« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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vendredi 18 septembre 2020

Les gardiens de la raison. Enquête sur la désinformation scientifique. Stéphane Foucart, Stéphane Horel, Sylvain Laurens

 

Les gardiens de la raison

Enquête sur la désinformation scientifique

Stéphane Foucart

Stéphane Horel

Sylvain Laurens

La Découverte

2020



Présentation de l'éditeur

Les années 2000 ont vu déferler les mensonges des industriels du tabac, des énergies fossiles ou des pesticides et leurs études commanditées dissimulant la dangerosité de leurs produits. Explorant les nouvelles frontières du lobbying, cette enquête dévoile les stratégies de manipulation qu’emploient désormais ces « marchands de doute » pour promouvoir leur « bonne » science et s’emparer du marché de l’information scientifique.
Leur cible privilégiée n’est plus seulement le ministre ou le haut fonctionnaire. Aux aguets sur les réseaux sociaux, des agences spécialisées visent le professeur de biologie de collège, blogueur et passeur de science, le citoyen ordinaire, le youtubeur, le micro-influenceur. Instrumentalisés pour propager des contenus dégriffés, les amateurs de science sont transformés en relais zélés des messages de l’industrie et en viennent à se considérer comme des gardiens de la raison.
Parmi ces fact-checkers, vérificateurs d’informations autoproclamés, peu savent qu’ils amplifient des éléments de langage concoctés par des officines de relations publiques. Une poignée d’intellectuels et de scientifiques, en revanche, participe sciemment à la réactualisation, autour de la science, de tout le crédo conservateur. Un projet politique volontiers financé par l’argent des industriels libertariens, et qui porte la marque de leur idéologie anti-environnementaliste et antiféministe. 

Journaliste au Monde, Stéphane Foucart a reçu avec Stéphane Horel en 2018 le Prix européen du journalisme d’enquête pour leur série sur les Monsanto Papers. Il a notamment publié La Fabrique du mensonge (Denoël, 2013). 

Stéphane Horel, journaliste au Monde, explore de longue date l’impact du lobbying et des conflits d’intérêts sur les décisions politiques. En 2017, son travail sur les perturbateurs endocriniens - qui a donné lieu au livre Intoxication, La Découverte, 2015 - a été récompensé par le prix Louise Weiss du journalisme européenn. En 2018, elle a reçu, avec Stéphane Foucart, le European Press Prize de l'investigation pour leur série sur les Monsanto Papers publiée dans Le Monde.

Sylvain Laurens est sociologue, maître de conférences à l’EHESS et il a récemment publié Militer pour la science. Les mouvements rationalistes en France (1930-2005) (Éditions de l’EHESS, 2019).

 



jeudi 7 mars 2019

vidéo: Sylvain Laurens présente son livre Militer pour la science. Les mouvements rationalistes en France (1930-2005)



Copyright : © EHESS / 2018 Canal U



Sylvain Laurens
Militer pour la science
Les mouvements rationalistes en France
(1930-2005)
Ehess
En temps & lieux
2019 

Présentation de l'éditeur
Certains savants voient la science comme une histoire qui s'arrête aux portes des laboratoires. D'autres passent journées et soirées à promouvoir auprès des citoyens l'« esprit scientifique », considérant que la science n'est pas seulement une profession mais le pilier d'un espace public reposant sur la vérité. Cet ouvrage propose une socio-histoire des organisations rationalistes françaises depuis les années 1930. Il analyse l'engagement en politique de savants ou de citoyens ordinaires au nom de la raison. À partir d'archives de l'Union rationaliste, de l'Association française pour l'Information scientifique et de l'analyse de la production des Cercles Zététiques, cet ouvrage entend rendre compte des conditions de possibilité d'un engagement public au nom de la science. Même si les organisations rationalistes décrites dans cet ouvrage semblent rarement dépasser le millier d'adhérents, elles constituent un objet sociologique qui permet de poser des questions inversement plus larges que celles que leur taille ou leur relative confidentialité pourraient laisser supposer. Elles donnent à voir sous quelles conditions et par quels processus la « vérité » ou la « défense de la science » peuvent être durablement érigées en argument politique et mobilisées dans l'espace public par les amateurs de science ou par les savants eux-mêmes. 
Sylvain Laurens est maître de conférences à l’EHESS et chercheur au laboratoire CESSP. Ses recherches actuelles se situent au croisement d’une sociologie des élites et de la sociologie des groupes d’intérêts. Il a notamment publié Une politisation feutrée. Hauts fonctionnaires et immigration en France (Belin, 2009) et Les courtiers du capitalisme. Bureaucrates et milieux d’affaires à Bruxelles (Agone, 2015).




mardi 24 octobre 2017

Savoir/Agir n° 41, Conflits d'intérêts


du Croquant
2017


Présentation de l'éditeur
Conflits d’intérêts : aussi bien l’expression que des situations, révélées par des scandales dans lesquelles des acteurs ayant une mission de service public (juger ou prendre une décision dans l’intérêt de tous) sont soupçonnés d’avoir été influencés par un intérêt second,  se sont multipliées ces vingt dernières années.
Affaire du Mediator révélant les liens entre les professionnels de santé et les laboratoires pharmaceutiques, rôle des puissants lobbies de la chimie ou de l’agroalimentaire dans les non-décisions au niveau européen concernant l’évaluation et la circulation de leurs produits toxiques, cumul de positions faisant des experts ou des responsables politiques à la fois juges et parties dans l’élaboration de politiques publiques, distribution de « faveurs trafiquées »… Sans compter les situations où des hauts fonctionnaires, des anciens gouvernants ou élus vont « pantoufler » dans le secteur privé et tirent des bénéfices personnels substantiels de la mise au service d’entreprises économiques de leur connaissance des procédures et de leur carnet d’adresses acquis précédemment. Cas particulièrement exemplaires : Mario Monti, ancien commissaire européen chargé de la concurrence ou José Manuel Borroso, président de la Commission européenne, devenant conseillers de la banque américaine Golden Sachs, Karel Van Miert, lui aussi commissaire européen à la concurrence, siégeant ensuite dans de nombreux conseils d’administration de multinationales. Ou encore ces situations où élus locaux et nationaux, ministres, experts ne « voient » pas le problème éthique ou juridique  à user de leur position publique ou de leurs informations d’initiés à fins privatives. Le dossier de ce numéro de Savoir/Agir analyse de nombreux exemples de telles situations.
Ce numéro consacre aussi une partie substantielle aux publications des éditions du Croquant dénonçant le danger que le Front national représente pour la démocratie.

Page 7 à 9
Frédéric Lebaron
Éditorial
Europe : refonte ou renforcement des politiques d’austérité concurrentielle ?

Dossier : Conflits d’intérêts

Page 11 à 16 
Annie Collovald
Conflits d’intérêts
Au-delà de l’éthique, la démocratie en questions
 
Page 17 à 22
Stéphane Horel
Perturbateurs d’intérêts
Un baroud d’experts contre la réglementation européenne des perturbateurs endocriniens
  
Page 23 à 28
Marc-Olivier Déplaude
Neutraliser des savoirs inconfortables
L’exemple du Comité des salines de France
Page 29 à 33
Emmanuel Henry
En amont des conflits d’intérêts
De l’invisibilité des maladies professionnelles à l’inaction publique en santé au travail
Page 35 à 40
Florian Pedrot
Comment sauver sa carrière politique ?
Le mélange des intérêts dans l’action publique sanitaire
Page 41 à 48
Valentin Behr, Sébastien Michon
La porosité entre champ politique et mondes économiques
Éclairages à partir d’une enquête sur les ministres
Page 49 à 57
Yiorgos Vassalos
Le pantouflage financier à la Commission européenne

Page 59 à 64
Sylvain Laurens
« Multi-consacré », « Ex-insider » ou « professionnel de la représentation »
Trois figures ordinaires du conflit d’intérêts
 
Page 65 à 76
Grand entretien avec Arlette Farge
Propos recueillis par  Antony Burlaud
Un dialogue fort avec le passé

La rhétorique réactionnaire
Page 77 à 81
Gérard Mauger
« Ouvert / Fermé »

Chroniques du monde
Page 83 à 91
Jean-Noël Sanchez
Putang inang Amerika
Un an après l’entrée en fonction de Rodrigo Duterte
La révolution des relations diplomatiques entre les Philippines et les États-Unis

Page 93 à 122 
Pour combattre le Front national


mardi 24 mai 2016

en ligne: Actes de la recherche en sciences sociales, n° 195, 2012 Centres-villes : modèles, luttes, pratiques

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 195, 2012
Centres-villes : modèles, luttes, pratiques
Seuil

 en ligne sur Cairn.info:

Sylvie Tissot
Page 4 à 11 
Les centres-villes : modèles, luttes et pratiques
Anaïs Collet
Page 12 à 37 
Montreuil, « le 21e arrondissement de Paris » ?
La gentrification ou la fabrication d'un quartier ancien de centre-ville
Colin Giraud
Page 38 à 57 
La vi(ll)e en rose ?
Quartiers gays et trajectoires homosexuelles à Paris et à Montréal
 
Jean-Yves Authier, Sonia Lehman-Frisch
Page 58 à 73 
Il était une fois... des enfants dans des quartiers gentrifiés à Paris et à San Francisco
 
Eliza Benites-Gambirazio
Page 74 à 77 
Politiques urbaines et justifications écologiques
Note sur les centres-villes « durables » en Amérique latine
 
Sylvain Laurens, Francis Marchan, Mathieu Van Criekingen
Page 78 à 97 
« Il faut de tout pour faire un monde clos »
Genèse historique, délimitations matérielles et symboliques du « quartier européen » à Bruxelles, 1960-2010
 
Emmanuel Blanchard
Page 98 à 111 
La Goutte d'Or, 30 juillet 1955 : une émeute au cœur de la métropole coloniale

Lectures critiques

Fabrice Ripoll
Page 112 à 121 
Attention, un espace peut en cacher un autre

 

 

mercredi 17 février 2016

Festival Raisons d’agir 2016, « L’Europe et ses pouvoirs », Du mercredi 23 au vendredi 25 mars 2016, à Poitiers

 

Festival Raisons d’agir 2016 

« L’Europe et ses pouvoirs »

11e édition du Festival Raisons d’agir – Du mercredi 23 au vendredi 25 mars 2016 à l’Espace Mendès-France, à l’UFR sciences et arts de l’université de Poitiers, au cinéma TAP-Castille et Plan B, Poitiers

Présentation par le Festival Raisons d’agir 
Le traitement imposé à la Grèce, au printemps 2015, a comme valeur d’exemple : suffrage universel bafoué, sentiment national humilié, classes les plus pauvres ruinées, le tout au nom de l’Union européenne et de ses banques. Comment un tel scenario a-t-il été possible ? Comment les tenants du libéralisme économique sont-ils parvenus à imposer un ensemble d’institutions et de politiques publiques essentiellement centrées sur les modalités de la compétition économique et sur l’austérité budgétaire, y compris s’il le faut, sous une forme autoritaire ? L’idée européenne, les institutions européennes se réduisent-elles à cela ? Ne peuvent-elles produire que cela ?
Face au reste du monde, l’Europe présente aujourd’hui un singulier visage : celui de murs et de barbelés qui se dressent partout le long de ses frontières pour refouler des centaines de milliers de réfugiés politiques et économiques. Là encore, on semble loin de la promesse d’un continent pacifique, rayonnant dans le monde par son attachement aux droits et à la tolérance. Comment l’Union européenne peut-elle être aussi impuissante ? Quels recours ont les citoyens ?
Au fond, nous connaissons mal l’Europe. D’ailleurs, les élections européennes sont celles où le taux d’abstention atteint souvent des taux record. Selon que l’on parle de l’industrie, de l’agriculture, de l’environnement, de l’éducation ou des droits de l’homme, le fonctionnement des institutions européennes est en réalité assez varié. Et les prérogatives des différentes institutions européennes restent floues et mal connues. Quelques symboles tentent de donner corps à l’Europe : l’Eurovision, la ligue des champions ou encore les étudiants d’Erasmus. Mais le sentiment d’une communauté européenne et un espace de délibération à l’échelle du sous-continent peinent à se constituer.
De leur côté, ceux qui font l’Europe, euro-fonctionnaires, parlementaires, experts, représentants de groupes d’intérêt, journalistes, vivent repliés sur eux-mêmes. Le quartier européen de Bruxelles est le lieu rêvé des lobbies qui veulent défendre leurs intérêts financiers.  Ce monde du pouvoir européen a même ses chercheurs en sciences sociales, qui développent eux aussi leurs propres outils d’analyse, selon des schémas qui justifient le discours des technocrates sur l’importance d’une certaine intégration européenne.
Se réapproprier la connaissance de ce qui fait l’Europe au quotidien, dans ses règles de fonctionnement comme dans ses réalités sociales, est donc un enjeu particulièrement important. Les chercheurs en sciences sociales et tous ceux qui veulent peser sur la situation actuelle doivent trouver les leviers pour repenser les enjeux européens, pour dévoiler les mécanismes à l’œuvre et penser les alternatives possibles.
Fidèle à sa formule, le festival Raisons d’Agir associera le regard des chercheurs à celui des artistes, des militants et des étudiants, afin de mener une réflexion collective sur les débats politiques contemporains et ainsi d’y prendre part. Il s’agira de croiser, sur ces questions difficiles, les expériences individuelles et collectives, les savoirs et l’approche sensible des faits.

Informations pratiques

Programme



 (source: Festival Raisons d’agir)

 

jeudi 31 décembre 2015

écouter: Sylvain Laurens, Les Courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles


écouter: Sylvain Laurens, Les Courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles   
Les Oreilles loin du front, 02.12.2015
Sylvain Laurens
Les Courtiers du capitalisme
Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles
Agone 
L'Ordre des choses
2015
Présentation de l'éditeur
À Bruxelles, loin des ONG, les lobbies patronaux préfèrent le huis-clos avec les bureaucrates pour faire progresser leurs affaires.
Pour un lobbyiste, connaître des bureaucrates plus ou moins personnellement permet de savoir quand il est encore utile de pousser une position et quand, à l’inverse, il ne sert à rien de se montrer insistant : « En fait, le Parlement européen, si tu veux faire une analogie, c’est comme si tu avais une table de poker ; et à cette table de poker-là, les gens doivent montrer leur jeu. Au Parlement, tu dois montrer ton jeu. Donc les libéraux c’est ça, la droite c’est ça et les socialistes c’est ça. Tu lis les amendements, tu vois d’où ça vient. Et le type de la Commission qui bosse là-dessus depuis deux ans à fond, il voit tout de suite dans le style de la rédaction, dans l’idée qui est poussée, comment ça a été amené et à quelle industrie il a affaire. »
À partir d’archives inédites et d’observations réalisées auprès des lobbys patronaux, ce livre analyse les relations qu’entretiennent les représentants des intérêts économiques avec les agents de la Commission européenne.
Pour parvenir à leurs fins, les lobbyistes doivent se fondre dans les logiques de productivité de l’administration communautaire : les plus grandes firmes apprennent ainsi à manier le jargon des technocrates pour maintenir leur position, et enrôlent des experts scientifiques pour répondre aux attentes pratiques de tel ou tel chef de bureau. Et les liens intimes qu’entretient le capitalisme avec la bureaucratie se voient quotidiennement réactualisés.
Sociologue à l'EHESS, Sylvain Laurens est l'auteur d'Une politisation feutrée. Les hauts fonctionnaires et l'immigration en France (Belin, 2009). Ses recherches se situent à l'intersection de la socio-histoire de l'Etat et de la sociologie des classes dominantes. 

mercredi 9 décembre 2015

Le règne des entourages. Cabinets et conseillers de l'exécutif, Sous la direction de Jean-Michel Eymeri-Douzans, Xavier Bioy, Stéphane Mouton

Le règne des entourages
Cabinets et conseillers de l'exécutif
Sous la direction de 
Jean-Michel Eymeri-Douzans, Xavier Bioy, Stéphane Mouton 
Presses de Sciences Po
2015

Présentation de l'éditeur
Pas une ligne de la Constitution française ne les mentionne et pourtant les « collaborateurs de l'ombre » — de moins en moins discrets — qui entourent nos dirigeants politiques n'ont cessé de prospérer au fil des régimes, au point que notre Ve République hyper-présidentielle est devenue une République de conseillers. Rien ne s'accomplit sans ou contre eux.
Quel paradoxe qu'aucun ouvrage savant ne leur ait été consacré depuis plus de trente ans ! Loin des polémiques et des caricatures, ce livre répare l’oubli. Il réunit une équipe d’historiens, politistes, juristes, sociologues et anthropologues, dont maints spécialistes étrangers, ainsi que d’anciens membres de cabinets. Des « créatures » du roi, comme les désignait le Grand Siècle, aux dir’ cab’ et jeunes entourages des présidents Sarkozy et Hollande, en passant par la « cabinetocratie » bruxelloise et les conseillers de la Maison-Blanche, il montre la généralisation du phénomène à tous les échelons du pouvoir dans les démocraties contemporaines.
Érudit autant que savoureux, cet ouvrage ouvre des pistes de réflexion pour enrichir le débat sur le rôle et l’influence des conseillers du Prince.
Jean-Michel Eymeri-Douzans est professeur agrégé de science politique, directeur adjoint de Sciences Po Toulouse et ancien directeur du Laboratoire des sciences sociales du politique (LaSSP). 
Xavier Bioy est professeur agrégé de droit public à l'Université Toulouse 1 Capitole, dont il dirige l’Institut Maurice Hauriou et l’Institut fédératif de la recherche « Mutation des normes juridiques ».
Stéphane Mouton est professeur agrégé de droit public à l'Université Toulouse 1 Capitole.



lundi 14 septembre 2015

Sylvain Laurens, Les Courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles

Sylvain Laurens
Les Courtiers du capitalisme
Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles
Agone 
L'Ordre des choses
2015
Présentation de l'éditeur
À Bruxelles, loin des ONG, les lobbies patronaux préfèrent le huis-clos avec les bureaucrates pour faire progresser leurs affaires.
Pour un lobbyiste, connaître des bureaucrates plus ou moins personnellement permet de savoir quand il est encore utile de pousser une position et quand, à l’inverse, il ne sert à rien de se montrer insistant : « En fait, le Parlement européen, si tu veux faire une analogie, c’est comme si tu avais une table de poker ; et à cette table de poker-là, les gens doivent montrer leur jeu. Au Parlement, tu dois montrer ton jeu. Donc les libéraux c’est ça, la droite c’est ça et les socialistes c’est ça. Tu lis les amendements, tu vois d’où ça vient. Et le type de la Commission qui bosse là-dessus depuis deux ans à fond, il voit tout de suite dans le style de la rédaction, dans l’idée qui est poussée, comment ça a été amené et à quelle industrie il a affaire. »
À partir d’archives inédites et d’observations réalisées auprès des lobbys patronaux, ce livre analyse les relations qu’entretiennent les représentants des intérêts économiques avec les agents de la Commission européenne.
Pour parvenir à leurs fins, les lobbyistes doivent se fondre dans les logiques de productivité de l’administration communautaire : les plus grandes firmes apprennent ainsi à manier le jargon des technocrates pour maintenir leur position, et enrôlent des experts scientifiques pour répondre aux attentes pratiques de tel ou tel chef de bureau. Et les liens intimes qu’entretient le capitalisme avec la bureaucratie se voient quotidiennement réactualisés.
Sociologue à l'EHESS, Sylvain Laurens est l'auteur d'Une politisation feutrée. Les hauts fonctionnaires et l'immigration en France (Belin, 2009). Ses recherches se situent à l'intersection de la socio-histoire de l'Etat et de la sociologie des classes dominantes. 

lundi 26 mai 2014

Agone 54, Les beaux quartiers de l’extrême droite

Agone, 54
Les beaux quartiers de l’extrême droite
Agone
13 juin 2014

Présentation de l'éditeur
Coordination Samuel Bouron et Maïa Drouard
Le Front national en particulier et l’extrême droite en général aiment à se présenter comme les porte-parole de la colère des « sans-grades ». Ce leitmotiv est parfois repris tel quel par les journalistes et sondeurs qui dressent volontiers des classes populaires un portrait réactionnaire. Ce racisme de classe journalistique occulte un point essentiel. Se réclamant d’une légitimité « par en bas », les réactionnaires d’aujourd’hui opèrent un important travail de normalisation qui prend appui sur différentes fractions du champ du pouvoir avec la complicité d’une partie de la grande bourgeoisie et des élites. On connaît mal les alliances que certains leaders et militants tissent dans ces lieux : la haute fonction publique, les fondations culturelles d’utilité publique, la philosophie ou la sociologie académique, le monde des lettres dont les œuvres de quelques auteurs sont inscrites au panthéon de l’édition… Prenant appui sur les codes de la sociabilité mondaine, se diffusant dans les « clubs », les vernissages, les salons académiques, ces entrepreneurs en réaction assurent un mélange souvent imprévisible de références de droite et de gauche qui entretient toutes les confusions sans nuire, hélas, à l’efficacité.
Ce numéro explore quelques aspects d’une nébuleuse qui, plus ou moins formellement, mais objectivement, constitue le terreau qui permet à l’extrême droite de commencer à jouer un rôle social dont elle a longtemps été privée.
Au sommaire
— Alain Bihr, « L’extrême droite à l’université : le cas Julien Freund », avec une introduction de Sylvain Laurens
— Maïa Drouard, « Le patrimoine pour tous. Étude d’une contribution de l’extrême droite au maintien des classes dominantes »
— Samuel Bouron, « Un militantisme à deux faces : stratégie de communication et politique de formation des Jeunesses identitaires »
— Sylvain Laurens, « Le Club de l’Horloge et la haute administration : promouvoir l’hostilité à l’immigration dans l’entre-soi mondain »
— Stéphanie Chauveau, « Au-delà du cas Soral : corruption de l’esprit public et postérité d’une nouvelle synthèse réactionnaire »
— Michel Vanoosthuyse, « Ernst Jünger, itinéraire d’un fasciste clean : dernières publications, derniers masques »
— Évelyne Pieiller, « Céline mis à nu par ses continuateurs, même »
— Thierry Discepolo, « À l’abri de la religion littéraire française. L’« affaire Millet » comme erreur d’ajustement d’un consensus hégémonique apolitique »
La leçon des choses
— « Alfred Döblin et la littérature comme activité politique. “État et écrivain” », textes traduits de l’allemand par Michel Vanoosthuyse et introduits par Marie Hermann

lundi 12 mai 2014

en ligne: Regards Sociologiques, n°43/44, Faire et défaire la mondialisation

Regards Sociologiques, n°43/44, Faire et défaire la mondialisation 
abonnement


Dossier 
Bertrand Geay, Véronique Rauline, "Faire et défaire la mondialisation"

Christian de Montlibert, "Les apories des discours sur la mondialisation: du mythe aux réalités"

Benoît Perraud, Encadré films (1) - Les maitres fous; L'île aux fleurs

Frédéric Lebaron, "Les banquiers centraux européens, acteurs majeurs de la "révolution néolibérale" "

Sylvain Laurens, "Des entre-soi "cosmopolites" aux sociabilités intenses ? Enquête sur l'individualisation paradoxale de la pratique sportive dans un club privé bruxellois"

Benoît Perraud, Encadré films (2) - Le nouvel âge glaciaire

Hervé Do Alto, "Construire l'après-libéralisme sous l'ère Morales. Défis et paradoxes de l'expérience bolivienne"

Nicolas Jaoul, "La société civile transnationale adopte les dalits (Inde). Le politique aux prises avec l' "OGNisation" "

Benoît Perraud, Encadré films (3) - Bamako

Anne Dufresne, "Quelles réponses (euro)-syndicales à la modération salariale ?"

Benoît Perraud, Encadré films (4) - La 4ème Guerre Mondiale

Documents (liés au dossier) 
Véronique Rauline,"La langue de la mondialisation": fragments de parole étudiantes"

Collectif étudiant, "La langue de la mondialisation"

Véronique Rauline, "Déconstruire les discours de la mondialisation néolibérale: éléments d'analyse réflexive sur une expérience pédagogique"

Bertrand Geay, "Contre point : connaissance du social, critique et pédagogie"


(source: Regards Sociologiques)

mardi 29 octobre 2013

en ligne: Agone 46, Apprendre le travail

samedi 22 juin 2013

Hélène MICHEL (dir.), Représenter le patronat européen. Formes d'organisation patronale et modes d'action européenne


Hélène MICHEL (dir.)
Représenter le patronat européen 
Formes d'organisation patronale et modes d'action européenne 
P.I.E. Peter Lang
2013

Présentation de l'éditeur
L’emprise des milieux d’affaires sur le cours de la construction européenne est un fait tellement bien admis qu’il a conduit les observateurs à ne voir dans les organisations patronales que des groupes de pression et à délaisser l’histoire et la sociologie du syndicalisme patronal européen. Or ce syndicalisme patronal, qui plus est européen, ne va pas de soi. 
Comment les intérêts patronaux peuvent-ils être représentés et défendus comme « européens » alors qu’ils sont très hétérogènes et qu’ils ne sont pas également affectés par la construction européenne ? Comment des organisations parviennent-elles à faire entendre la voix d’un patronat européen ? Comment cette représentation s’articule-t-elle avec des formes nationales et internationales de représentation ? Comment les représentants patronaux participent-ils à la politique européenne ? 
Les neuf chapitres de l’ouvrage collectif répondent à ces questions en étudiant les histoires tout à la fois nationales et européennes d’organisations (Businesseurope, CEEP, UEAPME, CNPF/Medef) et les différentes formes de représentation des entreprises et des patrons européens. L’étude de la genèse et de la structuration d’organisations patronales européennes montre le rôle qu’elles jouent dans l’histoire de la construction européenne et la place qu’elles ont acquises dans le fonctionnement de l’Union européenne. 
Hélène Michel est professeure de science politique à l’IEP de Strasbourg, membre junior de l’IUF et directrice du laboratoire CNRS/Université de Strasbourg SAGE (Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe) UMR 7363. Spécialiste de sociologie politique européenne, ses travaux portent sur les groupes d’intérêt et les relations entre mondes économiques et mondes politiques. 

vendredi 3 mai 2013

Sociétés contemporaines n° 89, 2013/1, Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise »

Sociétés contemporaines n° 89, 2013/1, Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise »


Présentation de l'éditeur
Le « nouvel esprit du capitalisme » charrie maints discours sur ce que doit être l'entreprise : consciente de sa responsabilité sociale en matière d’environnement, de parité femmes-hommes et de diversité, respectueuse de la qualité de ses produits, attentive aux consommateurs, ouverte aux enjeux européens, etc. Ces discours, qui circulent dans le monde économique comme dans l’espace public, ne sont pas qu’un « air du temps » ou un Zeitgeist. Une série de dispositifs et d’institutions sociales assurent leur diffusion et divers acteurs sociaux en tirent ressources économiques et profits.
Ce dossier s’intéresse aux biens symboliques que l’entreprise fabrique « sur » et « pour » elle-même. Il montre comment certains des topiques de ces « écritures institutionnelles » s’enracinent dans des univers professionnels concrets (consulting, lobbying, management, etc.), dans des pratiques (édition de livres, organisation de colloques, médiation entre concurrents économiques, promotion auprès de l’État de nouveaux dispositifs administratifs, etc.) et s’incarnent chez des acteurs sociaux désireux de se parfaire via des modèles d’accomplissement professionnels. En d’autres termes, il se donne pour objet l’ensemble des acteurs et des procédés qui participent à la rénovation des « façades institutionnelles » des firmes et à l’actualisation des formes de légitimation de leur utilité sociale et de leur organisation interne, contribuant ainsi à l’émergence d’une « nouvelle entreprise ».

Page 5 à 16
Introduction
Isabel Boni-Le Goff et Sylvain Laurens   Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise » : Acteurs, pratiques et dispositifs d'une écriture institutionnelle 

Page 17 à 46
Sylvain Laurens   Make it E.U. friendly Les entrepreneurs du « patronat européen » face aux logiques de la concurrence économique

Page 47 à 71
Isabelle Bruno   Le Malcolm Baldrige National Quality Award : des « gourous » aux « missionnaires » de la qualité

Page 73 à 99
Sylvain Thine et al.   Entreprendre et dominer Le cas des consultants

Page 101 à 130
Soline Blanchard et al.   Une cause de riches ? L'accès des femmes au pouvoir économique

Page 131 à 154
Sarah Abdelnour   L'entrepreneuriat au service des politiques sociales : La fabrication du consensus politique sur le dispositif de l'auto-entrepreneur

mercredi 1 mai 2013

Colloque: Bourdieu en Pologne. Réceptions, pratiques, interprétations, 24-25 mai 2013


Bourdieu en Pologne. Réceptions, pratiques, interprétations 
 
BourdieuLes 24-25 mai 2013 se tiendra à Varsovie un colloque international sur la pensée de Pierre Bourdieu en Pologne. Pierre Bourdieu figure parmi les plus importants sociologues du vingtième siècle. Ces travaux n'ont pas seulement marqué les disciplines directement concernées - la sociologie et l'anthropologie – mais ont aussi profondément marqué toutes les sciences sociales sans laisser la philosophie indifférente.
Cependant la réception de son œuvre en Pologne arrive assez tardivement, en particulier en ce qui concerne l'usage et l'application de ses outils et de sa théorie en langue polonaise. Multiples sont les raisons de ce retard, y compris l'affaiblissement relatif de l'échange intellectuel entre la France et la Pologne dans les années 90. ou encore le fait que le nom de Bourdieu fut fortement associé à l'engagement politique de gauche (de plus engagement qualifié « d'anticapitaliste »). Et pourtant pendant la dernière décennie le paysage a beaucoup changé.
L'idée de notre colloque est de tenter un bilan de la réception de la pensée de Bourdieu en Pologne. Nous avons invité des sociologues français proches de la tradition bourdieusienne afin de les associer à cet effort de réflexion et d'échanges. Le but n'est pas de confronter un «Bourdieu » original et authentique avec son reflet polonais. Nous cherchons en revanche, dans l'esprit de la sociologie réflexive, de rendre compte de la multiplicité d'usages, perspectives, questions, bref, tous les effets produits par un « transfert » théorique. Nous espérons une telle approche comparatiste féconde pour chacun.

Organisateurs


La Faculté de Philosophie et de Sociologie de l'Université de Varsovie
Atelier interdisciplinaire de coopération UW – EHESS
Faculté de Slavistique, Académie polonaise des sciences
Centre de civilisation française et d'études francophones de l'Université de Varsovie

Programme

Vendredi, 24 mai 2013
17h30 - ouverture du colloque
Mots d'introductions :
- Michał Kozłowski, Institut de philosophie de l'Université de Varsovie
- Anna Zawadzka, Institut de slavistique de l'Académie polonaise des sciences
- Paul Gradvohl, Centre de civilisation française et d'études francophones de l'Université de Varsovie

Interventions inaugurales :
- Frédéric Lebaron, Université de Picardie-Jules Verne, Perspectives théoriques et méthologiques du concept du champ en sciences sociales
- Joanna Tokarska-Bakir, Académie polonaise des sciences, Sur le décorum

19h45 – Dîner 

Samedi, 25 mai 2013
I. Le changement social
10h00 – 11h15
1. Borys Cymbrowski, Collegium Civitas, Le capital sans les capitalistes. Les formes des capitaux en Europe centrale et orientale.
2. Jérome Heurtaux, Université Paris-Dauphine, Bourdieu dominé ? L'approche bourdieusienne de la politique à l'épreuve de la transition démocratique en Europe postcommuniste.
Modération : Marcin Darmas, CCFEF, Université de Varsovie

II. Identité – politique - frontière
11h15 – 13h00
1. Kamil Kijek, Académie polonaise des sciences, La violence symbolique et la conscience politique de la jeunesse juive dans la Pologne de l'entre deux guerres.
2. Sylvain Laurens, EHESS, Amin Pérez EHESS, Bourdieu et Sayad durant la Guerre d'Algérie : la sociologie comme continuation de la guerre.
3. Izabela Wagner, Université de Varsovie, Sayad – Bourdieu, „double absence"?
Modération : Michał Kozłowski, Université de Varsovie

13h00 – 14h00 – déjeuner

III. Les règles de l'art
14h00 – 15h15
1. Jan Sowa, Université Jagellone, Grzegorz Jankowicz, les éditions Ha!art, La littérature polonaise après 1989 dans une perspective bourdieusienne. Ebauches de recherches.
2. Elżbieta Nieroba, Université d'Opole, Les structures cachées de la connaissance d'expert et l'habitus chez les muséologues.
Modération : Agnieszka Mrozik, Académie polonaise des sciences

IV. Les classes actualisées
15h15 – 16h45
1. Anna Czerner, Université d'Opole, Est-ce que toute la Pologne pratique le jogging ? Vérification de la force de distinction des pratiques sportives.
2. Maciej Gdula, Université de Varsovie, La rivalité de l'universalisme comme une révision des théories des classes sociales chez Bourdieu.
3. Małgorzata Jacyno, Université de Varsovie, Le fantasme des classes.
Modération : Teresa Święćkowska, Université de Varsovie

16h45 – 17h15 – Pause café
 

V. Réflexions sociologiques
17h15 – 18h45
1. Lucyna Kopciewicz, Université de Gdansk, La magie performative – Pierre Bourdieu dans mes recherches éducatives.
2. Łukasz Błaszczykiewicz, Université de Wroclaw, La récéption des théories sociales de Pierre Bourdieu dans le champ des sciences politiques en Pologne.
3. Peter Csigo (Académie hongroise des sciences), Reflexive sociology in the age of reflexive capitalism
4. Gisèle Sapiro, EHESS (à confirmer)
Modération : Michał Herer, Université de Varsovie