et de la radio (MTR), in Interventions, 1961-2001.
Science sociale et action politique, Agone, P.417-424